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vendredi 20 novembre 2009

1 personne sur 5 dit avoir été victime de discriminations


EXCLUSIF - La grande majorité des sondés estime que les discriminations sont répandues...

Une personne interrogée sur cinq dit avoir été victime, au moins une fois dans sa vie, de discriminations. Soit plus de douze millions si l'on extrapole! Selon une enquête réalisée les 12 et 13 novembre* par l'association SOS Racisme, et que 20 Minutes dévoile en exclusivité, 80% des sondés estiment que les discriminations - sexuelles, raciales, sexistes, etc. - sont «très» ou «assez» répandues.

«C'est le signe que le débat avance, estime Dominique Sopo, président de l'association. Qu'on ne vienne plus nous dire que ça n'existe pas.»

«L'école est perçue comme égalitaire»

Les personnes interrogées jugent que c'est avec les policiers et les agents immobiliers que les individus d'origine étrangère ont le plus de risques d'être discriminés. A l'inverse, l'école est perçue comme la plus égalitaire. «Il n'y a pas d'opprobre indistinct jeté sur les institutions. Elles devraient dès lors s'interroger sur leurs pratiques», souligne Dominique Sopo.

Quant aux mesures susceptibles de lutter contre les discriminations, la condamnation plus lourde des entreprises reçoit le plus d'opinions favorables, avec le développement du CV anonyme et des demandes de HLM anonymes. Des mesures prônées par l'association, voire expérimentées actuellement.

* Sondage réalisé auprès de 1 005 personnes.

Laure de Charette

Des discriminations incontestées - 20minutes.fr: "Des discriminations incontestées"

jeudi 18 juin 2009

AFP: Fichage ethnique: la société Daytona condamnée à 20.000 euros d'amende

VERSAILLES (AFP) — La cour d'appel de Versailles a condamné mercredi la société Daytona, spécialisée dans la mise à disposition d'hôtesses et de commerciaux pour de grandes marques, à une amende de 20.000 euros pour "fichage ethnique" de ses collaborateurs.

Après une condamnation au tribunal de Nanterre, en octobre 2008, à 20.000 euros d'amende dont 15.000 avec sursis pour fichage ethnique et discrimination raciale, le parquet avait fait appel, en jugeant la peine trop légère.

La cour d'appel de Versailles a finalement condamné la société à une amende plus lourde, puisque non assortie de sursis, mais elle a relaxé Daytona du délit de discrimination raciale.

L'ancien directeur général François Leveque et l'ex-directrice du département hôtesses, Caroline Housset ont eux aussi été relaxés. En première instance ils avaient écopé respectivement de 3.000 euros (dont 2.000 avec sursis) d'amende pour fichage ethnique et de 4.000 euros d'amende (dont 4.500 avec sursis) pour fichage ethnique et discrimination raciale.

C'est sur la base d'un fichier informatique classant les candidats à des opérations commerciales - 1 pour les Européens blancs, 2 pour les Maghrébins, 3 pour les Noirs et 4 pour les Asiatiques - et signalé par un employé de Daytona à SOS Racisme en novembre 2002, que l'association avait porté plainte contre l'entreprise.

SOS Racisme, qui s'était constitué partie civile, avait également versé au dossier un document émanant de la société et sur lequel figurait, à propos des hôtesses permanentes, la mention "de nationalité française et +pure white+" (blanche pure).

"Le support papier d'où a été tiré la copie papier n'a pas été retrouvé", souligne la cour d'appel dans son arrêt pour relaxer Daytona du délit de discrimination raciale.

En revanche, "la direction des ressources humaines de Daytona (...) a procédé pour le compte de la société (...) à l'enregistrement et à la conservation de données nominatives sensibles des personnes recrutées en ce qui concerne notamment leur race, sans leur demander leur accord", précise l'arrêt.

"Nous avons enfin une jurisprudence sur le fichage ethnique" a déclaré à l'AFP Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme. "Cela nous permettra de lutter contre les velléités des entreprises à procéder aux statistiques ethniques", a-t-il ajouté.


AFP: Fichage ethnique: la société Daytona condamnée à 20.000 euros d'amende

mercredi 17 juin 2009

"Blanc Bleu Belge": Adecco devant la chambre du conseil | RTBF INFO


Une trentaine de personnes ont manifesté mardi devant le Palais de Justice de Bruxelles en vue d'inciter la justice à avancer dans l'instruction judiciaire pour discrimination raciale ouverte contre l'agence d'intérim Adecco.

Les manifestants ont répondu à l'appel de la FGTB et des organisations de lutte contre le racisme Kif Kif et SOS Racisme.

L'instruction, ouverte en 2001 après une plainte d'un collaborateur de l'agence, risque la prescription à partir du 2 septembre prochain. Le dossier a été plaidé mardi devant la chambre du conseil de Bruxelles qui devra décider d'un éventuel renvoi de l'affaire vers le tribunal correctionnel.

La chambre du conseil devrait se prononcer le 30 juin.

Pour la défense, la date de prescription sera inévitablement atteinte. A la FGTB, on espère pouvoir trouver une mesure juridique visant à suspendre la prescription mais on reconnaît que la tâche sera difficile. "Travail = un droit pour tous" ou "BBB = Blanc Bleu Bête", pouvait-on lire sur des calicots.

Le collaborateur d'Adecco avait indiqué que des postes pour des missions dans certaines entreprises qui ne souhaitaient pas recruter des personnes étrangères étaient pourvus du code BBB, pour "Blanc Bleu Belge", du nom d'une race bovine développée en Belgique.

"Il est très rare d'avoir une preuve de discrimination raciale car cette pratique est discutée généralement au cours de colloques singuliers. Et si la législation est favorable à la poursuite de tels actes, elle est difficilement applicable en réalité. Cette affaire permet de confirmer des études notamment du BIT, de l'ONEM, du Forem ou d'universités sur les problèmes de discriminations à l'embauche. Nous sommes convaincus que ce genre de pratique existe toujours au sein du secteur intérim, mais de façon plus insidieuse", a déclaré Jean-François Marcours, juriste au service d'étude de la FGTB fédérale.

La FGTB se montre critique vis-à-vis du parquet pour sa lenteur dans ce dossier. "On ne peut qu'être interpellé par l'attitude du parquet qui aurait une très grande responsabilité en cas de prescription. Qu'importe finalement la justification, on ne peut que s'interroger sur le temps qu'a pris le parquet, soit cinq ans, pour rédiger ses deux pages de réquisitoire", a réagi Jean-François Marcours.

Du côté de la défense, on souligne que la société Adecco n'a jamais introduit le moindre acte en vue de ralentir la procédure. La défense estime que la prescription du dossier est acquise, compte tenu du délai d'un éventuel appel et même du délai de fixation devant le tribunal correctionnel.

Le service d'étude de la FGTB espère pouvoir obtenir une suspension de la prescription en fixant une date d'audience d'introduction au procès, en cas de renvoi du dossier vers le tribunal correctionnel, mais il reconnaît que le délai est fort court.

Sur le fond du dossier, le conseil de la société Adecco affirme que les pratiques reprochées à son client appartiennent au passé. L'agence d'intérim a édicté un code de conduite visant à prévenir tout acte de discrimination à l'embauche.

La société Adecco reconnaît avoir pratiqué une discrimination raciale à la demande d'employeurs, a expliqué Me Laurent Kennes. Sur les 58.213 annonces saisies au cours de perquisitions effectuées le 21 février 2001, au siège social d'Adecco et dans plusieurs agences de la société, un peu moins de cent comprenaient la mention "BBB". Pour Me Kennes, ce faible pourcentage, soit 0,18%, mais qui "reste inadmissible", prouve que l'initiative de la pratique n'émanait pas de représentants d'Adecco.

La société Adecco a été condamnée en appel en France, en juillet 2007, pour discrimination raciale à l'embauche.



"Blanc Bleu Belge": Adecco devant la chambre du conseil | RTBF INFO

vendredi 5 juin 2009

le Parisien - La société HLM poursuivie pour fichage ethnique - Infos, actualités Hauts-de-Seine 92 - 05/06/2009

La découverte de mentions ethniques dans ses fichiers vaut à Logirep une mise en examen. Un candidat d’origine ivoirienne s’était vu refuser un appartement.

Le président de Logirep, l’un des plus importants bailleurs sociaux d’Ile-de-France, basé à Suresnes, a été mis en examen mercredi par un juge de Nanterre pour fichage ethnique.

