SOS Racisme Partenaire de Quat'rues

Affichage des articles dont le libellé est intégrisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est intégrisme. Afficher tous les articles

dimanche 14 juin 2009

La Ligue des droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement déposent un recours contre l’accord avec le Saint Siège

Le 18 décembre 2008 un accord sur "la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur" a été signé par Bernard Kouchner, Ministre des affaires étrangères et européennes, et Dominique Mamberti, secrétaire au Saint Siège pour les relations avec les Etats. Un décret du 16 avril 2009 signé par le Président de la République en porte publication. Cet accord est inadmissible. Il remet en cause la laïcité de la République en privilégiant une option spirituelle et en mettant fin au monopole d’Etat pour la collation des grades dans l’enseignement. Il méprise, en outre, les prérogatives du Parlement auquel, selon l’article 53 de la Constitution, doit être soumis tout accord international modifiant la législation. Afin de s’opposer à sa mise en œuvre, la Ligue des droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement déposent un recours commun auprès du Conseil d’Etat contre cet accord.

http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&task=view&id=1146&Itemid=32

dimanche 31 mai 2009

UFAL Flash : Du relativisme culturel à l'assignation identitaire et au racisme (2e RLI), par Gérard Kerforn (25/05/2009)

Par Gérard Kerforn

On ne peut traiter de la lutte contre les discriminations et le racisme, et apporter des réponses républicaines qui s'imposent, sans faire au préalable un état des lieux dans la mouvance antiraciste d'aujourd'hui.


Les valeurs universelles et laïques cimentaient traditionnellement le combat commun de ceux qui entendaient lutter à la fois contre toute résurgence de masse d'un antisémitisme toujours latent, et de ceux qui s'opposaient au racisme colonial et néo-colonial s'exerçant à l'encontre de toutes ces générations d'immigrés et de leur descendants qui ont contribué au développement de la France.

C'est cette unité qui explose aujourd'hui dans un champ antiraciste en déficit d'universalisme et de laïcité, soumis de façon croissante aux forces centrifuges :

  • du communautarisme,
  • du religieux dans sa version prosélyte et politique,
  • de la concurrence des mémoires
  • du choc des civilisations.


On ne construira pas un espace républicain et laïque reposant sur l'égalité des droits en cédant à ces diverses pressions.

Le choc des civilisations a malheureusement pénétré certains secteurs antiracistes. Il imprègne plus seulement l'extrême-droite et la droite la plus atlantiste mais aussi malheureusement certaines franges se réclamant de la démocratie et du progressismes, parmi elles des courants tiers-mondistes de gauche ou d'extrême-gauche, mais aussi des courants se réclamant de la laïcité.

Commençons par les secteurs laïques, car lorsque l’on défend un principe aussi fondamental que la laïcité, encore faut-il le faire sans ambiguïté.

On voit ainsi des tendances se réclamant de la laïcité, dériver dans un racisme anti-musulman virulent. J'entends par racisme anti-musulman l'incitation à la discrimination à l'encontre de ces croyants ou ces campagnes qui visent à les priver de lieux de culte ou droit à la pratique de leur foi

C’est là une laïcité borgne, axée principalement contre les pratiquants de la deuxième religion de France, qui parfois confine au racisme à l'égard des populations arabes ou d'origine arabe soupçonnées d'être la cinquième colonne de l'islamisme politique.

Mais on assiste aussi à la dérive d'un tiers-mondisme primaire vers l'islamisme, les deux étant unifiés contre le même axe du mal, le grand satan américano-sioniste.

Laïques en dérive ou islamo-tiers-mondistes les deux procèdent d'une vision binaire du monde et du choc des civilisations.

J'illustrerais ceci par quelques exemples :

  • Quand Riposte laïque publie sur son site Internet un article dont le titre est : « Construction de mosquées : pourquoi il faut dire non (argumentaire pour les maires) », elle relaye ainsi les pires campagnes d'extrême droite et appelle à la discrimination au mépris du droit républicain au libre exercice de la croyance.
    Quand elle dénonce le « métissage » dans un article qui se termine ainsi « Serais-je la seule à refuser de coucher avec les amants allochtones que veulent m’imposer Yannick Noah et Yazid Sabeg, Certainement pas, et je prends le pari que mon avis est partagé par une très large majorité de mes concitoyens qui sont restés d’irréductibles Gaulois de cœur et d’esprit ».
    Ce fantasme d'une France menacée par les hordes allochtones qui viennent, pour métisser la race gauloise, relève du choc des civilisations de l'ethnocentrisme et du racisme, c’est tout sauf de la laïcité.
  • Mais le choc des civilisations fait aussi école auprès de certaines franges tiers-mondiste qui procèdent du même manichéisme.
    Elles procèdent seulement à une inversion des axes version Bush; l'axe du mal devient l'américano-sionisme et l'axe du bien est constitué de tous ceux qui s'opposent à lui, fussent-ils les pires islamistes et dictateurs.
    Il suffit d'observer ce qui s'est passé dans les manifestations parisiennes ou dans certaines grandes villes contre les crimes de guerre commis à Gaza,

