SOS Racisme Partenaire de Quat'rues

vendredi 9 décembre 2011

Les fachos dans les rues de Lyon le 8 décembre prochain


Pour la quatrième année consécutive, le groupuscule « identitaire » qui a usurpé le nom lyonnais de « Rebeyne » descend dans la rue le 8 décembre, sous le paravent d’une de ses multiples associations-écrans « Les Petits Lyonnais » (!). Une nouvelle manifestation par les organisateurs de la « Marche des Cochons » qui avait provoqué des violences racistes à Lyon


JEUDI 8 DECEMBRE MARCHE AUX FLAMBEAUX DES IDENTITAIRES « LUGDUNUM SUUM » NE TOMBEZ PAS DANS LE PIEGE !!!


Depuis maintenant trois ans, une marche aux flambeaux est organisée par l'association « Les Petits Lyonnais » le jour de la Fête des Lumières.
Cette marche nommée « Lugdunum Suum » par ses organisateurs est un appel pour retrouver le « vrai sens » du 8 décembre...
Mais qui se cache derrière cette association dite « culturelle étudiante »?

L'association « Les Petits Lyonnais » dont le siège social se trouve à Saint Maurice sur Dragoire a  pour objectif  la découverte et la transmission de l'identité culturelle lyonnaise et européenne.
Son président Timothy BERNARD a été un des trois signataires de la « Marche des Cochons » organisée au mois de mai dernier par le Bloc Identitaire.

Cette marche fut interdite (à cause de son caractère stigmatisant sur une partie de la population) mais un rassemblement avait pu avoir lieu place Saint-Jean; celui-ci fut suivi d'un déchaînement de violences dans les rues de Saint-Jean (80 fascistes contrôlés selon la préfecture, un kébab saccagé...) et un peu plus tard sur les pentes de la Croix-Rousse.

Comment dès lors une telle marche peut-elle avoir lieu pour la 4ème année consécutive alors que le président de l'association qui l'organise  a de tels liens avec une organisation d'extrême-droite responsable des incidents liés au rassemblement du mois de mai dernier?

Nous, Collectif 69 de Vigilance contre l'extrême-droite tenons à avertir la population du piège tendu par cette association dite culturelle : derrière cette marche de redécouverte du 8 décembre se cache une organisation dangereuse voulant défendre une « Europe blanche et chrétienne ».

Nous ne sommes pas dupes, les identitaires utilisent une nouvelle fois le prétexte religieux pour occuper la rue.
Par ailleurs, « Les Petits Lyonnais- Identitaires » en profitent pour récupérer de l'argent sous forme de quêtes envers les passants et touristes en marge de cette marche, trompé par le caractère « culturel » de l'association, qui cache sa nature xénophobe.

Nous demandons de la part des organisateurs de cette Fête de Lumières  et aux autorités compétentes de prendre ses distances et de dénoncer cette marche qui n'a pas lieu d'être!!
Surtout qu'en marge de celle-ci l'année dernière, un passant s'était fait agresser (40 jours d'ITT) et que le GUD Lyon a annoncé son intention de faire le service d'ordre pour jeudi prochain...

Jusqu'à quel point accepterons-nous de voir défiler dans la ville de Lyon ces groupuscules extrémistes que ce soit sous la forme d'une manifestation ou d'une marche pseudo-culturelle?

Mobilisons-nous pour que cette marche ne puisse avoir lieu !!


Collectif 69 de Vigilance contre l'extrême-droite

Fête des Lumières : les processions se suivent... sans se ressembler

Lyon. Pas moins de quatre processions étaient organisées hier. Identitaires et intégristes en étaient.

Outre la traditionnelle procession emmenée par le cardinal Barabarin, le 8 décembre encourage les vocations chrétiennes. Hier, pas moins de quatre montées vers la basilique se sont déroulées quasi simultanément.

