C'est la Honte !!!

vendredi 6 novembre 2009

SOS Racisme toujours en croisade contre le fichage ethnique - Libération

L'association épingle une quinzaine de grandes entreprises et bailleurs sociaux qui classeraient (ou auraient classé) leurs salariés et locataires en fonction de leur origine."

Certaines entreprises n'hésiteraient pas à classer leurs salariés en fonction de leur couleur de peau. L'accusation n'est pas nouvelle. Depuis des années, SOS Racisme se bat contre les systèmes de fichage ethnique existant dans le monde de l'entreprise comme dans le secteur du logement.

Dans un rapport remis mercredi à Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer, l'association regrette d'abord le manque de poursuites contre ces pratiques discriminatoires.

«La Commission nationale informatique et libertés (Cnil), l'Inspection du travail et les autorités judiciaires se montrent peu enclines à collaborer avec SOS Racisme», accuse Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme et auteur du rapport «Le fichage ethno-racial: un outil de discrimination» (à télécharger en pdf ici).

La Cnil s'est défendue aussi sec dans un communiqué en exprimant «son plus vif étonnement face à des accusations infondées». Elle rappelle que depuis qu'elle a des pouvoirs de contrôle renforcés et un pouvoir de sanction (2004), elle «n'a jamais hésité à en faire usage, notamment dans le cadre de plaintes transmises par SOS Racisme».

Dans le secteur du logement

Dans son rapport, SOS Racisme épingle cinq offices HLM et une dizaine d'entreprises. Pour chaque affaire, l'assocation fait le point sur les accusations et l'état des poursuites. Patrick Karam a mandaté il y a un an l'association pour rechercher et accompagner les victimes de fichage à caractère ethnique, racial ou géographique.

Rappelons que le fichage est illégal depuis 1978 et passible de 5 ans de prison et 300.000 euros d'amende (personnes physiques) à 1,5 million d'euros (personnes morales). Mais la jurisprudence est quasiment inexistante. Seuls deux dossiers ont donné lieu à des condamnations définitives : l'Opac de Saint-Etienne (février 2009) et le cabinet de recrutement d'hôtesses et d'agents de vente Daytona (juin 2009 en appel) ont été condamnés pour avoir constitué des fichiers avec des catégories telles que «européen blanc», «maghrébin» ou «africain et Dom-Tom».

Dans le domaine du logement, SOS Racisme cite notamment le cas de l'office public HLM de Vitry-sur-Seine. «La mission de vérification de la Cnil, effectuée le 15 janvier 2003, a permis de confirmer la tenue, par la direction de la gestion locative de l'OPHLM de Vitry-Sur-Seine, d'un tableau statistique dénombrant les locataires classés selon trois catégories : "Français", "Etranger" et "Dom-Tom".» Depuis, l'affaire est au point mort. Après un non-lieu du juge d'instruction, SOS Racisme a récemment demandé à la Cnil de vérifier si ces pratiques avaient cessé. «Nous sommes en attentes de la réponse», lit-on dans le rapport.

Autre affaire: dans la chaîne d'hôtels Campanil, un logiciel affecterait une origine ethnique en fonction de la consonance du nom ou/et du prénom du client. «En août 2008, nous avons été saisis par un fonctionnaire (portant un nom et un prénom à consonance maghrébine, NDLR) qui avait découvert sur la facture délivrée par l'Hôtel Campanil où il séjournait (...) qu'il était mentionné sous son nom et prénom, la mention "morocco"», raconte SOS Racisme. Aux dires du responsable de l'hôtel, le logiciel de gestion de la chaîne attribuerait «systématiquement une origine, en fonction du prénom inscrit sur la facture», précisant que ce logiciel avait été conçu ainsi pour élaborer «leurs statistiques touristiques».

Dans les grandes entreprises

Epinglée aussi Air France pour des fichiers d'hôtesses mentionnant par exemple les types africain, indien ou méditerranéen. «La Cnil prétend aujourd'hui dans une lettre d'août 2009, que les hôtesses de l'air avaient donné leur consentement express et qu'en conséquence l'infraction pénale ne serait pas constituée. SOS Racisme a saisi l'inspection du travail et porté plainte auprès du Procureur de la république au TGI de Bobigny qui a fait procéder à une enquête.»

Dans le rapport, SOS Racisme raconte comment en novembre 2006, dans le cadre de la finalisation d'un plan social chez Noos (ancêtre de Numéricable), la direction a transmis à ses salariés les éléments individuels les concernant (état civil, adresse, situation familiale, etc.) tirés du logiciel de paye, pour qu'ils en vérifient l'exactitude. A cette occasion, sept salariés ont déploré qu'à la place de «nationalité française» était indiqué «nationalité guadeloupéenne» ou «martiniquaise». En juillet dernier, le procureur a classé sans suite la plainte au motif d'une «infraction insuffisamment caractérisée»...

SOS Racisme a engagé plusieurs procédures à l'encontre d'Euro Disney après la découverte sur son site de recrutement d'une case «pays» qui outre la France, peut être la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Polynésie française, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie. Comme s'il s'agissait de «pays» distincts...

Mercredi, un huissier, mandaté par le tribunal de Meaux à la demande de SOS Racisme, est allé demander des fichiers à Euro Disney. La direction a déclaré à l'AFP «n'avoir rien à cacher» et évoqué une «campagne médiatique déplorable» quand «on connaît (leur) engagement en faveur de la diversité».

Interrogé sur ce dossier, Patrick Karam, a répondu: «En tant que Guadeloupéen, je n'accepte pas qu'Euro Disney recrute des Français d'un coté, des Martiniquais ou des Guadeloupéens d'un autre.» Et pour celui qui doit remettre des préconisations à Nicolas Sarkozy, «l'arsenal judiciaire est suffisant, ce qui manque c'est la volonté».

Lire le rapport complet de SOS Racisme en cliquant ici.


SOS Racisme toujours en croisade contre le fichage ethnique - Libération: "SOS Racisme toujours en croisade contre le fichage ethnique

mercredi 4 novembre 2009

Le fichage "ethno-racial" pratiqué par des bailleurs et des sociétés françaises - LeMonde.fr

Ils ont classé leurs salariés en fonction de la couleur de leur peau, attribué à leurs locataires des codes renvoyant à leurs origines "ethniques", accolé à des intérimaires blancs la mention BBR (bleu-blanc-rouge): dans le domaine de l'emploi et du logement, certaines entreprises françaises pratiquent – discrètement – le fichage ethno-racial. Dans un rapport rendu public mercredi 4 novembre, Samuel Thomas, vice-président de l'association SOS-Racisme et président de la Fédération des maisons des potes, dresse l'état des lieux de ces pratiques discriminatoires.

Disneyland Paris sommée de fournir ses fichiers
En vertu d'une ordonnance prise le 19 octobre par le président du tribunal de Meaux, un huissier de justice devait se présenter, mercredi 4 novembre, au siège de la société Disneyland Paris, en Seine-et-Marne, afin de se faire remettre certains fichiers informatiques. Sur le site Internet de l'entreprise, les candidats aux offres d'emploi doivent indiquer leur pays, mais, selon SOS-Racisme, il existe des rubriques séparées pour la France, comme la Guadeloupe, la Polynésie française, la Réunion, la Guyane française et la Nouvelle-Calédonie. Cette distinction, observe l'association, ne concerne pas les départements bretons ou alsaciens. "Le classement des candidats résidents dans les DOM-TOM sous-entend nécessairement qu'il existe une différence de traitement de ces demandes des candidats qui sont pourtant tous bien des citoyens français", estime SOS-Racisme. Selon l'association, le bilan social 2007 de la société classe les salariés en plusieurs rubriques: "Afrique hors Maghreb", "Afrique Maghreb", "Autres Antilles", "Europe (ouest) dont Français". L'huissier est chargé de se faire remettre ces listings informatiques en vue d'un éventuel procès: il est nécessaire, estime SOS-Racisme, que les preuves soient conservées.

Depuis 1978, le fichage ethno-racial est interdit par la loi, mais ce texte est rarement appliqué : malgré de nombreuses plaintes, la première condamnation a été prononcée… le 27 octobre 2008. Ce jour-là, la société Daytona, un cabinet de recrutement d'hôtesses d'accueil et d'agents de vente, a été condamnée à 20 000 euros d'amende, dont 15 000 avec sursis, pour avoir classé ses 5000 vacataires en quatre catégories : 1 pour les Blancs, 2 pour les Maghrébins, 3 pour les Noirs et 4 pour les Asiatiques.

