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jeudi 14 mai 2009

Aix-Marseille - Toute l'actualité de la région avec Libération: De retour d'un meeting de Le Pen, des militants du FN tabassent un noir

RATONNADE. De retour dimanche du « banquet patriotique » donné à Marseille par le leader du Front national, cinq militants niçois s’en sont pris à un jeune homme sur une aire d’autoroute à Vidauban (Var). Ils ont été condamnés en comparution immédiate mardi par le tribunal correctionnel de Draguignan. Quatre d’entre eux sont en prison.

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« On prenait un café devant la boutique quand ces jeunes sont descendus de leur autocar en criant “La France aux Français. Le Pen Président. A mort les noirs ou les Arabes. Heil Hitler”, en me regardant du coin de l’œil. Ils se sont jetés sur moi à cinq ou six et m’ont donné des coups de poing et de pied. Un boutonneux au crâne rasé me frappait en criant “On va niquer ta mère sale Arabe” », a raconté la victime au tribunal, selon Var-Matin.

Ce cuisinier de 25 ans a alors trouvé refuge dans la boutique, où un client l’a protégé. Alertés, les gendarmes ont intercepté le bus au péage de Fréjus et interpellé les agresseurs.

La victime « a pris des coups un peu partout », selon son avocate, Me Alexandra Granier. « Il est blessé au genou, des soins sont en cours, une expertise médicale doit avoir lieu. » Il a eu une interruption temporaire de travail (ITT) de 8 jours.

Quatre des prévenus ont été condamnés à 18 mois de prison, dont 15 mois avec sursis. Un mandat de dépôt a été prononcé à leur encontre.

Une cinquième militante, une retraitée âgée de 69 ans, était poursuivie pour avoir encouragé l’agresseur principal, un mineur qui sera jugé devant le tribunal pour enfants le 10 juin. Elle aurait crié : « La France aux Français, vas-y Manu, attaque », en agitant un drapeau tricolore. Elle a écopé de la même peine, mais sans mandat de dépôt.

Selon Var-Matin, elle a dit au tribunal être « un peu raciste, parce qu’à la différence des Asiatiques, les Arabes et les Noirs ne nous respectent pas, et parce qu’il existe des mosquées souterraines ». A l’issue du procès elle a affirmé qu’elle rendait sa carte du FN.

Reconnus coupables de violences avec les circonstances aggravantes de la réunion, de l’état d’ivresse et de l’appartenance réelle ou supposée de la victime à une race ou une religion, les quatre condamnés emprisonnés sont âgés de 20 à 25 ans. L’un se dit « responsable des jeunes partisans » du FN à Nice. Il est en fait responsable du FNJ dans les Alpes-Maritimes. Ils ont tous présenté leurs excuses à la victime et plaidé l’effet de groupe.

Plusieurs d’entre eux rêvent d’entrer dans l’armée.

« Vous voulez intégrer l’armée ? Mais elle n’a pas besoin de gens comme vous. Vous êtes le contraire des valeurs de la République », a estimé le Procureur, en dénonçant ce « groupe de nazillons caricatural qui débarque du bus en scandant des slogans nazis ». Il avait requis 18 mois de prison, dont 6 mois ferme.

Les prévenus ont surtout chargé le mineur, dénommé Manu. « Il n’aime pas les noirs ni les juifs, se dit néo-nazi mais n’assume pas », ont expliqué ses compagnons, selon Var-Matin, qui le décrit ainsi : « Couvert d’acné, le crâne rasé, chaussé de rangers, portant t-shirt et bretelles, avec 1,70 g/l d’alcoolémie due à la bière, celui-ci avait tout de la panoplie du skinhead. » Dans l’attente de son procès, il a été placé dans un centre éducatif fermé.

Du côté du FN, la secrétaire départementale des Alpes-Maritimes, Lydia Schenardi, affirme : « Mon mouvement ne cautionne absolument pas ces actes inadmissibles. Nous avons exclu les trois personnes qui appartiennent au Front national », les autres étant, selon la député européenne, des « sympathisants ».