Car à côté de la manifestation la plus fédératrice pour les Chrétiens et notamment les catholiques, les membres de la fraternité Saint-Pierre, mais surtout celle de la fraternité Saint-Pie X ont également rendu hommage à Marie. C’est d’ailleurs la seule fois dans l’année que les intégristes lefebvristes se voient ouvrir les grilles de la basilique pour un office au sein de la chapelle Sainte-Marie. Une tolérance exceptionnelle du recteur. Une chapelle à peine dimensionnée pour accueillir plus de 150 fidèles en marge de l’église catholique. Mgr Barbarin croisera d’ailleurs le cortège sans se détourner de sa route. « Ce sont les valeurs de toute une civilisation que nous défendons explique l’un des participants. Il est aujourd’hui, encore plus qu’hier, nécessaire de réaffirmer notre foi pour porter haut le message du Christ contre ceux qui veulent le salir ». Allusion à peine voilée à la mobilisation des intégristes parisiens contre les représentations théâtrales d’œuvre jugées blasphématoires.

Un peu plus tôt, plus de 400 personnes étaient parties de la place Saint-Paul derrière la banderole « Lugdunum Suum ». Une montée aux flambeaux portée par les identitaires lyonnais davantage ancrés dans des « valeurs de civilisation chrétienne » que dans un discours religieux. C’est également le message que souhaitent faire passer les responsables du mouvement. « C’est une démarche culturelle explique Damien, beaucoup ici, ne sont d’ailleurs pas croyants ». Il faudra attendre la fin du parcours, à deux pas du parvis de la basilique pour écouter leur message (lire ci-dessous). Un hommage rendu à la Vierge. A quelques dizaines de mètres, les traditionalistes, eux, ont débuté leur office.

Deux députés UMP s'engagent

Philippe Cochet et Michel Terrot, tous deux députés UMP du Rhône, ont cosigné le courrier ratifié par une cinquantaine de parlementaires, toutes tendances de l’UMP confondues, qui condamnent les actes christianophobes en France et à l’étranger. Une initiative qui relève, à l’origine du député-maire de Vienne, Jacques Remiller. « Je demande juste une prise de conscience », tempère l’auteur du texte qui assure être « contre la censure » des pièces de théâtre décriées par les catholiques traditionalistes à Paris.

La récupération des identitaires, nouveaux porte-voix de l'extrême droite

En marge du traditionnel cortège emmené par Mgr Barbarin, une association aux accents bien locaux « Les petits Lyonnais » organise chaque année une procession de la place Saint-Paul à la basilique de Fourvière. Ils étaient cette année plus quatre cent à quitter la place Saint-Paul, à Lyon, pour se diriger vers Fourvière, flambeaux et drapeaux lyonnais en main.

« Le 8-Décembre est l’expression populaire du culte marial, l’un des piliers de l’identité lyonnaise », assurent les artisans de cette procession. « Cet hommage n’est cependant pas placé sous une autorité religieuse, car il est rendu à la Vierge par tous les Lyonnais, croyants ou non, qui reconnaissent l’influence et l’importance de la religion chrétienne sur l’histoire lyonnaise et européenne ».

Depuis trois à quatre années, les identitaires ont pris toute leur place dans le paysage de la droite extrême lyonnaise.

Hier, plusieurs figures locales ont d’ailleurs assisté à la montée « à titre personnel » veut-on insister chez les identitaires. Ainsi Alexandre Gabriac, récemment exclu du FN et fondateur des Jeunesses Nationalistes, Renaud Mannheim, ancien patron de Lyon Dissident ou encore Arnaud Gouillon ancien candidat (désargenté) à la présidentielle pour le Bloc Identitaire. Et pour « l’animation musicale », la Jeune Garde, déjà présente lors du dernier Forum de la Nation organisée au parc de la Tête d’Or par l’Œuvre Française.

Au-delà de leurs discours, ces identitaires agglomèrent encore, voire aimantent, autour d’eux, des tendances bien plus ultras.

Geoffrey Mercie
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Rhône | Fête des Lumières : les processions se suivent... sans se ressembler - Le Progrès

Agressés après la manif anti-Gollnisch, ils portent plainte


Deux types descendent d'une moto. Ils frappent avec leurs casques, en plein jour dans le centre ville de Lyon, deux manifestants revenant de la protestation contre le retour de Bruno Gollnisch à l'université Lyon-III, le 14 septembre. Les agresseurs ont agi devant les caméras d'une banque et se sont enfuis sans leur moto. Une plainte a été déposée.