Le bailleur avait refusé un logement à Frédéric Tieboyou, un guichetier de la RATP d’origine ivoirienne. Plus précisément, le représentant de Logirep est mis en examen pour avoir « mis ou conservé en mémoire informatisée, sans le consentement exprès des intéressés, des données à caractère personnel, qui directement ou indirectement font apparaître les origines raciales ou ethniques ».

C’est Logirep elle-même qui annonce cette nouvelle étape d’une procédure judiciaire engagée depuis quatre ans.
L’affaire remonte à 2005 lorsque, au cours de l’été, Frédéric Tieboyou se voit refuser l’attribution d’un trois-pièces dans la tour Ouessant, en plein coeur du quartier du Chemin-de-l’Ile à Nanterre. Cela en vertu de l’article 56 de la loi contre l’exclusion, qui stipule que « l’attribution des logements doit favoriser l’égalité des chances des demandeurs et la mixité sociale des villes et des quartiers ». D’après une conversation téléphonique de juillet 2005, que le candidat évincé a enregistrée, la tour Ouessant accueillait déjà « beaucoup de personnes d’origine africaine et antillaise », selon son interlocuteur de la Logirep qui avait insisté : « Ce n’est pas de la discrimination, c’est de la mixité. »

« Ce n’est pas de la discrimination, c’est de la mixité »

Soutenu par SOS Racisme, Frédéric Tieboyou a déposé plainte dans la foulée. Après l’enquête de la police judiciaire des Hauts-de-Seine, un an plus tard, Logirep était mise en examen une première fois pour « discrimination raciale », le juge ne retenant pas l’accusation de fichage ethnique.
En mars dernier, le parquet de Nanterre avait d’ailleurs requis le renvoi du bailleur social en correctionnelle pour qu’il réponde de « discrimination » et un non-lieu pour le volet « fichage ethnique ».
Mais le 18 mai, rebondissement : le juge d’instruction a organisé une perquisition dans les locaux du bailleur social, à Suresnes, avant de convoquer son représentant pour le mettre en examen. Cette fois-ci pour « fichage ethnique ». Rappelant qu’elle est une ancienne filiale de la Sonacotra, Logirep se défend de tenir de tels fichiers. Et avance qu’elle « ne fait que collecter dans sa base de données un élément d’état civil : le lieu de naissance des candidats, (…) une donnée qui apparaît dans tout document administratif requérant les éléments d’état civil ».
« Quand on indique sa ville de naissance, en général on n’ajoute rien quand on est né en France mais on précise le pays quand il s’agit d’une ville étrangère, complétait le service communication du bailleur hier soir. Le juge doit considérer qu’il s’agit là d’un fichage ethnique. »

le Parisien - La société HLM poursuivie pour fichage ethnique - Infos, actualités Hauts-de-Seine 92 - 05/06/2009

mercredi 3 juin 2009

TESTING AU MUSÉE du LOUVRE - Pote à pote - Tout sur les quartiers

dimanche 31 mai 2009, par Pote à pote
L’association SOS Racisme a organisé, mercredi 27 mai, un testing au musée du Louvre afin de dénoncer la décision du gouvernement de limiter aux ressortissants des pays de l’Union européenne la gratuité des musées pour les moins de 26 ans.

Discrimination : SOS Racisme "teste" le musée du Louvre - Nouvel Obs
Le 13 janvier 2009, lors du discours de Nîmes, Nicolas Sarkozy avait annoncé la gratuité aux moins de 26 ans pour tous les jeunes de moins de 26 ans. Le 1er avril, la direction des musées nationaux a décidé de limiter la gratuité aux jeunes ressortissants de l'UE. Qu'en est-il au musée du Louvre? Mercredi 27 mai, une équipe de SOS Racisme constituée d'étudiants français, marocain, américain, camerounais et turc, tous agés de moins de 26 ans se présente au Musée du Louvre.



TESTING AU MUSÉE du LOUVRE - Pote à pote - Tout sur les quartiers: "TESTING AU MUSÉE du LOUVRE


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samedi 30 mai 2009

Gratuité dans les Musées pour tous les moins de 26 ans, SOS Racisme maintient la pression ! - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

Après une opération de testing menée au Louvre ce mercredi, SOS Racisme a renouvelé l’opération aujourd’hui au Musée d’Orsay.

Samuel Thomas, Vice Président de SOS Racisme accompagné de 14 militants de plusieurs nationalités ont interrogé une centaine de personnes pour savoir si, comme l’a déclaré Mme Albanel, la gratuité au moins de 26 ans extra européens était appliquée.

SOS Racisme a pu constater que les moins de 26 ans ressortissants européens ont tous bénéficiés de la gratuité, par contre l’ensemble des moins de 26 ans extra-européen ( de nationalité chinoise, japonaise, américaine, marocaine ou encore indienne) ont du régler le paiement de leur ticket d’entrée.

Nous avons ensuite, effectué un compte rendu auprès du personnel des guichets, de l’accueil et de la sécurité faisant le constat de la discrimination constatée.

Le personnel du Musée s’est exprimé très majoritairement en faveur de l’action de SOS Racisme, relatant les difficultés posées par cette mesure discriminatoire.

SOS Racisme demande à la direction du musée d’Orsay d’appliquer une égalité de traitement pour les moins de 26 ans, comme c’est déjà le cas dans les musées du Louvre, du Quai Branly ou encore de l’immigration.

SOS Racisme continue sa mobilisation, et doit rencontrer ce mardi la direction du Musée d’Orsay pour faire appliquer la gratuité à tous.

Contacté par la direction du Musée d’Orsay, le cabinet de Mme Albanel a déclaré qu’il n’y avait aucun changement pour l’instant quand à l’application de la mesure de gratuité, mais que celui-ci était à l’étude.

SOS Racisme, qui a déposé un recours au Conseil d’Etat contre l’Etat et 50 musées et monuments nationaux ayant instauré cette mesure discriminatoire, veut attirer l’attention sur le fait que rien ne justifie l’existence d’une condition de nationalité pour accorder la gratuité.

Gratuité dans les Musées pour tous les moins de 26 ans, SOS Racisme maintient la pression ! - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

Dominique Sopo: «Ce n'est pas normal que la gratuité des musées soit réservée aux jeunes Européens»

INTERVIEW - Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, cite les mauvais exemples des musées du Louvre et d'Orsay...

En début de semaine, SOS Racisme a déposé plainte contre le musée du Louvre pour «discrimination» et déposé un recours devant le Conseil d’Etat. En cause: la gratuité de l’entrée uniquement pour les moins de 26 ans issus de l’Union européenne. Les Japonais et Mexicains, eux, doivent payer leurs billets. Ce vendredi, l’association a constaté qu’il en était de même au musée d’Orsay. Son président, Dominique Sopo, ne décolère pas.

Pourquoi parlez-vous de «discrimination»?
Parce que, au Louvre comme au musée d’Orsay, la gratuité est réservée aux jeunes de certaines nationalités. Or appliquer des différences de traitement en fonction de l’origine, c’est la définition de la «discrimination».

Quand même, n’y a-t-il pas d’autres chevaux de bataille que les musées? Des domaines où la discrimination est davantage prioritaire?
Les musées sont un lieu de culture, où les gens s’aèrent l’esprit. Ce n’est pas normal que cela soit gratuit pour les jeunes Européens, et pas les autres. Et puis, si les Etats donnent des privilèges à certaines nationalités, cela veut dire que les agents des musées publics deviennent des fonctionnaires de police, chargés de contrôler aux guichets les papiers pour vérifier l’origine des visiteurs.

Pour justifier de son âge, et avoir éventuellement un tarif réduit, il faut aussi présenter ses papiers à l’entrée des musées...
L’âge, cela se vérifie aussi sur une carte d’étudiant, un cahier de lycéen, ou autre. Ce n’est pas pareil que de demander aux visiteurs de présenter leurs papiers d’identité pour voir leur origine.

Qu’aimeriez-vous?

Que l’entrée soit gratuite pour tous les moins de 26 ans, quelle que soit leur nationalité. Quand Christine Albanel (la ministre de la Culture, ndlr) dit qu’elle veut faire profiter de la gratuité à tous les jeunes étrangers résidant sur le territoire français, c’est extrêmement flou. Cela veut dire quoi, être «résident» en France? Avoir une carte d’étudiant d’une université française? Avoir une carte de séjour depuis trois mois, trois ans, dix ans? L’Etat doit être exemplaire sur ce point.

