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mercredi 3 juin 2009

Alain Jackubowicz : « Mon client doutait au point de quitter la France »

Le tribunal correctionnel de Belley a rendu son jugement mardi après-midi dans une affaire "d’injures à caractère raciste" sur un terrain de football. Un joueur d’une équipe amateur a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, à 100 heures de travail d’intérêt général et à verser 1.500 euros de dommages et intérêts. C’est la première fois qu’un footballeur est jugé pour de tels faits. Le 25 janvier dernier, Makam Traoré avait été insulté lors d’un match de 2e division de district, dans l’Ain. La défense, qui fait appel de la décision, dénonce des pressions médiatiques qui ont amené à une condamnation rapide. L’avocat de la victime, Alain Jakubowicz, est satisfait.

Lyon Mag.com : Avec ce délibéré, y’a-t-il une prise de conscience du racisme sportif, notamment dans les milieux amateurs ?

Alain Jakubowicz : La justice a déjà pris conscience il y a bien longtemps de ce problème. Mais elle ne peut rendre des jugements que si on lui défère des faits. Jusqu’à présent, c’était plutôt la théorie du silence qui régnait. Dans notre cas, un joueur est poursuivi, l’arbitre est sorti de son silence, qui est généralement imposé. Ce qui évolue, ce n’est pas la justice mais plutôt les mentalités dans le sport en général, et dans le sport amateur en particulier.

Votre client se satisfait-il de ce jugement ?

Makam Traoré doutait tellement de la justice française qu’il était sur le point de quitter le pays et d’abandonner sa nationalité française. Il y avait donc un besoin de le remettre en confiance pour qu’il reste dans un pays qui est le sien. Je lui ai expliqué que la vérité a été rendue, par une décision de justice. Et que le plus important est qu’il ait été reconnu en tant que victime dans cette affaire.

A votre avis, les langues vont-elles se délier dans le milieu sportif amateur après ce délibéré ?

Oui, je le pense et surtout je l’espère. J’espère également que les arbitres vont désormais avoir un rôle différent dans ce type de cas. Ils ont un rôle existentiel à jouer, d’une part sur le terrain, mais aussi dans la société.

Propos recueillis par Gwenaël Windrestin

mercredi 29 avril 2009

Harlem Désir dénonce «une nébuleuse de la haine» chez Dieudonné - leParisien.fr

Harlem Désir, tête de liste européenne du PS en Ile-de-France, considère que la candidature de Dieudonné et de ses co-listiers pour les élections de juin prochain émane d'une «nébuleuse de la haine».

«Cette candidature est celle d'une nébuleuse de la haine», commente l'eurodéputé socialiste dans un communiqué ce samedi.

Après avoir lancé sa campagne le 21 mars dans son théâtre de la Main d'Or à Paris (voir la vidéo en cliquant ici), l'humoriste controversé a annoncé ce vendredi qu'il présenterait au moins cinq listes «anti-sionistes» au scrutin européen du 7 juin.
«Les listes présentées par Dieudonné sont fondées sur des principes radicalement contraires aux valeurs humanistes de l'Europe», poursuit l'ancien président de SOS Racisme. «La dernière obscénité de Dieudonné, qui a fait défiler un figurant en costume rayé de déporté sur scène, montre son mépris pour la Shoah et la déportation, pourtant le plus grand crime de l'histoire de notre continent».

Dans plusieurs quartier de la banlieue d'Île-de-France, les listes Dieudonné - baptisée à l'époque Europalestine - avaient réalisé de bons scores aux derrnières élections europénnes.


«Surtout, cette annonce achève de démontrer s'il en était besoin que Dieudonné n'est pas un humoriste mais un agitateur d'extrême droite qui véhicule des idées nauséabondes», selon Harlem Désir qui «renvoie dos-à-dos Marine Le Pen et Dieudonné».


