SOS Racisme Partenaire de Quat'rues

vendredi 27 février 2009

L'évêque Williamson demande «pardon devant Dieu»


Le prélat intégriste qui avait nié l’existence des chambres à gaz regrette dans une lettre «la douleur» qu’il a causée aux survivants et aux parents des victimes de la Shoah. Il estime cependant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien».
Arrivé ce mercredi en Grande-Bretagne après avoir été déclaré persona non grata en Argentine, Richard Williamson demande «pardon devant Dieu» à tous ceux qu’il a blessés pour ses déclarations négationnistes.
Dans une lettre publiée ce jeudi à Rome, formulée de façon très ambiguë, l’évêque intégriste regrette «la douleur» qu’il a causée «avant tout à l’Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich». Mgr Williamson, l’un des quatre évêques intégristes dont le pape a levé l’excommunication le 24 janvier, a fait scandale en niant à la télévision suédoise l’existence des chambres à gaz et en minimisant l’ampleur de la Shoah. «Je demande pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j’ai dit», ajoute-t-il, précisant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien». L’agence de presse catholique Zenit qui a diffusé la lettre précise qu’elle lui a été transmise par la commission Ecclesia Dei présidée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, chargée par le Vatican des négociations avec les intégristes. (Source AFP) Libération

Des sans-papiers en grève de la faim contre leur enfermement

Depuis samedi 14 février, plusieurs sans-papiers du centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau ont entamé une grève de la faim, afin de protester contre leur enfermement. "On veut être libérés et régularisés. On a besoin d'aide, il faut que les gens sachent ce qu'on fait de nous" lance l'un des grévistes. Dans cette "prison pour étrangers", comme l'appellent les sans-papiers, qui peut contenir jusqu'à 30 retenus, une vingtaine de personnes ont pris part au début du mouvement. Ce sont de premières décisions individuelles qui ont ensuite impliqué la quasi totalité des sans papiers enfermés.

Mais en quelques jours, six personnes avaient quitté le centre, certaines ayant peut être été libérées et d'autres reconduites à la frontière, selon leurs co-retenus dont nous avons recueilli les témoignages par téléphone mardi 17 février. Ainsi de ce retenu:

"Nous sommes quinze à faire la grève, nous refusons de manger. Il y en a qui sont malades, moi je vomis. Ça fait neuf ans que je suis en France, je travaille. J'ai amené tous mes papiers (preuves de présence, ndlr) au tribunal mais ça n'a rien fait et maintenant je suis enfermé ici... Qu'est-ce qu'on fait là? On n'a rien fait de mal, on a juste pas de papiers"

La voix éteinte par plusieurs journées passées sans se nourrir, un autre s'interroge:

"Les policiers qui nous gardent, ils sont en train de fouiller nos chambres. Ils nous disent que la grève de la faim ça sert à rien, ça va rien changer. Nous on veut quand même essayer. De toute façon, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?"

Sissoko, menacé par l'administration d'une plainte pour "incitation à la révolte", s'inquiète de sa prochaine expulsion, prévue pour vendredi:

"Ils vont venir me chercher pour me mettre dans l'avion. Moi je suis là depuis 20 ans, j'ai toujours travaillé, j'ai payé mes impôts et voilà. J'ai perdu 9 kilos. Je suis fatigué."

Contacté jeudi 26 février, le directeur de cabinet du préfet de l'Essonne nous a confirmé:

"Des retenus ont décidé de cesser de s'alimenter. Ce n'est pas forcément fréquent mais ça arrive quand il y a un meneur. Les gens du CRA ont décidé de le déplacer, dès le démarrage, au CRA de Oissel. C'est ce qu'ils font pour aménager les choses, quand il faut éviter que la mayonnaise prenne. Mais ce mouvement n'a pas eu d'autre impact, les procédures n'ont été ni accélérées, ni ralenties. D'ailleurs, c'est fini maintenant."

Lire la suite sur Rue 89

mercredi 25 février 2009

Malheureux comme un travailleur immigré en France?

A eux les "postures pénibles ou fatiguantes à la longue" ou les taches "le plus souvent monotones". "Quand on compare la situation des salariés immigrés à celle des salariés non immigrés du même secteur", on note Btp des différences de taille, relève le ministère du Travail dans une étude de 2005 publiée ce mardi 24 février.

Les 1.5 millions de salariés immigrés - étrangers et Français nés à l'étranger et naturalisés - sont sur-représentés dans certains secteurs: bâtiment (pour 14% d'entre eux), entretien (12%) ou services à la personne (28%). Par rapport à leurs collègues non-immigrés, ils ont des conditions de travail "spécifiques". En clair, moins favorables. "Ils déclarent plus souvent que leur travail ne permet pas d’apprendre des choses nouvelles, qu’il leur laisse peu de marges d’autonomie". Par ailleurs, "ils ont moins souvent accès à l’informatique et sont moins concernés par les modes d’organisation innovants". Enfin, "ils travaillent plus souvent de façon isolée et rencontrent aussi plus souvent des difficultés dans leurs rapports avec leurs collègues". 20% d'entre eux affirment ainsi être l'objet d'un comportement hostile de la part d’un collègue ou d’un supérieur.

Les immigrés se plaignent moins que les non-immigrés, en revanche, des contraintes physiques (charges lourdes, vibrations, travail au froid, à la chaleur, fumées, produits dangereux, bruit élevé) "en partie à cause de leur plus grande propension à tenir pour «naturelles» des conditions de travail difficiles".

Ces données sont issues de l'enquête "Conditions de travail" 2005 réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 19 000 personnes et de l'enquête "Sumer" 2003 auprès de médecins du travail et de salariés. Hexagone

Les étranges amitiés de Dieudonné

C'est l'histoire d'un humoriste dont les meilleurs amis d'aujourd'hui sont ses pires ennemis d'hier. D'un comique qui, il y a douze ans, s'engageait en politique, à Dreux (Eure), contre Jean-Marie Le Pen, qu'il qualifiait alors de "grand marabout borgne", et qui offre désormais son théâtre à des courants politiques plus radicaux encore que le Front national.

Jadis proche de la gauche alternative, Dieudonné, 43 ans, est devenu une sorte de caisse de résonance pour une frange composite de l'extrême droite française. Ces liaisons dangereuses, il les assume publiquement. L'occasion nous a été donnée de le constater récemment au Théâtre de la Main d'or. Ce soir-là, l'humoriste donne dans sa salle du 11e arrondissement de Paris une représentation de son spectacle J'ai fait le con. Le même show, qui, un mois auparavant, le 26 décembre 2008, avait fait scandale : Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un "Prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par son régisseur Jacky, vêtu d'un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune.

Ce 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s'est donné rendez-vous, à l'invitation de Robert Faurisson, dont le 80e anniversaire tombait quelques jours plus tôt. Il y a là une petite famille marginalisée de militants qui nient la réalité du génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale et n'apparaissent que très rarement ensemble, compte tenu de l'hostilité qu'ils suscitent.

Un carré de places leur a été réservé au pied de la scène à la Main d'or. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d'holocaustes), domicilié à l'étranger et sous le coup d'une interdiction d'accès en France. A leurs côtés, Ginette Skandrani, ancienne militante des Verts, exclue de cette formation pour ses collaborations à l'Aaargh, et qui a fait partie du bureau de campagne de Dieudonné quand l'humoriste envisageait de se présenter à l'élection présidentielle de 2007.

Le théâtre est tout petit, 150 sièges à vue d'oeil. Des jeunes plaisantent entre eux. Ils appartiennent à cette partie du public, plutôt masculine et métissée, qui semble ignorer la dimension politique de cette soirée. Pourtant, outre les négationnistes, plusieurs courants de l'extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y a là Charles-Alban Schepens, l'un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule "catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire", qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, du maréchal Pétain et des Phalanges espagnoles. On remarque aussi des membres du courant "nationaliste révolutionnaire", qui combine idéologie fasciste et anti-impérialisme, ainsi que le patron d'une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads.

Tous ceux-là apprécient comme autant de clins d'oeil les allusions à la Shoah et au pouvoir prêté aux juifs qui parsèment le spectacle. Comme au début de la représentation, quand une voix off demande, étrangement, avant le lever de rideau l'extinction des téléphones portables "en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale". Une heure et demie plus tard, quand la salle se vide, les plus militants font la queue pour serrer la main de Robert Faurisson, qui restera avec ses alter ego au théâtre pour y souper avec Dieudonné.