« Je les connais, ils ont apporté leur contribution au Front national depuis des mois et se comportaient correctement, assure Lydia Schenardi, numéro deux sur la liste du FN dans le Sud-Est pour les élections européennes du 7 juin. Leur sanction est très lourde mais méritée. La démocratie, c’est la voie des urnes, certainement pas le coup de poing. Je ne veux absolument pas de personnes comme ça dans nos rangs. »

Quant à la militante âgée de 69 ans, Lydia Schenardi estime que son cas « tient de la psychiatrie ».

Pour Bruno Ligonie, secrétaire départemental adjoint, « ils avaient un peu trop bu à table, étaient chauds, contents d’avoir vu Le Pen. Ils se sont laissés déborder par un effet de groupe. C’est une imbécillité, c’est débile. »

Tout le groupe avait assisté au « banquet patriotique » donné dimanche midi par Jean-Marie Le Pen à Marseille, au cours duquel le leader FN avait ressassé ses rengaines habituelles, notamment sur l’immigration.

M.H.

Aix-Marseille - Toute l'actualité de la région avec Libération: De retour d'un meeting de Le Pen, des militants du FN tabassent un noir

mercredi 29 avril 2009

Le maire s'engage contre les expulsions de sans-papiers - La Seyne sur mer - La Seyne-sur-mer - Var Infos - varmatin.com

La petite main jaune sur fond noir de SOS Racisme a grandi. Depuis hier, ce sont de grandes silhouettes noires sur fond jaune qui tapissent les murs de la ville pour alerter sur la nouvelle pétition de l'association contre les expulsions de sans-papiers.

Mais à La Seyne, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, et sa secrétaire générale Cindy Léoni, ont trouvé mieux pour assurer la promotion de leur campagne. Ils étaient présents hier matin en mairie pour assister à la signature officielle du manifeste « 30 000 expulsions c'est la honte », par le maire, Marc Vuillemot.

« La Seyne a toujours été une terre d'accueil »

« C'est dans la logique de ma vie et aussi dans celle des orientations qu'on s'est assignées, à notre petit niveau d'élus locaux, pour faire vivre les mots Liberté, égalité, Fraternité inscrits sur le fronton des mairies », a expliqué le premier magistrat, avant de prendre son stylo... pour renouveler officiellement, devant la presse, un soutien qu'il avait déjà apporté sur internet « comme simple citoyen ».

« La Seyne a toujours été une terre d'accueil », a poursuivi le maire. « Les Celtes ont dû composer avec les Ligures, puis, des années 1850 jusqu'à 1930, sont venus les Italiens. (...) On les appelait aimablement " Macaronis ", " Bàbi ", ce qui signifie crapaud, ou bien" Piantou ", les Piémontais. La Seyne est un peuple qui a toujours accueilli, mais jamais facilement, avec des crises, des rejets... Et pourtant, le Piémontais parlait la même langue et allait à la même église. Ils ont été discriminés jusqu'à ce qu'un de leurs petits-fils devienne instituteur de la République ! »

« On renvoie des gens pour rien »

« Voilà pourquoi, a continué Marc Vuillemot, il me semble d'autant plus important que les gens qui sont là aujourd'hui puissent vivre comme ils en ont le droit, qu'ils aient ou pas des papiers. Les expulsions ne règlent rien. Ni les problèmes de logement, ni le chômage. On renvoie des gens pour rien dans des pays qu'ils ont quitté pour des raisons économiques, pour fuir la guerre ou parce que les droits de l'Homme n'y sont pas respectés. Alors oui, on a un peu honte. »

Dominique Sopo, président de SOS Racisme a remercié le maire d'avoir accepté cette démarche. « La campagne a été initiée début janvier, quand on a annoncé, comme une gloire, en s'en félicitant, l'objectif atteint de 30 000 expulsions », a-t-il rappelé. « Avant, on expulsait des gens qui étaient là depuis quelques mois, qui avaient tenté leur chance et pour qui ça n'a pas marché. Aujourd'hui, on renvoie des gens qui vivent là depuis cinq ans, dix ans, et qui font partie du tissu social. Derrière chaque expulsion, il y a une vie, des gens avec des espoirs et des rêves, et avec leur contribution à la société parce qu'ils travaillent. »

Des propositions pour 2012

Le manifeste de SOS Racisme a déjà recueilli 20 000 signatures. L'association en espère 100 000 « pour montrer que beaucoup de gens en France n'approuvent pas cette politique archaïque ».