Approfondir : Tariq Ramadan avec Dieudonné et Soral : vers l'antisémitisme? sur Mémorial 98


jeudi 9 avril 2009

Grèce : défaite contre le négationnisme - le blog memorial98

La cour d'appel d'Athènes a acquitté le 28 Mars le négationniste Plevris, suivant en cela le réquisitoire du procureur,.
Plevris,avocat et militant néonazi autoproclamé, avait été condamné en Décembre 2007 en première instance à 14 mois de prison pour un brûlot antisémite intitulé 'Les Juifs, toute la vérité' (voir notre article de l'époque Grèce: première condamnation d'un néo-nazi ).."

Dieudonné sera poursuivi pour avoir invité Faurisson sur scène

Dieudonné a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, mercredi 8 avril, pour 'injures raciales' pour avoir remis, fin décembre sur la scène du Zénith, un 'prix de l'infréquentabilité' à l'historien Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour ses thèses négationnistes. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 29 décembre, quelques jours à peine après que l'humoriste a accueilli l'historien sur la scène du Zénith.

Au terme de l'enquête, le parquet de Paris a 'engagé des poursuites pénales à l'encontre de Dieudonné Mbala Mbala des chefs d'injures commises à l'encontre d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, en l'espèce des injures antisémites', explique une source judiciaire citée par l'AFP. Le procès aura lieu le 5 mai à 13 h 30, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Plusieurs municipalités, comme Besançon, Caen ou Belfort, ont récemment annulé des spectacles de l'humoriste, qui compte présenter en Ile-de-France, une liste "anti-sioniste" aux élections européennes en raison de ses provocations. Le Monde

vendredi 3 avril 2009

Actualité judiciaire


Verdict dans le procès en appel contre kémi Séba

Aujourd’hui la 11 ème chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Paris la rendu son arret dans le procès en appel contre kémi Séba. Alors que le parquet avait requis six mois ferme à l’encontre de Kémi séba ainsi qu’une privation de ses droits , la cour l’a condamné à huit mois avec sursis.

SOS Racisme regrette qu’à la veille des élections européennes et de la constitution des listes, la Cour n’ait pas suivi les réquisitions du parquet.

Kémi Séba était poursuivi pour provocation à la haine raciale, diffamation raciale, contestation de crimes contre l’humanité et injure raciale pour la publication d’un texte publié sur Kemiseba.com intitulé "DESIONISATION, DEDOMMAGEMENT, RAPATRIEMENT". SOS Racisme


Propos négationnistes de Le Pen

Jean-Marie Le Pen a réitéré ses propos négationnistes aujourd’hui dans l’enceinte même du Parlement Européen : « « Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire de la seconde guerre mondiale, ce qui est une évidence ». Ces propos d’une extrême gravité ne sont qu’une tentative pitoyable pour le leader du Front National de continuer à exister médiatiquement. Après avoir tenu ces propos en septembre 1987, puis en 2005 et en 2008, le leader du FN vient de nouveau distiller la haine en qualifiant de détail le plus important génocide de l’Histoire.

Ce nouvel événement vient souligner l’importance de modifier le règlement intérieur du Parlement européen afin que Jean-Marie le Pen ne puisse présider, en tant que doyen, la session inaugurale du Parlement après les prochaines élections européennes.

SOS Racisme demande à ce que le Parquet engage des poursuites à l’encontre de J.-M. Le Pen. SOS Racisme


Les profanateurs du cimetière d'Herrlisheim jugés pour tentative de meurtre

Emmanuel Rist a été interrogé mardi sur ses opinions racistes au procès du cabanon qui s'est ouvert devant la cour d'assises du Haut-Rhin où il est poursuivi pour tentative de meurtre à l'encontre d'un retraité marocain, grièvement blessé par une explosion en 2005.

Le coauteur de la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim, déjà condamné à 30 mois de prison, comparaît aux côtés Laurent Boulanger, 28 ans, pour l'explosion du cabanon de jardin de Lhabib Benamar, 66 ans.Le retraité avait été grièvement blessé le 8 septembre 2005 à Rouffach (Haut-Rhin) au moment où il ouvrait la porte de l'abri.

