SOS Racisme Partenaire de Quat'rues

Affichage des articles dont le libellé est extrême droite. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est extrême droite. Afficher tous les articles

vendredi 9 décembre 2011

Les Inrocks : Identitaires, skins : la face noire de Lyon

Le vieux Lyon, sa cathédrale, ses bouchons... ses fachos. Sur la place Saint-Jean, samedi 14 mai, les touristes ont pu admirer un pot pourri de ce que l’extrême-droite radicale a de meilleur. Un particularisme lyonnais que l’office du tourisme se garde bien de mentionner. Identitaires, hooligans, skinheads et apparentés néo-nazis se sont réunis à l’appel du Bloc identitaire, parti politique depuis 2009. Son président, Fabrice Robert, fut le fondateur du groupuscule Unité radicale dissous après la tentative d’assassinat foireuse de Chirac par Maxime Brunerie en 2002. Robert n’aime guère qu’on le lui rappelle.

Le but de la sauterie du 14 mai ? Tenter d’exister face au Front national – obtenir des conseillers municipaux en 2014 – et lancer la campagne de leur candidat à la présidence, Arnaud Gouillon. Comment ? En créant le buzz avec une “marche des cochons” contre les envahisseurs musulmans, l’ennemi commun. La vidéo de l’invasion du Quick halal de Villeurbanne, le 7 avril 2010, par des identitaires masqués de groins est un hit du net.

Avec les apéros saucissons, la tendance est à l’agit-prop islamophobe. Pour le 14 mai, 500 masques avaient été commandés... avant que la préfecture n’interdise la “pig pride”. En cause ? Son goût douteux et la tenue d’une contre-manif antiraciste créant “un risque certain de confrontation physique”, précise l’arrêté préfectoral. Rebaptisée “manifestation pour la liberté”, le raout du Bloc est autorisé à trois conditions : statique, sans masque et irréprochable.

Sur le parvis de la cathédrale, les 400 manifestants, en majorité masculins, ont le cheveu ras, une bière dans chaque main, des T-shirts “On est chez nous” ou des blousons Lonsdale. Le slogan “l’islam n’a pas sa place en Europe”, martelé par Fabrice Robert, résume le message. Sous la pluie battante, les membres du service d’ordre du Bloc, affublés de T-shirts roses, suent comme des cochons. Hop, à gauche : un télescopage entre une femme voilée et un manifestant évité de justesse. Vite, à droite : un crâne rasé ivre mort veut en découdre avec les CRS. Ceinturé in extremis, ouf. Au milieu : Philippe Billot, un cadre, suggère poliment à un grand gaillard rasé de découvrir son visage.

Grognements. La rééducation prendra du temps. Là : un T-shirt rose baisse de justesse deux bras prêts à faire le salut nazi. Chassez les habitudes… Les frustrés profiteront de la fumée des feux de Bengale pour se soulager. Tout ça sous le regard de 400 policiers et CRS. En fin d’après-midi, une fois relâchée, impossible de maîtriser la bête : kebab saccagé, 80 arrestations, 4 comparutions immédiates et, dit-on, quelques passages à tabac. Une journée de cochons.

Agressions en série

“Agressions à la Croix-Rousse, devanture d’un bar accueillant un concert sénégalais défoncée, deux personnes au look anar agressées, une victime présumée dans le VIe peut-être d’origine maghrébine…” Marion Athiel, militante du Planning familial, fait l’inventaire des infos que le Collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite a récoltées.

Le site d’info alternatif Rebellyon a mis en ligne un appel à témoignages. Depuis un an et demi, le mouvement antiraciste lyonnais dénonce une escalade de la violence d’extrême droite. Comme le 22 janvier 2010, où une trentaine d’hommes transperce le cordon de CRS à l’assaut de la manif contre le débat sur l’identité nationale. Ou encore le 6 mars, place Saint-Jean, où trois militants CNT sont agressés en sortant d’un resto. Dix jours d’ITT pour David. Selon lui, il y a un mode opératoire : un groupe fait des rondes, repère la victime – “Ma tête a circulé sur des vidéos d’identitaires” –, puis téléphone aux renforts restés à picoler dans les pubs. Chez les antifas, ils sont quelques-uns à flipper, voire à se mettre au vert. Le collectif comptabilise plus de 200 jours d’ITT cumulés, sans compter l’agression la plus grave.