Pour l'humoriste et ses amis, il n'y a plus désormais ni gauche ni droite. Il y a le système - comprendre "l'axe américano-sioniste" - et les ennemis du système. D'où l'étrange attelage qui gravite autour de lui : chiites radicaux du Centre Zahra, héritiers de Maurras, quelques jeunes de banlieue et des étudiants membres de l'extrême droite musclée. Ce 29 janvier, la sécurité était assurée par des jeunes gens barbus, habillés à la manière des salafistes... Lire la suite sur Le Monde

SOS Racisme ecrit aux dirigeants des partis politiques

Paris, le 20 février 2009

Madame, Monsieur

Les élections européennes du mois de juin prochain se dérouleront dans un contexte particulier à maints égards.

La victoire de Barack Obama a montré à quel point les sociétés avaient évolué et qu’elles avaient soif de renouvellement des pratiques et des personnes. Elle aura également montré et de façon éclatante la possibilité de tenir un discours de réconciliation loin de toute volonté d’opposer des catégories de citoyens entre eux.

Ce discours de réconciliation, s’il est précieux pour la restauration de l’image de la démocratie américaine et pour la cohésion interne de la société américaine, doit également inspirer les responsables politiques de notre pays.

La quasi-totalité des responsables ont d’ailleurs, à un titre ou à un autre, exprimé une admiration et une adhésion au message et aux méthodes de la campagne du Président Obama.

A l’heure de la constitution des listes aux élections européennes, l’ensemble des responsables politiques doivent prendre leurs responsabilités. Dans un contexte où l’installation de la crise économique et son cortège de dégâts sociaux risquent, en France et en Europe, de multiplier les tensions racistes – à l’instar des récents évènements survenus en Grande-Bretagne -, dans une situation où le vivre-ensemble dans notre pays montre d’inquiétants signes de fragilité, les responsables des principales formations politiques ont le choix entre deux attitudes.

Celle détestable, tout d’abord, qui consisterait à se mettre à la remorque des mauvaises passions et de jouer sur une corde populiste dont le résultat serait immanquablement un repli aux relents xénophobes.

Et celle, pleinement respectueuse des valeurs qui sont celles de la République, consistant au contraire à porter un message de fraternité et d’égalité tout en donnant des signes de cette promesse qu’il appartient aux représentants de la République de renouveler sans cesse.

C’est bien évidemment dans cette seconde optique que vous placez votre action et vos réflexions. Mais cette optique ne peut pas simplement se décliner dans des discours mais dans des choix clairs et lisibles.

C’est pourquoi SOS Racisme sera très attentif à ce que les listes aux élections européennes soient composées d’hommes et de femmes qui, par leur jeunesse, leur parcours militant ou leurs origines, donneront le signe tangible de la crédibilité d’un discours de fraternité et d’ouverture.

Concernant plus particulièrement la question des origines, SOS Racisme a une position constante consistant à ne certainement pas réclamer que des personnes soient désignées en raison de ce critère. Ceci étant, au regard du nombre de personnes d’origine étrangère ou ultra-marine qui sont engagées dans des parcours militants et qui présentent de façon évidente un niveau de compétence très élevé, il serait douteux que les partis politiques, comme ils l’ont fait trop souvent ces dernières années en prétextant un problème d’ « offre », ne fassent pas toute leur place à ces Français.

SOS Racisme sera également attentif aux propositions et au discours que les partis porteront sur des thèmes aussi essentiels que l’immigration (domaine dans lequel il est urgent de définir une position européenne qui ne soit pas celle de la constitution d’une Europe-forteresse qui se couperait immanquablement de la dynamique du monde) ou que la lutte contre les discriminations (domaine dans lequel les pouvoirs publics nationaux et communautaires se situent très en-deçà des enjeux posés).

Sachant pouvoir compter sur votre action dans les domaines évoqués dans ce courrier, je vous prie, Madame, Monsieur de recevoir mes salutations distinguées.

Dominique SOPO Président de SOS Racisme

n.b : ce courrier a été transmis à l’ensemble des dirigeants des partis politiques républicains

PROCES D’ANDRE BARTHELEMY, PRESIDENT D ’Agir ensemble pour les Droits de l’homme : HALTE A LA PENALISATION DU DELIT DE SOLIDARITE !

SOS – Racisme exprime son plein et entier soutien à André Barthélemy, Président de l’Agir Ensemble pour les Droits de l’ Homme, dans le cadre de sa mise en examen pour « incitation à la rébellion » et « entrave à la navigation d’un aéronef », délits pénaux pour lesquels il est passible de peine d’emprisonnement ferme et d’amende et cité à comparaître ce jour devant la 14ème chambre correctionnelle du T.G.I. de Bobigny.

Pour mémoire, le 16 avril 2008, André Barthélemy, alors qu’il se rendait en mission au Congo, s’est opposé aux violentes conditions d’expulsion de deux ressortissants congolais à bord d’un vol Air France en partance pour Brazzaville. SOS Racisme

La politique du chiffre, actuel paradigme de la gestion de la question migratoire, est cause de drames humains quotidiens, se traduisant par la mise en péril du vivre ensemble et par des violations massives et répétées des droits fondamentaux inhérents à la personne humaine.

Multiplication des contrôles d’identité, expulsions massives d’étrangers, sans considération de leurs attaches familiales en France ou de leur situation de travailleurs, augmentation des cas de violences policières, décès liés à la politique d’expulsion : telle est la réalité de l’application concrète et quotidienne de cette politique.

Dans ce cadre, nous ne pouvons qu’exprimer notre plus vive inquiétude quant à la multiplication et à la pénalisation des délits de solidarité, c’est-à-dire de la répression pénale qui s’exerce à l’encontre des citoyens qui refusent cette politique et qui protestent publiquement des drames qu’elle cause sous leur yeux.

SOS – Racisme souhaite que la justice ne soit pas instrumentalisée au profit d’une politique populiste et espère la relaxe d’André Barthélemy.

Une délégation de SOS – Racisme sera présente lors de l’audience.

Sabeg-Amara, le couple impossible

Tous deux veulent défendre la diversité, mais tout les sépare: éducation, convictions, méthodes... Entre la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara et le commissaire à l'Egalité des chances Yazid Sabeg, la cohabitation s'annonce difficile.

Le dimanche, Yazid Sabeg s'affaire en cuisine. Sa spécialité: le risotto aux cèpes. Le patron de 59 ans reçoit ses hôtes dans son manoir du Vexin, niché dans l'Ouest parisien. Chez les Sabeg, le plan de table vaut plus qu'un plan de carrière: c'est là que l'avocat de l'Aga Khan côtoie l'ancien PDG de Thomson, voisin du directeur du Télégramme de Brest.
La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara au côté de Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l'Egalité des Chances, le 19 décembre 2008 à Paris.

Au coeur de ce think tank gastronomique, l'insatiable Sabeg savoure son conte de fées républicain. "Les enfants d'immigrés qui ont percé en politique deviennent souvent des courtisans, parce qu'ils ne maîtrisent pas les codes. Lui les a appris tout petit", commente un habitué.

Nicolas Sarkozy l'a nommé commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances le 17 décembre 2008. Comme il l'a fait avec Xavier Darcos, désormais secondé par Richard Descoings, le président de la République, qui trouve que le plan banlieue de Fadela Amara n'avance pas assez vite, a flanqué sa secrétaire d'Etat à la Politique de la ville d'un encombrant jumeau. Depuis, le fils de docker algérien consulte tous azimuts.

Son carnet d'adresses pléthorique lui facilite la tâche. Les amis de cette icône de la "beurgeoisie" s'appellent Borloo, Méhaignerie, Lang... A la lettre A, ce grand bosseur a sollicité un rendez-vous auprès de Martine Aubry. A la lettre B, un déjeuner avec le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. "Il faut que l'Etat s'engage d'urgence, sinon la France est menacée d'une situation d'apartheid social et territorial", explique Yazid Sabeg. Un mot qui fait bondir Fadela Amara, parce qu'il peut déclencher un réflexe de "victimisation" chez les jeunes.