Au départ, il y a une petite manif contre Gollnisch. Des étudiants étaient venus protester, mercredi 14 septembre, contre le retour du député européen Front national - après six ans d'absence pour cause de démêlés judiciaires - à l'université Jean Moulin Lyon-III.
Peu après la manifestation, deux individus déboulent à moto et frappent avec leurs casques deux manifestants partis boire un coup. La scène est filmée par les caméras d'une banque. Une plainte a été déposée et devrait permettre de mettre des visages sur les agresseurs. Le tout dans un contexte lyonnais (assaut de kebab, “marche des cochons”…) où les agressions imputées à l'extrême droite semblent se multiplier, comme nous le décrivions déjà en juin dans notre article "Identitaires, skins : la face noire de Lyon".
Le grand retour de Bruno Gollnisch
Cette manifestation anti-Gollnisch avait été lancée par plusieurs associations et groupes politiques (PCF, Unef, Confédération étudiante, UEJF, SOS racisme, la Licra…). Environ deux cents étudiants s'étaient réunis avec drapeaux et bannières. Sont brandis par-ci par-là, une main jaune de "Touche pas à mon pote", un drapeau de la paix ou encore un drapeau communiste. Venus maintenir l'ordre, des CRS, policiers et RG empêchent qu'un début d'altercation ne dégénère avec des militants d'extrême droite. Une vingtaine d'entre eux étaient venus soutenir Bruno Gollnisch et scander au passage "la France aux Français". Parmi eux, deux exclus du FN :Alexandre Gabriac, élu de l'Isère et Yvan Benedetti, conseiller municipal de Vénissieux.
Ce mercredi était le jour du grand retour de Bruno Gollnisch. Six ans que la faculté ne bénéficiait plus des cours de langue et de civilisation japonaises du candidat malheureux à la présidence du FN, en janvier dernier. Cause de cette absence : des démêlés judiciaires pour avoir tenu des propos controversés sur les chambres à gaz. Condamné pour "contestation de crimes contre l'humanité" en première instance et en appel, la Cour de cassation a finalement cassé ce jugement en 2009. Bruno Gollnisch venait donc donner son premier cours magistral de la rentrée.
"Fascistes, cassez vous !"
Vers 17h40, une fille et deux garçons descendent le cours Gambetta. Ils reviennent de la manifestation, l'un d'eux a encore dans sa main un drapeau. Ils vont boire un coup, mais n'ont rien dans les poches. Ils s'arrêtent pour retirer de l'argent. Tout à coup - c'est le cas de le dire - les deux garçons reçoivent un violent coup de casque, l'un sur le crâne, l'autre derrière la nuque. Se retournant, ils se trouvent face à deux "gars aux cheveux courts", vêtus de noir, avec leur casque à la main.
Le porteur de l'étendard, appelons-le Thomas, les tient alors à distance avec le bâton de son drapeau en criant "Fascistes, cassez-vous !" Au départ menaçants, les deux motards commencent à s'inquiéter du barouf et des appels à la police, ils s'enfuient vers leur bécane, style motocross. Dans la panique, ils abandonnent finalement l'engin sur place et détalent à pied.
Membre du collectif 69 de vigilance contre l'extrême droite, Thomas se dit étonné de ce mode opératoire "extrêmement lâche".
"Ils nous ont agressés en plein jour, devant les caméras d'un DAB (distributeur automatique de billet) en ôtant leur casque et en laissant leur moto derrière eux… Du coup, j'ai pu reconnaitre l'un d'eux qui était présent une heure avant dans le petit groupe d'extrême droite venu soutenir Gollnisch."
Le soir même, les deux manifestants agressés sont allés porter plainte. L'hôpital a délivré cinq jours d'interruption temporaire de travail (ITT) au garçon ayant reçu un coup derrière la nuque et deux jours d'ITT pour le second. L'un d'eux a reconnu l'un de leurs agresseurs sur les photos présentées par la police. Il s'agissait du propriétaire de la moto délaissée. Un procès devra permettre de confirmer - ou non - l'appartenance des motards fuyards à une organisation d'extrême droite.
Geoffrey Le Guilcher
Les Inrocks : Agressés après la manif anti-Gollnisch, ils portent plainte