Celle de Villeurbanne, le 15 janvier 2011, 23h30, sortie d’un concert organisé par le milieu anarcho-libertaire. Un couple, looké libertaire, remonte la rue des Bienvenus. Neuf individus leur font face. Quatre fondent sur eux, battes à la main. La femme prend un coup à la tempe. “Un hématome sous-dural qui aurait pu lui coûter la vie”, précise Me Sayn, son avocat. Ils s’acharnent ensuite sur son compagnon. 80 jours et 100 jours d’ITT, peut-être des séquelles à vie. Les quatre agresseurs risquent de dix à vingt ans de prison.“Ils s’étaient donné rendez-vous sur le parking”, selon l’avocat. Pour Eric, deRas l’Front, “il y a des chasses à l’homme, une volonté de traquer le gauchiste ou apparenté pour le massacrer”.

"Une impression d'impunité"

En avril 2011, les écolos, les communistes et les socialistes ont rejoint le collectif de vigilance.


“Certains disent que les agressions dénoncées par le collectif sont des affrontements de jeunes désorientés de groupuscules de gauche et de droite, explique le député PS Jean-Louis Touraine, présent à la contre-manif du 14 mai. “Si personne ne nie que des éléments violents existent des deux côtés, c’est différent : le collectif est responsable, respectueux de la non-violence et de la pluralité des opinions. En face, ça ressemble aux ligues des années 30. Ils ont pris de la vigueur, sont plus arrogants, plus visibles, décomplexés par les discours gouvernementaux.”

Pour le spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, “une police et des autorités pas assez fermes peuvent donner une impression d’impunité”.

La réputation de Lyon, ville modérée et humaniste serait-elle usurpée ? Ce serait oublier l’université Lyon-III, née du “traumatisme” de Mai 68, et son lot de négationnistes et d’anciens collabos. La fac de Bruno Gollnisch, ancien n° 2 du FN, et de Pierre Vial. Il y a eu Charles Millon et les accords avec le FN aux régionales de 1997. Autant d’inspiration et de nourriture idéologique pour l’extrême droite “hard” locale. “Ici, le FN est anti-mariniste, il a une plus grande tolérance pour ces mouvements qui gravitent à sa droite”, ajoute Jean-Yves Camus.

"Les identitaires sont les plus dangereux. Les autres sont des beaufs"

A Lyon, il y a une logique de territoire. Il y a la colline qui travaille, La Croix- Rousse et les Pentes, ancien haut lieu de lutte des canuts, avec ses centres sociaux autogérés, ses squats à forte tradition anar et libertaire. En face, il y a la colline qui prie, la Fourvière, le vieux Lyon et son quartier médiéval estampillé catho tradi. Les identitaires lyonnais de Rebeyne! y ont leur local, “la Traboule”. Il y a au Sud, dans le VIIe arrondissement, le quartier popu de Gerland. Les membres de l’association Lyon Dissident – foot, gros rock, bière et baston – à tendance néo-nazie y sont installés, dans le Bunker Korps Lyon (BKL), à deux pas du cimetière israélite. Depuis le 19 mai, il est sous le coup d’une fermeture administrative provisoire. Intimidations, insultes au mégaphone aux prisonniers du centre de semi-liberté d’en face, bagarres avec des antifas, le voisinage s’en plaint.


“Une mère de famille d’origine maghrébine s’est fait frapper par de soi-disant supporters de foot, une ratonnade oui”, rapporte Farouk Korichi, porte-parole de l’asso Jeune action Gerland. “Les identitaires posent des autocollants ‘zone antiracailles’ dans le quartier ; charmant, non ?”