Malgré cette décision symbolique, beaucoup de procédures restaient enlisées au parquet ou à l'instruction. Pour donner une nouvelle impulsion à la lutte contre le fichage ethnique, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer, Patrick Karam, a signé, le 13 novembre 2008, une convention avec SOS-Racisme, afin de rechercher les pratiques de "fichage territorial ou ethnique et les discriminations à l'embauche qu'elles pourraient entraîner ou qu'elles sous-tendent".

Cette convention a permis à SOS-Racisme de relancer des procédures qui n'avançaient plus. "Le soutien du délégué interministériel a été décisif car c'était la première fois que l'Etat nous apportait son aide, explique Samuel Thomas. Nous avons reçu une subvention de 20 000 euros et, surtout, nous avons pu, dans les courriers que nous adressions aux procureurs ou aux juges, nous prévaloir de ce soutien et indiquer que nous agissions dans le cadre d'une convention avec l'Etat. Les magistrats ont accordé beaucoup plus d'attention à nos démarches !"

Forte de cet appui, l'association a relancé les procédures, fait appel des non-lieux, contesté les classements sans suite. Dans l'affaire de l'OPAC de Saint-Etienne, qui avait mis en place un fichier ethnique de locataires, SOS-Racisme s'est ainsi appuyé sur la convention pour contacter une à une toutes les victimes du fichage afin qu'elles se constituent partie civile lors de l'audience. Lorsque le procès s'est ouvert, le 18 novembre 2008, trente d'entre elles se sont présentées devant le tribunal de Saint-Etienne afin d'obtenir réparation.

Les faits étaient connus depuis 2005. Cette année-là, la mission interministérielle d'inspection du logement social avait constaté que l'OPAC classait les habitants en trois catégories : Maghreb, Afrique, Asie. Le plan stratégique se fondait sur ces données pour gérer la répartition des nouveaux arrivants, estimant ainsi, en 2002, qu'il était "possible d'infiltrer sur certains bâtiments quelques familles étrangères de petite taille"… Le 3 février 2009, l'OPAC a été condamné à une amende avec sursis.

La convention a aussi permis de relancer l'affaire des agences immobilières Mil'Im, qui classaient les propriétaires en quatre catégories: 1 (aucune exigence sur l'origine ethnique du locataire), 2 (n'accepte que les Européens), 3 (n'accepte que les Français de métropole) et 4 (accepte les Français de "couleur" uniquement s'ils sont antillais). L'agence d'Amiens a été condamnée en 2008 mais la convention a permis à SOS-Racisme de porter plainte contre les 330 propriétaires classés "3" qui acceptaient uniquement des locataires français et métropolitains.

Dans les autres agences Mil'Im, beaucoup de magistrats butaient sur le déchiffrage des codes. En 2008, l'agence de Strasbourg avait ainsi bénéficié d'un non-lieu car la CNIL ne parvenait pas à décoder les mystérieux numéros attribués aux propriétaires. Il a fallu attendre le procès en appel de l'agence d'Amiens, en février 2009, pour que Mil'Im communique à la justice un document baptisé "Démarche qualité" qui offrait la grille de lecture du logiciel. C'est en s'appuyant sur cette note que SOS-Racisme a pu, grâce à la convention, demander au parquet de revenir sur le non-lieu prononcé à Strasbourg.

La convention a aussi permis de mettre au jour de nouvelles affaires. SOS-Racisme a ainsi découvert que sur le site Internet du cabinet de recrutement Huxley, les candidats résidant en France et postulant à des postes dans l'Hexagone devaient cocher une case sur leur origine ethnique, optant pour "Black caribbean", "Black other", "Asian" ou "White". Quant au site européen de recrutement de Nissan, il demandait aux candidats d'indiquer s'ils venaient de "France"...ou de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane ou de La Réunion. Malgré l'aide de la convention, SOS-Racisme affirme avoir du mal à faire aboutir ces affaires. "La Commission nationale informatique et libertés, l'inspection du travail et les autorités judiciaires se montrent peu enclines à apporter une réponse répressive aux pratiques dénoncées", estime le rapport.

Surcharge de travail, difficulté à réunir des preuves, méconnaissance de la législation: beaucoup de procédures judiciaires finissent par s'enliser. En 2007, SOS-Racisme avait signé une convention sur la formation des magistrats avec le ministère de la justice mais, selon l'association, elle n'a jamais eu lieu. "La lutte contre le fichage de données “ethno-raciales” ne pourra être efficace qu'avec la mise en place d'une véritable politique pénale répressive et par la mobilisation de tous les acteurs concernés", conclut le rapport.

Anne Chemin


Le fichage "ethno-racial" pratiqué par des bailleurs et des sociétés françaises - LeMonde.fr: "Le fichage 'ethno-racial' pratiqué par des bailleurs et des sociétés françaises"

SOS Racisme dénonce le "fichage ethnique" à Air France - France - Toute l'actualité en France - France Info

SOS racisme publie ce matin un rapport sur la pratique du "fichage ethnique". L’association accuse une quinzaine d’entreprises de conserver des données identifiant leurs salariés selon des critères ethniques. La compagnie Air France est notamment pointée du doigt.

Dans son rapport, SOS Racisme épingle une quinzaine d’entreprises, dont quelques “gros poissons”, comme Air France. Selon le rapport, la compagnie aérienne a dressé une typologie raciale de ses hôtesses et stewards, qui est utilisée à l’occasion de vols spéciaux. Il s’agit du transport des équipes sportives par exemple ou à l’occasion de manifestations particulières.


SOS Racisme dénonce le fichage ethnique, notamment à Air France. Les précisions de Nathalie Bourrus. (0'56")


Concrètement, un formulaire est soumis aux personnels navigants commerciaux. Il comporte des questions comme la couleur des yeux, ou encore le type racial des intéressés.

Selon les termes de l’article 226-19 du Code Pénal, le fichage ethnique constitue une infraction. La loi interdit la “mise ou conservation en mémoire informatisée sans le consentement exprès de l’intéressé des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître [notamment] les origines raciale ou ethniques”.

SOS Racisme a donc soumis le cas d’Air France à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL). Mais l’institution a objecté que les salariés, en l’occurrence, avaient donné leur consentement.

SOS Racisme ne s’arrête pas à ce revers et persiste à dénoncer le principe, et l’inertie présumée des pouvoirs publics. La justice, à travers les procureurs ou les juges, ignore l’infraction, estime SOS Racisme, qui avait déjà porté plainte en 2006 contre le fichage ethnique des délinquants.

France Info - en savoir plus
SOS Racisme dénonce le "fichage ethnique" à Air France - France - Toute l'actualité en France - France Info:

"Les Tribunaux doivent davantage instruire les affaires de discrimination" - Capital.fr

Fichage de salariés à l’embauche, sélection des locataires en fonction de leurs origines… L’association SOS Racisme remet, ce matin, au gouvernement un rapport explosif sur la discrimination dans l’entreprise et les organismes HLM. Patrick Karam, Délégué interministériel pour l’Egalité des chances des Français d’outre-mer en détaille, pour Capital.fr, les résultats.

Capital.fr : Vous présentez ce matin un rapport sur la discrimination en entreprise. Quelles en sont les principales conclusions ?
Patrick Karam : Elles sont accablantes. En France, une quinzaine de grandes entreprises pratiquent actuellement le fichage ethno-racial pour leur recrutement. Or ce comptage est généralement mis en place dans un but de discrimination. Et ce, quasiment en toute impunité. Un exemple troublant : notre rapport révèle entre autres qu’une société de recrutement, Daytona, a récemment proposé 95% de salariés blancs pour la société Guerlin… alors même que cette catégorie de personnels ne représentait que 50% de sa base de données. Cette affaire laisse penser que Daytona s’est adaptée à la demande du client. Encore plus surprenant, le tribunal ne l’a jamais condamné pour discrimination, comme le prévoit la loi 1978. Il y a là un vrai problème…

Capital.fr : Ces dérives s’étendent aussi au secteur du logement…
Patrick Karam : Au départ, le rapport devait se concentrer sur les problèmes de fichage et de comptage au sein des entreprises. Mais nous avons aussi constaté d’importantes dérives chez de gros bailleurs sociaux. Après dénonciation de SOS Racisme, la société Logirep, gestionnaire de 25000 logements HLM , vient ainsi d’être mise en examen pour fichage ethnique des locataires et discriminations raciales. En cause : des fichiers d’inscription qui distinguaient les locataires originaires des Dom et ceux d’Europe, et plus grave encore, des Français nés en outre mer, qui sont blancs de peau, de ceux qui sont noirs.

