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mardi 2 juin 2009

Meeting aux relents antisémites au théâtre de Dieudonné - Elections européennes - Le Monde.fr

C'est dans une ambiance délétère que les animateurs de la liste "antisioniste" ont tenu un meeting à Paris, lundi 1er juin. Dans un Théâtre de la Main d'Or bondé, environ 250 personnes ont déboursé 8 euros pour assister à cette réunion à moins d'une semaine du scrutin européen pour lequel Dieudonné Mbala Mbala mène campagne en Ile-de-France.

Outre les principaux animateurs de la liste –M. Mbala Mbala, le polémiste Alain Soral et Yahia Gouasmi, président du Parti antisioniste (chiite radical) –, sept autres colistiers étaient présents. Chacun a pris la parole pour exposer ses motivations. L'occasion d'entendre des positions aux nets relents antisémites.

Ahmed Moualek, responsable du site Internet La banlieue s'exprime, a fustigé "ce petit lobby juif sioniste qu'[il] qualifie de juifiste" dont il affirme "qui lui a pourri la vie depuis 25 ans".

HOMMAGE AMBIGU

Maria Poumier, universitaire proche des milieux négationnistes, a rendu un hommage ambigu au président vénézuélien Hugo Chavez. C'est le premier "en Amérique latine qui a pris conscience de la présence sioniste". Et d'ajouter: "Les agents sionistes n'apparaissent pas comme des agents étrangers mais comme des Latino-Américains. Ils ont la double nationalité et obéissent aux intérêts d'un pays étranger." Avant de prendre à témoin une assistance surchauffée : "Si vous pensez que M. Sarkozy correspond à ce profil…"

Michael Guérin, ancien responsable FNJ Rhône-Alpes, s'est défini comme "nationaliste révolutionnaire", courant de l'extrême droite radicale. Se référant à François Duprat, figure fasciste des années 1970 et premier éditeur de textes négationnistes en France, M. Guérin a déclaré vouloir "se libérer des forces d'oppression qui sont toutes antinationales".

Ce meeting a aussi réservé une "surprise" : l'intervention en direct par téléphone, depuis sa centrale de Poissy (Yvelines), d'un homme présenté comme le terroriste Carlos. Saluant sa "camarade" Ginette Skandrani, il s'est indigné : "Toi qui vis avec un Arabe, on te traite de raciste" avant de s'en prendre à "cette bande de gitans et de juifs qui te taxent d'antisémitisme. Ces gens (…) sont protégés par l'anti-France, excusez-moi d'employer une expression vichyste, c'est l'anti-France". La salle s'est levée pour l'acclamer.

M.Gouasmi était en verve. D'un air satisfait, il a annoncé que les "responsables du Hamas" et ceux "du Hezbollah" soutenaient la liste "antisioniste".

Dans une séance de questions-réponses, une intervention dérange. Celle d'un électeur potentiel qui s'interroge sur le caractère "dictatorial" du régime iranien, porté aux nues par les intervenants. "Vous êtes en train de perturber la salle avec vos idées. Ce que vous dites n'est ni plus ni moins que de la désinformation sioniste", lance, menaçant M. Gouasmi. Prenant à témoin la salle tout en plissant du nez, d'un air dégoûté: "Je ne veux pas ouvrir le débat avec ce monsieur. Je sens déjà sa couleur…"

Abel Mestre et Caroline Monnot

mercredi 29 avril 2009

Harlem Désir dénonce «une nébuleuse de la haine» chez Dieudonné - leParisien.fr

Harlem Désir, tête de liste européenne du PS en Ile-de-France, considère que la candidature de Dieudonné et de ses co-listiers pour les élections de juin prochain émane d'une «nébuleuse de la haine».

«Cette candidature est celle d'une nébuleuse de la haine», commente l'eurodéputé socialiste dans un communiqué ce samedi.

Après avoir lancé sa campagne le 21 mars dans son théâtre de la Main d'Or à Paris (voir la vidéo en cliquant ici), l'humoriste controversé a annoncé ce vendredi qu'il présenterait au moins cinq listes «anti-sionistes» au scrutin européen du 7 juin.
«Les listes présentées par Dieudonné sont fondées sur des principes radicalement contraires aux valeurs humanistes de l'Europe», poursuit l'ancien président de SOS Racisme. «La dernière obscénité de Dieudonné, qui a fait défiler un figurant en costume rayé de déporté sur scène, montre son mépris pour la Shoah et la déportation, pourtant le plus grand crime de l'histoire de notre continent».

Dans plusieurs quartier de la banlieue d'Île-de-France, les listes Dieudonné - baptisée à l'époque Europalestine - avaient réalisé de bons scores aux derrnières élections europénnes.