Officiellement, pour la com’, les deux groupes n’ont aucun lien. Propre et éduqué pour les identitaires. Crasse et popu pour ceux de Gerland. “On n’a rien à voir avec les supporters de foot ou les skins qui commettent les violences, nous on fait de la politique”, rétorque Fabrice Robert. Philippe Bouvard du collectif de vigilance n’est pas d’accord : “Ils présentent leur local comme un lieu d’autodéfense, ils sont aussi bagarreurs que les néo-nazis et les tarés : ils veulent libérer les berges de la racaille, sécuriser Saint-Jean !”

“Les identitaires ne peuvent pas rompre avec les tarés car ils les utilisent : ils gonflent leur troupe, sécurisent les manifs, participent à des actions communes contre les antifas”, estime David avant d’ajouter : “Les identitaires sont les plus dangereux, ils ont lu Gramsci ; les autres sont des gros beaufs, des gros bras, leurs SA.”

Anne Laffeter
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/66155/date/2011-06-06/article/identitaires-skins-la-face-noire-de-lyon/

Le Vieux Lyon ne veut pas devenir Facho-land


Violences / En avril 2011, les Identitaires lyonnais, groupe actif d’extrême-droite, officialisaient leur local dans le Vieux Lyon (5e). Depuis cette date, les commerçants et les habitants de ce quartier dénoncent la multiplication d’agressions et de dégradations. Pour ces riverains, il y a un lien de cause à effet.