Pourquoi la plainte porte aussi sur les sites Web des musées?
Parce qu’ils écrivent noir sur blanc que la gratuité concerne uniquement certaines nationalités.
Recueilli par Alice Antheaume
http://www.20minutes.fr/article/329243/Culture-Dominique-Sopo-Ce-n-est-pas-normal-que-la-gratuite-des-musees-soit-reservee-aux-jeunes-Europeens.php

SOS Racisme porte plainte pour discrimination contre les musées nationaux , Société - Information NouvelObs.com

AP | 27.05.2009 | 19:43

La gratuité dans les musées nationaux pour les jeunes ressortissants de l'Union européenne âgés de 18 à 26 ans est-elle discriminatoire? L'association SOS Racisme le pense et a déposé plainte contre le musée du Louvre qui applique cette directive du ministère de la Culture ainsi qu'un recours au Conseil d'Etat pour faire annuler cette décision mise en place depuis le 4 avril.

Dans sa plainte déposée lundi et que l'Associated Press a pu consulter, SOS Racisme considère que cette gratuité dans 14 musées et monuments nationaux, dont Le Louvre, est subordonnée à la condition d'être ressortissant de l'Union européenne et "constitue la matérialité du délit de discrimination" réprimée par le Code pénal.

A l'origine de cette plainte, des personnels de musées qui se sont insurgés contre cette pratique, a indiqué mercredi à l'AP Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme. Cette "préférence européenne" est une "mesure absurde", s'indigne-t-il, et elle "est la traduction d'une idéologie d'extrême droite qui voit sa première traduction dans la politique gouvernementale". "La préférence européenne n'existe en France dans aucun autre domaine", assure-t-il.

D'autres plaintes contre les musées appliquant cette directive devraient être déposées dans les jours à venir, selon lui.

SOS a également déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour faire annuler les délibérations prises par les conseils d'administration de la Réunion des musées nationaux (RMN) et du Centre des musées nationaux qui ont mis en application cette décision du ministère de la Culture.

Deux musées n'appliquent pas cette mesure: le musée des Arts premiers et la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

Le 7 mai, interrogée par le député Vert de Paris, Martine Billard, la ministre de la Culture, Christine Albanel, "pleinement consciente du problème posé", a répondu avoir demandé à ses services la possibilité d'étendre cette gratuité "aux étrangers de 18 à 26 ans résidant sur le territoire français" en fonction "d'un titre de séjour" ou d'une "carte d'étudiant".

La ministre de la Culture Christine Albanel s'est dite "très surprise" mercredi dans soir dans un communiqué du "recours déposé par SOS Racisme dénonçant le caractère supposé discriminatoire de la mesure de gratuité des musées et monuments nationaux pour les moins de 26 ans".

Si la ministre "ne souhaite pas étendre cette mesure à tous les jeunes touristes, elle a demandé que soit étudiée la possibilité de l'étendre aux jeunes étrangers, qui ne sont pas issus de l'Union européenne mais qui résident en France, comme par exemple les étudiants". AP

CRAMIF : le salarié gréviste de la faim réintégré … le combat continue ! - SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

En 2004, SOS Racisme avait été saisie par un agent administratif, qui se plaignait de discrimination raciale de la part de son employeur : la CRAMIF.

Monsieur Anany, dénonçait un déclassement et du harcèlement moral de ses supérieurs pendant 4 ans, les faits sont dénoncés à l’inspection du travail, à la Licra, au Premier Ministre de l’époque Monsieur Raffarin, au ministre Douste Blazy, et l’avocat de SOS Racisme saisit la Halde pour discrimination raciale. En 2008 une plainte est déposée auprès du Procureur de la République pour discrimination raciale et harcèlement moral.

En avril 2009, l’affaire s’aggrave puisque la victime, après 10 ans d’ancienneté se retrouve licenciée pour « insuffisance professionnelle » !

Monsieur Anany, soutenu par tous les syndicats de la CRAMIF, et toutes les associations du 19ème arrondissement, entame, en mai 2009, une grève de la faim pour contester son licenciement.

Nous avons appris aujourd’hui, la réintégration de Monsieur Anany au sein de la CPAM.

SOS Racisme, partie civile dans cette affaire, considère que cette décision, qui fait suite à une mobilisation importante autour de la victime, est synonyme de 1 ère victoire.

Néanmoins, nous restons vigilant car la CRAMIF, menacerait de licenciement plusieurs autres salarié (e) s discriminé (e)s qui eux aussi ont déposé plainte pour discrimination.

Hexagone: Stats ethniques: Sabeg en mode mineur

Le terme honni de «statistiques ethniques» ne figure pas une seule fois dans le Programme d’action et recommandations pour la diversité et l’égalité des chances, remis hier par Yazid Sabeg à Nicolas Sarkozy. De même, le Haut commissaire à la diversité et à l’égalité des chances n’annonce plus le dépôt d’un projet ou d’une proposition de loi visant à «rendre licite la mesure de la diversité».

Marche arrière toute? Cornaqué depuis quelques semaines par Eric Besson, le ministre de l’Immigration, Sabeg a-t-il été contraint de baisser d’un ton? En janvier, ce grand patron d’origine berbère provoquait le scandale en affirmant que la France était «en train de creuser un sillon menant tout droit à l’apartheid». «On est en train de créer une guerre civile sociale dans ce pays qui est peut-être en train de devenir une guerre communautaire demain», ajoutait-il.

Sur le fond, Sabeg ne cède rien. Il réaffirme dans son rapport que la France a besoin d’«améliorer (sa) connaissance des phénomènes migratoires par une meilleure mesure de la diversité». Cette mesure s’effectuerait sur la base «d’enquêtes anonymes et volontaires», un «comité scientifique et d’éthique permanent» étant chargé de «valider des procédures de collecte» de ces données.

Parfois taxé de visées communautaristes, accusé de vouloir importer en France la discrimination positive çà l'américaine, le Haut commissaire prend soin de précise que les 76 «actions» qu'il préconise pour améliorer la diversité et l’égalité des chances «ne visent pas une catégorie de Français en particulier, mais bien l’ensemble de nos concitoyens».

Etonnante, compte tenu de la prudence de Sabeg, est la réaction du Conseil représentatif des association noire de France (Cran). Alors que cette association est la seule à soutenir inconditionnellement la mesure de la diversité, elle voit dans ce rapport la marque d’un «volontarisme historique au sommet de l’Etat». En revanche, SOS Racisme, farouchement opposé aux statistiques ethniques, critique une «absence de propositions fortes», et déplore un abandon de la «politique de lutte contre les discriminations au profit d'une politique de "promotion de la diversité"».

Rendu prudent par la polémique qu’ont soulevées les déclarations de Yazid Sabeg, Nicolas Sarkozy se prononcera «dans deuxième quinzaine de juin» sur les suites à lui donner à ces propositions.

Des statistiques de la diversité, et après ?, par Patrick Gaubert et Christian Charrière-Bournazel - LeMonde.fr

LE MONDE | 11.05.09 | 14h30

Il existe " une impossibilité persistante à mesurer de façon quantifiée, scientifique et totalement satisfaisante les résultats des politiques diversité dans tous les domaines", comme le rappelle Claude Bébéar dans son rapport 2004 réactualisé et remis à M. Yazid Sabeg, au début du mois de mai. Le récent débat sur les statistiques de la diversité a presque réussi à nous faire oublier les victimes de discriminations qui constituent, rappelons-le, un délit pénal.

En effet, si les statistiques de la diversité, même imparfaites, peuvent être utiles, particulièrement pour les médias, afin de disposer d'un reflet de la société, elles ne sauraient tenir lieu de politique de lutte contre les discriminations, sauf à créer des quotas, ce dont personne ne veut, y compris en Grande-Bretagne.

La France a construit au cours de la dernière décennie un solide arsenal législatif antidiscrimination. Son socle est constitué de quatre lois, celle de novembre 2001, qui instaure le cadre général de lutte contre les discriminations, celle de décembre 2004, qui crée la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), celle de mars 2006 pour l'égalité des chances, qui renforce ses pouvoirs et, enfin, celle de mai 2008, qui précise la définition des discriminations. Puisque le cadre législatif et juridique existe, il faut le faire vivre, et la loi doit être appliquée. Nous sommes loin du compte.

Quelle entreprise reconnue comme discriminante s'est vue, par exemple, condamnée par les tribunaux à verser l'amende maximale prévue par la loi ? Aucune, puisque, au-delà d'une amende plafond, la condamnation est portée sur le casier judiciaire de la personne morale. La lutte contre les discriminations exige une plus grande exemplarité des jugements. L'indulgence fait le lit de l'impunité.