Des cortèges constitués de plusieurs milliers de personnes brandissaient le portrait des nouveaux grands maîtres à penser anti-impérialistes, Cheick Yassine ou Nasrallah, On a même vu ce que l'on n'avait jamais vu, hormis dans les manifestations chrétiennes intégristes contre l'IVG, des prières collectives dans la rue à l'appel de l'imam. Suite à ces manifestations contre les crimes de l’armée israélienne, on notera les communiqués embarrassés de certains partis de gauche concernant les débordements islamistes. Embarras, mais pas vraiment de dénonciation de ces amis encombrants de la famille antisioniste que sont ces chantres du Hamas et Hezbollah dont l'antisionisme flirtait avec l'antisémitisme et le négationnisme (voir les pancartes « shoah à Gaza, holocauste à Gaza » « nouvel holocauste » etc. ...)
De fait nous assistons à une véritable offensive de l'islam politique, qui avance sous le masque de l'altermondialisme afin de capter les gens de gauche.
Ce sont ces mouvances regroupant l'islam politique, une partie de la gauche tiers-mondiste et certaines composantes antiracistes qui ont organisé les manifestations contre la loi sur les signes religieux et continuent de militer pour son retrait.
Elle agrègent des organisations comme les « Indigènes de la République », la mouvance islamique proche de Tariq Ramadan « Oumma », le « collectif des musulmans de France » diverses sensibilités d'extrême-gauche et surtout « Présence et spiritualité musulmane » antenne française de l’un des principaux partis islamistes marocain, celui d’Abdessalam Yassine,

Mais les petits poucets de gauche, idiots utiles de l’islamisme, ne feront pas longtemps le poids face à ces mouvances religieuses radicales, beaucoup plus structurée tant sur le plan idéologique qu’organisationnel.

On pourrait être surpris lorsque des organisations antiracistes ou de gauche dérogent à la laïcité en s'associant à ces mouvances religieuses radicales, mais c’est au nom de l'islam, perçu comme religion des pauvres et des opprimés que s’établissent ces connexions apparemment contre nature.

Ajoutons qu'il y a parfois, à gauche, des spéculations sur un possible électorat musulman, (dont l'existence reste d'ailleurs à démontrer), ce qui peut alors conduire à céder aux pressions islamiques. C'est ainsi qu'un leader antiraciste propose des horaires femmes dans les piscines favorisant ainsi la discrimination et l’apartheid sexiste.

Les femmes immigrées ou jeunes françaises filles de l’immigration sont souvent les victimes de ces connivences qui les abandonnent à leur sort.

Nous avons une permanence contre les discriminations dans les Landes.
Dans cette petite préfecture de province, nous recevons 2 000 visites par an, et parmi elles une nombre significatif de femmes victimes de violences conjugales de la part de ceux qui reproduisent la violence sociale dont ils sont eux-mêmes victimes dans la société. On nous objectera, la violence machiste est dans toute la société, c'est vrai ! Mais les mariages forcés ou la femme que l'on va chercher au pays parfois pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les sentiments sont aussi des réalités, nous en mesurons toutes les conséquences quand nous recevons ces femmes victimes d’oppression machistes.

Certes ce n'est pas toute la réalité, ce sont d'ailleurs des comportements minoritaires et qui ne doivent en aucun cas stigmatiser l’homme musulman comme le font les secteurs laïques dévoyés, mais ces phénomènes sont suffisamment inquiétants pour exiger une dénonciation et une attitude ferme de la république pour défendre ces femmes.

Mais en exposant tout étranger à l’expulsion si il y a rupture de vie commune pendant les 4 années qui suivent le mariage, le pouvoir oblige de fait les femmes à rester au domicile,
La violences ou l’expulsion ! Voilà le dilemme de la France de Messieurs Sarkozy et Hortefeux ou Besson.
C’est là une discrimination institutionnelle, entre celle française qui peut fuir le domicile conjugal et celle étrangère qui ne le peut pas. (On peut même connaître ici ou là, des obligations à quitter le territoire pour rupture de vie commune suite au décès du conjoint !).

On comprendra alors que lorsque des bobos de l'indigénat voilé viennent sur les plateaux télévisés, accompagnés de représentants antiracistes, se prêter à des reality show sur le thème « le voile c'est mon choix » nous puissions penser aux autres, celles qui viennent demander assistance , celles qui subissent l'oppression de phénomènes culturels largement conditionnés par la religion, celles qui voient leur sort aggravé par la double peine qu’est le risque d’expulsion pour rupture de vie commune.

Pourquoi ce revirement d’une gauche ou d'une extrême-gauche qui s’étaient largement mobilisées dans les années 70 pour le droit des femmes ? La réponse est simple : ces tiers-mondistes sommaires procèdent du relativisme culturel.
Le combat pour la laïcité, pour le droit des femmes c'est bon pour la femme occidentale, mais la spécificité culturelle de l'orient doit permettre de déroger aux droits fondamentaux.

Et ce relativisme culturel imprègne aujourd'hui toute une frange du mouvement antiraciste ou des Droits de l'Homme. C’est là un extraordinaire revirement de l’histoire qui voit des gens à gauche de l’échiquier politique, hier encore porteurs des luttes féministes, apparaître comme les cautions de l’islam politique vecteur d’une régression des droits fondamentaux.

Ce relativisme culturel conduit à l’enfermement identitaire
Ceux et celles, d'origine arabo-musulmane, qui d'une façon ou d'une autre remettent en cause l'islamisme sont qualifiées dans un article du site de l’islam politique Oumma de « nouveaux oncles Tom » « des auxiliaires arabes ou musulmans » servant leurs maîtres occidentaux et Oumma établit la liste de ces oncle Tom « Mohamed Sifaoui, Tahar Ben Jelloun, Malek Boutih, Soheib Bencheikh, Loubna Meliane et Chahdortt Djavann. »

C'est cela aussi cela le choc des civilisations, l'enfermement des individus dans des héritages culturels et religieux. Ceux qui franchissent les passerelles dans le refus de l'assignation au nom de valeurs universelles deviennent alors des traîtres à leur race et des «oncles Tom »

Et de l'assignation identitaire on passe très vite au racisme !
L’assignation identitaire vue par l'islam politique est très proche de celle vue par Riposte laïque. L'identité des uns ce sont les racines musulmanes, l'identité des autres ce sont les racines « gauloises ».