©Maxppp / 14 mai 2011, « Rassemblement pour la liberté » de l’extrême-droite à l’initiative des Identitaires, place Saint-Jean, à la suite de l’annulation par le préfet de la Marche des cochons.
Le Vieux Lyon, ses immeubles florentins, ses rues pavées, ses bouchons. C’est un quartier musée, fréquenté par les touristes et les Lyonnais en goguette. Les puissantes associations d’habitants et de commerçants se mobilisent habituellement pour la préservation de ce patrimoine et de son cadre de vie. Mais depuis septembre, elles n’ont de cesse d’alerter sur la présence de la Traboule, un local ouvert par les Jeunes Identitaires qui seraient, selon eux, cause de nombreux incidents portant la marque de l’extrême-droite.
En première ligne, Strada Nova, une association d’habitants et de commerçants de la rue Juiverie, située à vingt mètres du local des Identitaires, s’insurge. Ce sont les premiers à avoir dressé une liste des événements liés à l’extrême-droite, ici détaillée :
  • 9 avril 2011 : Agression place du Change de plusieurs personnes par une quinzaine d’individus armés de barres de fer, sortant du local « La Traboule ».
  • 14 mai : Organisation d’un rassemblement place Saint-Jean en remplacement de la Marche des cochons et manifestation entre la rue Lainerie et la rue Saint-Jean, lors de laquelle des slogans islamophobes, des saluts nazis et le saccage de deux restaurants kebabs sont perpétrés.
  • Entre les mois de mai et juin : à deux reprises chaque fin de semaine, des groupes d’une trentaine de personnes sortant du local « La Traboule », armées de bâton ou de barres de fer, improvisant de violentes manifestations de rue plusieurs heures durant. La police semble être intervenue au moins une fois.
  • En juin : deux plaques « Rue Juiverie » sont démontées et une autre détériorée ; on y retrouve des inscriptions à caractère antisémite; depuis, après intervention de la Renaissance Vieux Lyon, ces plaques ont été remplacées et nettoyées.
  • Début juillet : saccage de fond en comble d’un « bar oriental » installé récemment rue de la Loge au pied de la montée du Change ; des inscriptions nazies sont relevées par la police, du type « Hitler n’a pas fini le travail ». Cette dernière interroge les occupants du local « La Traboule », une enquête en cours évoque « d’obscures raisons de voisinage qui auraient dégénérées », sans qu’il soit énoncé que les Identitaires y soient mêlés.
Quels liens entre la présence des identitaires et les actes d’extrême-droite ?
Fort de ce recensement, l’association de la rue Juiverie a saisi Renaissance Vieux Lyon (RVL), une institution à Lyon. C’est notamment à cette association, qui revendique 600 membres, qu’on doit le classement du quartier au patrimoine mondial de l’Unesco.
Une délégation de la RVL, conduite par Annick Lioud, présidente, qu’accompagnait Yves Neyrolles, vice-président et membre de la commission « vie de quartier », a rencontré le commissaire du 5e arrondissement le 14 octobre dernier. Yves Neyrolles raconte :
« Nous lui avons présenté un dossier contenant notamment la liste des événements (établis par Strada Nova, NDLR) qui nous paraissent porter la marque du groupe Identitaire installé au 3/5 Montée du Change. En dehors du démontage des plaques, qu’il apprenait, le commissaire nous a dit que la police essayait de trouver des indices pour relier ces événements-là avec l’installation du local des Identitaires. Il prend ce dossier très au sérieux et il a fait remonter celui-ci auprès de ses supérieurs. Pour nous, à la RVL, il nous semble qu’il y a un lien entre ces événements et la présence du local La Traboule, montée du Change ».
Détérioration d'une des plaques "Rue Juiverie" en juin 2011. Avec un autocollant d'un groupuscule d'extrême-droite, le Parti Solidaire FrançaisDétérioration d’une des plaques « Rue Juiverie » en juin 2011. Avec un autocollant d’un groupuscule d’extrême-droite, le Parti Solidaire Français
La Marche des cochons, un révélateur
En parallèle, employés et bénévoles de la MJC Vieux Lyon, très choqués par la tenue du rassemblement Identitaire du 14 mai dernier, sous leurs fenêtres, ont rejoint le Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite, en représentant la fédération régionale des MJC. Cette manifestation, d’abord baptisée Marche des cochons, avait été interdite par le préfet du Rhône puis finalement autorisée sous un autre nom, celui de Rassemblement pour la liberté. Le « Collectif Vigilance », qui regroupe une trentaine d’organisations de gauche, avait fortement protesté contre l’événement. La Maison des jeunes envisage depuis de tenir un café-citoyen sur le thème de l’extrême-droite à Lyon. La présidente de la structure, Aurélie Borg, justifie l’inscription de la MJC dans cette démarche :
« Il est important pour nous de ne pas rester inactif par rapport à la présence de l’extrême droite et plus particulièrement des identitaires au discours raciste qui appellent à la haine et à leur dangerosité ».
Les voisins chargent les identitaires
Ils n’appartiennent à aucune structure mais ils essayent de faire entendre leur voix auprès de la municipalité, de la police ou du Collectif Vigilance. Des voisins, par deux fois, témoignent contre les identitaires.
Le 9 avril, vers 19 heures, deux personnes se font rouer de coups place du Change. L’un deux a la mâchoire cassée en deux partie. Un des habitants de la montée du Change nous a envoyé ce texte :
« J’ai été témoin d’une sortie musclée de jeunes Identitaires qui - munis de barres de fer et de bombes lacrymogènes de grande taille – ont été une dizaine à sortir de leur local et à descendre précipitamment l’escalier de la montée du Change. Quelque chose que je n’ai pas vu s’est déroulé à l’angle en bas, vers la rue Juiverie. Quelques instants plus tard, ils remontaient en courant l’escalier pour se réfugier dans leur local. Puis la BAC et la police sont arrivées et ont contrôlé les identités des Identitaires (qui ont eu le temps de ranger le matériel dans leur local) ».
Le 15 mai, vers minuit, un couple habitant rue Juiverie, dont les fenêtres donnent sur le local Identitaire, sont témoins d’une tentative de passage à tabac. Ils racontent :
« Une personne d’origine maghrébine, sortant du bar à chicha, s’engage dans les escaliers. Trois jeunes Identitaires qui squattent devant leur local, sur les marches, descendent quatre à quatre les escaliers. Coups de genoux, coups de tête. Un ancien les a ensuite rappelé à l’ordre. Ils sont remontés au local. La victime s’est enfuie en contrebas ».
Les Identitaires nient en bloc
Le porte-parole des Jeunes Identitaires Lyonnais, Damien Rieu rejette la paternité de tous ces événements. « C’est comme si on accusait les syndicats des débordements à la suite d’une manifestation », déclare-t-il. S’agissant du tabassage du 9 avril qui s’est déroulé à une trentaine de mètres de leur local, il reste toutefois plus prudent : « une enquête est en cours. Je réserve mes déclarations à la Justice ». Et il contre-attaque en accusant le Collectif Vigilance :
« Ils sont d’extrême-gauche. Ils manipulent les commerçants en les montant contre nous. On va organiser prochainement une soirée porte-ouverte pour montrer qu’on ne fait rien d’illégal. C’est nous qui sommes victimes de provocations ».