Les Inrocks : Identitaires, skins : la face noire de Lyon

Le vieux Lyon, sa cathédrale, ses bouchons... ses fachos. Sur la place Saint-Jean, samedi 14 mai, les touristes ont pu admirer un pot pourri de ce que l’extrême-droite radicale a de meilleur. Un particularisme lyonnais que l’office du tourisme se garde bien de mentionner. Identitaires, hooligans, skinheads et apparentés néo-nazis se sont réunis à l’appel du Bloc identitaire, parti politique depuis 2009. Son président, Fabrice Robert, fut le fondateur du groupuscule Unité radicale dissous après la tentative d’assassinat foireuse de Chirac par Maxime Brunerie en 2002. Robert n’aime guère qu’on le lui rappelle.

Le but de la sauterie du 14 mai ? Tenter d’exister face au Front national – obtenir des conseillers municipaux en 2014 – et lancer la campagne de leur candidat à la présidence, Arnaud Gouillon. Comment ? En créant le buzz avec une “marche des cochons” contre les envahisseurs musulmans, l’ennemi commun. La vidéo de l’invasion du Quick halal de Villeurbanne, le 7 avril 2010, par des identitaires masqués de groins est un hit du net.

Avec les apéros saucissons, la tendance est à l’agit-prop islamophobe. Pour le 14 mai, 500 masques avaient été commandés... avant que la préfecture n’interdise la “pig pride”. En cause ? Son goût douteux et la tenue d’une contre-manif antiraciste créant “un risque certain de confrontation physique”, précise l’arrêté préfectoral. Rebaptisée “manifestation pour la liberté”, le raout du Bloc est autorisé à trois conditions : statique, sans masque et irréprochable.

Sur le parvis de la cathédrale, les 400 manifestants, en majorité masculins, ont le cheveu ras, une bière dans chaque main, des T-shirts “On est chez nous” ou des blousons Lonsdale. Le slogan “l’islam n’a pas sa place en Europe”, martelé par Fabrice Robert, résume le message. Sous la pluie battante, les membres du service d’ordre du Bloc, affublés de T-shirts roses, suent comme des cochons. Hop, à gauche : un télescopage entre une femme voilée et un manifestant évité de justesse. Vite, à droite : un crâne rasé ivre mort veut en découdre avec les CRS. Ceinturé in extremis, ouf. Au milieu : Philippe Billot, un cadre, suggère poliment à un grand gaillard rasé de découvrir son visage.

Grognements. La rééducation prendra du temps. Là : un T-shirt rose baisse de justesse deux bras prêts à faire le salut nazi. Chassez les habitudes… Les frustrés profiteront de la fumée des feux de Bengale pour se soulager. Tout ça sous le regard de 400 policiers et CRS. En fin d’après-midi, une fois relâchée, impossible de maîtriser la bête : kebab saccagé, 80 arrestations, 4 comparutions immédiates et, dit-on, quelques passages à tabac. Une journée de cochons.

Agressions en série

“Agressions à la Croix-Rousse, devanture d’un bar accueillant un concert sénégalais défoncée, deux personnes au look anar agressées, une victime présumée dans le VIe peut-être d’origine maghrébine…” Marion Athiel, militante du Planning familial, fait l’inventaire des infos que le Collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite a récoltées.

Le site d’info alternatif Rebellyon a mis en ligne un appel à témoignages. Depuis un an et demi, le mouvement antiraciste lyonnais dénonce une escalade de la violence d’extrême droite. Comme le 22 janvier 2010, où une trentaine d’hommes transperce le cordon de CRS à l’assaut de la manif contre le débat sur l’identité nationale. Ou encore le 6 mars, place Saint-Jean, où trois militants CNT sont agressés en sortant d’un resto. Dix jours d’ITT pour David. Selon lui, il y a un mode opératoire : un groupe fait des rondes, repère la victime – “Ma tête a circulé sur des vidéos d’identitaires” –, puis téléphone aux renforts restés à picoler dans les pubs. Chez les antifas, ils sont quelques-uns à flipper, voire à se mettre au vert. Le collectif comptabilise plus de 200 jours d’ITT cumulés, sans compter l’agression la plus grave.