Et cela débouche inévitablement sur le racisme. Les groupes humains ne se définissent plus en fonction de leur situation sociale, des rapports de classe, leur difficulté de vie ou leur richesse, mais quasi exclusivement en fonction d'un héritage ethnique.

Dans cette France qui connaît les parachutes dorés et les charrettes de licenciements, les indigènes de la république et autres tiers-mondistes ne voient avant tout que des groupes humains motivés par la quête de leurs origines ou d'une identité surdéterminée par une filiation coloniale !

Donc par hérédité coloniale, les blancs, ouvriers comme PDG des banques, sont les oppresseurs des indigènes non blancs.

Ainsi la porte-parole des Indigènes de la République médiatisée, Houria Bouteldja, sur un plateau de télévision, oppose les « quartiers défavorisés » au reste de « la société et ses privilèges ».
Au cas où le téléspectateur n’aurait pas bien compris ce qu’elle entend par « privilégiés », elle précise aussitôt qu’il s’agit des « souchiens », ajoutant à l’adresse de ceux qui pourraient être surpris par la sémantique, les souchiens « il faut bien leur donner un nom : les blancs ! »

C’est une réhabilitation de la notion de race, notion finalement partagée avec le très droitier Eric Zemmour et l’extrême droite

Mais l'aboutissement de cette dérive raciale et raciste c'est l'annonce de la création du « Parti des Indigènes de la République », un parti ethnique de non-souchiens.

Même Le Pen n'avait osé ethniciser aussi crûment son parti raciste, les indigènes eux l'on fait ! Sans réaction particulière des organisations antiracistes.
Le parti racial entre aussi dans le champ du relativisme culturel. Le parti raciste de Le Pen on le combat tandis que le parti ethnique des indigènes doit être toléré comme parti des exclus dont il faut entendre le cri, nous dit-on ! Mais il y a des cris qu’il faut mieux couvrir.

  • Si l'État ne sait pas imposer une véritable politique de lutte contre les discriminations par le soutien aux structures de terrain qui aident les victimes dans le constat des faits et leur accompagnement juridique.
  • Si un renversement de la charge de la preuve n'est pas adopté, alors les discriminations dans l'accès à un emploi ou un logement perdureront
  • Si les intolérables contrôles au faciès qui sont de véritables discriminations commises par l'appareil l'État ne cessent pas
  • Si la République ne sait pas donner de réponses valables pour tous, alors les victimes se tourneront de plus en plus vers le corporatisme communautaire qui conduit au marchandage clientéliste.

Les groupes les plus nombreux vont alors marchander leur positionnement dans la République sur la base de leur représentativité numérique et de leur capacité de pression.
Le corporatisme communautaire saura composer avec la discrimination positive vers laquelle incline le chef de l'État. L’Europe chrétienne de Nicolas Sarkozy ,dans laquelle « l'instituteur ne remplacera jamais le curé !», n’est pas incompatible avec la discrimination positive qui permettra aux groupes religieux les plus structurés d’avoir leurs places d’honneur sur le podium ,sous la première marche chrétienne.
Malheur alors aux groupes qui n’auront pas l’expérience du lobbying, ils n’iront même pas en finale.
L'universel cèdera la place aux revendications particulières, le métissage qui était le propre du modèle français s'effacera au profit du modèle anglo-saxon de groupes ethniques juxtaposés sans passerelles entre-eux.

Texte de l’intervention aux 2e RLI de Saint-Denis le 4 avril 2009
Droits réservés

samedi 30 mai 2009

Des féministes laïques (algériennes et iraniennes) parlent aux féministes de l'exotisme - Prochoix, la revue pour le droit de choisir, dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta

Lettre ouverte à nos amies féministes,

Ce message, certes chargé de colère, s’adresse à certaines de nos camarades féministes engagées dans les luttes antiracistes, altermondialistes, traversées par une certaine culpabilité coloniale et postcoloniale. Militantes et/ou chercheuses, porteuses des valeurs féministes, nous n’arrivons pas à concevoir, à comprendre ni à accepter votre engagement aux côtés de celles qui se nomment « féministes musulmanes et/ou voilées », au dépend des féministes laïques.

Nos chères amies, camarades, compagnes de luttes, féministes, nous allons vous raconter une histoire, notre histoire. A la veille du 40ème anniversaire du Mouvement de Libération des Femmes et sans revenir sur toutes les luttes qui ont précédées et aboutit à ce mouvement, nous sommes interpellées par notre conscience, nos aspirations, nos rêves et nos utopies. Que nous soyons originaires d’Iran, d’Algérie, d’Afghanistan ou du Pakistan, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons quitté nos terres d’enfance.

Aujourd’hui, nous nous retrouvons unies dans une terre laïque où la liberté de conscience est garantie par la loi, où les luttes pour l’égalité des droits est possible, quoiqu’ardue. Ardue, car l’égalité des droits et des sexes est indissociable des luttes sociales, économiques, culturelles et éducationnelles.

Tout cela nous l’avions compris de là où on était, vos luttes étaient les nôtres, votre libération prédisait la nôtre. Nous suivions vos cheminements et vos acquis nous renforçaient dans nos convictions et dans la poursuite de nos luttes.

Votre force, votre entente, au delà de vos différences partisanes, pour arracher le droit à la contraception, à l’avortement, à la reconnaissance de l’homosexualité, au PACS et plus loin, dans l’histoire, au divorce étaient une source d’encouragement, pour nous, dans nos luttes contre la polygamie, les femmes mineures à vie et le non droit de disposer de nous- mêmes. Vos luttes et les nôtres avaient, alors, les mêmes ennemis : le Patriarcat et « les lois divines ».