«Surtout, cette annonce achève de démontrer s'il en était besoin que Dieudonné n'est pas un humoriste mais un agitateur d'extrême droite qui véhicule des idées nauséabondes», selon Harlem Désir qui «renvoie dos-à-dos Marine Le Pen et Dieudonné».


Approfondir : Tariq Ramadan avec Dieudonné et Soral : vers l'antisémitisme? sur Mémorial 98


jeudi 9 avril 2009

Dieudonné sera poursuivi pour avoir invité Faurisson sur scène

Dieudonné a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, mercredi 8 avril, pour 'injures raciales' pour avoir remis, fin décembre sur la scène du Zénith, un 'prix de l'infréquentabilité' à l'historien Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour ses thèses négationnistes. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 29 décembre, quelques jours à peine après que l'humoriste a accueilli l'historien sur la scène du Zénith.

Au terme de l'enquête, le parquet de Paris a 'engagé des poursuites pénales à l'encontre de Dieudonné Mbala Mbala des chefs d'injures commises à l'encontre d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, en l'espèce des injures antisémites', explique une source judiciaire citée par l'AFP. Le procès aura lieu le 5 mai à 13 h 30, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Plusieurs municipalités, comme Besançon, Caen ou Belfort, ont récemment annulé des spectacles de l'humoriste, qui compte présenter en Ile-de-France, une liste "anti-sioniste" aux élections européennes en raison de ses provocations. Le Monde

mercredi 25 février 2009

Les étranges amitiés de Dieudonné

C'est l'histoire d'un humoriste dont les meilleurs amis d'aujourd'hui sont ses pires ennemis d'hier. D'un comique qui, il y a douze ans, s'engageait en politique, à Dreux (Eure), contre Jean-Marie Le Pen, qu'il qualifiait alors de "grand marabout borgne", et qui offre désormais son théâtre à des courants politiques plus radicaux encore que le Front national.

Jadis proche de la gauche alternative, Dieudonné, 43 ans, est devenu une sorte de caisse de résonance pour une frange composite de l'extrême droite française. Ces liaisons dangereuses, il les assume publiquement. L'occasion nous a été donnée de le constater récemment au Théâtre de la Main d'or. Ce soir-là, l'humoriste donne dans sa salle du 11e arrondissement de Paris une représentation de son spectacle J'ai fait le con. Le même show, qui, un mois auparavant, le 26 décembre 2008, avait fait scandale : Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un "Prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par son régisseur Jacky, vêtu d'un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune.

Ce 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s'est donné rendez-vous, à l'invitation de Robert Faurisson, dont le 80e anniversaire tombait quelques jours plus tôt. Il y a là une petite famille marginalisée de militants qui nient la réalité du génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale et n'apparaissent que très rarement ensemble, compte tenu de l'hostilité qu'ils suscitent.

Un carré de places leur a été réservé au pied de la scène à la Main d'or. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d'holocaustes), domicilié à l'étranger et sous le coup d'une interdiction d'accès en France. A leurs côtés, Ginette Skandrani, ancienne militante des Verts, exclue de cette formation pour ses collaborations à l'Aaargh, et qui a fait partie du bureau de campagne de Dieudonné quand l'humoriste envisageait de se présenter à l'élection présidentielle de 2007.

Le théâtre est tout petit, 150 sièges à vue d'oeil. Des jeunes plaisantent entre eux. Ils appartiennent à cette partie du public, plutôt masculine et métissée, qui semble ignorer la dimension politique de cette soirée. Pourtant, outre les négationnistes, plusieurs courants de l'extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y a là Charles-Alban Schepens, l'un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule "catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire", qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, du maréchal Pétain et des Phalanges espagnoles. On remarque aussi des membres du courant "nationaliste révolutionnaire", qui combine idéologie fasciste et anti-impérialisme, ainsi que le patron d'une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads.

Tous ceux-là apprécient comme autant de clins d'oeil les allusions à la Shoah et au pouvoir prêté aux juifs qui parsèment le spectacle. Comme au début de la représentation, quand une voix off demande, étrangement, avant le lever de rideau l'extinction des téléphones portables "en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale". Une heure et demie plus tard, quand la salle se vide, les plus militants font la queue pour serrer la main de Robert Faurisson, qui restera avec ses alter ego au théâtre pour y souper avec Dieudonné.

Pour l'humoriste et ses amis, il n'y a plus désormais ni gauche ni droite. Il y a le système - comprendre "l'axe américano-sioniste" - et les ennemis du système. D'où l'étrange attelage qui gravite autour de lui : chiites radicaux du Centre Zahra, héritiers de Maurras, quelques jeunes de banlieue et des étudiants membres de l'extrême droite musclée. Ce 29 janvier, la sécurité était assurée par des jeunes gens barbus, habillés à la manière des salafistes... Lire la suite sur Le Monde