Celle de Villeurbanne, le 15 janvier 2011, 23h30, sortie d’un concert organisé par le milieu anarcho-libertaire. Un couple, looké libertaire, remonte la rue des Bienvenus. Neuf individus leur font face. Quatre fondent sur eux, battes à la main. La femme prend un coup à la tempe. “Un hématome sous-dural qui aurait pu lui coûter la vie”, précise Me Sayn, son avocat. Ils s’acharnent ensuite sur son compagnon. 80 jours et 100 jours d’ITT, peut-être des séquelles à vie. Les quatre agresseurs risquent de dix à vingt ans de prison.“Ils s’étaient donné rendez-vous sur le parking”, selon l’avocat. Pour Eric, deRas l’Front, “il y a des chasses à l’homme, une volonté de traquer le gauchiste ou apparenté pour le massacrer”.

"Une impression d'impunité"

En avril 2011, les écolos, les communistes et les socialistes ont rejoint le collectif de vigilance.


“Certains disent que les agressions dénoncées par le collectif sont des affrontements de jeunes désorientés de groupuscules de gauche et de droite, explique le député PS Jean-Louis Touraine, présent à la contre-manif du 14 mai. “Si personne ne nie que des éléments violents existent des deux côtés, c’est différent : le collectif est responsable, respectueux de la non-violence et de la pluralité des opinions. En face, ça ressemble aux ligues des années 30. Ils ont pris de la vigueur, sont plus arrogants, plus visibles, décomplexés par les discours gouvernementaux.”

Pour le spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, “une police et des autorités pas assez fermes peuvent donner une impression d’impunité”.

La réputation de Lyon, ville modérée et humaniste serait-elle usurpée ? Ce serait oublier l’université Lyon-III, née du “traumatisme” de Mai 68, et son lot de négationnistes et d’anciens collabos. La fac de Bruno Gollnisch, ancien n° 2 du FN, et de Pierre Vial. Il y a eu Charles Millon et les accords avec le FN aux régionales de 1997. Autant d’inspiration et de nourriture idéologique pour l’extrême droite “hard” locale. “Ici, le FN est anti-mariniste, il a une plus grande tolérance pour ces mouvements qui gravitent à sa droite”, ajoute Jean-Yves Camus.

"Les identitaires sont les plus dangereux. Les autres sont des beaufs"

A Lyon, il y a une logique de territoire. Il y a la colline qui travaille, La Croix- Rousse et les Pentes, ancien haut lieu de lutte des canuts, avec ses centres sociaux autogérés, ses squats à forte tradition anar et libertaire. En face, il y a la colline qui prie, la Fourvière, le vieux Lyon et son quartier médiéval estampillé catho tradi. Les identitaires lyonnais de Rebeyne! y ont leur local, “la Traboule”. Il y a au Sud, dans le VIIe arrondissement, le quartier popu de Gerland. Les membres de l’association Lyon Dissident – foot, gros rock, bière et baston – à tendance néo-nazie y sont installés, dans le Bunker Korps Lyon (BKL), à deux pas du cimetière israélite. Depuis le 19 mai, il est sous le coup d’une fermeture administrative provisoire. Intimidations, insultes au mégaphone aux prisonniers du centre de semi-liberté d’en face, bagarres avec des antifas, le voisinage s’en plaint.


“Une mère de famille d’origine maghrébine s’est fait frapper par de soi-disant supporters de foot, une ratonnade oui”, rapporte Farouk Korichi, porte-parole de l’asso Jeune action Gerland. “Les identitaires posent des autocollants ‘zone antiracailles’ dans le quartier ; charmant, non ?”

Officiellement, pour la com’, les deux groupes n’ont aucun lien. Propre et éduqué pour les identitaires. Crasse et popu pour ceux de Gerland. “On n’a rien à voir avec les supporters de foot ou les skins qui commettent les violences, nous on fait de la politique”, rétorque Fabrice Robert. Philippe Bouvard du collectif de vigilance n’est pas d’accord : “Ils présentent leur local comme un lieu d’autodéfense, ils sont aussi bagarreurs que les néo-nazis et les tarés : ils veulent libérer les berges de la racaille, sécuriser Saint-Jean !”