L’instauration des « lois divines » dans nos différents pays, les violences et les actes terroristes qui sont perpétrés contre les femmes et les hommes porteurs de valeurs laïques de liberté de conscience ont poussé beaucoup d’entre nous au départ.

Nous sommes arrivées avec l’expérience de nos luttes inachevées, avec, comme seuls bagages, nos rêves, nos utopies, notre quête de liberté et de démocratie. Une démocratie où la laïcité fondamentale, solide et vidée de toute croyance religieuse, fait place à la liberté de matérialiser des rapports humains dans un monde vivables pour toutes et tous. C’est dans cet état d’esprit que nous vous rejoignions, tout en ayant la conviction que ni les discours trompeurs ni les alliances contre natures et partisanes ne peuvent venir à bout de nos luttes communes.

Nos chères camarades de luttes, d’Amour, d’Amitié et de liberté, nous sommes là à vos côtés et ensemble dans les mêmes luttes ici ou là-bas. Avec vous nous luttons pour une réelle égalité dans les institutions politiques, pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes, contre toutes les publicités sexistes, avec vous pour protéger des droits durement acquis, aujourd’hui fortement menacés (le Planning Familial privé de son financement, la loi 1905 menacée…), avec vous et ensemble contre la marchandisation des corps des femmes et contre toutes les violences faites aux femmes tous les jours.

Nous sommes avec vous, à vos côtés et ensemble mais vous l’êtes-vous réellement ?

Nos chères amies

Nous sommes arrivées avec les mêmes désirs de liberté, les mêmes regards portés sur le présent et l’avenir. Un avenir d’égalité hommes-femmes, d’égalité hétérosexuel-le-s/ homosexuel-le-s et d’égalité sociale; mais, voilà, aujourd’hui, vos regards se détournent de nous, vos mains se tendent à celles et ceux qui nous obligent à l’exil, votre fascination va vers celles et ceux qui placent les « lois divines » au dessus de tout. Des « lois divines » où charité ne peut pas rimer avec solidarité citoyenne. L’égalité des sexes ne peut pas se conjuguer avec patriarcat et suprématie de l’homme. Homosexualité et libre désirs ne peuvent pas se retrouver dans le même lit que procréation et soumission.

L’adage qui énonce que « l’ennemie de mon ennemie est mon amie » ne peut être l’apanage des féministes, souvenez vous des conséquences de l’alliance : Islamiste et communiste en Iran et ce qui arriva à ces derniers une fois les islamistes au pouvoir. Au quotidien, des femmes sont menacées, emprisonnées, arrêtées, lapidées, meurtries. Entendez-vous leurs cris de liberté ? Ou seulement leurs échos, écoutez… !

Aujourd’hui, il est encore temps de nous ressaisir, de redonner au féminisme ses véritables fondements et sa vocation universaliste en tant que femmes de gauche luttant pour les droits de toutes les femmes, où qu’elles soient et quelles que soient leurs origines ou leurs couleurs en ayant toujours à l’esprit que les lois doivent être là pour garantir les libertés de conscience et empêcher que les lois et les règles communautaristes ne redonnent toute sa place au patriarcat. N’existe t-il pas des lieux, des structures et des groupes qui portent différentes luttes quelles que soient les valeurs que nous défendons ?

Aujourd’hui, au nom des valeurs et des luttes et du projet de société que nous partageons avec vous, nous vous interpellons haut et fort pour nous répondre et nous expliquer votre fascination pour des femmes qui mettent la loi divine au dessus de tout. Au nom de ces dernières, les femmes sont tout simplement niées dans leur existence.

Est ce de l’exotisme ? Nous ne pouvons croire cela, est ce de la naïveté politique ? Nous n’osons croire cela, est-ce une alliance conjoncturelle contre l’impérialisme et le capitalisme américain ? Si c’est le cas nous nous demandons où en est l’indépendance et l’autonomie des femmes par rapport aux partis. Il nous arrive, parfois de nous questionner sur la place des chercheuses féministes, leurs démarches par rapport aux appels à projets et aux commandes des institutions, la laïcité étant menacée de toute part.

Nous vous interpellons, car notre place est avec vous et votre combat est avec nous. Nous Féministes laïques.

Chères amies, à bientôt…

Féministes Laïques Algériennes et Iraniennes

Contact : feministelaiquepointbarre@yahoo.fr

Des féministes laïques (algériennes et iraniennes) parlent aux féministes de l'exotisme - Prochoix, la revue pour le droit de choisir, dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta

jeudi 14 mai 2009

L’intégration vue par Tariq Ramadan (à propos de la polémique aux Pays-Bas) - Prochoix, la revue pour le droit de choisir, dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venne

Ainsi donc, près la Suisse, la France, les Etats-Unis, le Canada et l’Angleterre, Tariq Ramadan secoue le débat public aux Pays-Bas, où la mairie de Rotterdam a tenu à l’engager pour jouer les médiateurs et les facilitateurs d’intégration. N’y a-t-il plus un seul Néérlandais de culture musulmane laïque et ouvert d’esprit qu’on veuille à tout prix embaucher un prédicateur aussi fondamentaliste et controversé que Tariq Ramadan ? A défaut d’intégrer, il n’a pas fini de diviser.