Les mots... Sabeg les dégaine comme des uppercuts avec la courtoisie du gamin élevé chez les jésuites, à Lille. Il juge que le plan banlieue manque d'ambition: "Pour être à la hauteur dans les quartiers, il faut lancer une profonde réforme de l'éducation et de la formation. "Et lui, 'M. Diversité', que compte-t-il faire ? Fervent partisan de la discrimination positive, il doit rendre ses propositions en mars (voir l'encadré). Amara, elle, se raidit à la simple évocation de quotas à l'américaine. En deux mois, elle n'a reçu qu'une fois son rival Place de Fontenoy. "Je garde la confiance de l'Elysée", affirme-t-elle. Mais qui incarne la ligne? Lire la suite sur l'Express

Les idées "positives" de Sabeg
SOS-Racisme s'y oppose, Sabeg tient bon : il réclame la création de "statistiques positives " pour mesurer la diversité en France. Le commissaire à l'Egalité souhaite s'inspirer des enquêtes américaines, autodéclarations anonymes et confidentielles : "Personnellement, je me sens noir, arabe, berbère... " Sabeg a reçu le soutien inattendu des socialistes : ils ont déposé une proposition de loi dans ce sens, examinée le 19 février.
Parmi les autres pistes étudiées par Sabeg : la nomination en banlieue de délégués du préfet choisis parmi les responsables d'association ; l'assouplissement des voies d'accès aux grandes écoles, comme l'a fait Sciences po Paris ; la méthode du rating, qui permet au candidat de connaître les critères sur lesquels il est embauché... Le plan sera détaillé d'ici à la fin de mars.

"Des quotas d'expulsion pour accréditer l'efficacité de Sarkozy"

C'est un ouvrage qui fera date. Un beau livre de 450 pages très documenté sur la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy. Intitulé cette France-là, il a été rédigé et édité à compte d'auteurs par un groupe Affichefrancelaa1stlr8f92e_3 d'universitaires, militants associatifs, journalistes constitués en une association baptisée, elle aussi, Cette France-là. En 2007, cette association s'était fait connaître par une campagne d'affichage. Une galerie de portraits d'étrangers expulsés de France (voir la photo ci-contre). Demain, jeudi 26 février, cet ouvrage sera distribué gratuitement, par porteur spécial, à tous les parlementaires, ministres, préfets, membres du Conseil constitutionnel, du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), etc. Il sera disponible en librairie le 6 mars. Michel Feher, philosophe et président de Cette France-là en résume les principaux points... Lire l'interview sur Hexagone

mardi 24 février 2009

" Au procès, j'ai réalisé que j'avais tué "


On avait laissé un condamné voûté, visage presque gris. Jean-Marie Garcia venait d'écoper de vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Chaïb Zéhaf en mars 2006 à la sortie d'un bar d'Oullins, près de Lyon (1). Trois semaines plus tard, Libération a voulu retrouver le condamné, qui n'a pas fait appel. Pour qu'il raconte comment il a vécu ce procès depuis son box. Et comment l'on envisage l'avenir lorsque l'on écope d'une peine aussi longue. Exceptionnellement, la Justice a donné son accord, et accordé un droit de visite avant que Jean-Marie Garcia ne parte effectuer sa peine dans une centrale...

Virtuel. Au parloir, il a meilleure mine qu'au procès. Il accueille le visiteur d'une poignée de main assez franche. Il est tonique, a retrouvé des couleurs. « Le premier soir, quand je suis revenu dans ma cellule, j'étais soulagé, dit-il. Je me suis dit que c'était fait, c'était réglé, je ne voulais plus en entendre parler ». Il redoutait ce procès : « Ma pire crainte était que les enfants de ma victime soient là. J'avais une peur terrible d'affronter leurs regards. »

Ils n'étaient pas là, et le moment le plus difficile fut finalement l'audition de cet expert décrivant le meurtre à partir de l'autopsie. « Tout-à-coup, dit Garcia, ce n'était plus virtuel. Je savais que j'avais tué, mais c'était irréel, abstrait. Tuer avec un pistolet, ce n'est pas comme avec ses poings ou un couteau. On appuie sur la détente, c'est facile. On ne se rend pas compte de ce qui se passe. Au procès, j'ai réalisé physiquement que j'avais tué. » Avant, il avait pourtant lu en prison le dossier d'instruction, avec l'autopsie. « J'avais même vu les photos, répond-il. Je n'en avais pas mangé pendant deux jours. Mais ce n'était pas pareil. A l'audience, ça m'a effondré d'entendre tout ça devant la famille de ma victime. Je sentais comme chaque mot les atteignait. Après, j'ai pleuré comme un gosse. » Lire la suite sur Libélyon

L’autre danger qui guette Israël.

Il était inconnu sur la scène internationale avant les élections israéliennes, le voilà donc sorti du néant pour montrer un visage hideux d'une extrême droite dont le discours n'a rien à envier à celui des extrémistes skinheads qui écument l'Europe de l'Est. Vous l'aurez compris, je parle d'Avigdor Lieberman et de son parti ultranationaliste.

Nourri longtemps à la mamelle du Likoud, Lieberman et son populisme représentent, à mes yeux, l'autre danger qui guette Israël. Et je pense sincèrement qu'il est dix, cent, mille fois plus dangereux, pour l'avenir de son pays, que les deux millions d'arabes israéliens réunis.

Pourquoi ? Primo, son discours entache, sur la scène internationale, l'image d'un pays déjà très éprouvé par la propagande islamo-fasciste du Hamas et de ses alliés. Secundo. Il donne à ceux qu'il prétend combattre les arguments nécessaires qui leur feront dire qu'Israël serait, en définitif, un État extrémiste et xénophobe. Tertio. Il alimente déjà tous les antisémites, tous les intégristes qui s'engouffrent dans la moindre faille pour laisser libre court à leurs idées nauséabondes sous prétexte qu'ils ne font que répondre à Lieberman.

L'ancien videur de boîte de nuit est devenu, l'espace d'une élection, faiseur de roi et au centre de la politique israélienne. La gauche a raison de voir en lui ce « fasciste » qui fait peur aux arabes israéliens mais aussi à une bonne partie de l'opinion publique internationale. Mais en réalité, ce qui est arrivé en Israël est semblable à ce qui s'est passé en France en 2002, lorsque Le Pen est arrivé en second tour. Mais la comparaison s'arrête là. Hormis les cris de quelques intellectuels et de quelques médias, à part les craintes formulées ouvertement par une partie de la gauche, la société civile israélienne est restée très muette devant la honte qui vient de se produire et qui va certainement se matérialiser par l'entrée au gouvernement de quelques cadres d'Israël Beteinou, la formation politique de Lieberman. Ce parti est entrain de faire perdre son âme à Israël et aux principes fondateurs du sionisme. Et le silence aussi bien, celui des Israéliens que celui des associations communautaires juives de France et d'ailleurs, est inquiétant.

Inquiétant parce que l'acceptation d'un Lieberman dans le gouvernement ne manquera pas de fragiliser les camps de la paix. Inquiétant aussi parce que les associations communautaires juives doivent sortir de cet esprit de connivence malsaine à l'égard d'Israël. Je serai toujours le premier à les soutenir lorsque cet État auquel ils sont, légitimement, si attachés est injustement attaqué, je serai le premier à dénoncer l'antisémitisme lorsqu'il s'exprime mais je ne serai jamais silencieux face à des déclarations racistes tenues par un homme politique israélien et je serai le premier à réclamer, et de la société israélienne et des associations communautaires juives européennes, un positionnement clair devant l'innommable. Leur silence m'inquiète et m'incite à dire que la complaisance de certains ne risque pas, loin s'en faut, de servir Israël. Lire la suite sur le blog de Mohamed Sifaoui

Arithmétique des droits de l’homme

Signe du changement à la tête de l’administration américaine, les Etats-Unis souhaitent revenir siéger au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont ils avaient claqué la porte. Depuis la guerre en Irak, cette instance, chargée de mettre en oeuvre la Déclaration universelle des droits de l’homme, leur donnait le sentiment d’être surtout devenue une tribune contre l’Occident, à force de se focaliser sur certains dossiers au détriment de tous les autres.