Après une phase de conférences et de débat, SOS Racisme entrera dans une phase de propositions pour « qu'avant 2012, émerge une autre vision, plus humaniste, de l'immigration, parce qu'il y a d'autres façons de faire ».

Caroline Martinat

Vidéo de la conférence sur l'immigration organisé à Lyon pr SOS Racisme Rhône

Conférence débat organisée par SOS Racisme Rhône le 15 Avril 2009 à l'IDHL sur le thème:
Immigration choisie/immigration subie : le droit de vivre en famille menacée?

Opération de police à Calais, 200 migrants arrêtés


Près de 200 migrants ont été interpellés mardi lors d'une opération de police à Calais, par où transitent de nombreux candidats à l'immigration vers la Grande-Bretagne.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a expliqué en marge d'une conférence de presse à Paris que l'opération visait à démanteler les réseaux de passeurs d'immigrants illégaux, et non à arrêter les étrangers en situation irrégulière.

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, quelque 150 personnes, essentiellement des Afghans, ont été arrêtées dans la zone industrielle des Dunes, surnommée "la jungle", où campent de nombreux migrants illégaux. Près de 300 policiers et gendarmes, sur les 500 mobilisés en tout, ont été déployés pour cette seule opération, menée sur réquisition du parquet de Boulogne-sur-mer.

Quarante-quatre autres sans papiers ont été arrêtés lors d'opérations menées sur des aires d'autoroutes du département.

Les quelque 200 migrants ainsi arrêtés ont été transférés et placés en garde à vue à Boulogne, Calais, Coquelles et Lille, après l'opération, qui a commencé vers 05h00 GMT (03h00 GMT) et s'est achevée vers 08h30 GMT (06h30).

"Il ne peut être dit ou suggéré qu'à Calais les passeurs et les trafiquants font la loi et, de ce point de vue-là, il fallait que l'Etat marque sa détermination", a dit Eric Besson.

Le ministre doit se rendre jeudi à Calais, où il présentera des mesures pour régler le problème d'afflux d'immigrés souhaitant gagner le Royaume-Uni, notamment sur les passeurs.

Lors d'une visite d'un commissariat à Nice, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a précisé que des identités de plusieurs centaines de personnes avaient été vérifiées.

"OPÉRATION DE NETTOYAGE"

Sylvie Copyans, secrétaire adjointe de l'association "Salam", très active auprès des migrants du Calaisis, a dénoncé pour sa part une "opération de nettoyage".

"Deux gros bulldozers jaunes étaient prêts et les forces de l'ordre avaient déposé deux bennes à l'entrée du campement. Le but n'était pas seulement d'interpeller, ils étaient venus pour détruire les cabanes installées mais notre présence a gêné", a-t-elle raconté. "Ça m'étonnerait que les personnes arrêtées soient 150 passeurs".

Elle a jugé "troublante" la coïncidence avec la visite d'Eric Besson. "Le campement concerné, où une mosquée de fortune a été installée, est le plus grand et le plus visible", a-t-elle dit, précisant que l'opération s'était déroulée dans le calme.

"Les migrants ne se rebellent pas, ils savent qu'ils ont tout à y perdre. Ils sont retournés dans leur cabane dès le départ des forces de l'ordre", a-t-elle rapporté.

Le tête de liste du Parti socialiste pour les élections européennes en Ile-de-France, Harlem Désir, a dénoncé pour sa part une "mise en scène médiatique déplorable" avant la visite d'Eric Besson dans la région.

"La politique de stigmatisation permanente des étrangers et de leurs familles contribue à instaurer un climat xénophobe insupportable dans notre pays", ajoute dans un communiqué l'ancien président de SOS Racisme.

Eric Besson, qui est lui-même un ancien membre du PS, s'est dit "choqué" par les propos d'Harlem Désir qui font selon lui un "amalgame surprenant" entre cette opération et la politique migratoire du gouvernement.

Les migrants qui cherchent à passer clandestinement en Grande-Bretagne sont de plus en plus nombreux dans la région de Calais, ont récemment observé les bénévoles des associations humanitaires qui leur viennent en aide.

Fin mars, Joël Loeuilleux, le responsable de la Ligue des droits de l'homme à Calais, estimait leur nombre à 700 environ, notamment des Afghans, des Erythréens et des Kurdes Irakiens.