Saccage d’un kebab, rue Saint-Jean, le 14 mai 2011
La municipalité : « une volonté authentique de lutter contre l’extrême-droite »
En charge de cette question à la Ville de Lyon, le premier adjoint en à la sécurité, Jean-Louis Touraine (PS) a pesé pour que la municipalité prenne la mesure de ces événements. Politiquement, tout d’abord, il a fait en sorte que le parti socialiste rejoigne le Collectif Vigilance. Dans la gestion municipale, ensuite, il essaye de poursuivre tous les actes répréhensibles, sans aller, pour l’instant jusqu’à l’interdiction du local. La mairie n’a saisi le procureur de la République que pour « les tags et l’affichage à caractère xénophobe et raciste rue Juiverie ».
Jean-Louis Touraine explique :
« La municipalité ne peut interdire un local à part quand il y a un trouble à l’ordre public. Il nous faut des éléments de preuve. Il est clair que leur façon d’exister, ce n’est pas la persuasion douce mais l’action violente ».
Les Identitaires ne sont pas les seuls
D’autres groupes d’extrême-droite fréquentent assidûment le Vieux Lyon. Alexandre Gabriac, exclu du Front National pour un salut nazi , a ses habitudes avec ces amis des Jeunesses Nationalistes dans les pubs du quartier. C’est dans un de ces pubs au nom anglo-saxon que l’organisation étudiante Groupe Union Défense (GUD) a été recréée à Lyon en septembre par un proche de Gabriac, Steven Bissuel. Pour l’instant aucune procédure à propos des événements du Vieux Lyon ne les concernent.
Il y a aussi les hooligans du stade dont la philosophie pourrait se résumer à « bière, foot, baston » et qui ne rechignent pas à la provocation néo-nazie (bras tendu et croix-gammée). Depuis la fermeture au public de leur local à Gerland en mai, le Bunker Korps Lyon , ils n’ont plus de lieu de rassemblement et viennent s’abreuver les jours de fin de semaine dans le Vieux Lyon. Un représentant du Collectif Vigilance, qui préfèrent garder l’anonymat, pointe les liens entre ces groupes radicaux et les Identitaires :
« La présence et le discours de haine des Identitaires font qu’ils se croient tout permis. Ils se donnent des coups de main quand il faut faire le nombre ».
Pour la préfecture, « c’est l’extrême-droite contre l’extrême-gauche »
Contacté, le préfet de police, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, n’a souhaité apporter « aucun commentaire ». Dans ses dernières déclarations, son supérieur, le préfet Jean-François Carenco, a parlé d’un affrontement opposant extrême-droite et extrême-gauche. Cette thèse est fermement rejetée par Jean-Louis Touraine et le Collectif Vigilance. Le représentant du Collectif Vigilance commente :
« C’est une manière de se dédouaner de ce qui s’est passé le 14 mai à Saint-Jean puis plus tard dans la soirée au bar le Phoebus, à la Croix-Rousse, qui a subi une véritable attaque de nervis d’extrême-droite, faisant plusieurs blessés. À ce jour, il n’y a toujours pas d’enquête d’ouverte. Plus globalement, si le collectif ne mettait pas la pression, il y aurait moins de témoignages et de poursuites. Et il y en a déjà peu ».
Et depuis le 6 mars 2010, jour où trois syndicalistes de la CNT se sont faits frapper, la majorité des militants identifiés « antifascistes » ne préfèrent plus mettre les pieds à Saint-Jean, surtout en soirée. Déjà une victoire pour l’extrême-droite.
> Article modifié à 22h21 avec la précision suivante : la fédération régionale des MJC a rejoint le collectif 69 de Vigilance contre l’extrême-Droite, représentée par la MJC du Vieux Lyon
Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite : MFPF, RESF, CGA, CNT, FSE, Sud éducation, Solidaires, la CGT vinatier et CGT éducation, CRASS, PG, le PIR, NPA, GU, PS, PCF, SOS RAcisme, LDH, le CRI, UJFP, Les Voraces, La Rafal, Résistance Citoyenne Ouest Lyonnais, Ras l’Front, MRAP, Jeunes Ecologistes