La personnalité de Rist, 39 ans, ancien agent de sécurité et dessinateur de presse, a longuement été évoquée à l'audience. Ses proches parlent d'un "enfant comme les autres", "normal" ou encore d'un homme gentil et serviable. Sa mère reconnaît cependant qu'il collectionnait des objets du IIIe Reich.Aucun d'eux ne se souvient l'avoir entendu proférer des propos racistes et sa femme Sabine Morgenthaler dit n'avoir rien su.L'avocat de Rist, Renaud Bettcher, lui demande alors d'expliquer une photo montrant leur fils Mao aux côtés d'enfants noirs en Afrique. Les sanglots dans la voix, elle évoque un projet commun qui était de subventionner une famille pour l'achat d'une pirogue, et indique que son mari n'a jamais été opposé au contact de leur enfant avec des Africains.A propos d'une plaque de rue Adolf Hitler Strasse et d'un tableau d'Hitler présents à son domicile, la présidente Mme Marie-Emmanuelle Badinand s'interroge sur sa passion pour le dictateur allemand.Dans le box des accusés, Rist, vêtu d'une chemise noire, évoque "une passion pour l'Allemagne" en raison de son patronyme. Ayant voyagé au Canada, en Afrique en Inde et au Tibet, il explique que ces pays l'ont ouvert sur le monde et dit avoir "pris du recul" sur son passé et ses convictions racistes.

"Mais pourquoi le Tibet ?", lui demande l'avocat de SOS Racisme Michaël Allouche qui fait allusion à une unité du IIIe Reich partie au Tibet à la recherche du berceau de la race aryenne. "C'est un voyage personnel qui ne regarde que moi et ma femme", rétorque Rist, laconique... AFP

Affaire Dezempte : l'épilogue ?

Poursuivi pour discrimination, le maire de Charvieu-Chavagneux a été relaxé par la Cour d'appel de Lyon. Mercredi 04 février, Gérard Dezempte, maire de Charvieu-Chavagneux (Isère), a été relaxé par la Cour d'appel de Lyon. C'est un nouvel épisode dans ce long feuilleton judiciaire entamé il y a neuf ans. La mairie avait usé de son droit de préemption pour acheter un pavillon convoité par un couple de Français d'origine magrébine.

La justice a finalement tranché : cette décision ne constitue pas un acte discriminatoire. L'arrêt de la cour d'appel de Lyon pourrait cependant ne pas clore ce dossier. En effet, SOS Racisme, partie civile au procès, s'est pourvue en cassation, la cour d'appel n'ayant pas suivi sa demande de requalification des faits. Le MRAP, également partie civile, et les plaignants devraient en faire de même. France 3

Voir le reportage de France 3

Peine confirmée en appel pour discrimination raciale au logement
Un agent immobilier, poursuivi pour avoir exercé une discrimination raciale au logement en ne fournissant pas les mêmes annonces aux clients de couleur qu’à ceux d’origine européenne, a vu sa peine confirmée par le tribunal d’Amiens. SOS Racisme veut maintenant poursuivre les propriétaires des biens commanditaires de ces discriminations.
Le gérant d’une société immobilière poursuivi pour discrimination raciale a vu sa peine confirmée en appel par le tribunal d’Amiens : trois mois de prison avec sursis et 2.000 euros d’amende. En revanche, le tribunal a réduit l’amende contre la société, qui passe de 10.000 euros à 3.000 euros, considérant que le patron avait fait cesser l’infraction suite à la plainte. C’est l’association SOS Racisme qui avait porté plainte après avoir réalisé, en 2001, un testing suite à la dénonciation d’une ancienne employée. Lors du testing, dans l’agence Mil’im, qui fournit des listes de logements, le client de couleur avait reçu moins d’offres que celui d’origine européenne.