Capital.fr : Comment mettre fin à ces dérapages et faire respecter la loi de 1978 contre les discriminations ?
Patrick Karam : Le Président de la République m’a donné une mission, nous appliquerons la tolérance zéro. Il est clair que les associations comme SOS Racisme ne peuvent lutter seules. Il faut que l’Etat s’engage davantage, à leurs côtés, pour inciter les juges à instruire ces affaires. Je viens de saisir les cabinets de Michel Alliot-Marie et Brice Hortefeux, à ce sujet. En parallèle, nous allons inciter les victimes à se manifester et à porter plainte auprès des associations SOS Racisme et la Maison des potes.

Propos recueillis par Guillaume Chazouillères

Retrouvez la rapport de SOS Racisme


"Les Tribunaux doivent davantage instruire les affaires de discrimination" - Capital.fr: "'Les Tribunaux doivent davantage instruire les affaires de discrimination'"

Fichage ethnique : un rapport au vitriol de SOS Racisme - Economie - 04/11/2009 - leParisien.fr

Discriminations à l’embauche, au logement… : l’association de lutte contre le racisme remet aujourd’hui au gouvernement un rapport sur le fichage ethnique et ses dérives."

Des entreprises qui fichent leurs salariés selon leur origine ethnique. Des offices HLM soupçonnés de discriminer les locataires originaires d’outre-mer ou en fonction de leur nationalité. A la demande du délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, Patrick Karam, l’association SOS Racisme remettra aujourd’hui au un rapport explosif sur ce sujet.

Outre la mise à l’index de certains organismes et d’entreprises pratiquant le fichage ethnique un délit selon la loi du 6 janvier 1978 , SOS Racisme dénonce la passivité des inspecteurs du travail, de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et des magistrats, souvent frileux à enquêter. « Le Parisien » et « Aujourd’hui en » révèlent en exclusivité trois affaires litigieuses soulevées par SOS Racisme.

soupçonné de discrimination à l’embauche
Le 28 octobre 2009, SOS Racisme porte plainte contre Nissan Europe, le constructeur nippon allié à Renault. Motif : le fichage ethnique des candidats à l’embauche via son site Internet www.nissan-recruitment.eu . Sur ce site, les candidats doivent renseigner une rubrique sur leur pays d’origine. Or dans ce champ figurent au choix « France », « Martinique », « Guadeloupe », « Polynésie française » et « France territoires du Sud »… Autre question : « What is your ethnic origin ? » (Quelles est votre origine ethnique ?). Les postulants peuvent alors sélectionner une réponse parmi les choix suivants : « African, Asian, Carribean, European, Latin, Middle-East, Oriental, Other. »

La réponse de Nissan. Contacté, Nissan Europe se défend de toute discrimination ethnique à l’embauche. « Plus de 20 nationalités travaillent chez nous. Nous mettons un point d’honneur à favoriser la diversité », affirme un porte-parole. S’agissant de la mention des DOM-TOM, « ce renseignement est facultatif, mais il se révèle utile quand nous adressons un courrier aux candidats ». L’origine ethnique ? « Le candidat n’est pas obligé d’y répondre. Mais, cette mention est systématique lorsqu’on travaille aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Etant donné qu’il s’agit d’un portail global permettant de postuler partout dans le monde, la question figure sur notre site », précise ce porte-parole.

Quand Air France s’intéressait à la « typologie raciale » des hôtesses de l’air
Alerté par le syndicat CFDT, SOS Racisme a porté plainte en 2008 contre la compagnie Air France, lui reprochant de pratiquer une « typologie raciale » de ses hôtesses et stewards travaillant sur les « vols spéciaux et manifestations exceptionnelles ». Dans les fiches de candidature, remplies par les encadrants, seraient précisées non seulement les compétences linguistiques des salariés mais aussi leur origine ethnique : « Africain, Antillais, Asiatique, Eurasien, Indien... » SOS Racsime a également saisi la Cnil et l’inspection du travail de ce dossier.

La réponse d’Air France. Du côté d’Air France, on répond que la Cnil a dédouané la société, dans un courrier d’août 2009, estimant qu’« Air France n’a pas méconnu la loi du 6 janvier 1978 puisque le fichier lui a été déclaré et que le consentement express des salariés était recueilli en toute connaissance de cause ». Néanmoins, « afin de faire taire toute polémique, Air France a décidé de supprimer les données sensibles qui figuraient initialement dans le fichier. Cette modification a été déclarée à la Cnil le 8 septembre dernier », indique la direction.

L’office HLM du Kremlin-Bicêtre accusé de « coder » les locataires
SOS Racisme reproche à l’office communal HLM du Kremlin-Bicêtre (94) d’avoir élaboré « une codification chiffrée des nationalités et des origines des locataires et des demandeurs de logement » et de pratiquer « une politique discriminatoire de dosage des locataires originaires des DOM-TOM, d’Afrique ou du Maghreb ». Ayant saisi la justice en 2006, l’enquête est toujours en cours.

La réponse de l’OPHLM. La directrice générale de l’OPHLM, Delphine Tranchand, estime ces accusations « inadmissibles et totalement infondées ». Une plainte pour « dénonciation calomnieuse » a été déposée contre SOS Racisme l’an dernier. S’agissant du codage des locataires, l’OPHLM reconnaît qu’il y a eu par le passé « des maladresses ». Mais, sur plus de 4 000 dossiers, seuls 13 comportaient la mention d’origine des DOM-TOM. Ceux-ci avaient été remplis entre 1962 et 1998 ». A la suite d’un rappel à l’ordre de la Cnil, l’OPHLM jure avoir rectifié les choses. S’agissant de l’identification de la nationalité des locataires, Delphine Tranchand souligne que cette pratique est « tout à fait légale » et nécessaire pour « faire un travail sur la mixité sociale des immeubles. Nous essayons de mélanger les populations sur la base de critères économiques, sociaux et de nationalité ».

En savoir plus
« Il faut mettre fin au sentiment d’impunité »
20 000 € d’amende pour la société Daytona
Le Parisien : Fichage ethnique : un rapport au vitriol de SOS Racisme - Economie - 04/11/2009 - leParisien.fr

La Fidl lance un site internet de services aux lycéens - Le Monde.fr

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) a lancé mardi un nouveau site internet --à l'adresse www.fidl.org-- centré sur des services proposés aux lycéens, avec les rubriques "stages", "capotes" et "soutien scolaire", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

D'abord la Fidl entend proposer des stages "aux lycéens laissés sur le carreau parce qu'ils ne vivent pas au bon endroit", via une plateforme de recrutement de stagiaires constituée avec des associations et collectifs partenaires, comme SOS Racisme. Il faut pour cela remplir un formulaire.

Ensuite, l'organisation lycéenne, soucieuse de lutter contre le sida et de "déculpabiliser le port du préservatif", propose aux lycéens d'en commander en ligne, en partenariat avec une entreprise spécialisée. "Paquet discret", est-il précisé sur le site.

Enfin un service de "soutien scolaire libre et gratuit" propose aux lycéens qui appellent de "les mettre en relation avec des professeurs et étudiants bénévoles, à toute heure du jour et de la nuit, pour deux minutes comme deux heures!".

Jusqu'alors, le site www.fidl.org existait mais ne contenait guère que les communiqués de presse de l'organisation. "Le nouveau site a été créé par des lycéens qui ont réfléchi à ce qui les intéresse directement", a expliqué à l'AFP Charlotte Allegret, responsable presse de la Fidl.

"Le site est ouvert depuis lundi 23H00 et nous avons déjà eu 100 demandes pour des capotes. Nous sommes débordés", a-t-elle assuré.


La Fidl lance un site internet de services aux lycéens - Le Monde.fr: "La Fidl lance un site internet de services aux lycéens"

La mosquée de Maubeuge visée par des tags racistes - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

A l’aube de la Toussaint 2009 les murs de la mosquée de Maubeuge ont été recouverts de croix gammées, de croix celtiques et des injures à caractères racistes.