“Les identitaires ne peuvent pas rompre avec les tarés car ils les utilisent : ils gonflent leur troupe, sécurisent les manifs, participent à des actions communes contre les antifas”, estime David avant d’ajouter : “Les identitaires sont les plus dangereux, ils ont lu Gramsci ; les autres sont des gros beaufs, des gros bras, leurs SA.”

Anne Laffeter
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/66155/date/2011-06-06/article/identitaires-skins-la-face-noire-de-lyon/

Le Vieux Lyon ne veut pas devenir Facho-land


Violences / En avril 2011, les Identitaires lyonnais, groupe actif d’extrême-droite, officialisaient leur local dans le Vieux Lyon (5e). Depuis cette date, les commerçants et les habitants de ce quartier dénoncent la multiplication d’agressions et de dégradations. Pour ces riverains, il y a un lien de cause à effet.

©Maxppp / 14 mai 2011, « Rassemblement pour la liberté » de l’extrême-droite à l’initiative des Identitaires, place Saint-Jean, à la suite de l’annulation par le préfet de la Marche des cochons.
Le Vieux Lyon, ses immeubles florentins, ses rues pavées, ses bouchons. C’est un quartier musée, fréquenté par les touristes et les Lyonnais en goguette. Les puissantes associations d’habitants et de commerçants se mobilisent habituellement pour la préservation de ce patrimoine et de son cadre de vie. Mais depuis septembre, elles n’ont de cesse d’alerter sur la présence de la Traboule, un local ouvert par les Jeunes Identitaires qui seraient, selon eux, cause de nombreux incidents portant la marque de l’extrême-droite.
En première ligne, Strada Nova, une association d’habitants et de commerçants de la rue Juiverie, située à vingt mètres du local des Identitaires, s’insurge. Ce sont les premiers à avoir dressé une liste des événements liés à l’extrême-droite, ici détaillée :
  • 9 avril 2011 : Agression place du Change de plusieurs personnes par une quinzaine d’individus armés de barres de fer, sortant du local « La Traboule ».
  • 14 mai : Organisation d’un rassemblement place Saint-Jean en remplacement de la Marche des cochons et manifestation entre la rue Lainerie et la rue Saint-Jean, lors de laquelle des slogans islamophobes, des saluts nazis et le saccage de deux restaurants kebabs sont perpétrés.
  • Entre les mois de mai et juin : à deux reprises chaque fin de semaine, des groupes d’une trentaine de personnes sortant du local « La Traboule », armées de bâton ou de barres de fer, improvisant de violentes manifestations de rue plusieurs heures durant. La police semble être intervenue au moins une fois.
  • En juin : deux plaques « Rue Juiverie » sont démontées et une autre détériorée ; on y retrouve des inscriptions à caractère antisémite; depuis, après intervention de la Renaissance Vieux Lyon, ces plaques ont été remplacées et nettoyées.
  • Début juillet : saccage de fond en comble d’un « bar oriental » installé récemment rue de la Loge au pied de la montée du Change ; des inscriptions nazies sont relevées par la police, du type « Hitler n’a pas fini le travail ». Cette dernière interroge les occupants du local « La Traboule », une enquête en cours évoque « d’obscures raisons de voisinage qui auraient dégénérées », sans qu’il soit énoncé que les Identitaires y soient mêlés.
Quels liens entre la présence des identitaires et les actes d’extrême-droite ?
Fort de ce recensement, l’association de la rue Juiverie a saisi Renaissance Vieux Lyon (RVL), une institution à Lyon. C’est notamment à cette association, qui revendique 600 membres, qu’on doit le classement du quartier au patrimoine mondial de l’Unesco.
Une délégation de la RVL, conduite par Annick Lioud, présidente, qu’accompagnait Yves Neyrolles, vice-président et membre de la commission « vie de quartier », a rencontré le commissaire du 5e arrondissement le 14 octobre dernier. Yves Neyrolles raconte :