Si les crimes de guerres commis en Irak ou récemment à Gaza méritent indéniablement d’être examinés et condamnés, ils ne doivent pas servir d’écran de fumée au point d’empêcher la condamnation d’autres violations - dès lors qu’elles ne sont plus commises par les Etats-Unis ou Israël. Au Zimbabwe, au Tibet, en Tchétchénie, au Soudan ou au Congo, par exemple. Or, c’est bien la tournure prise par certains débats au Conseil des droits de l’homme. Pour une raison simple qui tient à l’arithmétique. Lire la suite sur le blog de Caroline Fourest

La diversité est au service du néolibéralisme !

Dans La Diversité contre l'égalité, l'américain Walter Benn Michaels démythifie la sacrosainte diversité, qui ne résout en rien les vraies inégalités, sociales et économiques. Elle aurait même tendance à noyer le poisson. Ne nous fait-elle pas croire qu'Obama est de gauche, alors qu'il a plus en commun avec Sarkozy qu'avec Jaurès?
C'est un petit livre (155 pages) jaune qui attire immédiatement l'attention. Non pas à cause de sa couleur canari pétante, mais parce que son titre est provocateur : « La Diversité contre l'égalité ». Quoi? La diversité, notre nouveau graal, opposée à l'égalité, alors qu'elle est censée en être la garante? Qui ose un tel paradoxe? Un auteur inconnu en France : Walter Benn Michaels.
Un auteur courageux, qui plus est, car Walter Benn Michaels est américain. Et s'en prendre à la diversité dans le pays où elle est sans doute le plus sacralisée, c'est gonflé. C'est pourtant exactement ce que fait ce professeur de littérature américaine (il enseigne à l'Université de l'Illinois à Chicago). Sous-titré dans sa version américaine, «Comment nous avons appris à aimer l'identité et à ignorer l'inégalité», ce livre est la démonstration par A + B que la diversité est en réalité une vaste blague destinée à nous faire avaler plus facilement la pilule néolibérale et le cortège d'inégalités économiques et sociales qu'elle traîne. Car faire en sorte que les minorités soient représentées dans les élites et chez les plus nantis ne comble en rien le fossé grandissant entre riches et pauvres. Explications avec l'auteur... sur Marianne2

Immigration africaine : une goutte d'eau selon l'Ined

Rtxbpv8_comp_2On est très loin des prédictions apocalyptiques de Jacques Chirac sur les Africains prêts à «inonder le monde» compte tenu de leur natalité galopante. L'immigration d'origine subsaharienne est «très minoritaire» en France, et après un «pic» en 1997-1998, elle diminue, révèlent David Lessault et Cris Beauchemin, deux géographes, dans le numéro de janvier de la revue de l'Institut national d'études démographiques (Ined), Population et sociétés. «En 2004, estiment ces chercheurs, les Subsahariens ne représentent qu'un peu plus d'un dixième de l'ensemble des immigrés en France (12%). Ils sont trois fois moins nombreux que les Maghrébins ou les Européens». Lire la suite sur Hexagone

mercredi 18 février 2009

Monsieur Despointes ira cracher sur la tombe de Césaire

Communiqué de SOS Racisme

Monsieur Despointes ira cracher sur la tombe de Césaire

SOS Racisme est profondément choquée par les propos de Monsieur Alain-Huyghes Despointes tenus dans le cadre d’un documentaire diffusé sur Canal+. Non seulement cet individu ne pouvait ignorer la publicité qui serait donnée à ses propos mais, en outre, la nature des propos relève d’une pensée dont on pouvait espérer qu’elle n’existât plus.

La haine du métissage et la recherche d’aspects positifs dans ce que fut le crime de l’esclavage sont clairement exprimées dans la bouche de ce personnage dont le discours raciste et révisionniste résonne des accents coloniaux les plus abjects.

SOS Racisme salue à ce propos l’ouverture d’une information judiciaire par le Parquet de la Martinique pour « apologie de crimes contre l’Humanité et incitation à la haine raciale ».

Si l’information judiciaire venait à ne pas être suivie d’effets, SOS Racisme déposerait immédiatement une plainte. Ceci étant, la clarté des propos – et l’absence d’excuses de leur auteur – laisse peu de place au doute : Monsieur Despointes devra répondre de ses propos devant un tribunal de la République. A cette occasion, SOS Racisme se constituera bien évidemment partie civile.

Insultes racistes pendant le match OL – Le Havre

Communiqué de SOS Racisme

SOS Racisme est navrée d’apprendre qu’une fois de plus un match de football a été perturbé par un supporter proférant des injures racistes. Ce comportement a fortement perturbé John Mensah, qui a craqué et s’est fait exclure du terrain lors de la 2ème période. Il est inacceptable que les dérives de certains supporters continuent à empoisonner les valeurs défendues par le football.

SOS Racisme tient à saluer le rappel de la loi en matière d’insultes racistes dans un lieu public effectué par le speaker, ainsi que l’arrestation du supporter en plein match. Ces mesures vont dans le bon sens et montrent que même au milieu d’une tribune on ne peut se permettre de proférer de tels propos en toute impunité.

Le football doit rester un vecteur de fraternité et de « vivre ensemble ». SOS Racisme va suivre avec attention la suite des poursuites pénales à l’encontre du supporter.

Le supporter havrais mis en examen pour "injures raciales"

L'auteur des insultes racistes et des cris de singe, dimanche contre le John Mensah, le défenseur ghanéen de Lyon, a été mis en examen mardi à Lyon pour "injures raciales publiques", puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte et un juge d'instruction nommé. Le supporteur, qui devrait être jugé plus tard à Lyon, encourt jusqu'à six mois d'emprisonnement et une amende de 22.500 euros...

Jugement dans l’affaire SOS Racisme contre Cegetel

L’ancien groupe Cegetel a été jugé le 12 janvier dernier par la 17 ème chambre correctionnelle du TGI de Nanterre pour avoir diffusé sur son intranet et sur son site internet une offre d’emploi discriminatoire.

L’offre visait : « des personnes de nationalité française, de préférence de parents français et nés en France » sous le motif « d’une habilitation secret défense ». Le procureur s’était associé aux poursuites de SOS et avait requis lors de l’audience du 12 janvier : 3000 et 1000 euros d’amende avec sursis à l’encontre des deux prévenus, sans inscription dans leurs casiers judiciaires, ainsi que 100 000 euros d’amende à l’encontre du groupe Cegetel.

Aujourd’hui 16 février, « Cegetel – SFR » (et non plus le groupe Cegetel) a été condamné à 20 000 euros d’amende dont 10 000 avec sursis. Le tribunal a par ailleurs, confirmé les peines demandées par le parquet à l’encontre des deux prévenus. Cegetel – SFR ainsi que les deux prévenus ont été condamnés à verser 7000 euros à SOS Racisme au titre de dommages et intérêts et frais de procédure.

Ce jugement est une victoire pour SOS Racisme. Cela nous incitera à travers la procédure ici retenue de la citation directe, de ne plus céder aux classements sans suite quasi systématiques de nos plaintes par les parquets.

En matière de « secret défense », ce jugement est une première. Les agissements discriminatoires, notamment de certains cabinets de recrutement, ne pourront plus se cacher derrière des prérogatives quelque fois ambiguës du ministère de la Défense. Nous invitons d’ailleurs ce dernier à clarifier sa position en matière d’habilitation « secret défense » afin de faire en sorte que cette procédure ne soit pas une source de discrimination.

Nous espérons que cette condamnation et son aspect pédagogique pourra faire avancer les choses dans la lutte contre les discriminations.

Cegetel-SFR condamnée pour avoir publié une offre d'emploi discriminatoire

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre a condamné, lundi 16 février, "Cegetel-SFR" à 20 000 euros d'amendes, dont 10 000 avec sursis, pour avoir diffusé une offre d'emploi discriminatoire.

Deux personnes, qui travaillaient dans l'encadrement du groupe au moment des faits, ont également écopé d'une amende (1 000 euros dans un cas, 3 000 dans l'autre).

L'affaire est relativement ancienne. En septembre 1999, une petite annonce avait été diffusée sur le site Intranet de l'opérateur de télécommunications Cegetel (racheté, depuis, par SFR). Elle visait à trouver un "chef de projet" au sein du "département de la sécurité informatique" - un poste qui implique, parfois, d'intercepter des communications. "Attention, précisait le texte de l'annonce, le candidat doit être habilitable par des organismes de défense ou autre, il doit être impérativement français et, de préférence, de parents français nés en France." Maintenue sur l'Intranet de l'entreprise pendant seize mois, l'offre d'emploi avait servi à recruter plusieurs salariés. Mais en janvier 2001, la CGT la dénonçait par voie de tracts à cause de son caractère "discriminatoire".