SOS RACISME est indigné par cet acte inqualifiable exprimant la haine des auteurs envers les personnes de confession musulmane.

Il est du devoir des autorités publiques de mettre tout en œuvre afin d’appréhender les responsables de cet acte odieux.

SOS RACISME appelle les autorités à prendre des mesures particulièrement sévères à l’encontre des auteurs de ce type d’actes encouragés par le discours xénophobe et raciste de certains groupuscules d’extrême droite principalement diffusé sur le réseau internet.

SOS RACISME a décidé de porter plainte contre X auprès du Procureur de la République, afin que ce type d’agissement ne puisse rester impuni.

La mosquée de Maubeuge visée par des tags racistes - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !: "La mosquée de Maubeuge visée par des tags racistes"

CV anonyme : expérimenter pour mieux reculer - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

Le gouvernement s’apprête à lancer l’énième expérimentation du CV anonyme semblant répondre à la maxime « communiquer plus pour agir moins ».

Un peu plus de trois ans après le vote d’une loi prévoyant sa généralisation le gouvernement, qui n’a pas pris les décrets d’application, orchestre une mise en scène qui ne laissera personne dupe.

La France est très en retard en matière de lutte contre les discriminations. Les discriminations à l’emploi restent une réalité qui mine la société française. Un des principaux problèmes résidant dans l’obtention d’un entretien d’embauche.

Quand on passe son bac, les épreuves sont anonymes car seule la qualité de la copie compte. Dans l’emploi, seules les compétences du candidat doivent être prises en compte. Il est donc nécessaire de neutraliser les préjugés et les critères discriminatoires en objectivant les processus de recrutement, notamment via le CV anonyme.

SOS Racisme déplore cette nouvelle séquence qui fait du CV anonyme le symbole de l’absence de volonté politique en matière de lutte contre les discriminations.

Les pouvoirs publics se doivent de répondre sans attendre aux discriminations majeures et flagrantes, présentes dans notre société. De nombreux instruments, portés par SOS Racisme depuis longtemps pourraient être facilement mis en place : actions de groupe, dommages punitifs, délit de préemption discriminatoire, sanctions positives, interdiction des marchés publics, registre des candidatures à l’embauche, révision des concours de sélection aux grandes écoles, ouverture des emplois fermés aux étrangers… .

Cette expérimentation s’ajoute au bilan désastreux de Yazid Sabeg. SOS Racisme demande donc immédiatement au gouvernement de signer le décret d’application du CV anonyme.

CV anonyme : expérimenter pour mieux reculer - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !: "CV anonyme : expérimenter pour mieux reculer"

Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ? - Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ? - ParisMatch.com

Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ?
«Le prénom d’origine étrangère et le lieu de résidence sont sources de discrimination à l’embauche». Tel est le constat fait par Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (MRAP). Des témoignages viennent le conforter dans ce point de vue. Car cette discrimination est vécue par de nombreux jeunes étudiants diplômés français d’origine étrangère.

De ce fait, le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, ainsi que le ministre du Travail, Xavier Darcos, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, et le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, donneront aujourd’hui le coup d’envoi de l’expérimentation du CV anonyme dans une centaine d’entreprises françaises. La mesure était en réalité inscrite dans la loi sur l’égalité des chances votée il y a trois ans et concernant les entreprises de plus de 50 salariés. Mais les décrets d’applications n’ont jamais été publiés.

De réels progrès

A l’époque, seules quelques entreprises volontaires l’avaient testé, à l’image de la société informatique Norsys. Son PDG, Sylvain Breuzard, recrute par CV anonyme dans son entreprise depuis janvier 2006. Et ce dernier est satisfait de cette méthode d’embauche. «En trois ans, le nombre de femmes dans l’entreprise a doublé. Le nombre de salariés de plus de 50 ans est passé de un à sept. Et le nombre de Français d’origine étrangère a quant à lui triplé.» Mais au-delà de l’aspect quantitatif, l’aspect qualitatif est également une donnée à prendre en compte pour le dirigeant. «On forme nos managers contre les stéréotypes et les préjugés. Et puis il y a une co-décision lors de nos entretiens. Quand ça repose sur une personne, il y a un risque de discrimination inconsciente». Par ailleurs, il précise que 10% de ses salariés parrainent pendant 6 à 9 mois des jeunes diplômés au chômage en leur faisant visiter leur lieu de travail ou en les coachant, car selon ce dernier, «le CV anonyme n’est pas une fin en soi».

«Une mesurette»

«Beaucoup de gens ne se plaignent de ne jamais être reçus», répond pour sa part Eric Lemaire, porte parole d’AXA. La société d’assurance a testé la mesure depuis janvier 2005 après avoir signé la charte de la diversité. «On fait tout pour éviter cette discrimination. De cette manière, le regard du recruteur ne se porte que sur l’expérience de la personne.»

Car aujourd’hui, la réalité montre qu’il y a des inégalités face à l’embauche. Dans les quartiers, le taux de chômage s’élève à 40%. Un chiffre qui fait réagir Samuel Thomas, vice président de SOS Racisme : «Des indices prouvent qu’il y a une discrimination massive en France. La crise économique a par ailleurs accentué ce phénomène.» Pour ce dernier, l’anonymisation des CV est une bonne chose : «C’est un moyen de remettre en question les méthodes de recrutements des entreprises. A l’entretien, les recruteurs auront beaucoup moins de stéréotypes car ils pourront évaluer les compétences de la personne qui sera physiquement en face d’eux.»

Un point de vue qui n’est pas partagé par les associations à l’image du Mrap. Car selon son président Mouloud Aounit, l’outil serait inefficace. «C’est une mesurette. C’est en deçà de nos attentes», juge ce dernier avant de poursuivre : «Le CV anonyme, ils vont probablement le lire mais le jour de l’entretien il y aura discrimination. Si le recruteur en question ne veut pas d’un Arabe, il ne l’embauchera pas.»


Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ? - Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ? - ParisMatch.com: "Le CV anonyme, vraie solution contre la discrimination ?"

mardi 3 novembre 2009

AFP: Le gouvernement lance une expérimentation du CV anonyme

PARIS — Le gouvernement lance cemardi une expérimentation du CV anonyme, trois ans et demi après le vote d'une loi censée généraliser et rendre obligatoire cet outil contre le racisme à l'embauche.

Le CV anonyme permet, non pas d'être recruté, mais de franchir la première barrière liée aux préjugés sur la couleur de peau, la consonance étrangère du nom de famille, du prénom, ou du lieu de résidence et d'être convoqué pour un entretien, selon ses promoteurs, comme l'association SOS Racisme.

Mollement soutenu par les syndicats face à un patronat peu enclin à s'imposer ce type d'obligation, cet outil n'est expérimenté que dans une poignée d'entreprises volontaires, comme Axa, Casino ou Sanofi-Aventis.

Reprochant aux partenaires sociaux d'être trop passifs, le gouvernement veut aller de l'avant, mais sans utiliser la contrainte, à la différence du volontarisme affiché en faveur des seniors et des handicapés.

Pas question donc de publier le décret d'application de la loi du 2 avril 2006 sur l'égalité des chances qui rendait le CV anonyme obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, au terme d'un amendement UDF au Sénat.

"Nous n'avancerons pas par la contrainte mais par la conviction et le pragmatisme", avait défendu Nicolas Sarkozy dans un discours sur la diversité avant Noël 2008, dans lequel il souhaitait que "le CV anonyme devienne un réflexe pour les employeurs" et proposait à cent entreprises de l'expérimenter.

A ce jour, près de 50 entreprises ont répondu présent, et formalisé leur engagement auprès du commissaire à la Diversité Yazid Sabeg, qui présentera l'opération à l'Assemblée nationale mardi, avec les ministres Xavier Darcos (Travail), Laurent Wauquiez (Emploi) et Eric Besson (Immigration).

Cette expérimentation coïncide avec l'ouverture lundi d'un débat sur "l'identité nationale" voulu par Nicolas Sarkozy.

Les mentions du CV qui seront anonymisées dans le cadre de l'expérimentation sont les nom et prénom, l'adresse, y compris électronique, le sexe, l'âge ou la date de naissance, le lieu de naissance, la nationalité, la situation de famille et la photo s'il y en a une.

L'expérimentation, pilotée par Pôle emploi, s'achèvera fin avril, avec un bilan à la clé.