« Nous lui avons présenté un dossier contenant notamment la liste des événements (établis par Strada Nova, NDLR) qui nous paraissent porter la marque du groupe Identitaire installé au 3/5 Montée du Change. En dehors du démontage des plaques, qu’il apprenait, le commissaire nous a dit que la police essayait de trouver des indices pour relier ces événements-là avec l’installation du local des Identitaires. Il prend ce dossier très au sérieux et il a fait remonter celui-ci auprès de ses supérieurs. Pour nous, à la RVL, il nous semble qu’il y a un lien entre ces événements et la présence du local La Traboule, montée du Change ».
Détérioration d'une des plaques "Rue Juiverie" en juin 2011. Avec un autocollant d'un groupuscule d'extrême-droite, le Parti Solidaire FrançaisDétérioration d’une des plaques « Rue Juiverie » en juin 2011. Avec un autocollant d’un groupuscule d’extrême-droite, le Parti Solidaire Français
La Marche des cochons, un révélateur
En parallèle, employés et bénévoles de la MJC Vieux Lyon, très choqués par la tenue du rassemblement Identitaire du 14 mai dernier, sous leurs fenêtres, ont rejoint le Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite, en représentant la fédération régionale des MJC. Cette manifestation, d’abord baptisée Marche des cochons, avait été interdite par le préfet du Rhône puis finalement autorisée sous un autre nom, celui de Rassemblement pour la liberté. Le « Collectif Vigilance », qui regroupe une trentaine d’organisations de gauche, avait fortement protesté contre l’événement. La Maison des jeunes envisage depuis de tenir un café-citoyen sur le thème de l’extrême-droite à Lyon. La présidente de la structure, Aurélie Borg, justifie l’inscription de la MJC dans cette démarche :
« Il est important pour nous de ne pas rester inactif par rapport à la présence de l’extrême droite et plus particulièrement des identitaires au discours raciste qui appellent à la haine et à leur dangerosité ».
Les voisins chargent les identitaires
Ils n’appartiennent à aucune structure mais ils essayent de faire entendre leur voix auprès de la municipalité, de la police ou du Collectif Vigilance. Des voisins, par deux fois, témoignent contre les identitaires.
Le 9 avril, vers 19 heures, deux personnes se font rouer de coups place du Change. L’un deux a la mâchoire cassée en deux partie. Un des habitants de la montée du Change nous a envoyé ce texte :
« J’ai été témoin d’une sortie musclée de jeunes Identitaires qui - munis de barres de fer et de bombes lacrymogènes de grande taille – ont été une dizaine à sortir de leur local et à descendre précipitamment l’escalier de la montée du Change. Quelque chose que je n’ai pas vu s’est déroulé à l’angle en bas, vers la rue Juiverie. Quelques instants plus tard, ils remontaient en courant l’escalier pour se réfugier dans leur local. Puis la BAC et la police sont arrivées et ont contrôlé les identités des Identitaires (qui ont eu le temps de ranger le matériel dans leur local) ».
Le 15 mai, vers minuit, un couple habitant rue Juiverie, dont les fenêtres donnent sur le local Identitaire, sont témoins d’une tentative de passage à tabac. Ils racontent :
« Une personne d’origine maghrébine, sortant du bar à chicha, s’engage dans les escaliers. Trois jeunes Identitaires qui squattent devant leur local, sur les marches, descendent quatre à quatre les escaliers. Coups de genoux, coups de tête. Un ancien les a ensuite rappelé à l’ordre. Ils sont remontés au local. La victime s’est enfuie en contrebas ».
Les Identitaires nient en bloc
Le porte-parole des Jeunes Identitaires Lyonnais, Damien Rieu rejette la paternité de tous ces événements. « C’est comme si on accusait les syndicats des débordements à la suite d’une manifestation », déclare-t-il. S’agissant du tabassage du 9 avril qui s’est déroulé à une trentaine de mètres de leur local, il reste toutefois plus prudent : « une enquête est en cours. Je réserve mes déclarations à la Justice ». Et il contre-attaque en accusant le Collectif Vigilance :
« Ils sont d’extrême-gauche. Ils manipulent les commerçants en les montant contre nous. On va organiser prochainement une soirée porte-ouverte pour montrer qu’on ne fait rien d’illégal. C’est nous qui sommes victimes de provocations ».