Le rituel est toujours à peu près le même. Tariq Ramadan commence toujours par intriguer et parfois même par fasciner. Son discours posé, en apparence moderne et rassurant, son charisme, lui vaut logiquement d’être prisé par les médias. Les journalistes s’étant contentés de l’interviewer le présentent volontiers comme un intellectuel musulman défendant un islam européen moderne voire moderniste, pouvant permettre de réconcilier les Européens de culture musulmane avec leur identité et leur citoyenneté. Ce que tout le monde souhaite dans cette Europe déchirée entre les excès : intégristes d’une part et racistes de l’autre. Pourtant, d’autres voix, notamment d’autres intellectuelles arabes connaissant un peu mieux le parcours et les références de Tariq Ramadan, mettent en garde depuis des années contre son double discours : moderniste et apaisé dans les médias mais fondamentaliste et réactionnaire lorsqu’il s’adresse à une audience musulmane. Qui croire ?...

Lire la suite : L’intégration vue par Tariq Ramadan (à propos de la polémique aux Pays-Bas) - Prochoix, la revue pour le droit de choisir, dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venne:

jeudi 16 avril 2009

UFAL : "Aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes", par Taslima Nasreen

Taslima Nasreen, réfugiée en France, appelle les forces de gauche, partout dans le monde, à réinvestir les combats laïque et féministe pour élever une digue face aux fondamentalismes. Contrainte de quitter son pays, puis l’Inde où elle avait trouvé refuge, sous la pression des fondamentalistes, l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, figure du combat contre l’intégrisme, participait, samedi dernier, aux Rencontres laïques internationales -organisées par l'UFAL- à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Entretien réalisé par Dominique Bari et Rosa Moussaoui (L'Humanité)

Votre combat contre le fondamentalisme ne s’arrête pas à l’islamisme. Vous dénoncez également les intégrismes chrétien, juif, hindou. Quels sont leurs points communs ?
Taslima Nasreen. Je m’élève en effet contre les intégrismes de tous bords. En ce qui me concerne, j’ai souffert toute ma vie du fondamentalisme musulman. Je suis née, j’ai grandi dans un pays musulman. Lorsque je critique les fondamentalismes, mais aussi les religions en tant que telles, qu’il s’agisse de l’hindouisme, du christianisme, du judaïsme, du bouddhisme, parce qu’elles oppressent les femmes, personne ne me menace de mort. Mais lorsque je parle de l’islam, alors les fondamentalistes musulmans profèrent des fatwas demandant mon exécution, ma pendaison. Ma tête est mise à prix. C’est ainsi que j’ai été expulsée de mon propre pays, le Bangladesh. Après avoir vécu dix ans en Europe, je suis partie en Inde, à Calcutta. Là encore, j’ai été visée par des fatwas. Mes livres ont été brûlés sur la place publique. Lors de la présentation de l’un de mes livres, j’ai été agressée par des fondamentalistes musulmans à Hyderabad. À Calcutta, ils sont descendus dans la rue pour exiger mon expulsion. En réponse, le gouvernement indien de gauche m’a placée en résidence surveillée à New Delhi, avant de m’expulser. À cause de ces intégristes, je suis aujourd’hui contrainte à un nouvel exil. C’est difficile à vivre. Je suis une écrivaine bangladaise. Je vis douloureusement cet éloignement de mon pays, où je pourrais encourager les femmes à poursuivre leur combat pour le droit à la liberté.
Pourquoi les fondamentalistes font-ils des droits des femmes leur cible privilégiée ?
Taslima Nasreen. Dans leur vision, le pouvoir des hommes se mesure à l’oppression exercée sur les femmes. La religion est la source du fondamentalisme. Or aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes. Toutes sont hostiles aux femmes. Ce sont bien les religions qui encouragent l’oppression des femmes, qui les empêchent de jouir des mêmes droits que les hommes. Elles pérennisent le système patriarcal, incompatible avec la liberté des femmes... UFAL

vendredi 27 février 2009

L'évêque Williamson demande «pardon devant Dieu»


Le prélat intégriste qui avait nié l’existence des chambres à gaz regrette dans une lettre «la douleur» qu’il a causée aux survivants et aux parents des victimes de la Shoah. Il estime cependant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien».
Arrivé ce mercredi en Grande-Bretagne après avoir été déclaré persona non grata en Argentine, Richard Williamson demande «pardon devant Dieu» à tous ceux qu’il a blessés pour ses déclarations négationnistes.
Dans une lettre publiée ce jeudi à Rome, formulée de façon très ambiguë, l’évêque intégriste regrette «la douleur» qu’il a causée «avant tout à l’Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich». Mgr Williamson, l’un des quatre évêques intégristes dont le pape a levé l’excommunication le 24 janvier, a fait scandale en niant à la télévision suédoise l’existence des chambres à gaz et en minimisant l’ampleur de la Shoah. «Je demande pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j’ai dit», ajoute-t-il, précisant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien». L’agence de presse catholique Zenit qui a diffusé la lettre précise qu’elle lui a été transmise par la commission Ecclesia Dei présidée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, chargée par le Vatican des négociations avec les intégristes. (Source AFP) Libération

mercredi 25 février 2009

Les étranges amitiés de Dieudonné

C'est l'histoire d'un humoriste dont les meilleurs amis d'aujourd'hui sont ses pires ennemis d'hier. D'un comique qui, il y a douze ans, s'engageait en politique, à Dreux (Eure), contre Jean-Marie Le Pen, qu'il qualifiait alors de "grand marabout borgne", et qui offre désormais son théâtre à des courants politiques plus radicaux encore que le Front national.

Jadis proche de la gauche alternative, Dieudonné, 43 ans, est devenu une sorte de caisse de résonance pour une frange composite de l'extrême droite française. Ces liaisons dangereuses, il les assume publiquement. L'occasion nous a été donnée de le constater récemment au Théâtre de la Main d'or. Ce soir-là, l'humoriste donne dans sa salle du 11e arrondissement de Paris une représentation de son spectacle J'ai fait le con. Le même show, qui, un mois auparavant, le 26 décembre 2008, avait fait scandale : Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un "Prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par son régisseur Jacky, vêtu d'un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune.