La Halde, par son travail de signalement, de médiation et de réparations individuelles, est un élément important de cette lutte, mais ne peut pas dispenser la puissance publique d'un véritable volontarisme et d'un engagement fort de tous les acteurs économiques et sociaux.

De même, la chancellerie s'était engagée, en juin 2007, à créer des pôles antidiscrimination composés d'un magistrat du siège et d'un délégué du procureur dans tous les parquets. Elle promettait aussi d'encourager les procureurs de la République à se saisir des affaires signalées. Pourtant, malgré la signature de conventions, syndicats et associations sont toujours seuls pour accompagner les victimes dans leurs démarches et les soutenir au long d'interminables et coûteuses procédures. Le blocage avéré des parquets handicape le plaignant comme les associations. Les fréquents classements sans suite, les lenteurs des procédures, la non-prise en compte des preuves apportées par les campagnes de testing contribuent à l'autocensure et à la résignation des victimes. Aussi serait-il enfin profitable à cette lutte que le législateur autorise les plaintes collectives.

Par ailleurs, le rapport publié le 28 avril par la Commission nationale de la déontologie de sécurité est très critique sur les pratiques quotidiennes de la police. La lutte contre les discriminations porte sur les abus de contrôles au faciès accompagnés d'inutiles fouilles au corps et menottage.

Ces pratiques alimentent chez les victimes et les témoins le sentiment d'injustice et le ressentiment. Les interpellés devraient pouvoir identifier systématiquement les agents chargés du contrôle dont ils ont fait l'objet. Dans le cadre de la prévention des discriminations, il faudrait envisager une formation initiale et continue des agents de la force publique, de même que l'inspection générale des services devrait être davantage sensibilisée et impliquée.

Le logement est également un secteur essentiel de discriminations tant dans le logement privé que social. A cet égard, le respect de la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) est une obligation tant légale que morale. Or celle-ci est encore loin d'être appliquée partout et dans la même mesure. Ne faudrait-il pas, en outre, protéger les candidats au logement par l'anonymisation des demandes et encourager l'intermédiation par des associations ou bailleurs sociaux pour mobiliser le parc privé.

Quant au secteur de l'emploi, c'est sans doute le plus exposé aux pratiques discriminatoires. Il est temps que le décret d'application de la loi de mars 2006 sur la généralisation du CV anonyme soit enfin publié et appliqué. D'autres outils existent : le recrutement par habileté, la formation des recruteurs et managers, l'audit interne (ou autotesting) des discriminations, le tutorat, etc. Il faut également permettre aux partenaires sociaux de mieux s'impliquer dans les affaires de discrimination comme dans les politiques préventives internes. Enfin, le législateur devrait rendre obligatoire la tenue d'un registre des candidatures à l'embauche. Ce registre serait consultable par toutes les parties, recruteurs comme recrutés.

Et puis, il y a les coupables. C'est toute une pédagogie de la lutte antidiscrimination qu'il nous faut bâtir en leur direction. Elle devrait avoir un volet constructif au moyen de campagnes grand public sur les bonnes pratiques dans le monde de l'entreprise notamment, de plans de formation des acteurs concernés, de la mise en valeur de réussites individuelles ou collectives. Mais cette lutte doit également comporter un volet accusateur. Des instruments efficaces existent comme le testing, la révision des règlements intérieurs tenant compte de la lutte contre les discriminations et leur affichage systématique. Enfin, et ce qui aura le plus de poids car il jette le discrédit sur une entreprise et ses marques : le naming and shaming. Nommer et entacher la renommée pèsent non seulement sur le discriminateur, conduisent à l'information du grand public, mais aussi, par sa valeur d'exemplarité, modifient en profondeur les comportements.

Les discriminations et le racisme se nourrissent l'un l'autre et renforcent les crispations sociales. Il y a urgence pour l'actuel gouvernement à s'engager résolument dans la lutte contre toutes les discriminations.


Patrick Gaubert est président du Haut Conseil à l'intégration et président de la Licra.

Christian Charrière-Bournazel est bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Paris.

Des statistiques de la diversité, et après ?, par Patrick Gaubert et Christian Charrière-Bournazel - LeMonde.fr

jeudi 14 mai 2009

Le maire de Pont-de-Chéruy devant les tribunaux pour discrimination raciale - LyonCapitale.fr - l'info de Lyon et de la région Rhône-Alpes en multimédia


Le maire de Pont-de-Chéruy (Isère) comparaît demain mardi 12 mai devant le Tribunal Correctionnel de Vienne pour discrimination raciale. Il est accusé d'avoir abusivement usé de son droit de préemption pour empêcher des personnes d'origine extra-européenne de s'installer sur sa commune.

« Pont-de-Chéruy reste au service de tous » écrit le maire Alain Tuduri sur le site internet de la municipalité.
Ce n'est sans doute pas l'avis de Sylvia Akdag, une jeune femme française d'origine turque qui s'est vu découragée d'acheter un bien immobilier sur cette commune du nord de l'Isère. A l'automne 2000, elle trouve la maison de ses rêves, mais le maire divers droite use de son droit de préemption. En clair, Alain Tuduri empêche la vente. « Le quota d'immigrés est atteint depuis longtemps sur la commune » s'est entendue dire la jeune femme. Au total, onze personnes d'origine étrangère se sont manifestées entre 2000 et 2002 auprès de SOS Racisme. A chaque fois la même réclamation : l'usage abusif et discriminatoire du droit de préemption exercé par le maire de Pont-de-Chéruy.

Après l'enquête, le procès

SOS Racisme porte plainte en 2002. Selon l'association, l'enquête mettrait en évidence des pressions exercées par le maire sur des notaires, des agents immobiliers et des vendeurs. Le but est de les faire renoncer à des ventes au bénéfice de personnes d'origine turque ou maghrébine.

Après 7 ans de procédure judiciaire, c'est l'heure du procès. Le maire de Pont-de-Chéruy comparaîtra demain, mardi 12 mai, devant le Tribunal correctionnel de Vienne. Le 9 novembre 2006, Gérard Dezempte, maire de Charvieux Chavagnieux avait lui aussi été jugé pour préemption discriminatoire. Il avait été condamné à 3 ans d'inéligibilité avant d'être relaxé par la Cour d'Appel de Lyon.

Cécile Mivière

Le maire de Pont-de-Chéruy devant les tribunaux pour discrimination raciale - LyonCapitale.fr - l'info de Lyon et de la région Rhône-Alpes en multimédia

L'emploi reste le premier domaine de discrimination - Libération

Un tiers des salariés disent avoir été témoins de discrimination, selon un sondage réalisé pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations, qui remet ce mercredi son rapport annuel.

En 2008, près de 8000 personnes s'estimant victimes de discrimination ont fait la démarche de saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). C'est l'un des chiffres du rapport annuel de cette institution créée en 2004, présenté aujourd'hui par son président Louis Schweitzer avant de le remettre à Nicolas Sarkozy en fin d'après-midi.

8000 saisines, c'est 25% de plus qu'en 2007. Et la tendance inflationniste s'accentue encore pour les premiers mois de 2009. Est-ce à dire qu'il y a plus de discriminations? Pas forcément, pour Louis Schweitzer, qui explique plutôt cette augmentation par «la notoriété croissante de la Halde et la confiance qu'elle inspire». Grâce notamment, souligne-t-il, aux 60 correspondants locaux qui tiennent des permanences un peu partout en France. Leur nombre devrait passer à 125 à la fin de l'année.

Le premier lieu de discrimination reste l'emploi. 50% des réclamations y sont liées, qu'il s'agisse de discrimination au moment du recrutement (surtout dans le privé) ou, plus souvent, sur le déroulement de carrière (surtout dans le public). Selon un sondage CSA réalisé pour la Halde et l'Organisation internationale du travail (OIT), et rendu public aujourd'hui, plus d'un tiers des salariés disent avoir été témoins de discrimination, et ce à part égale dans le public et le privé.

68 interventions en justice en 2008

L'origine ou l'état de santé restent les premiers critères discriminants, mais il peut aussi s'agir de l'âge, du sexe, des convictions religieuses, des activités syndicales, d'une grossesse...

«Nous traitons tous les dossiers, insiste Louis Schweitzer, aucune saisine n'est laissée sans réponse.» Mais en pratique, que peut faire la Halde, hormis émettre des recommandations? Elle peut engager des médiations ou, plus rarement, une intervention en justice (68 en 2008). Avec souvent au bout du compte une amende pour l'auteur de la discrimination et une réparation pour la victime. Jusqu'à... 560.000 euros tout de même en 2008, dans le cas d'une personne discriminée pour son orientation sexuelle.