Selon l’enquête menée suite à la plainte, les fiches d’annonces sur lesquelles étaient noté «code 3», signifiant «ni noir, ni arabe», n’étaient pas mises à disposition des clients de couleur. Au total, 304 fiches présentaient ce code. SOS Racisme entend désormais porter plainte contre les propriétaires de ces logements. «Malgré tout, c’est quand même une victoire importante sur laquelle SOS Racisme va s’appuyer pour réclamer des poursuite contre les 304 propriétaires de biens», a déclaré Samuel Thomas, vice-président de l’association. Batiactu

vendredi 27 février 2009

L'évêque Williamson demande «pardon devant Dieu»


Le prélat intégriste qui avait nié l’existence des chambres à gaz regrette dans une lettre «la douleur» qu’il a causée aux survivants et aux parents des victimes de la Shoah. Il estime cependant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien».
Arrivé ce mercredi en Grande-Bretagne après avoir été déclaré persona non grata en Argentine, Richard Williamson demande «pardon devant Dieu» à tous ceux qu’il a blessés pour ses déclarations négationnistes.
Dans une lettre publiée ce jeudi à Rome, formulée de façon très ambiguë, l’évêque intégriste regrette «la douleur» qu’il a causée «avant tout à l’Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich». Mgr Williamson, l’un des quatre évêques intégristes dont le pape a levé l’excommunication le 24 janvier, a fait scandale en niant à la télévision suédoise l’existence des chambres à gaz et en minimisant l’ampleur de la Shoah. «Je demande pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j’ai dit», ajoute-t-il, précisant avoir «seulement exprimé l’opinion d’un non-historien». L’agence de presse catholique Zenit qui a diffusé la lettre précise qu’elle lui a été transmise par la commission Ecclesia Dei présidée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, chargée par le Vatican des négociations avec les intégristes. (Source AFP) Libération

mercredi 25 février 2009

Les étranges amitiés de Dieudonné

C'est l'histoire d'un humoriste dont les meilleurs amis d'aujourd'hui sont ses pires ennemis d'hier. D'un comique qui, il y a douze ans, s'engageait en politique, à Dreux (Eure), contre Jean-Marie Le Pen, qu'il qualifiait alors de "grand marabout borgne", et qui offre désormais son théâtre à des courants politiques plus radicaux encore que le Front national.

Jadis proche de la gauche alternative, Dieudonné, 43 ans, est devenu une sorte de caisse de résonance pour une frange composite de l'extrême droite française. Ces liaisons dangereuses, il les assume publiquement. L'occasion nous a été donnée de le constater récemment au Théâtre de la Main d'or. Ce soir-là, l'humoriste donne dans sa salle du 11e arrondissement de Paris une représentation de son spectacle J'ai fait le con. Le même show, qui, un mois auparavant, le 26 décembre 2008, avait fait scandale : Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un "Prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par son régisseur Jacky, vêtu d'un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune.

Ce 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s'est donné rendez-vous, à l'invitation de Robert Faurisson, dont le 80e anniversaire tombait quelques jours plus tôt. Il y a là une petite famille marginalisée de militants qui nient la réalité du génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale et n'apparaissent que très rarement ensemble, compte tenu de l'hostilité qu'ils suscitent.

Un carré de places leur a été réservé au pied de la scène à la Main d'or. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d'holocaustes), domicilié à l'étranger et sous le coup d'une interdiction d'accès en France. A leurs côtés, Ginette Skandrani, ancienne militante des Verts, exclue de cette formation pour ses collaborations à l'Aaargh, et qui a fait partie du bureau de campagne de Dieudonné quand l'humoriste envisageait de se présenter à l'élection présidentielle de 2007.

Le théâtre est tout petit, 150 sièges à vue d'oeil. Des jeunes plaisantent entre eux. Ils appartiennent à cette partie du public, plutôt masculine et métissée, qui semble ignorer la dimension politique de cette soirée. Pourtant, outre les négationnistes, plusieurs courants de l'extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y a là Charles-Alban Schepens, l'un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule "catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire", qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, du maréchal Pétain et des Phalanges espagnoles. On remarque aussi des membres du courant "nationaliste révolutionnaire", qui combine idéologie fasciste et anti-impérialisme, ainsi que le patron d'une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads.