Dans les bois qu'occupent les migrants à la sortie de la ville, les cabanes se sont multipliées.

Le centre de la Croix-Rouge de Sangatte, qui accueillait les candidats à l'immigration auparavant, avait été fermé en 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.

Opération de police à Calais, 200 migrants arrêtés

NON AU DÉLIT DE SOLIDARITÉ ! Signez la pétition

Besson affirme que personne n’a jamais été condamné pour «délit de solidarité»en France. Charlie Hebdo prouve le contraire.

Besson ment! Nous demandons l’abrogation de l’article L. 622-1 du CESEDA, qui permet de condamner à cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende «toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France».
« Besson ment, j’ai été condamné pour délit de solidarité »
Le Gisti vient de publier la liste non exhaustive d’une trentaine de personnes condamnées pour «délit de solidarité». Charlie hebdo a retrouvé l’un d’entre eux : Dimitri Pakhomoff, chauffeur de taxi à la retraite.
Propos recueillis par Sylvie Coma «Quand le ministre Besson dit que «personne, en France, n’a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière», moi, je peux crier que c’est faux. Je vais avoir 73 ans, j’ai travaillé pendant quarante-neuf ans et j’ai été chauffeur de taxi à Calais pendant quinze ans. En 2002, j’ai été condamné à un an de prison ferme pour avoir simplement exercé mon métier. Pourquoi ? Je ne le comprends toujours pas.
À cette époque, les réfugiés étaient massés à Sangatte. À part la compassion que j’ai eue et que j’ai encore pour ces malheureux, je n’ai rien à me reprocher. Comme tous mes collègues, j’ai effectivement transporté ces pauvres gens dans mon taxi. La plupart du temps, ils voulaient aller à Calais pour faire des courses à l’épicerie. Et parfois aussi pour prendre le train à la gare. En quoi aurais-je dû les en empêcher ? Chacun vit sa vie. Étant taxi, je n’avais pas le droit de leur demander leurs papiers — je ne suis pas de la police ! —, ni de refuser de les prendre dans ma voiture, sous peine d’être poursuivi pour discrimination raciale. Et puis, ces personnes n’étaient pas des prisonniers, c’était des réfugiés. Je les transportais comme des clients, en leur faisant souvent des prix préférentiels. La misère est universelle et n’a pas de citoyenneté.» Le témoignage complet est à lire dans Charlie Hebdo n° 880.

jeudi 16 avril 2009

Le Progrès de Lyon - Dominique Sopo, Président de SOS Racisme : Aucune mesure concrète n'émerge pour la lutte contre les discriminations

Dominique Sopo était hier soir à Lyon pour une rencontre sur le thème «Immigration choisie, immigration subie. Le droit de vivre en famille menacé».

Quels sont aujourd'hui les motifs d'inquiétude de SOS racisme?

L'inquiétude est liée à la crise. Dans ce type de période, les premières personnes touchées sont celles qui sont susceptibles d'être discriminées, qui vivent déjà dans des conditions précaires. A ce risque, s'ajoute le phénomène de bouc émissaire. C'est pourquoi nous demandons aux autorités politiques d'être particulièrement vigilantes sur les signaux qu'ils envoient.

Que pensez-vous des statistiques ethniques?

C'est un débat fumeux. Nous sommes opposés à ces statistiques dans la mesure où elles recensent les gens selon leurs origines. Or, toute la richesse de la France est justement de s'être construite sur des identités fluides, sur un grand métissage. Permettre des statistiques ethniques reviendrait à rigidifier des constructions identitaires.

Qu'attendez-vous du pouvoir politique en matière de lutte contre les discriminations.

Nous demandons l'ouverture de tous les emplois aux étrangers, le développement des CV anonymes, la reconnaissance des actions des entreprises dans cette lutte, notamment pour l'accès aux marchés publics. Or, aucune mesure concrète n'émerge et parallèlement, la politique d'expulsions tend à faire croire que les sans papiers sont dangereux.

Récemment, l'inauguration de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration a été perturbée. Qu'en pensez-vous?

Cette structure est ouverte depuis octobre 2007 et fait un travail pédagogique remarquable. Mais je comprends l'émotion et la contestation soulevée par cette inauguration : le fait d'associer immigration et identité nationale est un signal négatif.