A l'actif de son bilan 2008, cite encore la Halde, la suppression de limites d'âge pour le recrutement des infirmières et chez EDF-GDF.

Visites surprises

Bien mais insuffisant, dénoncent les associations, qui comme SOS racisme en appellent aux pouvoirs publics: «Après beaucoup de discours il est temps de passer aux actes.» Tandis que le CRAN interroge de but en blanc: «A quoi sert la Halde»?

Schweitzer lui-même reconnaît une certaine «frustration», faute de suffisament de pouvoirs et de moyens matériel. L'ancien PDG de Renault compte d'ailleurs, à l'occasion de la remise du rapport au chef de l'Etat, lui administrer une piqûre de rappel au sujet d'un droit que réclame la Halde de longue date, celui de pouvoir mener des visites inopinées sur les lieux de travail. «Non pas pour faire des descentes de police mais pour avoir accès par exemple aux dossiers du personnels». Et pouvoir ainsi apporter les preuves qui font défaut à nombre de victimes de discriminations. Ce droit de visite, qui suppose une loi, avait été promis par Sarkozy en décembre lors de son discours sur l'égalité des chances, à Palaiseau. Depuis, la Halde n'a rien vu venir.

L'emploi reste le premier domaine de discrimination - Libération

Sabeg remet son rapport sur la diversité, Sarkozy décidera fin juin - Libération

Le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances Yazid Sabeg a remis ce jeudi son rapport au chef de l'Etat. Qui ne tranchera, notamment sur la question des statistiques ethniques, qu'après le 15 juin.

Après plusieurs semaines de confusion et sur fond de polémique sur les statistiques ethniques, le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, a remis aujourd'hui son rapport sur la promotion de la diversité. Alors? Alors rien de bien neuf, car, si les principales mesures étaient déjà connues, il faudra attendre selon Yazid Sabeg «la deuxième quinzaine de juin» pour savoir quelles suites Nicolas Sarkozy comte leur donner.

Les 76 «actions» contenues dans le rapport d’une centaine de pages, et qui portent essentiellement sur l’éducation et l’emploi des jeunes, ont le «soutien total» de Nicolas Sarkozy, a assuré Sabeg à la sortie de l'entretien.

Sur la question très polémique de la mesure de la diversité, Sabeg se prononce dans son rapport en faveur du recueil de données statistiques permettant de refléter des critères ethniques, mais sur la base «d’enquêtes anonymes et volontaires».

Doubler les formations en alternance

En plus de l’avis que des scientifiques doivent rendre sur ce point le 30 juin, «j’ai suggéré que nous saisissions le conseil d’Etat pour valider l’analyse qui est contenue dans mon rapport sur ce point», a-t-il déclaré. Le chef de l’Etat «a souhaité que cette mesure soit mise en œuvre pour répondre à des besoins extrêmement précis, à la fois pour aider l’action publique et pour renforcer les moyens de lutte contre les discriminations, il n’a pas dérogé à ce point».

Dans le rapport, le commissaire suggère la mise en place d’un «comité scientifique et d’éthique permanent» qui serait chargé de «valider des procédures de collecte» de ces statistiques.

«Absence de propositions fortes»

Parmi ses autres propositions, il suggère de doubler le nombre de jeunes bénéficiant d’une formation en alternance en obligeant, d’ici à la fin 2011, les entreprises de plus de 50 salariés à y placer 5% de leurs salariés ou de «rationaliser» les filières technologiques.

En matière de «démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur», il propose que 20% des élèves recrutés par l’Ecole nationale d’administration (ENA) au titre du troisième concours soient issus de la diversité.

Du côté des associations, le rapport divise. Le Cran y voit la marque d'un «volontarisme historique au sommet de l'Etat», SOS Racisme critiquant au contraire ce jeudi une «absence de propositions fortes», un «réchauffé d'une série d'annonces faites par Nicolas Sarkozy».

Sabeg remet son rapport sur la diversité, Sarkozy décidera fin juin - Libération

Interview : Eric Montès « Il faut desserrer l’étau pour les médecins étrangers dans nos hôpitaux » - Pote à pote - Tout sur les quartiers

Par Pote à pote
Éric Montès est ancien directeur d’hôpital, il a longtemps exercé en milieu hospitalier, de 1984 à 2001. Son dernier poste fut à l’hôpital général de Clermont dans l’Oise (60). Il livre à Pote à Pote son sentiment sur les conditions de travail des médecins étrangers en milieu hospitalier.

PàP : En quoi la proposition de loi de la sénatrice PS, Bariza KHIARI permet l’évolution du statut des médecins étrangers à l’hôpital ?

Éric Montès : La proposition de loi de la sénatrice PS, Bariza Khiari,∗ vise les discriminations liées aux ordres professionnels, donc aux professions libérales qui concernent 80% des professions de santé. La sénatrice évoque dans son exposé la question des ordres professionnels. Ce système fut mis en place sous le gouvernement de Vichy, en 1940, pour interdire aux juifs d’exercer un certain nombre de professions. Cette barrière idéologique représente désormais une barrière économique et financière. C’est également une façon pour les ordres professionnels de limiter leur accès puisqu’il faut l’aval du Conseil de l’Ordre avant de pouvoir exercer.

PàP : Que se passe-il aujourd’hui pour un médecin ou une infirmière étrangère ? Peuvent-ils travailler et sous quelle condition ?...

Lire la suite : Interview : Eric Montès « Il faut desserrer l’étau pour les médecins étrangers dans nos hôpitaux » - Pote à pote - Tout sur les quartiers:

mercredi 29 avril 2009

Yazid Sabeg, un commissaire de plus en plus présent - Bakchich

Bisbilles / mardi 31 mars par Marion Mourgue, Eric Laffitte

Le rapport que Yazid Sabeg doit remettre à Nicolas Sarkozy sur l’égalité des chances - et dont Bakchich s’est procuré quelques extraits - empiète sensiblement sur le terrain d’action de Fadela Amara.

Mardi dernier, Nicolas Sarkozy a reçu Yazid Sabeg, selon l’entourage du commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances ; une information démentie par l’Élysée. Le rendez-vous, non inscrit à l’agenda officiel, faisait suite à l’annulation de la remise du rapport du Commissaire, pour cause d’agenda présidentiel trop chargé.

Depuis sa nomination, fin décembre, Yazid Sabeg buchait sur les mesures à mettre en place pour lutter contre les discriminations, parmi lesquelles la mise en place très controversée d’un outil d’évaluation de la diversité. Comme pour couper court aux rumeurs d’une mise à l’index par l’Élysée, après la polémique autour de cet outil d’évaluation, l’entourage de Sabeg précise : « Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ont validé les grandes lignes du rapport ». En clair, aucun problème sous le soleil. Tout dépend pour qui…

Car le rapport préparé par le commissaire et qui, en principe, devrait être publiquement remis au Président dans les jours ou les semaines qui viennent, et dont Bakchich s’est procuré quelques extraits, empiète étrangement sur le domaine d’activités de Fadela Amara. La secrétaire d’État, en charge de la politique de la ville, a sous sa responsabilité un millefeuille institutionnel qui ne facilite pas son action : les ZUS (zones urbaines sensibles), les ZFU (Zones franches urbaines), les ZEP (Zones d’éducation prioritaire), les zones de développement Anru (Agence nationale de rénovation urbaine) et les Cucs (Contrats urbains de cohésion sociale). Rien que ça !...

http://www.bakchich.info/Yazid-Sabeg-un-Haut-Commissaire-de,07238.html

lundi 20 avril 2009

Corrigeons nos pratiques, mais pas nos principes, par Bariza Khiari et Samuel Thomas - Opinions - Le Monde.fr

Corrigeons nos pratiques, mais pas nos principes, par Bariza Khiari et Samuel Thomas - Opinions - Le Monde.fr

L' offensive en faveur des statistiques ethniques figurait dans les déclarations de campagne du candidat Sarkozy. La première salve fut sournoise : par un amendement au projet de loi relatif à l'immigration, à l'asile et à l'intégration, la majorité parlementaire autorisa la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) à banaliser le recours aux statistiques ethniques, avant que le Conseil constitutionnel ne censure ce dispositif, le 15 novembre 2007. M. Sarkozy récidiva le 8 janvier 2008, en évoquant la modification de la Constitution afin d'y inscrire le principe de diversité. Le Comité chargé d'étudier cette nouvelle proposition conclut en décembre 2008 qu'elle était inopportune. Qu'importe, Nicolas Sarkozy nomme Yazid Sabeg, partisan notoire des statistiques ethniques, commissaire à la diversité, afin de mener à terme cette entreprise.