Ce 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s'est donné rendez-vous, à l'invitation de Robert Faurisson, dont le 80e anniversaire tombait quelques jours plus tôt. Il y a là une petite famille marginalisée de militants qui nient la réalité du génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale et n'apparaissent que très rarement ensemble, compte tenu de l'hostilité qu'ils suscitent.

Un carré de places leur a été réservé au pied de la scène à la Main d'or. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d'holocaustes), domicilié à l'étranger et sous le coup d'une interdiction d'accès en France. A leurs côtés, Ginette Skandrani, ancienne militante des Verts, exclue de cette formation pour ses collaborations à l'Aaargh, et qui a fait partie du bureau de campagne de Dieudonné quand l'humoriste envisageait de se présenter à l'élection présidentielle de 2007.

Le théâtre est tout petit, 150 sièges à vue d'oeil. Des jeunes plaisantent entre eux. Ils appartiennent à cette partie du public, plutôt masculine et métissée, qui semble ignorer la dimension politique de cette soirée. Pourtant, outre les négationnistes, plusieurs courants de l'extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y a là Charles-Alban Schepens, l'un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule "catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire", qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, du maréchal Pétain et des Phalanges espagnoles. On remarque aussi des membres du courant "nationaliste révolutionnaire", qui combine idéologie fasciste et anti-impérialisme, ainsi que le patron d'une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads.

Tous ceux-là apprécient comme autant de clins d'oeil les allusions à la Shoah et au pouvoir prêté aux juifs qui parsèment le spectacle. Comme au début de la représentation, quand une voix off demande, étrangement, avant le lever de rideau l'extinction des téléphones portables "en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale". Une heure et demie plus tard, quand la salle se vide, les plus militants font la queue pour serrer la main de Robert Faurisson, qui restera avec ses alter ego au théâtre pour y souper avec Dieudonné.

Pour l'humoriste et ses amis, il n'y a plus désormais ni gauche ni droite. Il y a le système - comprendre "l'axe américano-sioniste" - et les ennemis du système. D'où l'étrange attelage qui gravite autour de lui : chiites radicaux du Centre Zahra, héritiers de Maurras, quelques jeunes de banlieue et des étudiants membres de l'extrême droite musclée. Ce 29 janvier, la sécurité était assurée par des jeunes gens barbus, habillés à la manière des salafistes... Lire la suite sur Le Monde

mardi 24 février 2009

L’autre danger qui guette Israël.

Il était inconnu sur la scène internationale avant les élections israéliennes, le voilà donc sorti du néant pour montrer un visage hideux d'une extrême droite dont le discours n'a rien à envier à celui des extrémistes skinheads qui écument l'Europe de l'Est. Vous l'aurez compris, je parle d'Avigdor Lieberman et de son parti ultranationaliste.

Nourri longtemps à la mamelle du Likoud, Lieberman et son populisme représentent, à mes yeux, l'autre danger qui guette Israël. Et je pense sincèrement qu'il est dix, cent, mille fois plus dangereux, pour l'avenir de son pays, que les deux millions d'arabes israéliens réunis.

Pourquoi ? Primo, son discours entache, sur la scène internationale, l'image d'un pays déjà très éprouvé par la propagande islamo-fasciste du Hamas et de ses alliés. Secundo. Il donne à ceux qu'il prétend combattre les arguments nécessaires qui leur feront dire qu'Israël serait, en définitif, un État extrémiste et xénophobe. Tertio. Il alimente déjà tous les antisémites, tous les intégristes qui s'engouffrent dans la moindre faille pour laisser libre court à leurs idées nauséabondes sous prétexte qu'ils ne font que répondre à Lieberman.

L'ancien videur de boîte de nuit est devenu, l'espace d'une élection, faiseur de roi et au centre de la politique israélienne. La gauche a raison de voir en lui ce « fasciste » qui fait peur aux arabes israéliens mais aussi à une bonne partie de l'opinion publique internationale. Mais en réalité, ce qui est arrivé en Israël est semblable à ce qui s'est passé en France en 2002, lorsque Le Pen est arrivé en second tour. Mais la comparaison s'arrête là. Hormis les cris de quelques intellectuels et de quelques médias, à part les craintes formulées ouvertement par une partie de la gauche, la société civile israélienne est restée très muette devant la honte qui vient de se produire et qui va certainement se matérialiser par l'entrée au gouvernement de quelques cadres d'Israël Beteinou, la formation politique de Lieberman. Ce parti est entrain de faire perdre son âme à Israël et aux principes fondateurs du sionisme. Et le silence aussi bien, celui des Israéliens que celui des associations communautaires juives de France et d'ailleurs, est inquiétant.

Inquiétant parce que l'acceptation d'un Lieberman dans le gouvernement ne manquera pas de fragiliser les camps de la paix. Inquiétant aussi parce que les associations communautaires juives doivent sortir de cet esprit de connivence malsaine à l'égard d'Israël. Je serai toujours le premier à les soutenir lorsque cet État auquel ils sont, légitimement, si attachés est injustement attaqué, je serai le premier à dénoncer l'antisémitisme lorsqu'il s'exprime mais je ne serai jamais silencieux face à des déclarations racistes tenues par un homme politique israélien et je serai le premier à réclamer, et de la société israélienne et des associations communautaires juives européennes, un positionnement clair devant l'innommable. Leur silence m'inquiète et m'incite à dire que la complaisance de certains ne risque pas, loin s'en faut, de servir Israël. Lire la suite sur le blog de Mohamed Sifaoui

Arithmétique des droits de l’homme

Signe du changement à la tête de l’administration américaine, les Etats-Unis souhaitent revenir siéger au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont ils avaient claqué la porte. Depuis la guerre en Irak, cette instance, chargée de mettre en oeuvre la Déclaration universelle des droits de l’homme, leur donnait le sentiment d’être surtout devenue une tribune contre l’Occident, à force de se focaliser sur certains dossiers au détriment de tous les autres.