Cette expérimentation s'inscrit dans le sillage des initiatives des pouvoirs publics pour donner des gages à la jeunesse d'origine immigrée depuis les émeutes de banlieues en novembre 2005, parallèlement à un durcissement de la politique d'immigration et du discours sur l'identité française.

Une partie des jeunes issus de l'immigration, ceux dont les parents sont nés au Maghreb, en Turquie, et en Afrique noire, peine toujours à s'insérer sur le marché du travail, y compris les diplômés. Cela vaut aussi pour les Antillais.

Un chiffre illustre la relégation des jeunes d'origine maghrébine: 18% sont intérimaires en fin de troisième année de vie active (7% en moyenne dans leur génération), selon une étude du Centre de recherche sur l'emploi et les qualifications (Céreq) portant sur des jeunes sortis de l'école en 2004.

En 2007, le Bureau international du travail (BIT) a constaté que "près de quatre fois sur cinq", un employeur préfère embaucher un candidat d'origine hexagonale ancienne plutôt qu'un autre d'origine maghrébine ou noire africaine.

Une discrimination, qui constitue un délit passible de prison et d'amende, selon le code du travail.

AFP: Le gouvernement lance une expérimentation du CV anonyme: "Le gouvernement lance une expérimentation du CV anonyme"

jeudi 29 octobre 2009

Les réfugiés climatiques en quête de statut juridique - LeMonde.fr


Un conseil des ministres en tenue de plongée : samedi 17 octobre, le gouvernement des Maldives devait se réunir six mètres sous l'eau pour dénoncer le réchauffement. La montée de l'océan menace d'engloutir l'archipel. Ses 400 000 habitants seraient alors en quête d'une terre d'accueil... sans pouvoir revendiquer le droit d'asile ni le statut de réfugiés. Car "le cadre juridique actuel ne permet pas de prendre en compte les migrations provoquées par le changement climatique", résume Charles Ehrhart, responsable de cette question à l'ONG Care.

Réfugiés Le HCR recensait, fin 2008, 16 millions de réfugiés ou demandeurs d'asile, protégés par la convention de Genève de 1951. Selon celle-ci, un réfugié est "une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité", "persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques".

Déplacés Fin 2008, 26 millions de personnes subissaient un déplacement forcé à l'intérieur de leur propre pays en raison de conflits, de persécutions, de catastrophes naturelles... Les droits des déplacés internes et les modalités de l'aide qui leur est apportée sont définis par des "principes directeurs" adoptés par l'ONU en 1998, qui n'ont pas force de loi.

Climat Les catastrophes climatiques soudaines - hors sécheresse et dégradation lente de l'environnement - ont obligé 20 millions de personnes à migrer en 2008, selon l'ONU. D'ici cinquante ans, on comptera 200 millions de victimes. Leur situation n'est spécifiée par aucun texte international.

Les chiffres sont pourtant colossaux. Les catastrophes liées au climat ont provoqué la migration de 20 millions de personnes en 2008 selon l'ONU. D'ici à 2050, 200 millions de migrants pourraient être jetés sur les routes par les dérèglements de l'environnement.

Du Haut Comité des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les agences mondiales ont pris conscience de ce vide juridique. Mais le dossier se heurte à la complexité du phénomène et à la crainte de migrations massives. "Des discussions sont en cours au sein de l'Inter-Agency Standing Committee, qui réunit les agences de l'ONU et des ONG", dit Anne-Marie Linde, au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), responsable de la gestion des déplacés internes, pour qui "la principale faille concerne les victimes du climat qui traversent les frontières ".

"L'immense majorité de ces migrants restent à l'intérieur de leur propre pays et ne peuvent donc prétendre au statut de réfugié", précise Sybella Wilkes, porte-parole du HCR. Si l'organisation intervient parfois en urgence lors de catastrophes environnementales, elle réfute le terme de "réfugiés climatiques", craignant de lézarder le fragile édifice de la convention de Genève sur les réfugiés. "Faut-il inventer une définition juridique des déplacés climatiques ? La question est posée, estime la porte-parole. Mais la définition des réfugiés est très stricte et il n'est pas question de la modifier."

Quid des déplacés internes, alors ? Leur prise en charge est encadrée par des "principes directeurs" adoptés par l'ONU en 1998, mais non contraignants. "L'un des aspects importants de notre activité consiste à encourager les Etats à intégrer ces principes dans leur législation nationale", explique Mme Linde, à l'OCHA.

Mais là encore, le paramètre climatique brouille les cartes : au-delà des catastrophes soudaines, c'est une lente dégradation de l'environnement et des conditions de vie sur une large échelle que provoque le réchauffement. "L'un des gros problèmes est d'identifier si le déplacement est volontaire ou forcé, précise Mme Linde. Est-ce que les migrants partent de leur propre chef, à la recherche d'une vie meilleure, ou y sont-ils parce qu'ils ont perdu leurs moyens de subsistance ?"

Pour M. Ehrhart, "cela oblige à redéfinir les catégories, car, aujourd'hui, les deux cas de figure n'ouvrent pas du tout les mêmes droits". Un avis partagé par Koko Warner, responsable du département des migrants de l'environnement à l'Université des Nations unies, à Bonn. "Il faut une définition de ces déplacés, ne serait-ce que pour organiser l'aide : quels acteurs doivent intervenir, entre l'action humanitaire, les stratégies de prévention et d'adaptation, la gestion des risques ; qui coordonnera ces travaux, avec quel argent ?"

Derrière la revendication d'un statut pour les réfugiés climatiques, cette conviction : la responsabilité des pays riches dans le réchauffement leur donne l'obligation d'apporter aide et asile à ses victimes. Des pays comme les Maldives ou le Bangladesh demandent des compensations aux pays du Nord et exigent que la question des migrations forcées soit incluse dans les discussions pour parvenir à un accord à Copenhague.

C'est là que le bât blesse. "Beaucoup de pays entretiennent le flou juridique pour ne pas avoir à accueillir les populations déplacées", estime Philippe Chauzy, le porte-parole de l'OIM, qui a proposé une définition très ouverte des déplacés de l'environnement. "Au Nord comme au Sud, beaucoup d'Etats ne veulent pas voir la création de catégories de migrations qui les rendraient légales."

Les adversaires d'un tel statut ont un argument tout trouvé : la responsabilité du changement climatique peut difficilement être prouvée. Sans compter qu'une part des catastrophes n'a rien à voir avec le climat. Séisme en Indonésie, typhon aux Philippines, au Vietnam et au Laos, tsunami aux îles Samoa et Tonga : la série de cataclysmes qui s'est abattue sur l'Asie du Sud, fin septembre, a illustré la difficulté d'adopter une approche différenciée selon les cas de figure.

Pour M. Warner, "il faut chercher des solutions, pas des coupables. C'est la façon dont nous abordons ces questions qui déterminera si les pires prévisions se réalisent. Or l'aide des pays riches à l'adaptation des pays pauvres est le meilleur moyen d'éviter que des populations soient précipitées vers la migration et l'urgence humanitaire."

Grégoire Allix

Les réfugiés climatiques en quête de statut juridique - LeMonde.fr: "Les réfugiés climatiques en quête de statut juridique"

LES FRONTIERES ASSASSINES DE L’EUROPE ! MIGREUROPE

« Rapport sur la violation des droits humains aux frontières » Réseau Migreurop

Pour son premier Rapport annuel sur les violations des droits humains aux frontières, Migreurop a choisi de retenir quatre pôles emblématiques des méfaits de la politique menée par l'Union européenne en matière d'immigration et d'asile. La frontière gréco-turque, la région du Calaisis, au nord-ouest de la France, celle d'Oujda, à l'est du Maroc, et l'île de Lampedusa à l'extrême sud de l'Italie, sont autant de haltes, plus ou moins longues, parfois définitives, dans l'odyssée des milliers de personnes qui, chaque année, en tentant de rejoindre l'Europe, cherchent par l'exil choisi ou contraint à échapper au sort qui leur est échu.