HABILITATION SECRET DÉFENSE

Alertée à peu près au même moment, l'association SOS-Racisme avait saisi la direction départementale du travail des Hauts-de-Seine, qui avait, à son tour, signalé l'affaire au parquet de Nanterre. Malgré le retrait de l'annonce, une enquête préliminaire avait été ouverte. Elle s'était soldée par un classement sans suite, les juges estimant que l'infraction était "insuffisamment caractérisée". A la suite d'une plainte de SOS-Racisme, les investigations avaient été rouvertes mais le dossier fut à nouveau classé. Finalement, le groupe et deux de ses cadres, responsables de la parution de l'annonce litigieuse, ont été jugés, le 12 janvier, dans le cadre d'une "citation directe" réclamée par SOS-Racisme.

A l'audience, les deux prévenus ont contesté avoir eu l'intention de trier les candidats en fonction de leurs origines. Insistant sur l'urgence à pourvoir le poste, ils ont fait valoir que la recrue devait pouvoir être habilitée secret défense et ont rappelé qu'ils n'avaient jamais procédé à une embauche de ce type auparavant.

De son côté, SOS-Racisme s'est appuyée sur deux documents officiels (dont l'un émane du ministère de la défense), qui montrent que la délivrance de l'habilitation n'est soumise à aucune condition de nationalité.

Le tribunal a considéré que l'annonce était "incontestablement destinée à écarter d'office toute personne qui (...) postulerait alors qu'elle est de nationalité étrangère ou d'origine étrangère". Elle "va encore plus loin (...) puisqu'elle tend à limiter les candidatures de ceux dont les parents seraient eux-mêmes étrangers", a-t-il ajouté, en concluant : "Le caractère discriminatoire des faits reprochés est donc établi."

SFR "prend acte" de cette condamnation, en précisant que le litige n'est "pas représentatif des modalités de recrutement actuellement en vigueur dans le groupe". Lundi soir, la direction n'avait pas encore décidé si elle comptait faire appel ou non de la décision du TGI.

Bertrand Bissuel Le Monde

Traque aux sans-papiers dans une communauté Emmaüs

Emmaüs y voit une «grave atteinte au principe de l'accueil inconditionnel» des plus pauvres garanti par Nicolas Sarkozy. Cet après-midi, 17 février, la police a perquisitionné les locaux de la communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge pour y prendre les «dossiers des compagnons ayant des noms à consonnance étrangère», raconte Teddy Roudaut, le chargé de communication d'Emmaüs France.

Tout commence par l'arrestation hier, à l'extérieur des bâtiments, d'un sans-papiers accueilli par cette communauté. Convoqué ce mardi par la police, le responsable du centre Pointe-Rouge s'y rend et est placé en garde-à-vue puis libéré quelques heures plus tard sans savoir si des charges vont être retenues contre lui. Sur décision du parquet de Marseille, une perquisition a lieu, dans le même temps, dans la dite communauté afin de recenser la présence d’éventuels compagnons sans-papiers.

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Les étrangers en rétention de nouveau entassés à Mayotte

Record battu. Le 13 février, 251 personnes étaient enfermées au Centre de rétention administrative (CRA) 25wfbbzh de Mayotte pour une capacité théorique de 60 places. Soit, dans le détail, 65 femmes, 120 hommes, 46 mineurs âgés de plus de 2 ans, 17 mineurs de moins de 2 ans, et 3 gardés-à-vue.

Cet épisode rappelle celui révélé, en décembre, par Libération. Nous avions alors mis en ligne sur notre site Internet une vidéo tournée par un agent de la Police aux frontières (PAF) à l'intérieur de ce même CRA. On y voit des dizaines d’hommes entassés dans une pièce dont la grille est fermée à double tour. Et à quelques mètres, tout près des poubelles où se trouvent les restes du repas, des femmes et des enfants couchés sur des matelas de fortune. Ces images avaient suscité une forte émotion. Et Amnesty International avait exigé des autorités françaises qu'elles "mettent un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines".

La préfecture avait alors affirmé que la situation, le 22 octobre, date à laquelle la vidéo avait été tournée, était "exceptionnelle". C'est "le seul jour, sur les quatre derniers mois, où le chiffre de 200 retenus a été dépassé", s'était-elle défendue. Selon elle, les autorités comoriennes, d'où sont originaires la plupart des clandestins, avaient à l'époque "compliqué", voire même "interdit à plusieurs reprises" les opérations de reconduite.

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Hérouville-Saint-Clair : Les droits de l'homme s'installent

lundi 16 février 2009

Cegetel-SFR écope d'une amende pour discrimination à l'embauche

Le groupe Cegetel-SFR a été condamné lundi par le tribunal de Nanterre à 20.000 euros d'amende, dont 10.000 avec sursis, pour avoir diffusé en 1999 une offre d'emploi discriminatoire qui excluait les étrangers pour un poste habilité secret-défense.
Deux anciens cadres ont également été condamnés à des amendes de 3.000 et 1.000 euros avec sursis et devront verser 1.000 euros de dommages et intérêts, solidairement avec Cegetel-SFR, à l'association SOS Racisme, qui en réclamait 100.000. L'association recevra en outre 6.000 euros au titre des frais de procédure.
L'offre d'emploi, parue à compter du 1er septembre 1999 et restée 16 mois sur l'intranet (réseau informatique interne à l'entreprise) du groupe, précisait que le candidat devait "être impérativement Français et de préférence de parents français, nés en France". Lors de l'audience du 12 janvier, les deux cadres avaient reconnu à des degrés divers leur responsabilité et avaient admis le caractère discriminatoire de l'offre. Mais ils avaient insisté sur "l'urgence" de trouver un candidat, en expliquant qu'ils craignaient que le ministère de la Défense n'accorde pas l'habilitation secret-défense si le postulant était étranger.
SOS Racisme s'appuyait pour sa part sur les textes officiels, dont aucun ne prévoit de condition d'origine ou de nationalité a priori pour que l'habilitation soit accordée. Le vice-président de l'association, Samuel Thomas, s'est d'ailleurs félicité du jugement, estimant que "les entreprises ne pourront plus se cacher derrière (...) les difficultés de délai qu'elles rencontreraient à cause du ministère de la Défense". Il a ajouté que le jugement de la 17e chambre correctionnelle du TGI de Nanterre serait "un message fort" pour les entreprises des secteurs de l'armement, de l'électronique ou du nucléaire, "où ce genre de discrimination est encore extrêmement répandu".
M. Thomas s'est cependant dit "déçu de voir une sanction aussi faible par rapport à ce qu'avait requis le parquet (100.000 euros d'amende, ndr) et par rapport à ce que nous réclamions". Dans cette affaire, SOS Racisme avait cité directement les responsables de l'offre d'emploi au tribunal, après le classement sans suite à deux reprises, en 2001 et en 2006, de la plainte par le parquet de Nanterre. Les Echos

Délation des passeurs : Rama Yade met en garde Eric Besson

"Il faut faire très attention à ce que ceux qui prennent le risque (...) de dénoncer des passeurs se trouvent dans une situation où ils risquent leur vie", affirme la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme. Le ministère de l'Immigration a publié une circulaire permettant aux sans-papiers d'être régularisés s'ils "coopèrent" avec les forces de l'ordre.

Rama Yade

Rama Yade

(c) Reuters
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade a invité dimanche 15 février son collègue Eric Besson, ministre de l'Immigration, à "faire très attention" à protéger la sécurité des sans-papiers qui dénonceraient leurs passeurs pour obtenir une régularisation.
Eric Besson a signé le 5 février une circulaire permettant de régulariser les sans-papiers qui décideraient de "coopérer" avec les forces de l'ordre afin de neutraliser les filières d'immigration clandestine. Plusieurs associations se sont inquiétées des risques de représailles sur les témoins eux-mêmes ou leurs familles.

