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mercredi 3 juin 2009

Procès Fofana : décryptage - le blog memorial98

Comment expliquer que Fofana ait récusé son avocate Me Coutant-Peyre et ait choisi de la dénoncer comme « juive » ?
Selon ses propres termes à l'audience : « Coutant-Peyre... Peyre, c'est juif, non ? » Puis il a ajouté: « On veut déjà me tuer... Donc, je ne vais pas m'entourer de gens comme ça. »
Fofana indiquait ensuite qu'il ne parlerait plus qu'à trois personnes lors du procès, dont l'avocat de la famille Halimi, Me Szpiner en tant que « représentant des Juifs de France, du monde, et de l'Etat d'Israël «
Coutant-Peyre semblait pourtant présenter les meilleures « garanties » possibles pour Fofana. Elle est une proche collaboratrice de Garaudy et responsable de son association « A contre jour » ; elle est aussi l'épouse de Carlos avec qui elle a convolé après l'avoir défendu. Quelle meilleures garanties que le chantre international du négationnisme et ce grand « antisioniste » incarcéré pour terrorisme ?
Carlos vient d'ailleurs de rendre public son soutien à la liste "antisioniste" laquelle en retour se félicite de ce renfort et le salue chaleureusement.

L'explication la plus probable est qu'il s'agit d'un écho des divergences dans le milieu « antisioniste » extrémiste.

Fofana est depuis le début soutenu et parrainé par le groupe de Kemi Seba (Tribu Ka puis MDI) qui s'est proclamé protecteur de l'accusé et a même menacé à la cantonade de représailles, si le procès ne se déroulait pas « correctement ».
Or Seba entre-temps a refusé de participer à la liste «antisioniste » de Dieudonné-Gouasmi-Soral.
Sa divergence officielle porte sur l'anticommunautarisme affiché de la liste et sur la personnalité de Soral. Seba se présentant comme un défenseur acharné des « communautés » noire, arabe, blanche/européenne, asiatique, ne se retrouverait donc pas dans la posture affichée de la liste.
Il y a sans doute d'autres enjeux de pouvoir et de finances, qui entretiennent d'ailleurs d'âpres polémiques.

Il est à noter que ces différentes fractions « antisionistes » n'ont entre elles pas de divergences de principe sur la collaboration approfondie avec des organisations d'extrême droite.
Dieudonné et Soral sont en cheville avec le courant dit « national-révolutionnaire » sans doute le plus proche du fascisme et avec les catholiques les plus intégristes. Seba s'organise avec des groupuscules violents tels que la Droite socialiste. Mais la mouvance de Seba a peut être du mal à accepter le style « bleu-blanc-rouge » affiché par la liste « antisioniste ».

Il se peut aussi que se manifestent ainsi des tensions avec le chiisme, dont Gouasmi se proclame le représentant en France. K.Seba, récemment converti à l'Islam après avoir violemment dénoncé cette religion "esclavagiste" , avait été reçu en grande pompe au centre Zahra dirigé par Gouasmi, mais manifestement sans résultat concret.
On note aussi que le seul avocat choisi et non récusé par Fofana est Me Ludot, militant de la droite dure, ancien défenseur de Saddam Hussein et membre de son comité de soutien. Il s'agit d'un profil peu compatible avec le chiisme de Gouasmi, dont la liste est soutenue par Carlos et Coutant- Peyre, qui du coup est proclamée « juive ».
L'antisémitisme obsessionnel et quelque peu conspirationiste de ce milieu produit des effets apparemment inattendus.

http://memorial98.over-blog.com/article-32128459.html

mardi 2 juin 2009

Meeting aux relents antisémites au théâtre de Dieudonné - Elections européennes - Le Monde.fr

C'est dans une ambiance délétère que les animateurs de la liste "antisioniste" ont tenu un meeting à Paris, lundi 1er juin. Dans un Théâtre de la Main d'Or bondé, environ 250 personnes ont déboursé 8 euros pour assister à cette réunion à moins d'une semaine du scrutin européen pour lequel Dieudonné Mbala Mbala mène campagne en Ile-de-France.

Outre les principaux animateurs de la liste –M. Mbala Mbala, le polémiste Alain Soral et Yahia Gouasmi, président du Parti antisioniste (chiite radical) –, sept autres colistiers étaient présents. Chacun a pris la parole pour exposer ses motivations. L'occasion d'entendre des positions aux nets relents antisémites.

Ahmed Moualek, responsable du site Internet La banlieue s'exprime, a fustigé "ce petit lobby juif sioniste qu'[il] qualifie de juifiste" dont il affirme "qui lui a pourri la vie depuis 25 ans".

HOMMAGE AMBIGU

Maria Poumier, universitaire proche des milieux négationnistes, a rendu un hommage ambigu au président vénézuélien Hugo Chavez. C'est le premier "en Amérique latine qui a pris conscience de la présence sioniste". Et d'ajouter: "Les agents sionistes n'apparaissent pas comme des agents étrangers mais comme des Latino-Américains. Ils ont la double nationalité et obéissent aux intérêts d'un pays étranger." Avant de prendre à témoin une assistance surchauffée : "Si vous pensez que M. Sarkozy correspond à ce profil…"

Michael Guérin, ancien responsable FNJ Rhône-Alpes, s'est défini comme "nationaliste révolutionnaire", courant de l'extrême droite radicale. Se référant à François Duprat, figure fasciste des années 1970 et premier éditeur de textes négationnistes en France, M. Guérin a déclaré vouloir "se libérer des forces d'oppression qui sont toutes antinationales".

Ce meeting a aussi réservé une "surprise" : l'intervention en direct par téléphone, depuis sa centrale de Poissy (Yvelines), d'un homme présenté comme le terroriste Carlos. Saluant sa "camarade" Ginette Skandrani, il s'est indigné : "Toi qui vis avec un Arabe, on te traite de raciste" avant de s'en prendre à "cette bande de gitans et de juifs qui te taxent d'antisémitisme. Ces gens (…) sont protégés par l'anti-France, excusez-moi d'employer une expression vichyste, c'est l'anti-France". La salle s'est levée pour l'acclamer.

M.Gouasmi était en verve. D'un air satisfait, il a annoncé que les "responsables du Hamas" et ceux "du Hezbollah" soutenaient la liste "antisioniste".

Dans une séance de questions-réponses, une intervention dérange. Celle d'un électeur potentiel qui s'interroge sur le caractère "dictatorial" du régime iranien, porté aux nues par les intervenants. "Vous êtes en train de perturber la salle avec vos idées. Ce que vous dites n'est ni plus ni moins que de la désinformation sioniste", lance, menaçant M. Gouasmi. Prenant à témoin la salle tout en plissant du nez, d'un air dégoûté: "Je ne veux pas ouvrir le débat avec ce monsieur. Je sens déjà sa couleur…"

Abel Mestre et Caroline Monnot