Tous ceux-là apprécient comme autant de clins d'oeil les allusions à la Shoah et au pouvoir prêté aux juifs qui parsèment le spectacle. Comme au début de la représentation, quand une voix off demande, étrangement, avant le lever de rideau l'extinction des téléphones portables "en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale". Une heure et demie plus tard, quand la salle se vide, les plus militants font la queue pour serrer la main de Robert Faurisson, qui restera avec ses alter ego au théâtre pour y souper avec Dieudonné.

Pour l'humoriste et ses amis, il n'y a plus désormais ni gauche ni droite. Il y a le système - comprendre "l'axe américano-sioniste" - et les ennemis du système. D'où l'étrange attelage qui gravite autour de lui : chiites radicaux du Centre Zahra, héritiers de Maurras, quelques jeunes de banlieue et des étudiants membres de l'extrême droite musclée. Ce 29 janvier, la sécurité était assurée par des jeunes gens barbus, habillés à la manière des salafistes... Lire la suite sur Le Monde

dimanche 15 février 2009

Pétain, le Taser et les races : Le Pen veut récupérer ses électeurs

Parrainage de la fille de Dieudonné, prédiction d'un 'Ben Gaudin' à la mairie de Marseille... Jean-Marie Le Pen cherche à exister de nouveau, avec son arme de prédilection: la provocation.
Vieille recette certes, mais seule planche de salut pour un Front national en état de décomposition avancée, qui ne désespère toutefois pas de faire revenir dans son giron les électeurs frontistes siphonnés par Nicolas Sarkozy en 2007. Et la manoeuvre vient de prendre un tournant plus patent encore, avec l'interview accordée par le leader du FN, ce dimanche au Parisien.
Il faut dire que le moment est opportun: après deux ans d'échecs électoraux, se profilent en juin les européennes au cours desquelles Jean-Marie Le Pen entend agréger les nonistes de droite. Alors, il ne prend même plus de pincettes pour évoquer le holp-up réussi de l'UMP sur ses sympathisants:
"En 2007, M. Sarkozy a capté une partie de mon électorat en copiant une partie de mon discours. C'était une arnaque car depuis, comme prévu, il dérive à gauche. Sarkozy répète sans cesse qu'il a tué le FN. Eh bien, il se trompe: le FN n'est pas mort car il chante encore. Les deux tiers de ceux de nos sympathisants qui s'étaient laissés tenter par Sarkozy sont en train de décrocher. Qui trop embrasse mal étreint."
Reconnaître pour mieux combattre. Telle est la méthode choisie par le chef de l'extrême droite âgé de 80 ans pour relever un parti aux abois, tant politiquement (les cadres en proie à une guerre de succession avec Marine Le Pen quittent le parti un à un) que financièrement (vente du siège, condamnation à rembourser sept millions d'euros de dettes auprès d'un ancien eurodéputé frontiste...).

Sarkozy trop à gauche, mais Le Pen voterait Aubry

Comme un amateur de poker plumé qui tente de se refaire en un coup, Jean-Marie Le Pen joue son va-tout. Exit la tentative de républicanisation du FN initiée par sa fille, place au spectacle. Aussi peu ragoûtant soit-il. L'interview donnée au Parisien s'apparente à un festival nauséabond.

Pour chauffer la salle, on revient d'abord sur ses dernières réussites médiatiques: Marseille ("le maire serait forcément musulman") et Dieudonné ("un chansonnier qui le mérite de la liberté"). On loue aussi "l'image du père, celle du vieux chef", "de De Gaulle à Pétain".

Et puis on accélère en convoquant "la liberté de penser et la liberté d'opinion" pour évoquer la levée de l'excommunication d'évêques négationnistes, en estimant que la crise est due à une "politique raciale des subprimes" ("on a voulu fournir des maisons à des gens qui n'avaient pas les moyens de se les payer et on l'a fait parce qu’ils étaient noirs"), ou encore en révélant avoir des actions "chez Taser".