Propos recueillis par Muriel Florin Le Progrès de Lyon - Infos du Rhône : Dominique Sopo, Président de SOS Racisme

SOS-Racisme: 1 ère Conférence-débat nationale à Lyon, dans le cadre de la campagne de SOS Racisme '30 000 expulsions par an , c’est la honte


SOS RACISME Rhône tient à vous inviter à la Conférence-débat qui se tiendra sur le thème de : Immigration choisie/immigration subie, le droit de vivre en famille menacé,
Le 15 avril 2009 à 18h30
à l’Institut des Droits de l’Homme (Université catholique de Lyon)
23 place Carnot, 69002 Lyon.

Des intervenants sont prévus, à savoir : - Le sociologue Eric Fassin, collectif « Cette France là » - Catherine Tourier, responsable RESF - Odile, collectif des « amoureux au ban public » - Julie Beurius, juriste détachée au CRA de Lyon, Cimade - Gaëlle Tainmont, responsable du pôle immigration de SOS Racisme - Dominique Sopo, président de SOS Racisme

Ils apporteront des éclaircissements à cette question et répondront à vos interrogations.
En savoir plus sur www.sosracismerhone.org

Libération: Des délinquants solidaires se livrent à la justice

Entre 750 et mille délinquants ont manifesté hier mercredi devant le palais de Justice de Lyon. Comme d'autres en France, ils venaient se constituer prisonniers, s'accuser « d'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour des étrangers ». Dénoncer le ministère de l'immigration et de l'identité nationale qui prévoit 5.500 interpellations de ces « aidants » pour 2009. Caroline, conseillère d'éducation, est venue avec ses enfants. « Ce sont bien les miens, précise-t-elle en riant, je ne les ai pas trouvés ». Elle estime qu'Eric Besson « joue sur les mots quand il dit que personne n'a été arrêté. » Elle se sent menacée comme ses élèves. « Notre équilibre, notre richesse, se fait avec eux, et pas en ayant peur chaque matin s'il en manque un en classe »...

« Un pays qui ferme ses frontières entretient les trafiquants et les passeurs », martèle Marion Gachet, de la Cimade, qui ajoute : « Les étrangers qui doivent quitter leur pays, partiront de toutes façons ». Stéphane Gomez, de la Ligue des droits de l'Homme, prend pour sa part acte des précisions apportées par Eric Besson au sujet du « mythe du délit de solidarité ». Il demande l'abrogation de l'article permettant de poursuivre ceux qui aident. « Une loi qui existe peut être à tout moment utilisée », précise-t-il. Il souhaite que la législation cible spécifiquement les passeurs, les trafiquants et les criminels. Et ne comprend pas pourquoi ce sont les « victimes de ces passeurs », les étrangers « encore boucs-émissaires des problèmes de la société française », qui doivent payer.

« Des gens qui ont hébergé des sans-papiers ont été convoqués à la PAF ; ils n'étaient ni trafiquants ni passeurs », dénonce Mireille Peloux, du Réseau éducation sans frontières. « Il y a des gens qui ont été inquiétés pour avoir hébergé leur conjoint. » Elle rappelle qu'André Barthélemy, président d’Agir Ensemble pour les Doits de l’Homme, dont le siège est à Lyon, a été condamné à 1500 € d'amende pour « tentative d’obstruction à vol d’un aéronef », alors qu'il demandait juste des explications. « C'est pas de la prison ferme, mais ce sont des poursuites et des intimidations », précise-t-elle.


Farid SIDI-BOUMEDINE Lyon - Toute l'actualité de la région avec Libération: Des délinquants solidaires se livrent à la justice

mercredi 8 avril 2009

Un licenciement pas très catholique ?


Communiqué de presse de SOS Racisme Rhône et de l'UD CGT :

Georges ABI RIZK, de nationalité libanaise, docteur en physiologie et étudiant en D.U Anglais médical à la faculté de médecine, exerce au sein de l’établissement scolaire « AUX LAZARISTES », depuis septembre 2004, en qualité de professeur de SVT. Au départ en CDD, il obtient un CDI en septembre 2007 pour un contrat de 10 h par semaine.