Aux yeux de M. Sabeg, la polémique sur les statistiques ethniques serait un remake de la lutte opposant les Anciens et les Modernes. Il faudrait, au nom du volontarisme politique, oublier l'histoire, faire fi de nos objections de principe et sacrifier les idéaux républicains sur l'autel de l'évaluation des politiques publiques. Exit donc le préambule de 1946, selon lequel "tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés". Troublante inversion des valeurs : en guise de modernité, on ne nous propose qu'une invraisemblable régression.

Nous tenons à réaffirmer notre conviction : on ne peut prétendre lutter contre les discriminations en reproduisant le schéma mental de ceux qui discriminent. Nous sommes fidèles à l'idéal d'égalité républicaine, non par conservatisme, mais parce qu'il reste le plus beau, le plus noble. De surcroît, la mesure proposée, fondée sur le sentiment d'appartenance à une communauté et l'autodéclaratif, est contestable. Tel se déclarera arabe, tel autre mettra en avant son appartenance kabyle, berbère, religieuse, ou nationale. Faudra-t-il autant de variables que de réponses données ?

PRÉTENDUE IMPUISSANCE

La question n'est pas seulement de savoir s'il est possible de mesurer la diversité, mais de savoir si, à partir de ces mesures, il est possible d'impulser des politiques publiques efficaces. Faut-il, une fois qu'on aura par exemple mesuré qu'il y a 10 % de Français qui se disent discriminés car noirs de peau, leur réserver 10 % des places en filières sélectives, 10 % des places en position éligible sur les listes électorales ?

On ne peut bâtir une politique de long terme sur une donnée aussi imprécise et volatile que le sentiment d'appartenance. Face à tous les tenants de politique de quotas, de comptage ou d'assignation communautaire, nous croyons que la meilleure réponse aux discriminations reste l'application radicale du principe d'égalité.

Elus, acteurs économiques ou associatifs, nous devons engager une véritable rupture dans la lutte contre les discriminations. Pas une rupture avec nos principes, mais avec nos pratiques ou notre complaisance. Cette rupture, c'est celle de la volonté politique, des moyens et des mentalités. Les législations prohibant les discriminations ou le fichage ethnique existent depuis plus de trente ans. Jusqu'à présent, peu de sanctions ont été prononcées. Nous demandons la juste et stricte application de la loi. C'est la seule façon de démanteler les systèmes discriminatoires qui gangrènent notre société.

Les républicains ne peuvent plus se retrancher derrière une prétendue impuissance politique. Dans les collectivités territoriales, les offices HLM, les missions locales, les élus disposent d'un réel pouvoir de décision et de sanction. Ainsi, les maires peuvent retirer l'autorisation d'ouvrir après minuit à une discothèque épinglée pour discrimination. Au niveau national, nous devons exiger la mise en oeuvre d'une politique réelle de lutte contre les discriminations et dénoncer les mesures d'affichage du gouvernement. Les discriminations sont des actes de délinquance, il faut leur appliquer le même traitement qu'aux autres. Les outils de l'égalité républicaine existent. Le CV anonyme a été adopté en 2006 par le Parlement, mais le gouvernement refuse toujours de prendre les décrets nécessaires à son application.

Le 11 février, le Sénat a adopté à l'unanimité une proposition de loi visant à supprimer les "emplois fermés" dans le secteur libéral et privé. En effet, en vertu de la réglementation en vigueur, un étudiant extracommunautaire ayant effectué l'intégralité de ses études de médecine, d'architecte, d'expert-comptable, etc., en France n'a pas, en théorie, le droit d'exercer. Ces restrictions d'accès liées à la nationalité datent du début du XXe siècle. Elles sont connotées, obsolètes, et moralement condamnables. Pire, elles encouragent les discriminations illégales. Le gouvernement dispose là d'un outil législatif républicain et méritocratique pour faire preuve de sa détermination à lutter contre les discriminations.

Si nous cédons aux sirènes de ceux qui, sous couvert de mesure de la diversité, prétendent banaliser les statistiques ethniques en France, nous aurons perdu nos principes et la bataille idéologique que nous ont lancée les néoconservateurs et réactionnaires de tous poils. Pour eux, il s'agit en réalité d'occulter la question sociale et de faire peser la responsabilité des inégalités sur des variables ethniques. Face à cette offensive, réaffirmer nos principes ne suffit pas, nous devons leur donner une réalité en menant une véritable politique de lutte contre les discriminations et en traitant d'urgence la question sociale.


Bariza Khiari est sénatrice PS de Paris et Samuel Thomas vice-président de SOS-Racisme.

Comptage ethnique : un débat confus et paradoxal, par Eric Fassin - Opinions - Le Monde.fr

Comptage ethnique : un débat confus et paradoxal, par Eric Fassin - Opinions - Le Monde.fr

Un débat peut en cacher un autre. Pour ou contre les 'statistiques ethniques' (ou la 'mesure de la diversité') ? Les camps s'organisent une fois encore : face à Yazid Sabeg, commissaire à la diversité, se dresse Patrick Gaubert, président du Haut Conseil à l'intégration (HCI) ; et face au comité présidé par François Héran, directeur de l'Institut national d'études démographiques (INED), une contre-commission de chercheurs se met en place.

Pour les uns, s'aveugler à la couleur au nom de la République, c'est laisser faire les discriminations raciales. Pour les autres, l'universalisme, supposé français, serait en butte au communautarisme, réputé "anglo-saxon". Pour les premiers, il faut bien mesurer les discriminations si l'on veut les combattre. Pour les seconds, les catégories mobilisées contribueraient à l'assignation d'identités raciales.

Entre les uns et les autres, l'écart n'est pourtant pas si grand. Tous s'accorderaient sur un même objectif : lutter contre les discriminations. Les oppositions ne portent donc pas sur les fins, mais sur les moyens. Or, même sur ce point, les différences sont bien moins importantes qu'il n'y paraît. En particulier, personne ne propose aujourd'hui d'introduire des catégories racialisées dans le recensement : il n'est question que des enquêtes publiques - au risque d'ailleurs de laisser le champ libre aux seuls sondages privés.

Surtout, nul ne récuse la mesure. Pour le HCI, Jean-François Amadieu conduit ainsi une étude quantitative sur les élus municipaux issus de l'immigration : les adversaires des "statistiques ethniques" ne dédaignent donc pas la "mesure de la diversité"... Certes, de peur d'encourager l'identification communautaire, ils refusent de prendre en compte les données "subjectives" - le "ressenti", c'est-à-dire non seulement le sentiment d'appartenance, mais aussi l'expérience des discriminations. Pour autant, ils n'hésitent pas à s'appuyer sur des données "objectives" - non seulement sur le pays de naissance des parents, mais aussi sur les noms et prénoms, soit des indicateurs indirects (et approximatifs) de l'origine. Bref, le différend porte bien sur les méthodes : selon les uns, on dispose déjà de tous les outils requis, alors que, pour les autres, il est nécessaire de se doter d'instruments nouveaux.

Ces faibles divergences rendent paradoxale la polémique actuelle. C'est qu'en fait ce débat en cache un autre : non pas "pour ou contre ?", mais "pour quoi faire ?". Or, faute de débattre sur les usages possibles de la mesure, on entretient la confusion. La commission Veil sur la diversité a bien rejeté les "politiques d'action positive à fondement ethnique ou racial", mais pas les "statistiques ethniques" - enquêtes à partir de données "objectives", voire "subjectives", comme le "ressenti d'appartenance" : au contraire, "le comité, pas plus que l'immense majorité des scientifiques, ne comprendrait qu'elles soient interdites, tant il est vrai que la lutte contre les discriminations suppose de pouvoir les mesurer".

Le chef de l'Etat a repris cette double logique dans son discours du 17 décembre 2008 : "Si la question des statistiques pour mesurer les inégalités et les discriminations liées à l'origine est ouverte, la question d'une politique fondée sur des critères ethniques ou religieux doit être close." A quoi serviraient donc ces statistiques ? Non pas à définir les catégories de l'action publique, mais seulement à en mesurer les effets éventuels. C'est pourquoi Yazid Sabeg ne prévoit pas d'attendre les conclusions du comité Héran pour rendre son propre rapport sur la promotion de la diversité. Il veut non pas mesurer pour combattre, mais seulement mesurer pour évaluer.