Mais à force de flirter avec la caricature, on finit par tomber dans le ridicule. Juste après avoir dénoncé un Nicolas Sarkozy qui "dérive à gauche" et qui "ne peut pas espérer aller de l'extrême droite à MM. Besson et Kouchner", Jean-Marie Le Pen avoue qu'il "essaierait" bien... Martine Aubry, en cas de second tour PS-UMP en 2012.

Preuve, s'il en est besoin, que le toujours président du FN jusqu'en 2010 est désormais prêts à tous les arguments pour son électorat ayant troqué leur bulletin FN contre un vote UMP que l'actuel chef de l'Etat n'est qu'un gauchiste responsable du marasme économique.

Il a passé vingt ans à se présenter comme le meilleur ennemi de Jacques Chirac, il pensait la stratégie d'opposition révolue avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, il a compris qu'il avait eu tort, et l'affirme aujourd'hui sans détour: "Sarkozy a enfilé les bottes de Chirac."

Sarkozy riposte encore avec les tests ADN... Lire la suite sur Rue 89

vendredi 13 février 2009

SOS-Racisme - Touche pas à mon pote !

SOS Racisme condamne les propos tenus par Jean-Marie Le Pen ce dimanche à l’occasion de son annonce de candidature pour les élections régionales. Alors qu’il vient d’être condamné le 4 février par la justice pour provocation à la discrimination raciale, le leader d’extrême droite récidive et instrumentalise de nouveau les préjugés et la haine dans une tentative pitoyable pour continuer à exister médiatiquement. Par ces propos, il procède à la fois à la stigmatisation de ce qu’est pour lui la figure de l’immigré, rangé par la même au rang de danger et à l’évocation d’une période historique où les thèses racistes structuraient l’organisation sociale.
Suite à ces déclarations nous espérons que le parquet prendra toute ses responsabilités afin d’empêcher que ce type de propos soient tenus et que l’idéologie qui les sous-tend ne soit banalisée. Nous nous réservons la possibilité de nous constituer partie civile." SOS Racisme

dimanche 8 février 2009

Le Pen: «Un jour le maire de Marseille s'appellera Ben Gaudin»

Nouveau dérapage du président du FN, qui vient pourtant d'être condamné pour provocation à la discrimination raciale. Le président du Front national Jean-Marie Le Pen, qui vient d’être condamné pour provocation à la discrimination raciale, a évoqué dimanche à Marseille «le jour où le maire s’appellera peut-être Ben Gaudin» en raison du nombre supposé d’habitants arabo-musulmans de la ville.

Lors d’une conférence de presse, M. Le Pen a affirmé que le maire UMP Jean-Claude Gaudin, «prétend qu’il y a 300.000 musulmans à Marseille, le jour où ils seront 800.000 le maire ne s’appellera plus Gaudin mais peut-être Ben Gaudin».

«L’immigration de masse tend à prendre l’allure d’une véritable colonisation», a encore affirmé le président du parti d’extrême-droite venu préparer les européennes de juin pour lesquelles il est tête de liste du FN dans le Sud-Est.

Le 4 février, la Cour de cassation avait rejeté un pourvoi formé par M. Le Pen, rendant définitive sa condamnation à 10.000 euros d’amende pour provocation à la discrimination raciale, pour des propos sur les musulmans de France tenus en avril 2004 au journal d’extrême droite Rivarol.

Le 2 avril 2004, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Jean-Marie Le Pen pour une interview au quotidien Le Monde du 19 avril 2003, dans laquelle il avait déclaré: «le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont».

Un mois plus tard, M. Le Pen avait réédité dans une interview à Rivarol: «d’autant que quand je dis qu’avec 25 millions de musulmans chez nous, les Français raseront les murs, des gens dans la salle me disaient, non sans raison: +Mais M. Le Pen, c’est déjà le cas maintenant+».

C’est pour ces nouveaux propos qu’il avait été poursuivi par la Ligue des droits de l’Homme et la Licra. (Source AFP)- Libération

Le Monde : Jean-Marie Le Pen sera tête de liste du FN en PACA pour les régionales de 2010