Si les crimes de guerres commis en Irak ou récemment à Gaza méritent indéniablement d’être examinés et condamnés, ils ne doivent pas servir d’écran de fumée au point d’empêcher la condamnation d’autres violations - dès lors qu’elles ne sont plus commises par les Etats-Unis ou Israël. Au Zimbabwe, au Tibet, en Tchétchénie, au Soudan ou au Congo, par exemple. Or, c’est bien la tournure prise par certains débats au Conseil des droits de l’homme. Pour une raison simple qui tient à l’arithmétique. Lire la suite sur le blog de Caroline Fourest

mardi 10 février 2009

La promesse de Fadela Amara

Il n’y a pas si longtemps, Fadela Amara incarnait avec talent et une sincérité indéniable le combat de Ni putes ni soumises. Quoi qu’on en pense, l’association avait le mérite d’attirer l’attention sur un sujet plutôt tabou : la régression des droits des femmes liée à celle de la laïcité dans les quartiers populaires. Ce qui suppose de se battre contre le repli communautaire et religieux. Beau combat. Qu’en reste-t-il vingt et un mois après l’entrée de Fadela Amara au gouvernement ?

Certes, l’ancienne présidente de Ni putes ni soumises n’est pas responsable des droits des femmes, mais secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville. Un poste qu’elle a accepté sous la tutelle de Christine Boutin, dont l’engagement politique est tout simplement à l’opposé des valeurs féministes et laïques censées guider Ni putes ni soumises. Le tandem n’ayant pas fonctionné, Fadela Amara est passée entre les mains de Brice Hortefeux. Sans que l’on puisse mesurer s’il s’agit d’un saut qualitatif.

Personne n’imagine qu’un ralliement à ce gouvernement puisse avoir un but personnel et non l’espoir - au moins illusoire - de poursuivre en partie le combat de NPNS. Ce serait d’ailleurs un minimum sachant le coup porté par ce choix politique à l’image de l’association. Son message n’était déjà pas facile à faire passer en dehors des médias. Sur le terrain, il est vécu comme stigmatisant et assimilationniste. On imagine aisément ce qu’il en reste après avoir fait la démonstration qu’il pouvait conduire à valider les solutions du “tout-sécuritaire”…

Qu’ont gagné les droits des femmes, la laïcité et la vie des quartiers populaires en échange ? Le plan banlieue n’est pas mauvais mais ne dispose d’aucun moyen à la hauteur du défi. Son seul budget innovant consiste à aider l’école privée catholique à s’implanter en banlieue. Alors qu’au même moment, ce gouvernement s’apprête à diminuer massivement le nombre de professeurs et à liquider de moitié les postes Rased permettant de suivre les cas difficiles. Fadela Amara regarde ailleurs. Feignant de ne pas savoir qu’un plus faible taux d’encadrement dans l’école publique associé au dérèglement de la carte scolaire facilitera le repli communautaire.

Et la laïcité ? Le président a tenté de lui porter un coup en maintenant sa volonté de faire évoluer la laïcité française vers une laïcité plus anglo-saxonne, plus “positive”, destinée à miser sur l’”espérance spirituelle” plutôt que sur l’”espérance sociale”, notamment dans les quartiers populaires… Fadela Amara regarde ailleurs.

Et la lutte contre l’intégrisme ? Le gouvernement, Fadela Amara en tête, avait promis d’aider Ayaan Hirsi Ali. Qu’en reste-t-il ? Rien, si ce n’est de belles photos.

Et les droits des femmes ? Pendant que la secrétaire d’État négociait son poste, a-t-elle seulement remarqué que ce gouvernement faisait le choix d’enterrer celui de secrétaire d’État aux droits des femmes et les budgets qui vont avec ? Le fond a failli être touché avec le budget 2009, qui prévoit une diminution de 42 % des subventions attribuées aux missions conjugales et familiales, soit 20 % du budget du Planning familial. Or ce sont les conseillères du Planning - et non les militantes de Ni putes ni soumises - qui défendent au quotidien les droits des femmes face aux pressions communautaires et religieuses.

En s’attaquant à ces moyens, le gouvernement prend la responsabilité de faire reculer tous les antidotes permettant de résister aux coups portés contre les droits des femmes au nom de dieu ou de la tradition. Interpellé, Brice Hortefeux se veut rassurant et s’engage à compenser les crédits pour qu’il n’y ait aucune “fermeture ni abandon des centres locaux du Planning familial”. Espérons que Fadela Amara y veille, en ne regardant pas trop ailleurs. Caroline Fourest

dimanche 8 février 2009

Les soldats du pape accusent F.Venner et C. Fourest de "complot contre le pape"

"Ni moi ni la télévision suédoise ne connaissions à l'avance l'agenda du Vatican"

Reproduction d'une interview donnée au site du Monde.fr

Fiammetta Venner, politologue française spécialiste de l'intégrisme, auteure avec Caroline Fourest des Nouveaux Soldats du pape, a participé, le 21 janvier, à l'émission de la télévision suédoise au cours de laquelle Richard Williamson a tenu des propos négationnistes. Le Vatican l'accuse d'avoir voulu ainsi déstabiliser Benoît XVI.