Jusqu’en septembre 2008, Il avait un titre de séjour étudiant. Il propose au chef d’établissement de lui introduire un changement de statut pour avoir un statut de salarié. Celui-ci refuse catégoriquement. Georges poursuit alors ses études en parallèle. Il demande un renouvellement de son titre de séjour étudiant auprès de la préfecture du Rhône et continue tranquillement à donner ses cours jusqu’au 23 Mars 2009.

Ayant fait sa demande en octobre, comme tous les étudiants étrangers il obtient récépissé sur récépissé jusqu’au 21 Mars 2009 en attente de sa carte de séjour étudiante valable pour un an.

Le 23 Mars 2009, il se rend auprès de l’administration de l’établissement afin de signaler sa situation (plus de récépissé car sa carte définitive est en cours). Suite à cela, tout au long de la semaine l’administration l’a empêché de dispenser ses cours à ses élèves et semblerait-il en employant des méthodes pas toujours très courtoises.

Il se voit aujourd’hui convoqué vendredi 3 avril par l’administration à un entretien préalable de licenciement et est mis à pied à partir du 26 mars jusqu’à la décision définitive qui découlera de l’entretien. Alors que le 30 mars, sa carte de séjour temporaire lui est enfin délivrée pour la période du 08 octobre 2008 au 30 juin 2009. Il n’aura été sans justificatif de séjour que pendant 9 Jours !

Ses élèves ont décidé de se mobiliser demain mercredi 1er avril afin de soutenir leur professeur par un mouvement de grève à partir de 13h30 au sein de l’établissement « aux Lazaristes », 24 Montée Saint Barthélémy, Lyon 5ème. SOS Racisme Rhône et l’UD CGT du Rhône seront présent demain à leurs côtés et se réservent le droit d’engager des poursuites et de soutenir le salarié dans la suite de la procédure au regard des éléments qui seront rassemblés au cours des prochains jours.

vendredi 3 avril 2009

Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

Mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les différents palais de justice pour se constituer prisonniers.

Sur Lyon : rassemblement mercredi 8 à 12h30 devant le tribunal de grande instance.

participez nombreux à ce rassemblement, vous pouvez vous inscrire et signer l’appel national sur le site créer par Emmaüs :

www.delinquants-solidaires.org

Parce qu’aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans‐papiers est devenu un délit………..

Comme le précise l’article L622‐1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile: « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera puni d’un emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 30 000 euros ».

Parce que le gouvernement français s’est donné comme objectif en 2009, l’interpellation de 5000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main d’oeuvre et autres passeurs….

Mercredi 8 avril, nous serons donc des milliers affirmant avoir un jour aidé un homme ou une femme sanspapiers en difficulté. Nous serons des milliers de citoyens décidés à rester des « aidants » » et à affirmer que l’humanité et la solidarité sont des principes supérieurs sans lesquels il n’y a pas de société digne de ce nom.

Cette mobilisation citoyenne nationale ne sera qu’une première étape. Quelques jours plus tard, une proposition de loi rédigée par le collectif associatif sera portée devant le Parlement. Cette proposition visera à :
• réaffirmer le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles
d’accueillir des migrants ;
• dépénaliser les « aidants »
• interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux
d’accompagnement et d’accès aux droits (éducation, santé….)

De nombreuses organisations ont rejoint la mobilisation au fil des jours. En voici la liste complète :

Emmaüs France / Association Emmaüs / La Cimade / Gisti / Comede / Fédération entraide protestante / UNIOPSS / RESF/ FASTI / Secours Catholique / FNARS / Syndicat des avocats de France / SOS Racisme / Dom’Asile / Ligue des Droits de l’Homme / MRAP / Association Toits du monde – Orléans / SALAM Nord/Pas-de-Calais / ACASEA / Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme / France Terre d’asile / Fédération Sud Education / Médecins du Monde / ATD Quart Monde / Réseau Chrétien immigrés / Sud Education / Migration santé Alsace / ADDE (Avocats pour la Défense Des Droits des Etrangers) / CLARA (Comité national de coordination des associations d'accompagnement des migrants) / MPEF ( Mission Populaire Évangélique de France) / Osiris / ADN (Association pour la démocratie à Nice) / Terre d'errance


SOS RACISME – AMOUREUX AU BAN PUBLIC

SOS Racisme et le mouvement des Amoureux au ban public tiennent à exprimer leur plus vive inquiétude quant à la multiplication et à la pénalisation des délits de solidarité, c’est-à-dire de la répression pénale qui s’exerce à l’encontre des citoyens qui apportent leur soutien aux étrangers en situation irrégulière, qui protestent publiquement des drames que la politique du chiffre cause sous leurs yeux ou qui manifestent une solidarité active envers ceux qui souffrent.