Vigilance


"Il faut faire très attention à ce que ceux qui prennent le risque (...) de dénoncer des passeurs se trouvent dans une situation où ils risquent leur vie", a mis en garde la secrétaire d'Etat, interrogée sur Canal+. "Il faut faire très attention à ça, parce que ça veut dire que le but ne serait pas atteint".
"Quand on est secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme on ne peut pas regarder certaines mesures avec les yeux de Chimène, il y a toujours une certaine vigilance que j'observe", a expliqué Rama Yade pour justifier son commentaire.
Elle s'est par ailleurs dit "heureuse" de ce qu'Eric Besson ait rejeté le terme "délation" pour parler de son dispositif. "C'est très important de faire attention aux mots pour éviter de jeter de l'huile sur le feu", a-t-elle observé. (AP)

L'association roubaisiennes Servir, main dans la main avec SOS Racisme - Actualité Roubaix - Nord - La Voix du Nord

Samedi se tenait à la salle Watremez le forum annuel des associations roubaisiennes. Zoom sur l'une d'entre elles, l'association Servir, qui va se faire le relais local de SOS Racisme. Alors qu'à Carpentras, des commerçants reçoivent des lettres de menaces émanant de groupuscules racistes, on se rend compte que le travail de fond de SOS Racisme est malheureusement loin d'être terminé.

Samedi, justement, le vice-président de SOS Racisme, Hermann Ebongue, était présent au forum des associations roubaisiennes. Il était au côté de Fatiha Touimi, présidente de l'association Servir, qui va devenir son relais sur le terrain. « Il est naturel, à SOS, de travailler avec toutes les associations qui défendent les mêmes idées que nous, confie Hermann Ebongue. Avec l'association Servir, notre partenariat ne va pas tarder à se mettre en place, nous devons encore le définir précisément. Ce qui est sûr, c'est qu'on se retrouve naturellement dans les actions entreprises localement par Servir. » Cette association roubaisienne à pour but, comme son nom l'indique, de venir en aide aux Roubaisiens. Plus particulièrement, les efforts de ses membres se tournent vers l'aide à la constitution de dossiers de naturalisation, les cartes de séjour, la recherche d'emploi, la gestion des relations au travail, la lutte contre les discriminations et la création d'entreprise.

« On va s'appuyer sur la bonne connaissance du tissu local qu'a l'association pour adapter nos outils, nos campagnes, ici à Roubaix, pour être encore plus efficaces par rapport à la situation et aux spécificités locales », poursuit le vice-président de SOS Racisme. Soucieux de ne pas contribuer à l'utilisation politique qui peut être faite de la « diversité », Hermann Ebongue et SOS Racisme veulent toujours lutter contre les racines de ce mal. Servir compte bien être le digne relais roubaisien de cette louable volonté. • W. H. La Voix du Nord

Un supporter arrêté pendant le match pour insultes racistes

RACISME - Un spectateur a été interpellé dimanche à Lyon durant un match de football qui opposait l'OL au Havre. Présent dans la tribune des supporters visiteurs, il aurait imité des cris de singe à l'entraînement, puis proféré des insultes racistes contre plusieurs joueurs africains du club, ainsi que Karim Benzema, dont les parents sont d'origine algérienne. Le défenseur ghanéen John Mensah, choqué, a demandé à la mi-temps s'il pouvait ne pas revenir sur cette pelouse. Son entraîneur lui a demandé d'y retour, et le joueur a été expulsé au milieu de la seconde période...

dimanche 15 février 2009

Hexagone: Les Français ne sont pas blanc-bleu

"Près de 9% de la population vivant dans l'hexagone est originaire d'Afrique sub-saharienne, du Maghreb, de Turquie ou des Dom-Tom". Ça n'est pas le Front national qui le dit - en général l'extrême-droite brandit des chiffres beaucoup plus élevés -, mais le Cabinet Solis Conseil spécialisé dans les études média-marketing. Pour calculer ce pourcentage, Solis s'est appuyé sur des données de l’Insee (Institut national de la statistique) et de l’Ined (Institut national des études démographiques).

Plus précisément, comme l'explique Abbas Bendali, l'un des fondateurs du Cabinet Solis Conseil, "nous nous sommes appuyés sur l’Etude de l’histoire familiale de l’Insee (EHF) publiée en 1999". Puis, "à partir de cet instantané de 99, notre démarche a été de poursuivre le film en faisant intervenir des taux de mortalité et de natalité, vieillir cette population, en prenant en compte les retours au pays et les nouveaux entrants depuis 1999. Entre la collecte de ces données, la mise en place d’outils méthodologiques et leur traitement, nous avons consacré trois années à cette étude".

Résultat: "au 1er janvier 2009, la taille de cette population est estimée à 5,5 millions d'individus". Soit, 1 532 000 originaires d'Algérie, 1 255 000 du Maroc, 477 000 de Tunisie, 1 080 000 d'Afrique sub-saharienne, 757 000 des Dom-Tom et 441 000 de Turquie. Manquent les Asiatiques pas présents dans cette enquête.Selon Solis Conseil, le profil de ces populations "reste encore marqué par le poids du facteur immigration". "Elle est plus masculine: 51,3% sont des hommes, et elle est plus jeune: 70,3% ont moins de 40 ans". Par ailleurs, le poids de la deuxième génération est désormais dominant puisqu'elle représente 51,5% du total.

Pour Solis l'intérêt de ces chiffres est évident. "Pour mieux connaître les comportements de consommation des minorités ethniques", ce cabinet conseil va lancer dans un deuxième temps, "une enquête auprès d'un échantillon représentatif de la population originaire du Maghreb et d'Afrique sub-saharienne". Objectif? "Recueillir, entre autres les comportements de consommation de biens et services et les fréquentations des grands médias, notamment les médias communautaires".

Outre la question d'une France réduite à des communautés, y compris celle des "Domiens" qui seront peut-être étonnés de se retrouver là, l'étude de Solis Conseil repose celle des statistiques ethniques. Faut-il les autoriser plutôt que de laisser n'importe qui extrapoler de façon plus ou moins scientifique?

Dans une interview à Afrik.com, Abbas Bendali se dit "partagé", comme Nicolas Sarkozy. Pour le fondateur de Solis Conseil, "L’idéal serait d’avoir des statistiques officielles". "Mais, ajoute-t-il, jusqu’à quand posera-t-on la question aux gens de savoir s’ils sont Blancs, Noirs, Maghrébins ou autres, d’autant plus qu’il y a de plus en plus de métissage. Mon fils a des origines en Algérie et en Auvergne". Dernière objection: " je ne sais pas s’il est intéressant que les gens se comptent les uns par rapport aux autres. On travaille sur un phénomène récent : la décennie 2000 marque un tournant pour la deuxième génération qui supplante en nombre la première génération". Bref, la question reste entière. Hexagone

Pétain, le Taser et les races : Le Pen veut récupérer ses électeurs

Parrainage de la fille de Dieudonné, prédiction d'un 'Ben Gaudin' à la mairie de Marseille... Jean-Marie Le Pen cherche à exister de nouveau, avec son arme de prédilection: la provocation.
Vieille recette certes, mais seule planche de salut pour un Front national en état de décomposition avancée, qui ne désespère toutefois pas de faire revenir dans son giron les électeurs frontistes siphonnés par Nicolas Sarkozy en 2007. Et la manoeuvre vient de prendre un tournant plus patent encore, avec l'interview accordée par le leader du FN, ce dimanche au Parisien.
Il faut dire que le moment est opportun: après deux ans d'échecs électoraux, se profilent en juin les européennes au cours desquelles Jean-Marie Le Pen entend agréger les nonistes de droite. Alors, il ne prend même plus de pincettes pour évoquer le holp-up réussi de l'UMP sur ses sympathisants:
"En 2007, M. Sarkozy a capté une partie de mon électorat en copiant une partie de mon discours. C'était une arnaque car depuis, comme prévu, il dérive à gauche. Sarkozy répète sans cesse qu'il a tué le FN. Eh bien, il se trompe: le FN n'est pas mort car il chante encore. Les deux tiers de ceux de nos sympathisants qui s'étaient laissés tenter par Sarkozy sont en train de décrocher. Qui trop embrasse mal étreint."
Reconnaître pour mieux combattre. Telle est la méthode choisie par le chef de l'extrême droite âgé de 80 ans pour relever un parti aux abois, tant politiquement (les cadres en proie à une guerre de succession avec Marine Le Pen quittent le parti un à un) que financièrement (vente du siège, condamnation à rembourser sept millions d'euros de dettes auprès d'un ancien eurodéputé frontiste...).