Certes, d'aucuns espèrent que la "mesure de la diversité" débouchera malgré tout, au-delà des "boursiers" déjà recrutés sur "critères sociaux", sur une action positive répondant spécifiquement à la discrimination raciale. D'autres à l'inverse craignent que les "statistiques ethniques" n'ouvrent la porte à des statistiques racistes, par exemple pour la criminalité. Reste que des statistiques conçues "à toutes fins utiles" pourraient bien, du moins à court terme, n'avoir qu'une fonction : mesurer pour mesurer. Demander "pour quoi faire ?" engagerait au contraire à les utiliser, en évitant leur instrumentalisation raciste, au service d'une action positive. A défaut d'un tel engagement, à quoi sert aujourd'hui la controverse ? Pour Nicolas Sarkozy, le bénéfice est clair : grâce à cet affichage, il paraît garder l'avantage sur la gauche en matière de diversité. Sans doute divise-t-il la majorité, mais plus encore l'opposition - sans parler des chercheurs.

Et si rien ne devait résulter de cette politique de la confusion, il en imputerait la responsabilité aux conservatismes de tous bords. Beaucoup de bruit pour rien ? En réalité, sa rhétorique aurait entretenu l'illusion, selon la formule du chercheur Patrick Simon, que "la lutte contre les discriminations" serait "passée à droite". Pourtant, l'inaction avérée de la gauche en ce domaine ne devrait pas suffire à faire prendre l'agitation de la droite pour une véritable action.

L'enjeu est d'autant plus important que la diversité permet au président de corriger l'image moins flatteuse que lui valent les quotas d'expulsions. Sans doute Yazid Sabeg prétend-il dissocier les deux sujets. Mais c'est bien le ministre de l'immigration qui, au nom de l'intégration, fait aujourd'hui de la diversité un label : non seulement cette ouverture rachèterait l'exclusion des étrangers, mais, surtout, la rigueur en matière d'immigration serait la condition de la générosité en matière de diversité. Or la suspicion généralisée à l'encontre des étrangers encourage les discriminations que subissent ceux qui leur ressemblent - autrement dit, les minorités visibles. Le débat sur les statistiques ne doit pas le faire oublier : xénophobie et diversité font rarement bon ménage.


Eric Fassin est sociologue à l'Ecole normale supérieure.

Hypocrisie et imposture scientifique, Stéphane Jugnot - Opinions - Le Monde.fr

Hypocrisie et imposture scientifique, Stéphane Jugnot - Opinions - Le Monde.fr:

Dans Le Monde du 25 mars, François Héran, missionné par Yazid Sabeg, se livre à une défense et illustration des statistiques ethnoraciales en laissant de côté des questions essentielles, sur un sujet où l'imposture scientifique côtoie beaucoup d'hypocrisie. Hypocrisie d'abord lorsqu'il promeut l'appellation 'diversité' pour taire la race et l'ethnie, que d'autres pays n'hésitent pas, eux, à afficher clairement. Dès lors que l'on distingue les 'Noirs' ou les 'Arabes', le fait de tenir compte aussi d'autres informations, comme les qualifications ou l'origine sociale, ne fait pas disparaître par miracle la dimension ethnique de l'analyse. Et ce faisant, elle valide une vision raciale de la société.

En 1998, Patrick Simon écrivait que "la reconnaissance des identités ethniques par l'intermédiaire de la catégorisation scientifique laisse entier le risque de réification des groupes ethniques". Curieuse démarche scientifique que de prôner un instrument de mesure qui déforme les réalités que l'on veut observer. Les pays qui développent ce genre d'outils ne le font pas dans une démarche de connaissance des discriminations mais pour servir une législation qui promeut l'"affirmative action". Les catégories qu'ils utilisent ne sont pas scientifiques, elles viennent de décisions politiques.

On semble nous dire que le facteur ethnoracial est une réalité sociale évidente à prendre en compte. Mais selon quelle catégorisation ? Aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, on parle de "Noirs", de "Blancs", mais pas de "Jaunes". Les Asiatiques sont distingués selon leur pays d'origine. Pourquoi ce distinguo ? Dans les interactions, le raciste, conscient ou inconscient, repérerait-il la nationalité des uns mais pas celles des autres ? La réponse de Yazid Sabeg est prête : ce sera de l'autodétermination. Encore une hypocrisie, car l'autodétermination n'existe que si la question des origines ou de l'identité est une question ouverte. Et cela conduit alors à un inventaire peu opérationnel parce qu'une même personne peut, selon le moment, se dire, par exemple, tantôt égyptienne, tantôt arabe, tantôt copte, tantôt française. Pour l'éviter, les chercheurs guideront l'enquêté, soit en proposant une classification, complétée d'une rubrique "autre" ; soit en donnant des exemples qui lui forceront la main.

Que répondriez-vous à la question : "Comment définiriez-vous votre identité ?" selon que l'on vous précise : "par exemple : Français, Algérien, Turc" ; "par exemple : Français, Breton, Basque" ; "par exemple : Noir, Arabe, Chinois" ? Et que diriez-vous si l'on se contentait d'un "comment définiriez-vous votre identité ?". Le même exercice vaut pour cette question : "Comment pensez-vous que les autres vous voient ?" Parce qu'il n'y a pas de grille de lecture ethnoraciale naturelle, demander à quelqu'un de se classer selon des catégories imposées ou suggérées ne le laisse pas libre de définir son origine.

M. Héran semble mettre sur le même plan les variables "objectives", comme la nationalité ou le pays d'origine, et les variables "subjectives". Curieuse approche scientifique que de prôner des mesures à partir de concepts flous. Alors que les économètres renvoient de plus en plus souvent au placard la catégorie socioprofessionnelle au profit du niveau de diplôme ou du niveau de salaire parce qu'ils veulent savoir ce qu'ils mesurent, il faudrait en revanche substituer au pays de naissance ou à la nationalité un avis subjectif des enquêtés sur leur façon de définir leur identité selon des catégorisations floues ?

Quant au référentiel ethnoracial, il est inéluctable à terme si le principe de statistiques de la diversité est admis, comme l'intégration de cette information dans de multiples fichiers. Des statistiques de la diversité limitées à des enquêtes ponctuelles et ciblées n'auraient pas de sens. Que conclure d'une observation dans une entreprise sans référence à son bassin d'emploi ? Il faut aux statistiques de la diversité des données de référence, à des échelons géographiques fins, ce qui n'est possible que si les sources administratives issues des fichiers de gestion ou le recensement les fournissent. Il leur faudra des catégories homogènes pour se comparer, donc un référentiel.

Par ailleurs, le 24 mai 2007, devant le Conseil national de l'information statistique, François Héran notait "qu'une grille ethnoraciale ne saurait s'imposer sans réunir deux conditions qui, de fait, ne caractérisent guère le contexte français : une volonté politique d'imposer l'utilisation d'une nomenclature ethnoraciale (...) et des lobbies ethniques puissants, désireux d'être comptés pour compter". A entendre M. Sabeg, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et certains chercheurs, à voir le lobbying en oeuvre depuis trois ans, on peut ne pas partager les mêmes conclusions que François Héran. C'est au contraire une politique des petits pas qui semble se mettre en place. Une fois la porte entrouverte, elle sera grande ouverte.


Stéphane Jugnot est statisticien et économiste.

Diversité et contrôles au faciès, par Caroline Fourest - Opinions - Le Monde.fr

Diversité et contrôles au faciès, par Caroline Fourest - Opinions - Le Monde.fr:

Le rapport du commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, Yazid Sabeg, se fait désirer. On l'attendait pour la mi-mars, puis le 5 avril. Il sera finalement remis début mai... Sans la partie abordant la question des statistiques ethniques, celle qui fait justement débat. On l'annonce pour courant juin, peut-être après. Classement sans suite ou reculade pour mieux sauter ?

Le commissaire aurait-il entendu les voix qui s'élèvent pour démonter l'absurdité intellectuelle, morale et scientifique, d'une grille de lecture ethnique ? Aurait-il admis qu'il existait déjà des moyens de mesurer les discriminations et même de mener des enquêtes sur certains critères, comme le nom ou le lieu de naissance des ascendants, sans assigner de façon mécanique les citoyens à des catégories ethno-raciales ? Se pourrait-il qu'à force de le répéter, il soit enfin compris que tout ne se mesure pas comme une bagnole ou un meuble suédois... Qu'une identité est multiple, complexe, souvent insaisissable.

Même s'il n'est question que de ressenti, cette identité risque de n'entrer dans aucune case. Même anonyme, comment l'utiliser ? Comment établir un baromètre qui puisse comparer le nombre d'employés se percevant comme arabes, noirs, juifs ou homosexuels, qu'on soit dans un cabinet d'avocats à Paris ou dans une entreprise de produits laitiers de la Creuse ? Bref, à force d'y songer, le commissaire aurait-il renoncé à ses envies de faire du contrôle au faciès dans les entreprises ?