Le rapport annuel de Migreurop sur les violations des droits humains aux frontières n'est pas le produit d'une mission d'enquête de plus ou moins longue durée par des observateurs extérieurs. Il est le fruit de la double dimension qui caractérise le réseau Migreurop, composé d'organisations de terrain qui œuvrent pour la défense des droits des migrants et des réfugiés, et d'individus qui, dans leur activité professionnelle ou militante, étudient et analysent les politiques migratoires et leurs conséquences. Ce rapport souhaite privilégier, à chaque fois que c'est possible, la parole des migrants rencontrés soit lors des missions ad hoc, soit par les associations membres ou partenaires de Migreurop qui sont présentes au quotidien sur les sites retenus. Il entend également rendre compte de l'expérience de ces associations, dont le croisement des analyses constitue une des richesses du réseau. Si les faits rapportés se situent dans l'actualité de l'année 2009, la connaissance de longue date par les associations de la réalité de la migration permet d'en traiter autrement que sous l'angle d'événements ponctuels, comme c'est souvent le cas. Les thèmes de travail du réseau Migreurop ont servi de fil conducteur pour organiser ce rapport : dans chaque zone étudiée (à l'exception de Lampedusa, voir infra), quatre axes ont été retenus. Les trois premiers caractérisent la politique d'immigration et d'asile de l'UE : contrôler et bloquer ; retenir, enfermer ; déshumaniser, tuer. Le quatrième - assister, résister - veut refléter tant les mouvements d'auto-organisation des migrants que les manifestations de solidarité de ceux qui leur viennent en aide : la composante militante du réseau Migreurop constitue, pour ce dernier aspect, une source privilégiée d'informations sur les luttes.

Lire le RAPPORT :

http://www.migreurop.org/IMG/pdf/Rapport-Migreurop-oct2009-def.pdf

LES FRONTIERES ASSASSINES DE L’EUROPE ! MIGREUROPE: "LES FRONTIERES ASSASSINES DE L’EUROPE ! MIGREUROPE"

« L'entrée en France et la circulation dans l'espace Schengen »


D'année en année, les obstacles à l'entrée des étrangers en France ou dans l'espace Schengen se multiplient à tel point que beaucoup d'entre eux risquent de renoncer à faire valoir leur droit à circuler, prenant ainsi le risque d'une entrée irrégulière.

Il est d'autant plus important de connaître les conditions qui peuvent, selon le but du voyage, être requises ; c'est l'objet des deux premiers chapitres de ce cahier. Pour un court séjour limité à trois mois ou pour un transit, l'entrée en France coïncide en général avec une entrée dans l'ensemble de l'espace Schengen et relève principalement de règlements communautaires. Mais dans certains cas, notamment pour la circulation en Outre-mer et pour l'entrée en France en vue de s'y établir, seul le droit national s'applique.

http://www.gisti.org/publication_som.php?id_article=1730

Retour de flamme anti-islam - Caroline Fourest

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Sommes-nous condamnés à être pris en tenaille entre les “idiots utiles” de l’intégrisme habile et les tenants d’une vision rance de la Nation ? On pourrait le penser en regardant certains duels télévisés. Pas seulement en France, mais en Europe. La mode consiste à organiser des face-à-face entre islamistes sulfureux et nationalistes nauséabonds. La recette a fait ses preuves : pour gonfler à la fois l’audience et les extrêmes. Avec un peu d’habileté rhétorique, les ambassadeurs d’un islam intolérant parviennent à occuper l’espace médiatique au détriment des musulmans laïques, mieux, à les faire passer pour de “faux” musulmans. Les citoyens se demandent où sont passés les esprits libres de culture musulmane. Les populistes n’ont aucun mal à les convaincre que tous les musulmans sont… des intégristes.

Les émissions à sensation ne sont pas les seules responsables de ce glissement. La tétanie avec laquelle les politiques nuancés ou progressistes abordent ces sujets facilite la fuite vers les extrêmes. Ce n’est pas un hasard si les partis populistes font des percées en Suisse, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Dans ces trois pays, on a trop longtemps toléré l’islam intolérant au nom du multiculturalisme. Le retour de flamme a une couleur illusoire mais rassurante : “le bon vieux temps… monoculturaliste”.

Le danger ne vient pas d’une extrême droite caricaturale, mais de partis libéraux et populistes. Ils captent une inquiétude légitime envers l’islamisme, et la transforment en peur de “l’islamisation”. Ces dernières années ont connu la percée de trois partis populistes européens ayant fait campagne sur ce thème : le Parti national britannique de Nick Griffin en Grande-Bretagne, le Parti de la liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas et l’UDC de Christophe Blocher en Suisse.

Provisoirement contenue grâce à une alliance entre la gauche et le centre, l’UDC menace d’élargir sa base en allant jusqu’à usurper le drapeau de la laïcité. En juillet 2008, son initiative populaire “contre la construction de minarets” a recueilli plus de 115 000 signatures. Pourtant, il ne s’agit pas de défendre la laïcité, qui respecte les lieux de culte. Fils de pasteur, Christophe Blocher rêve d’assurer la domination visuelle et culturelle du christianisme sur l’islam. Comme au temps où la Réforme opprimait la minorité catholique en lui interdisant de construire des clochers…

La France est-elle à l’abri de pareilles dérives ? Le fait qu’il existe un camp républicain et laïque permettant d’incarner la résistance à l’intégrisme, sans tomber dans le monoculturalisme, est sans doute la meilleure des protections. Mais les digues se fissurent. Sur Internet, les amis de Philippe de Villiers, jadis raillés pour leurs diatribes contre la République laïque, tissent des liens avec des ultra-laïques, tentés de passer de la posture “laïcité contre tous les intégrismes” à celle de la “chrétienté contre l’islam”.

Cette tentation porte désormais un nom : Riposte laïque. Un réseau Internet, alimenté par un petit nombre de contributeurs (souvent des pseudonymes). Son site considère qu’il n’existe pas de différence entre “islam” et “islamisme”. En vertu de quoi les musulmans seraient plus heureux dans un Etat islamique, et la promotion d’un islam de France constitue une “tentative de viol de l’identité”. Il ne veut pas seulement interdire le voile intégral dans la rue, mais carrément le voile simple “dans tous les lieux publics”.

Son intransigeance envers l’islam n’a d’égal que sa complaisance envers le christianisme, décrit comme porteur “de valeurs qui ont conduit à la sécularisation et à la démocratisation” caractérisant “le modèle occidental”. Comme s’il n’avait jamais fallu arracher ces valeurs à l’Eglise… Ces “laïques”-là travaillent désormais en réseau avec des sites nationalistes chrétiens. Leur vision de l’islam rejoint celle des islamistes. Aucun de ces deux extrêmes ne veut d’un islam éclairé et laïque.

Caroline Fourest

LE MONDE | 02.10.09 | 13h38 • Mis à jour le 02.10.09 | 13h38



Retour de flamme anti-islam « Caroline Fourest: "Retour de flamme anti-islam
By Caroline Fourest"

Caroline Fourest répond à Tariq Ramadan

Après la tribune généreusement offerte par Laurent Ruquier et ses équipes au prédicateur islamiste Tariq Ramadan, la journaliste d'investigation Caroline Fourest, répond à celui qui continue de berner certains médias et certaines élites politiques européennes en cachant soigneusement l'idéologie intégriste qu'il défend. Caroline Fourest qui, depuis plusieurs années, décortique le discours et les écrits de cette figure européenne de la confrérie des « Frères musulmans », a eu un très court « droit de réponse » (à 1 h 45 du matin ce dimanche 4 octobre), quelques secondes seulement avant la fin de l'émission de Laurent Ruquier.
Certains médias et certains animateurs continuent de jouer avec le feu en prenant le risque de valider les thèses d'un Tariq Ramadan en le présentant quasiment tel un représentant légitime et exclusif de la religion musulmane. Ces mêmes médias et ces mêmes animateurs se trompent sur, au moins de choses. Tariq Ramadan n'est pas un théologien et ne possède aucune légitimité pour parler au nom des musulmans. Ensuite, il est loin de représenter une voix unique et exclusive au sein de ce « monde musulman » qu'on cherche, consciemment ou inconsciemment, à homogénéiser. Il faudrait que Ruquier, ses producteurs et les chaînes du service public notamment comprennent que des musulmans démocrates existent, et je parle de ceux qui condamnent l’idéologie salafiste, y compris celle des « Frères » que Ramadan n’a de cesse de défendre, que ce soit de manière directe ou indirecte. Ces mêmes musulmans (et musulmanes) progressistes sont nombreux et même si certains pensent qu’ils ne font pas suffisamment d’audimat, leur voix mérite d’être entendue.