Plus grave encore, même aimer un étranger devient un délit ! Plusieurs cas de procédures judiciaires pour aide au séjour irrégulier engagées à l’encontre de français en concubinage avec des étrangers en situation irrégulière sont à déplorer.

SOS Racisme et les Amoureux au ban public tiennent à alerter l’opinion public sur le cas de Mlle Charry, de nationalité française, appelée à comparaître dans les prochaines semaines devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit d’aide au séjour irrégulier de son concubin marocain, M. Naimi. Plus de 6 000 personnes ont déjà signé la pétition en 24h pour demander l’abandon des poursuites pénales engagées contre Mlle Charry ainsi que la libération de M. Naimi afin qu’il puisse se marier librement avec sa compagne. La pétition peut être signée en ligne : pétition

dimanche 15 février 2009

Pétain, le Taser et les races : Le Pen veut récupérer ses électeurs

Parrainage de la fille de Dieudonné, prédiction d'un 'Ben Gaudin' à la mairie de Marseille... Jean-Marie Le Pen cherche à exister de nouveau, avec son arme de prédilection: la provocation.
Vieille recette certes, mais seule planche de salut pour un Front national en état de décomposition avancée, qui ne désespère toutefois pas de faire revenir dans son giron les électeurs frontistes siphonnés par Nicolas Sarkozy en 2007. Et la manoeuvre vient de prendre un tournant plus patent encore, avec l'interview accordée par le leader du FN, ce dimanche au Parisien.
Il faut dire que le moment est opportun: après deux ans d'échecs électoraux, se profilent en juin les européennes au cours desquelles Jean-Marie Le Pen entend agréger les nonistes de droite. Alors, il ne prend même plus de pincettes pour évoquer le holp-up réussi de l'UMP sur ses sympathisants:
"En 2007, M. Sarkozy a capté une partie de mon électorat en copiant une partie de mon discours. C'était une arnaque car depuis, comme prévu, il dérive à gauche. Sarkozy répète sans cesse qu'il a tué le FN. Eh bien, il se trompe: le FN n'est pas mort car il chante encore. Les deux tiers de ceux de nos sympathisants qui s'étaient laissés tenter par Sarkozy sont en train de décrocher. Qui trop embrasse mal étreint."
Reconnaître pour mieux combattre. Telle est la méthode choisie par le chef de l'extrême droite âgé de 80 ans pour relever un parti aux abois, tant politiquement (les cadres en proie à une guerre de succession avec Marine Le Pen quittent le parti un à un) que financièrement (vente du siège, condamnation à rembourser sept millions d'euros de dettes auprès d'un ancien eurodéputé frontiste...).

Sarkozy trop à gauche, mais Le Pen voterait Aubry

Comme un amateur de poker plumé qui tente de se refaire en un coup, Jean-Marie Le Pen joue son va-tout. Exit la tentative de républicanisation du FN initiée par sa fille, place au spectacle. Aussi peu ragoûtant soit-il. L'interview donnée au Parisien s'apparente à un festival nauséabond.

Pour chauffer la salle, on revient d'abord sur ses dernières réussites médiatiques: Marseille ("le maire serait forcément musulman") et Dieudonné ("un chansonnier qui le mérite de la liberté"). On loue aussi "l'image du père, celle du vieux chef", "de De Gaulle à Pétain".

Et puis on accélère en convoquant "la liberté de penser et la liberté d'opinion" pour évoquer la levée de l'excommunication d'évêques négationnistes, en estimant que la crise est due à une "politique raciale des subprimes" ("on a voulu fournir des maisons à des gens qui n'avaient pas les moyens de se les payer et on l'a fait parce qu’ils étaient noirs"), ou encore en révélant avoir des actions "chez Taser".