Le Vieux Lyon ne veut pas devenir "Facho-land" - Njuice

vendredi 14 octobre 2011

Mobilisation à Lyon contre un banquet en hommage à Pétain - France - Toute l'actualité en France - France Info


 France Info - Le "Forum de la Nation" organisé par l'Oeuvre française commémore cette année le 60e anniversaire de la mort du maréchal Pétain - DR  


C’est "une réunion privée qui se tient dans un lieu privé" : le préfet du Rhône affirme n’avoir aucun moyen "juridique" d’empêcher la tenue de ce banquet en hommage au maréchal Pétain, qui doit réunir samedi quelque 400 invités.

La Ligue des droits de l’Homme, la Licra et SOS Racisme avaient saisi le préfet pour faire interdire ce rendez-vous "inacceptable".

Organisé par le mouvement d’extrême droite l’Œuvre Française, le 14e "Forum de la nation" qui se tient samedi dans le pavillon du Parc de la Tête d’Or à Lyon, a pour thème "Les nationalistes et le mouvement national".
Parmi les intervenants, on trouve Alexandre Gabriac, un conseiller régional exclu du FN en avril dernier après la diffusion d’une photo le montrant en train de faire le salut nazi. Des représentants de l’extrême droite ukrainienne ou encore de la Phalange espagnole figurent en bonne place parmi les invités.

Mobilisation à Lyon contre un banquet en hommage à Pétain, précisions de Rémy Brancato (0'56")



Delphine Sall, membre du bureau national de SOS racisme, vice-présidente du comité régional Rhônes-Alpes avec Gilbert Chevalier (2'34")


Ce colloque s’achèvera par un dîner, dans un lieu tenu secret, en hommage au maréchal Pétain. Un dîner de gala qui devrait réunir 300 à 400 invités triés sur le volet par l’organisateur, Yvan Benedetti, un élu local également exclu du Front national, ancien collaborateur de Bruno Gollnisch.
"Les propos xénophobes et l’apologie du nazisme, comme du pétainisme son enfant bâtard, n’ont pas leur place dans l’espace public" : c’est en ces termes que la Ligue des droits de l’Homme, dans un courrier adressé au préfet du Rhône, a demandé l’interdiction de ce banquet "inacceptable" célébrant le 60e anniversaire de la mort de ce "dictateur à la tête de l’Etat français collaborationniste".
Saisi par la LDH, mais aussi la Licra et SOS Racisme, le préfet Jean-François Carenco répond qu’il n’a "juridiquement" aucun moyen d’interdire cette "réunion privée dans un lieu privé (…) Si jamais devaient sortir dans la presse des propos haineux, racistes ou négationnistes, je saisirais le procureur de la République et je déposerais plainte conformément à la loi", souligne toutefois le préfet Carenco.
Rémi Brancato, Gilles Halais

Mobilisation à Lyon contre un banquet en hommage à Pétain - France - Toute l'actualité en France - France Info