Interview de Caroline Fourest réalisée par Jonathan Halimi (blog) pour Télétoc

mercredi 28 octobre 2009

Faire tomber les nouveaux murs de l'Est

Rassemblement pour faire tomber

Les nouveaux murs de l'Est

Place de l'Hôtel de Ville, Paris, le 8 novembre, à 15h
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"A la veille du 20ème anniversaire de la chute du mur du Berlin, et des grandes commémorations officielles, nous vous invitons à venir franchir les derniers rideaux de fer du Caucase.
20 ans après, un mur s'érige en Géorgie, la Tchétchènie vit sous une chape de plomb et l'état des lieux des droits de l'Homme en Russie est catastrophique.
Rendons Hommage à la liberté que Solidarnosc a pu arracher il y a deux décennies, mais rappelons-nous que le combat continue, au présent, pour toute une partie de la jeunesse en Europe".

Avec : SOS Racisme, La Confédération Etudiante, L' UEJF, Le collectif 28 septembre, Ukraine Art, Comité Tchétchénie, Association des Géorgiens en France, Les Jeunes Européens, Mairie du IIIe Arrondissement de Paris, La Maison de l'Europe et de l'Orient, Sauver le Darfour etc. Faire tomber les nouveaux murs de l'Est: "Faire tomber les nouveaux murs de l'Est"

Condamnation de Dieudonné M'Bala M'Bala - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

SOS Racisme apprend avec satisfaction la condamnation de Dieudonné M’Bala M’Bala par la 17ème chambre correctionnelle qui l’a reconnu coupable de faits d’injures publics à l’égard des personnes de confession ou d’origine juive, pour les propos tenus lors de son spectacle en 2008 au Zénith, au cours du quel il avait remis à l’historien révisionniste Robert Faurisson le "prix de l’insolence et de l’infréquentabilité" par un individu déguisé en déporté juif.

Le tribunal a condamné l’humoriste à 10 000€ d’amende et a alloué 1€ de dommage et intérêt et 1500€ au titre de frais de procédure à SOS Racisme.

SOS RACISME salue la décision rendue à ce jour et la lourde amende s’expliquant par la récidive de Dieudonné M’Bala M’Bala en la matière.

Cette énième condamnation montre que Dieudonné M’Bala M’Bala n’est pas un humoriste mais se cache derrière cette étiquette pour exprimer sa haine et le rejet de l’autre.


Condamnation de Dieudonné M'Bala M'Bala - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !: "Condamnation de Dieudonné M’Bala M’Bala"

Obsession xénophobe autour du drapeau - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

"Exigeons une loi pour interdire les drapeaux étrangers lors des mariages !" Cette annonce démontre bien l’obsession xénophobe de Jacques BOMPARD et traduit une pathologie paranoïaque de la part de la Ligue du Sud qui perçoit tout signe étranger comme une « provocation à leur encontre ». SOS Racisme dénonce cette rhétorique malsaine qui cherche à stigmatiser les étrangers sous prétexte de faire respecter les symboles de la République.

Les valeurs de la République sont celles de la Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Derrière cette loi, la Ligue du Sud, regrette en fait que des étrangers puissent vivre en France, se marier et exprimer leurs joies : « De la musique brutale est jouée dans les couloirs, les invités des mariés interrompent la circulation, ils brandissent des drapeaux en étant à la fenêtre de la voiture, en risquant de provoquer un accident. Et je trouve que cela est une agression pour les autres citoyens » et d’ajouter « Je ne vois pas de drapeaux anglais, polonais, italiens qui causent des problèmes » . (Le Dauphiné).

Il n’aura pas fallu longtemps à la Ligue du Sud pour afficher sa philosophie d’extrême droite nauséabonde. Après le ralliement du block identitaire à ce parti, dirigé par un ex-frontiste, groupuscule qui aurait dû être dissous depuis longtemps, la Ligue du Sud tente de prendre le FN par sa droite. Certaines informations nous sont parvenues relatant qu’un député UMP serait prêt à reprendre à son compte cette demande. Nous demandons au groupe UMP de ne pas donner suite à cette demande antirépublicaine. Il est inacceptable qu’un député émanant d’un parti Républicain, relaye les discours d’un parti d’extrême droite.

Une barrière sanitaire a toujours existé contre l’extrême droite, et paraît aujourd’hui se dissoudre.

SOS RACISME invite aujourd’hui l’UMP à prendre une position claire, au sujet de Jacques BOMPARD, membre du MPF, parti allié à l’UMP.

SOS RACISME estime qu’il est dangereux d’intégrer dans le jeu politique des personnages qui sont fondamentalement en dehors du champ républicain, anti-démocratiques, contre l’égalité des droits et qui remettent en question le vivre-ensemble en France.


Obsession xénophobe autour du drapeau - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !: "Obsession xénophobe autour du drapeau"

mardi 27 octobre 2009

GISTI - La police et les étrangers (2)

« PLEIN DROIT », LA REVUE DU GISTI

N° 82, octobre 2009

couverture
Insécurité chez les policiers soumis à la pression constante des chiffres, insécurité chez les migrants soumis à des contrôles d’identité « au faciès » allant même jusqu’à des « chasses à l’homme », comme à Mayotte : la gestion de l’immigration par des mesures comptables et des méthodes discriminatoires ne peut que pousser la police à enfreindre la loi. Les infractions commises, si elles sont parfois dénoncées par la Commission nationale de déontologie de la sécurité, ne sont quasiment jamais sanctionnées.

Sommaire

Édito

Dossier — La police et les étrangers (2)

  • Politique du chiffre et police des étrangers
  • Contrôles d’identité : une discrimination légale
  • Les contrôles au faciès à Paris
  • Étrangers : quels policiers prônent la vigilance ?
  • Chasse à l’homme à Mayotte
  • Dénoncer les violences policières. Mais après ?

Jurisprudence [Cahier central]

  • Délit de solidarité : les origines
    (les décisions)

Hors-thème

  • La frontière ignorée du Mexique
  • Pas d’élus étrangers au conseil des prudhommes

Mémoire des luttes

  • Les grèves oubliées des immigrantes à Marseille

Ont collaboré à ce numéro : Delphine d’Allivy Kelly, Véronique Baudet-Caille, Emmanuel Blanchard, Rémi Carayol, Violaine Carrère, Nathalie Ferré, Linda Guerry, Nicanor Madueño Haon, Fabien Jobard, René Lévy, Christian Mouhanna, Pascal Moussy, Sophie Névanen, Geneviève Pruvost, Serge Slama, Alexis Spire, Hélène Spoladore.

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GISTI - La police et les étrangers (2): "La police et les étrangers (2)"

GISTI - Saisonniers agricoles : premières victoires

Plein droit, 82, octobre 2009
« La police et les étrangers (2) »

ÉDITO

LE sort réservé aux travailleurs saisonniers, fait rarement la une de l’actualité et l’action de ceux qui les défendent passe le plus souvent inaperçue [1]. Pourtant, leurs mobilisations sont, par bien des aspects, exemplaires, tout comme l’est le statut imposé par le patronat et le législateur à cette catégorie de salariés « en servage ». Raison de plus pour insister lorsque l’actualité récente montre que, même pour ces étrangers les plus précaires, la mobilisation collective peut déboucher sur des avancées significatives. De quoi est-il question ici ?

Des étrangers, séjournant sous couvert d’une carte de séjour « travailleur saisonnier », se présentent dans les services de la préfecture des Bouchesdu- Rhône afin de demander un changement de statut : ils réclament une carte de travailleur permanent (« salarié ») en raison de leur présence prolongée en France. Ils sont si nombreux que les services se retrouvent engorgés en avril et mai 2009. Sur 885 dossiers, 485 reçoivent une réponse favorable. Et ces personnes, cantonnées à un statut caractérisé par sa grande précarité, dépourvues de droits sociaux (pas de droits au chômage ou encore à la retraite) et soumises à des conditions de travail « hors norme », peuvent enfin espérer être reconnues comme des travailleurs ordinaires. Dans son numéro daté du 13 juillet 2009, ale quotidien régional La Marseillaise titrait : « 485 victoires dans le département », évoquant, une fois n’est pas coutume, l’envie du Collectif de défense des travailleurs étrangers saisonniers dans l’agriculture (Codetras) de fêter ce premier succès.