Ce serait la preuve que ce gouvernement sait entendre, réfléchir, et parfois changer d'avis. Mais ne soyons pas trop optimistes. Le dossier des statistiques ethniques est suivi de près à l'Elysée. Presque une affaire personnelle. Vécue comme un combat contre la "pensée unique" et l'immobilisme des intellectuels. On a déjà plusieurs fois rongé son frein, sans jamais renoncer. Rappel des étapes.

Etape 1 : l'article 63 des lois Hortefeux prévoyant une meilleure traçabilité des Français sous prétexte de mesurer la diversité est recalé par le Conseil constitutionnel.

Etape 2 : le président envisage de changer la Constitution pour y inscrire le mot "diversité" afin de contourner la censure du Conseil constitutionnel. Il charge un comité de "sages" présidé par Simone Veil d'examiner cette possibilité. Les "sages" jugent la modification "inutile et dangereuse". Colère à l'Elysée. Le président doit se contenter d'un plan diversité ambitieux fondé sur le critère social. Mais ce sera son "unique concession à la pensée unique". Il maintient son intention d'adopter des "politiques de promotion de la diversité fondées sur une obligation de résultat".

Etape 3 : après avoir envisagé d'autres candidats, le commissaire à l'égalité et à la diversité s'appelle finalement Yazid Sabeg. Un chef d'entreprise pragmatique, surtout connu pour son combat en faveur de statistiques ethniques. Claude Guéant confirme être sur la même longueur d'onde : "Nous connaissons les intentions de Yazid : elles ne nous posent aucun problème."

Etape 4 : le commissaire est chargé de réunir une commission en vue de réfléchir aux "outils nécessaires à l'observation et à la connaissance de la diversité et des discriminations". Ses membres sont de fervents partisans des statistiques ethniques.

Etape 5 : des chercheurs travaillant depuis des années sur ces questions comme Gwenaëlle Calvès, professeur de droit public, prennent la tête d'une contre-commission, qui démontre en quoi les outils voulus par le gouvernement servent une vision racialiste de la société et non la lutte contre les discriminations. Les associations antiracistes comme la Licra et SOS-Racisme (qui a recueilli plus de 80 000 signatures contre les statistiques ethniques) montent au créneau.

Moralité (étape 6) : le rapport de Yazid Sabeg est maintenu mais sa partie sur les statistiques ethniques sera finalement dévoilée plus près de l'été... Le 15 août peut-être ?

Caroline Fourest

LaTribune.fr - Discriminations : rompre avec nos pratiques, pas avec nos principes


La question n'est pas tant de savoir s'il est possible de mesurer la diversité, mais surtout de déterminer s'il est possible d'impulser des politiques publiques justes sur une donnée aussi imprécise et volatile que le sentiment d'appartenance. Plutôt que les statistiques ethniques proposées par Yazid Sabeg, la meilleure réponse aux discriminations reste dans le principe d'égalité : stricte application du droit, CV anonyme, fin des emplois fermés, testing... Il s'agit non pas de rompre avec nos principes, mais avec nos pratiques, parfois trop complaisantes. Mesures de la diversité et discrimination positive sont une diversion permettant d'évacuer la question sociale, estiment Bariza Khiari et Samuel Thomas, respectivement sénatrice PS de Paris et vice-président de SOS Racisme.

L'offensive actuelle en faveur des statistiques ethniques figurait déjà dans les déclarations de campagne du candidat Sarkozy. La première salve fut sournoise : c'est par voie d'amendement au projet de loi relatif à l'immigration que la majorité parlementaire autorisa la CNIL à banaliser le recours aux statistiques ethniques. Saisi par l'opposition, le Conseil constitutionnel déclara le 15 novembre 2007 le dispositif contraire à la Constitution.

Qu'à cela ne tienne, le 8 janvier 2008, le président Sarkozy récidive en évoquant l'inscription, dans la Constitution, du principe de diversité. Le comité ad hoc, présidé par Simone Veil, conclut en décembre 2008 que cette mesure était inopportune. Qu'importe, Nicolas Sarkozy nomme Yazid Sabeg, partisan affiché des statistiques ethniques, commissaire à la diversité afin de mener à bien cette entreprise. Bel exemple d'un volontarisme politique qui nous demande d'oublier notre histoire et nos principes !

Exit donc ces mots du Préambule de 1946 ? "Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ou de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés". Troublante inversion des valeurs : pour être moderne, il faudrait revenir à la situation antérieure à la Libération et à la décolonisation.

On ne peut lutter contre les discriminations en reproduisant le schéma mental de ceux qui discriminent. Nous sommes fidèles à l'idéal d'égalité républicaine, non par conservatisme, mais parce qu'il reste le meilleur vecteur d'émancipation. Par ailleurs, la mesure proposée, fondée sur le sentiment d'appartenance à une communauté et sur l'auto-déclaration, est plus que contestable méthodologiquement. Certains se déclareront arabe, tandis que d'autres mettront en avant leur appartenance berbère, religieuse, ou nationale. Faudra-t-il autant de variables que de réponses données ?

La question n'est pas tant de savoir s'il est possible de mesurer la diversité : la question est surtout de déterminer si, à partir de ces mesures, il est possible d'impulser des politiques publiques justes. Une fois qu'on aura mesuré qu'il y a 10% des personnes qui se disent discriminées car noirs de peau, faudra-t-il leur réserver 10% des places en filières sélectives, sur les listes électorales... ; et de même pour les Arabes, Berbères, musulmans, etc. On ne peut bâtir des politiques publiques sur une donnée aussi imprécise et volatile que le sentiment d'appartenance.

Face à tous les tenants des politiques de quotas, de comptage ou d'assignation communautaire, nous répondons que la meilleure réponse aux discriminations reste dans le principe d'égalité : stricte application du droit, CV anonyme, fin des emplois fermés, testing, etc. Il s'agit non pas de rompre avec nos principes, mais avec nos pratiques, parfois trop complaisantes.

Les législations prohibant les discriminations et le fichage ethnique existent depuis plus de trente ans. Jusqu'à présent, peu de sanctions ont été prononcées, ou elles sont restées symboliques. Les républicains ne peuvent plus se retrancher derrière une prétendue impuissance. Un maire peut très bien retirer l'autorisation d'ouvrir à une discothèque épinglée pour discrimination. Les discriminations sont des actes de délinquance, il faut leur appliquer le même traitement qu'aux autres. Elles ne doivent pas relever d'une justice d'exception, mais bien du droit commun.

Le CV anonyme, adopté par le parlement en 2006, pourrait être l'un des outils de la justice sociale, mais le gouvernement peine à prendre les décrets nécessaires à son application. Or, il permettrait, au moins à l'étape de la sélection, de gommer les différences tant raciales que sociales, ne laissant la place qu'à des données objectives d'expérience et de formation. Notre tradition de méritocratie républicaine impose l'anonymat aux concours et aux examens écrits. Il serait à notre portée de l'étendre à la sphère de l'emploi.

Par ailleurs, le Sénat a adopté, à l'unanimité des groupes politiques, une proposition de loi socialiste visant à supprimer les "emplois fermés" dans le secteur libéral et privé. Aujourd'hui, un résident extracommunautaire ayant effectué l'intégralité de ses études de médecine, d'architecte, d'expert-comptable... en France n'a pas, en théorie, le droit d'exercer. Dans la législation actuelle, ce n'est donc pas la nationalité du diplôme qui prévaut, mais la seule nationalité du diplômé.

Ces restrictions sont historiquement connotées et moralement condamnables. Pire, elles encouragent par effet de système les discriminations illégales. Le Gouvernement dispose là d'un nouvel outil éminemment méritocratique pour faire preuve de sa détermination en matière de lutte contre les discriminations.

A contrario, le recours aux statistiques ethniques et raciales déliterait notre cohésion nationale en créant les conditions favorables à la concurrence communautaire, aux névroses identitaires, et à l'ethnicisation de la question sociale. Cette révolution statistique et son instrumentalisation certaine brouilleraient la représentation que la société a d'elle-même et ébranleraient à coup sûr les fondements de notre pacte républicain qui consacre la primauté de la citoyenneté sur l'identité. Mesures de la diversité et discrimination positive ne constituent rien d'autre qu'une politique de diversion permettant, à peu de frais, d'évacuer la question sociale.

Bariza Khiari et Samuel Thomas