Le Vatican vous accuserait d'avoir monté avec la télévision suédoise un "complot" contre Benoît XVI, en organisant la diffusion des propos de Richard Williamson trois jours avant sa réintégration dans l'Eglise catholique. Pouvez-vous raconter comment s'est organisé cet entretien avec Williamson et quel a été votre rôle?

Fiammetta Venner : J'ai lu ça dans la presse italienne. J'ai cru à une plaisanterie mais le Vatican communique le plus sérieusement du monde sur cette affaire en nous accusant, Caroline Fourest et moi-même d'être à l'origine d'un "complot contre le pape". Complot censé être prouvé par le fait que nous serions engagées contre le "cléricalisme" – il nous avait semblé qu'il s'agissait de l'intégrisme – et que nous serions proches du Grand-Orient de France.

La vérité est légèrement moins romanesque, hélas... En tant qu'essayistes, nous avons écrit un livre sur les Nouveaux Soldats du pape qui porte notamment sur ce courant intégriste que le pape veut réintégrer. Une équipe suédoise préparait un documentaire sur l'arrivée en Suède de la Fraternité saint Pie X et m'a interviewée. Elle m'a demandé mon avis sur certaines figures emblématiques du lefebvrisme. Je leur ai confirmé que Monseigneur Williamson tenait des propos négationistes. Ils l'ont interviewé et il leur a expliqué que les chambres à gaz n'existaient pas, face caméra.

Savez-vous si la date de diffusion de l'interview a été fixée spécifiquement pour interférer avec l'annonce de la réintégration des évêques traditionalistes ?

Fiammetta Venner: L'interview a été tournée en novembre 2008 mais le film était programmé depuis des semaines pour le 21 janvier. Pas de chance pour le Vatican, qui a décidé d'annoncer la réintégration de Willamson le même jour. C'est bien entendu un hasard. Ni moi ni la télévision suédoise ne connaissions à l'avance l'agenda du Vatican. Mais surtout, cela ne change rien à l'affaire. Si des observateurs et des journalistes n'ont aucun mal à connaître les convictions négationnistes de Williamson, comment le pape peut-il prétendre les découvrir ?

Le pape a demandé mercredi à Williamson de retirer ses propos. Cela vous semble-t-il suffisant ?

Fiammetta Venner: C'est aux catholiques de le dire. Ce que je peux dire, en tant qu'analyste, c'est que la réintégration des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1998 pose des problèmes de fond qui dépassent de loin les propos de Mgr Williamson. La plupart des catholiques traditionalistes éprouvent une certaine nostalgie pour le temps où l'on priait pour convertir l'âme du Juif déicide (la prière pour les juifs, modifiée à la suite du concile de Vatican II). Le fait de restaurer l'esprit de cette prière, même formulée autrement, est une concession très lourde à cette aile intégriste. La question est de savoir si l'"unité de l'Eglise" se fera au détriment de ceux qui restent attachés à Vatican II, à son œcuménisme. Prochoix



http://carolinefourest.wordpress.com/2009/02/06/complot-contre-le-pape/trackback/

LIBERATION : Evêque négationniste: le pape et Angela Merkel se parlent mais...

... mais la tension persiste entre Benoît XVI et la chancelière allemande, qui ont réitéré leurs positions respectives lors d'un entretien au téléphone «à la demande d'Angela Merkel».

mercredi 4 février 2009

L'évêque intégriste doit renier ses propos négationnistes

Le pape n'aurait pas eu connaissance des paroles de Richard Williamson lors de la levée de son excommunication...
Que s'est-il passé au service de presse du Vatican? Alors que la polémique enfle depuis quinze jours, Benoît XVI n'aurait eu connaissance des propos négationnistes Richard Williamson que très récemment. C'est en tout cas ce que déclare le communiqué du Vatican envoyé mercredi après-midi.

Le pape ne lit pas les journaux?
Le Vatican assure que les déclarations faites par l'évêque, à une chaîne de télévision suédoise n'étaient «pas connues» du pape Benoît XVI «au moment de la levée de l'excommunication» des quatre évêques intégristes, dont Richard Williamson fait partie. Le pape a donc demandé à l'évêque intégriste négationniste de «prendre sans équivoque et publiquement ses distances» avec ses déclarations sur la Shoah avant d'être admis aux fonctions épiscopales dans l'Eglise catholique.
Le communiqué émanant de la secrétairerie d'Etat, le «gouvernement» de l'Eglise catholique au Vatican, pose également comme «condition indispensable à une future reconnaissance de la FSSPX (La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, ndlr) la pleine reconnaissance du concile Vatican II et des papes» qui ont suivi ce concile.

L'Allemagne déclenche une enquête
Par ailleurs, une enquête a été ouverte pour «incitation à la haine raciale» par la police allemande suite aux propos tenus par Richard Williamson. C'est ce que révèle le site d'information CNN. La chancelière allemande Angela Merkel avait jugé mardi que la solidarité qu'avait exprimée le pape vis-à-vis de la communauté juive fin janvier était une «clarification insuffisante». Mardi soir, le porte-parole du Vatican Federico Lombardi avait répliqué en déclarant que la condamnation par Benoît XVI des propos négationnistes de Richard Williamson «ne pouvait être plus claire».
«La question ne concerne pas seulement les communautés chrétienne, catholique et juive en Allemagne, mais il faut que de la part du pape et du Vatican il soit clairement établi qu'on ne peut pas nier l'Holocauste», a déclaré la chancelière. «Si le comportement du Vatican peut donner l'impression que l'Holocauste peut être nié, alors il s'agit de questions fondamentales (concernant) la relation avec le judaïsme», a-t-elle expliqué, notant que «en règle générale» elle n'avait pas à commenter les décisions de l'Eglise catholique romaine.
MD avec agence- 20 minutes