Saccage d’un kebab, rue Saint-Jean, le 14 mai 2011
La municipalité : « une volonté authentique de lutter contre l’extrême-droite »
En charge de cette question à la Ville de Lyon, le premier adjoint en à la sécurité, Jean-Louis Touraine (PS) a pesé pour que la municipalité prenne la mesure de ces événements. Politiquement, tout d’abord, il a fait en sorte que le parti socialiste rejoigne le Collectif Vigilance. Dans la gestion municipale, ensuite, il essaye de poursuivre tous les actes répréhensibles, sans aller, pour l’instant jusqu’à l’interdiction du local. La mairie n’a saisi le procureur de la République que pour « les tags et l’affichage à caractère xénophobe et raciste rue Juiverie ».
Jean-Louis Touraine explique :
« La municipalité ne peut interdire un local à part quand il y a un trouble à l’ordre public. Il nous faut des éléments de preuve. Il est clair que leur façon d’exister, ce n’est pas la persuasion douce mais l’action violente ».
Les Identitaires ne sont pas les seuls
D’autres groupes d’extrême-droite fréquentent assidûment le Vieux Lyon. Alexandre Gabriac, exclu du Front National pour un salut nazi , a ses habitudes avec ces amis des Jeunesses Nationalistes dans les pubs du quartier. C’est dans un de ces pubs au nom anglo-saxon que l’organisation étudiante Groupe Union Défense (GUD) a été recréée à Lyon en septembre par un proche de Gabriac, Steven Bissuel. Pour l’instant aucune procédure à propos des événements du Vieux Lyon ne les concernent.
Il y a aussi les hooligans du stade dont la philosophie pourrait se résumer à « bière, foot, baston » et qui ne rechignent pas à la provocation néo-nazie (bras tendu et croix-gammée). Depuis la fermeture au public de leur local à Gerland en mai, le Bunker Korps Lyon , ils n’ont plus de lieu de rassemblement et viennent s’abreuver les jours de fin de semaine dans le Vieux Lyon. Un représentant du Collectif Vigilance, qui préfèrent garder l’anonymat, pointe les liens entre ces groupes radicaux et les Identitaires :
« La présence et le discours de haine des Identitaires font qu’ils se croient tout permis. Ils se donnent des coups de main quand il faut faire le nombre ».
Pour la préfecture, « c’est l’extrême-droite contre l’extrême-gauche »
Contacté, le préfet de police, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, n’a souhaité apporter « aucun commentaire ». Dans ses dernières déclarations, son supérieur, le préfet Jean-François Carenco, a parlé d’un affrontement opposant extrême-droite et extrême-gauche. Cette thèse est fermement rejetée par Jean-Louis Touraine et le Collectif Vigilance. Le représentant du Collectif Vigilance commente :
« C’est une manière de se dédouaner de ce qui s’est passé le 14 mai à Saint-Jean puis plus tard dans la soirée au bar le Phoebus, à la Croix-Rousse, qui a subi une véritable attaque de nervis d’extrême-droite, faisant plusieurs blessés. À ce jour, il n’y a toujours pas d’enquête d’ouverte. Plus globalement, si le collectif ne mettait pas la pression, il y aurait moins de témoignages et de poursuites. Et il y en a déjà peu ».
Et depuis le 6 mars 2010, jour où trois syndicalistes de la CNT se sont faits frapper, la majorité des militants identifiés « antifascistes » ne préfèrent plus mettre les pieds à Saint-Jean, surtout en soirée. Déjà une victoire pour l’extrême-droite.
> Article modifié à 22h21 avec la précision suivante : la fédération régionale des MJC a rejoint le collectif 69 de Vigilance contre l’extrême-Droite, représentée par la MJC du Vieux Lyon
Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite : MFPF, RESF, CGA, CNT, FSE, Sud éducation, Solidaires, la CGT vinatier et CGT éducation, CRASS, PG, le PIR, NPA, GU, PS, PCF, SOS RAcisme, LDH, le CRI, UJFP, Les Voraces, La Rafal, Résistance Citoyenne Ouest Lyonnais, Ras l’Front, MRAP, Jeunes Ecologistes

Le Vieux Lyon ne veut pas devenir "Facho-land" - Njuice