CETTE issue favorable a été rendue possible par le combat politique et juridique mené par le Codetras. En effet, ce revirement constaté dans les pratiques administratives – jusqu’alors les dossiers n’aboutissaient jamais… quand ils étaient instruits, ce qui n’était pas toujours le cas – a pour origine la délibération de la Halde [2] qui avait elle-même été saisie par le collectif sur la base d’un mémoire fort circonstancié sur les conditions de vie et de travail des saisonniers ainsi que sur leur statut juridique. La Haute Autorité, concluant au traitement discriminatoire des salariés, « recommande (alors) au ministère de l’immigration de procéder à un réexamen de la situation des travailleurs saisonniers en vue de la délivrance d’un titre de séjour ».

C’est dans ce contexte, sous la surveillance de la Halde, que le ministère a contraint la préfecture à accorder des cartes « salarié » sans autre précision. La préfecture des Bouches-du- Rhône s’est dotée arbitrairement de ses propres critères pour ce changement de statut : elle exige des personnes concernées la preuve qu’elles ont obtenu dix contrats successifs d’une durée de huit mois. Les refus de délivrance de la carte « salarié » sont généralement motivés par une insuffisance de contrats ou des durées de contrats trop courtes. Or, exiger des contrats de travail d’une durée de huit mois revient à reconnaître explicitement les pratiques patronales abusives qui ont pu se développer grâce à la complicité passive des autorités administratives. La Halde l’a mis en évidence dans sa délibération : « L’enquête a révélé qu’un certain nombre de saisonniers occupaient en réalité des emplois de longue durée systématiquement reconduits d’une année sur l’autre avec le consentement des services préfectoraux ».

AUTREFOIS, en effet, si la réglementation prévoyait la possibilité d’atteindre une telle durée, ce n’était qu’à titre exceptionnel et dérogatoire. Mais, en pratique, la norme prévue par la loi – durée maximale de six mois – était toujours dépassée. Depuis la réforme opérée par la loi du 24 juillet 2006, il n’est plus possible d’atteindre cette durée de huit mois puisque la carte « travailleur saisonnier » ne permet plus de séjourner et de travailler plus de six mois par an. Une circulaire du 10 juillet 2009 du ministre de l’immigration vient d’ailleurs de le rappeler… tout en prévoyant certains aménagements pour arranger les exploitants agricoles.

Malgré cet évident succès, la lutte pour la dignité des travailleurs saisonniers est loin d’être achevée. En premier lieu, il convient de dénoncer les critères retenus (en particulier, dix contrats successifs de dix mois) par la préfecture pour opérer le tri entre ceux qui peuvent changer de statut et ceux qui sont cantonnés à la carte « travailleur saisonnier ». Ensuite, il est important d’accompagner les nombreux dossiers qui ont déjà été soumis aux tribunaux. Le Conseil d’État, saisi en 2008 dans l’affaire emblématique Aït Baloua [3] n’a pas encore pris position sur le droit à une carte de séjour d’un an « salarié » lorsque la personne peut faire valoir une présence prolongée en France sous couvert du statut « saisonnier ». Son arrêt est attendu. La Halde, de son côté, s’est réservé le droit d’intervenir dans les dossiers individuels. Dans ses observations sur le dossier Aït Baloua, elle conclut aux côtés de l’intéressé et du Codetras que ce monsieur doit être regardé comme quelqu’un qui occupait un emploi permanent, faisant de la France son lieu de résidence habituelle depuis plus de vingt ans.

Le cas des travailleurs saisonniers constitue un cas exemplaire du rôle économique que les pouvoirs publics entendent faire jouer à l’immigration de travail : l’assignation de ces étrangers à un statut administratif des plus précaires est la meilleure garantie de pérenniser leur exploitation économique. Mais cette complicité entre le pouvoir préfectoral et le patronat local n’est pas une fatalité. La mobilisation politique et le recours au droit peuvent parfois mettre en échec le règne de l’arbitraire.


Notes

[1] Il y a un an tout juste la revue Plein droit consacrait son dossier spécial aux saisonniers agricoles étrangers sous le titre « Saisonniers en servage » (n° 78, octobre 2008).

[2] La délibération date du 15 décembre 2008.

[3] Voir dans le n° 78 de Plein droit précité, « Un collectif de lutte contre l’exploitation », p. 9.

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GISTI - Saisonniers agricoles : premières victoires: "Saisonniers agricoles : premières victoires"

lundi 26 octobre 2009

Le Figaro - France : Les contrastes de l'intégration à la française

Cécilia Gabizon
15/10/2009 | Mise à jour : 22:14
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Une vaste étude, réalisée pour la première fois sur les enfants d'immigrés, montre leur ascension sociale par les études.

L'intégration finit par rattraper tous les enfants d'immigrés. Qu'ils soient d'origine italienne ou portugaise, maghrébine ou africaine. À rebours du pessimisme ambiant, la sociologue Claudine Attias-Donfut et l'économiste François-Charles Wolff publient cette semaine* les résultats d'une vaste enquête conduite auprès d'un échantillon représentatif de 6 000 immigrés et 20 000 de leurs descendants. Sans se focaliser sur les cités ghettos, puisque seulement 20 % des immigrés y vivent. Ni chercher à démontrer que tout va bien. Le tableau d'ensemble est touffu, trop sans doute, pour livrer un message simple. Mais globalement, les chercheurs affirment que «l'intégration marche».

Tous les indicateurs sont positifs. Les plus pauvres ont clairement tiré profit de la migration. Pour autant, changer de pays ne les a pas plongés directement dans le rêve français, mais bien dans sa réalité. S'ils étaient démunis et peu éduqués, ils se sont retrouvés sur les mêmes rails que les prolétaires hexagonaux. Leurs enfants ont connu la même mobilité sociale. Pas plus. Les réussites éclatantes restent donc l'exception tandis que la masse a gardé le col bleu ou blanc.

Les filles décrochent plus souvent leur bac

L'école n'efface pas l'origine sociale des élèves.
L'école n'efface pas l'origine sociale des élèves. Crédits photo : Le Figaro

Car l'école n'efface pas l'origine sociale des élèves. Qu'ils soient bretons, basques, ou algériens, leur sort sera similaire si leurs parents sont ouvriers. Les enfants d'immigrés auraient même tendance à mieux travailler. L'enquête confirme des spécificités que l'on pressentait. Les Asiatiques affichent les meilleurs résultats scolaires, bien au-dessus des autres. Les Maghrébins font mieux que les Français de souche, toute chose égale par ailleurs, mais ils ont investi des filières généralistes qui n'ont pas tenu leurs promesses et n'ont offert que peu de débouchés. Quand aux fils d'Africains, ils sont particulièrement nombreux en troisième cycle.

Toutes les filles misent sur l'école et décrochent plus souvent le bac, investissent massivement le deuxième cycle. «Elles ont plus à gagner dans la société française», avance Claudine Attias-Donfut, sans pouvoir élucider totalement cette performance. Une exception cependant, les Turques, qui sont retirées jeunes du système scolaire.

Globalement, les diplômes sont donc au rendez-vous, mais l'ascension est lente. Plus l'immigré est installé de longue date, meilleurs sont ses enfants scolairement. La durée reste une donnée essentielle de l'intégration. Cette enquête réinscrit donc les vagues d'immigration récentes dans une histoire plus large, avec des étapes qui se répètent : les pionniers se déracinent dans l'espoir d'une vie meilleure. La seconde génération vit entre deux pays, celui des parents et celui de l'école. Et finit parfois par se créer son propre monde dans la rue. Enfin la troisième génération s'ancre sur la terre d'accueil.

«Les Maghrébins en sont presque là», estime Mohammed Abdi, le conseiller spécial de Fadela Amara, secrétaire d'État à la Politique de la ville. «Ils ont investi de nouveaux secteurs de la vie économique. Une classe moyenne émerge.» Tandis que la hausse du niveau de vie «au bled» libère, selon lui, les immigrés de leur dette.

Si la dynamique générale est positive, les auteurs de l'étude relève cependant «une difficulté spécifique aux enfants d'Algériens et aux descendants d'Africains». Ils quittent plus souvent le système scolaire, connaissent des parcours délinquants plus fréquents. Ces échecs minoritaires mais très visibles, obscurcissent la vision d'ensemble. Jusqu'à faire douter d'un modèle pourtant efficace.

* «Le Destin des enfants d'immigrés», Stock.

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