Sarkozy trop à gauche, mais Le Pen voterait Aubry

Comme un amateur de poker plumé qui tente de se refaire en un coup, Jean-Marie Le Pen joue son va-tout. Exit la tentative de républicanisation du FN initiée par sa fille, place au spectacle. Aussi peu ragoûtant soit-il. L'interview donnée au Parisien s'apparente à un festival nauséabond.

Pour chauffer la salle, on revient d'abord sur ses dernières réussites médiatiques: Marseille ("le maire serait forcément musulman") et Dieudonné ("un chansonnier qui le mérite de la liberté"). On loue aussi "l'image du père, celle du vieux chef", "de De Gaulle à Pétain".

Et puis on accélère en convoquant "la liberté de penser et la liberté d'opinion" pour évoquer la levée de l'excommunication d'évêques négationnistes, en estimant que la crise est due à une "politique raciale des subprimes" ("on a voulu fournir des maisons à des gens qui n'avaient pas les moyens de se les payer et on l'a fait parce qu’ils étaient noirs"), ou encore en révélant avoir des actions "chez Taser".

Mais à force de flirter avec la caricature, on finit par tomber dans le ridicule. Juste après avoir dénoncé un Nicolas Sarkozy qui "dérive à gauche" et qui "ne peut pas espérer aller de l'extrême droite à MM. Besson et Kouchner", Jean-Marie Le Pen avoue qu'il "essaierait" bien... Martine Aubry, en cas de second tour PS-UMP en 2012.

Preuve, s'il en est besoin, que le toujours président du FN jusqu'en 2010 est désormais prêts à tous les arguments pour son électorat ayant troqué leur bulletin FN contre un vote UMP que l'actuel chef de l'Etat n'est qu'un gauchiste responsable du marasme économique.

Il a passé vingt ans à se présenter comme le meilleur ennemi de Jacques Chirac, il pensait la stratégie d'opposition révolue avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, il a compris qu'il avait eu tort, et l'affirme aujourd'hui sans détour: "Sarkozy a enfilé les bottes de Chirac."

Sarkozy riposte encore avec les tests ADN... Lire la suite sur Rue 89

Jugés pour discrimination raciale

Deux anciens cadres de Cegetel seront fixés sur leur sort demain à Nanterre. Le tribunal correctionnel rendra son délibéré dans un dossier de discrimination à l’embauche. En 1999, une offre d’emploi précisait que le candidat devait « être impérativement français et de préférence de parents français nés en France ».
SOS Racisme avait porté plainte. Le 12 janvier, le procureur avait requis des peines d’amendes avec sursis contre les deux cadres et 100 000 € contre Cegetel.

Fichage ethnique: SOS Racisme renonce à son appel

SOS Racisme, qui avait fait appel de la condamnation de l'office public d'HLM de Saint-Etienne pour discrimination raciale, a finalement renoncé à cette nouvelle procédure juridique.
En revanche, l'association appelle tous les locataires d'origine étrangère qui étaient titulaires d'un bail lors de faits (avant mai 2005) à réclamer un dédommagement. SOS Racisme a annoncé dans un communiqué mercredi 11 février 2009 qu'elle renonçait à son appel devant la chambre correctionnelle de Lyon. L'assocation s'engage cependant à "aider chacune des victimes de l'Opac à réclamer par une procédure civile, devant le juge de proximité, ce dédommagement financier". S'appuyant sur la somme accordée à une personne qui avait pu prouver qu'elle était locataire et donc victime, et qui s'était vu octroyer 300 euros de dommages et intérêts, SOS Racisme souligne que "si seulement 1 000 locataires obtiennent chacun 300 euros [...] alors l'OPAC devra débourser 300 000 euros". Zoom 42

Bal de la Saint-Valentin pour amoureux entravés

Bal Le froid, glacial, n'a pas empêché près de six cent personnes de participer au bal samedi soir sous la verrière des Subsistances, dans le premier arrondissement de Lyon. Le collectif lyonnais des Amoureux au ban public y organisait sa Saint-Valentin, dans la cour intérieure, par zéro degré. Chansons, soupe, couscous, vin chaud et revendications de 19 heures à minuit. Il s'agissait de sensibiliser le public à la cause des couples mixtes, un Français et un étranger, entravés dans leur amour lorsque l'un des deux est sans papier. Mais « en faisant la fête », ajoute Charlotte, membre du collectif...

Chroniques de rétention: «Je ne pars pas! Je dois voir le juge!»

Comme chaque semaine, voici le témoignage d'un intervenant en CRA (Centre de rétention administrative) de la Cimade. Monsieur L. est chinois. Il a été interpellé le 3 février dernier...

«Le matin du 3 février, Monsieur L. est en voiture à Versailles. Comme tous les jours, il se rend sur son lieu de travail. Au feu, la police l’interpelle: les lumières de ses freins sont défectueuses. M. L. se range sur le côté. A la demande des agents, il présente son permis de conduire et sa carte grise. La police souhaite contrôler son identité. Celui-ci présente son passeport chinois en cours de validité. En situation irrégulière sur le territoire français, M. L. n’a aucun autre papier à fournir. Le véhicule est immobilisé, il est placé en garde à vue. Le lendemain, 4 février, il arrive au centre de rétention administrative (CRA) de Rouen-Oissel.

En début d’après-midi, M. L. est dans le bureau de La Cimade. Il est méfiant, parle d’une voix saccadée, dans un français hésitant : «Je ne sais pas si je peux vous raconter mon histoire? dit-il. Qu’est-ce que je sais? Peut-être que vous travaillez avec la police?» Après tout, pourquoi ce Monsieur nous ferait-il confiance? Nous présentons notre association et lui indiquons, sur la feuille de ses droits en rétention, notre nom et notre mission. Il n’a pas l’air convaincu, il souhaite avant tout téléphoner. Il arrive à joindre une amie qui parle français. Il lui parle de nous, de ce qu’on lui propose. Sa question semble être: puis-je leur faire confiance? La dame, à l’autre bout du fil, nous connaît. Son oui est catégorique, M. L. nous fait un grand sourire. Nous allons pouvoir commencer l’entretien.

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vendredi 13 février 2009

Le Bal des amoureux - Samedi 14 février 2009 aux subsistances

JOURNÉE D’INFORMATION ET DE MOBILISATION
Le Collectif des Amoureux au ban public de Lyon présente

L’acte III,
Le bal des amoureux
Les noces de coton


Sous la verrière des Subsistances - 8 bis Quai St Vincent - Lyon 1er
Programme :
18h30 – 19h30 : cérémonie
Retour sur les actions menées par les Amoureux depuis février 2008 en collaboration avec les artistes lyonnais. Mariés l’année dernière place Sathonay pour « Le plus grand mariage mixte du monde ! », les Amoureux vous convient à leur « Noce de Coton ».
19h30 - 23h30 : Bal avec Unikum Orcherstra, Sandra NKAKE et GAWA
21h00 : « Karaoké chanson d’amour »
tout au long de la soirée : restauration sur place, projections vidéos et photographiques, installations sonores et plastiques, stand d’information.
Le mouvement des amoureux au Ban Public
En france, le combat des amoureux s’organise...
Depuis plus d’un an, la mobilisation de couples franco-étrangers a permis la naissance de 30 collectifs « Amoureux au Ban Public » sur l’ensemble de l’hexagone. Ils s’engagent collectivement pour la défense de leur droit à mener une vie familiale mise à mal par le durcissement continu des lois et des pratiques administratives. Réunis en États Généraux le 19 avril 2008, plus de cent représentants du mouvement se sont accordés sur une plateforme de revendications. Une campagne nationale a été lancée en juillet dernier pour demander la suppression des entraves juridiques et administratives remettant en cause leur droit d’aimer.

À Lyon, le collectif des amoureux au Ban Public fait aujourd’hui le bilan des actions réalisées... Créé à l’automne 2007 à l’initiative de la Cimade, le collectif regroupe actuellement plus de 100 couples et en accueille de nouveaux toutes les semaines. Il organise des manifestations permettant d’alerter l’opinion publique sur les difficultés récurrentes auxquelles se confrontent les couples mixtes.