Mais à force de flirter avec la caricature, on finit par tomber dans le ridicule. Juste après avoir dénoncé un Nicolas Sarkozy qui "dérive à gauche" et qui "ne peut pas espérer aller de l'extrême droite à MM. Besson et Kouchner", Jean-Marie Le Pen avoue qu'il "essaierait" bien... Martine Aubry, en cas de second tour PS-UMP en 2012.

Preuve, s'il en est besoin, que le toujours président du FN jusqu'en 2010 est désormais prêts à tous les arguments pour son électorat ayant troqué leur bulletin FN contre un vote UMP que l'actuel chef de l'Etat n'est qu'un gauchiste responsable du marasme économique.

Il a passé vingt ans à se présenter comme le meilleur ennemi de Jacques Chirac, il pensait la stratégie d'opposition révolue avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, il a compris qu'il avait eu tort, et l'affirme aujourd'hui sans détour: "Sarkozy a enfilé les bottes de Chirac."

Sarkozy riposte encore avec les tests ADN... Lire la suite sur Rue 89

dimanche 8 février 2009

Face à la crise économique les vieux démons de la xénophobie ressurgissent et sont stimulés par les pouvoirs en place.

Ainsi en Grande-Bretagne des salariés de l'énergie se mettent en grève pour protester contre l'utilisation de travailleurs italiens et portugais.
Les grévistes ont rappelé au premier ministre Gordon Brown sa promesse: "UK jobs for British Workers" (des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques). Ce slogan, que revendique le British National Party (BNP) d'extrême droite, a souvent été utilisé par le premier ministre. Ce fut notamment le cas le 24 septembre 2007, à l'occasion du congrès du Parti travailliste, trois mois après qu'il eut remplacé Tony Blair à Downing Street. On se souvient qu' en France, le Parti Communiste avait lancé le funeste slogan "produisons français" vite détourné par le Front National en " Ppoduisons français avec des travailleurs français".
Dans notre pays c'est le nouveau ministre Eric Besson qui surenchérit. Celui qui déclare se sentir très bien au ministère de l'Identité nationale débute par un violent lapsus en évoquant à la radio".. une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb..."
Sa première mesure est ensuite l'éloge de la délation; selon une circulaire de son ministère, les sans-papiers qui dénonceraient leur "passeur" obtiendraient ainsi une régularisation. Toutes les associations se dressent contre ce que la Cimade nomme "jouer avec des symboles très dangereux".
Besson a contre-attaqué devant la presse : "Les femmes battues qui portent plainte doivent-elles être accusées de délation ? Ces clandestins doivent-ils rester dans leurs caves pour ne pas qu'on les accuse de délation ?", s'est-il récrié.
Une comparaison que réfute Violaine Carrère, chargée d'études au Groupe d'étude et de soutien aux immigrés( Gisti). Selon elle, cet amalgame entre "femmes battues" et "clandestins" vise à attribuer à l'ensemble des immigrés illégaux le statut de "victimes" et "à remettre en cause le bien-fondé de leur présence sur le territoire européen". "Certes, les clandestins sont victimes de la pauvreté, de la politique des visas, mais pas toujours des gens qui les ont fait passer en Europe", souligne-t-elle.
En cas de condamnation effective des passeurs, précise la circulaire, le clandestin les ayant dénoncés pourrait obtenir une carte de résident de dix ans. "Qu'est-ce que cela signifie de faire dépendre de la condamnation d'un tiers l'obtention d'un titre de séjour ?, s'étonne Violaine Carrère. Cela n'a donc plus rien à voir avec les mérites de la personne, mais avec l'efficacité des services de police..."

Dans ce contexte, il est nécessaire une fois de plus de mettre en oeuvre une protestation unitaire. Nous soutenons donc les initiatives du collectif européen des associations et du réseau éducation sans frontières (RESF) dont celle du Samedi 6 Février à Paris (ci-dessous). Nous tenons néanmoins à marquer notre désaccord avec une des formules de l'appel qui parle de "logique concentrationnaire". Ce terme est déplacé et hors de propos. La" logique concentrationnaire" a acquis une signification précise, en rapport avec des génocides dont la Shoah. Il n'y a aucune justification à cet écartsde langage et nous le faisons savoir aux organisateurs qui ont rédigé le texte. Lire la suite sur Mémorial98