Le collectif des amoureux au ban public fête le 14 février 2009, « ses noces de coton » où il a choisit de mettre en avant 5 revendications de la campagne nationale :
1 : délivrer automatiquement le visa d’entrée en cas d’union
2 : délivrer systématiquement un titre de séjour en cas d’union
quelque soit les conditions d’entrée sur le territoire
3 : interdire l’expulsion des conjoints ou des concubins de français
4 : respecter la liberté constitutionnelle du droit au mariage
5 : mettre fin à la surpuissance et aux abus de pouvoir
de l’administration

En savoir plus :
http://balamoureux.hautetfort.com
www.amoureuxauban.net

Le Senat vote de la fin des conditions de nationalité pour les médecins : un pas en avant contre les discriminations légales ! En adoptant hier (mercredi 11 février) une proposition de loi socialiste visant à mettre fin aux conditions de nationalité pour les médecins, le Sénat vient de s’opposer à juste titre au maintien dans notre législation de pratiques discriminatoires.
SOS Racisme considère que ce vote va dans le bon sens et espère que l’Assemblée votera ces mêmes dispositions. En effet, l’Etat ne peut avoir une crédibilité forte en matière de lutte contre les discriminations que s’il montre lui-même la voie de la disparition des discriminations légales. En outre, par le poids qu’elles représentent (près de 6,5 millions d’emplois sont concernés, soit au titre de la nationalité de la personne ou du pays de délivrance du diplôme), les discriminations légales sont un frein majeur à l’intégration des étrangers, à un moment où pourtant la « pression » aux preuves de la bonne intégration envahissent, avec parfois de dangereux glissements, le discours politique. L’ampleur des discriminations légales à l’emploi nous amène d’ailleurs à demander aux parlementaires et au Gouvernement de prendre leurs responsabilités. Il est en effet urgent que d’autres catégories d’emploi, aussi bien publics que privés, voient les conditions de nationalité disparaître. SOS Racisme

Réaction de SOS Racisme suite aux déclarations d’Eric Besson sur les tests ADN.

A l’automne 2007 le projet d’instaurer des tests ADN pour le regroupement familial avait soulevé une très vive émotion, plusieurs centaine de milliers de personnes s’étaient réunies derrière la pétition « Touche pas à mon ADN » portée par SOS Racisme.

L’ampleur de cette mobilisation, montre que les français éprouvent une émotion légitime face à cette mesure. Suite à l’annonce par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale de l’adoption du décret sur les tests ADN, SOS Racisme est surprise que cette disposition soit remise sur le devant de la scène en 2009.

Nous espérons que cette décision ne renvoie pas à une volonté plus globale de mettre en place des logiques de diversion en brandissant l’épouvantail d’une immigration incontrôlée afin de ne pas répondre aux lourdes questions sociales que pose la crise économique. SOS Racisme

Immigration: Eric Besson relance les tests ADN

Le décret instaurant des tests pour le regroupement familial, sur la base du volontariat, sera pris d'ici deux mois, annonce le ministre. Le décret d’application permettant la mise en œuvre des tests ADN pour les regroupements familiaux sera pris dans «un mois et demi ou deux mois», a déclaré Eric Besson, le ministre de l’immigration, ce jeudi sur LCI. «Quand j’aurai la conviction absolue que tout a été fait sur le plan éthique, moral et des réalisations concrètes, je signerai ce décret. Cela nous amène probablement dans un mois et demi, deux mois, pas davantage», a expliqué le ministre. En visite en Angleterre mercredi, où ces tests sont pratiqués, Eric Besson a fait valoir, que douze pays de l'UE pratiquent des tests ADN «sans que cela suscite polémique».

La France a voté l’expérimentation de tests ADN avec la loi sur la maîtrise de l’immigration à l’automne 2007 mais ce décret n’a pas été adopté. Une réunion interministérielle est prévue sur ce sujet le 18 février. Les tests ADN, tels qu'ils ont été votés, devront aider à faire la preuve d'une filiation et seront strictement encadrés: se faire sur une base uniquement volontaire et ne concerner que la filiation par la mère. Ils devraient être expérimentés dans 9 pays. Interrogé aussi sur la circulaire permettant à des sans-papiers d’obtenir des titres de séjour en échange d’une «coopération» avec la police, le ministre a précisé que le dépôt de plainte pourrait se faire «sous X». Il a également précisé que l’objectif des expulsions d’immigrés en situation irrégulière pour 2009 avait été fixé par le président et le Premier ministre à «27.000», après voir évoqué le chiffre de 26.000 fin janvier avant l’arbitrage définitif. Libération

Immigration : "Il n'y a que des élites tordues pour parler de délation", estime Besson
Le ministre de l'immigration, Eric Besson, a estimé, mercredi 11 février à Londres, à propos de sa circulaire prévoyant la délivrance de titres de séjour en échange d'une coopération au démantèlement de filières clandestines, qu'il n'y avait "que des élites tordues pour parler de délation".

Le ministre s'est rendu dans la capitale britannique pour notamment s'entretenir avec son homologue Phil Woolas. Revenant, devant quelques journalistes, sur cette circulaire, Eric Besson a dit : "Il faut être tordu pour sortir ce langage de deuxième guerre mondiale. Le peuple, lui, comprend bien qu'il y a des victimes et des bourreaux."

Rappelant que cette circulaire "ne constitue pas l'alpha et l'omega de sa politique", il a estimé entre 75 et 80 % l'immigration illégale provenant des filières clandestines et indiqué qu'il aimerait doubler le nombre de démantèlements de ces filières (120 en 2008).

M. Besson a signé le 5 février une circulaire permettant à des sans-papiers d'obtenir des titres de séjour en échange d'une "coopération" avec la police. Le sans-papiers, une fois entendu par les services de l'Etat, disposerait d'"un délai de réflexion de trente jours pour lui permettre de se soustraire à l'influence de ses exploiteurs et prendre sa décision de porter plainte". Ce n'est qu'une fois cette décision prise que "la victime pourra recevoir une carte de séjour temporaire" de six mois minimum, "renouvelable jusqu'à l'achèvement définitif de la procédure judiciaire". Si une condamnation effective est prononcée, la victime pourra obtenir une carte de résident de dix ans, selon M. Besson. Le Monde

"Notre modèle d'intégration républicain est grippé"


Interview de Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l'égalité des chances...

Vous avez été nommé commissaire à la diversité et à l'égalité des chances mi-décembre. Vous allez remettre votre rapport dès le mois prochain. Il y a urgence ?

Il y a effectivement urgence. Le président de la République s’est engagé, dans son allocution du 17 décembre dernier, à donner un nouvel élan à la diversité dans notre pays. Il m’a fixé des orientations précises et ambitieuses. Il est donc temps aujourd’hui de mettre en cohérence tous les efforts déjà accomplis et de leur donner la puissance voulue pour changer résolument les regards, les préjugés et les comportements sociaux en France.

Quelles sont les priorités ?

Notre modèle d’intégration républicaine est fortement grippé. Il faut agir en priorité dans les domaines de l’éducation, de la formation et de l’emploi. D’abord parce que l’école et le travail sont des lieux d’intégration, de sociabilisation ; ensuite parce que notre système éducatif a besoin d’être modernisé et démocratisé. Le système scolaire doit s’ouvrir à la diversité, notamment via ses filières prestigieuses. Il en va de l’intérêt général. Avec le "papy krach" de 2010, les chefs d’entreprises auront des choix bien moins ouverts en termes de recrutements. Il est impératif de privilégier la pluralité des compétences et de former de nouveaux talents. Sur ce point, il ne faut plus que la barrière sociale soit une barrière à la réussite.

Théoriquement, elle ne l’est pas. Que c’est-il passé ? Qu’est-ce qui a été cassé ?

L’offre scolaire dans les quartiers en France est inégale. Xavier Darcos et Valérie Pécresse d’ailleurs ont bien compris qu’il fallait élargir les opportunités offertes à notre jeunesse. Valérie Pécresse a évoqué de très bonnes pistes de travail, comme la création de classes préparatoires dans l’université. Il faut également que les concours soient moins discriminants, afin d’élargir le vivier des candidats.

Cela se traduit comment ?

Certaines matières peuvent être discriminantes, car leur acquisition est souvent tributaire du milieu où l’on vit. Peut-être faudrait-il aussi revoir les critères et le mode de sélection des candidats, et l’adapter pour chaque filière. Aujourd’hui, la difficulté majeure, c‘est que notre système éducatif ne fournit plus les compétences dont notre économie a besoin. On manque à la fois de plombiers, d’électriciens et d’ingénieurs. Lire la suite sur Metro France