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samedi 19 juin 2010

Apéro «Saucisson et pinard»: les catholiques de la Goutte d'Or réagissent

Suite à la polémique autour de l'organisation d'un apéritif «Saucisson et pinard» dans le quartier cosmopolite de la Goutte d'Or, à Paris, les paroissiens de l'église Saint-Bernard, située dans le quartier, condamnent «cette initiative génératrice de tensions et de discriminations».

Communiqué du Conseil Pastoral de la Paroisse Saint-Bernard de la Chapelle, dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris (18e arrondissement).

« Le Conseil Pastoral de la paroisse Saint Bernard de la Chapelle, réuni le 16 juin, a souhaité s'exprimer sur l'affaire du pique-nique « pinard et saucisson » prévu le 18 juin dans le quartier de la Goutte d'or, annulé depuis par la Préfecture de Police et remplacé par un rassemblement place de l’Etoile.

La Paroisse a signé hier le texte de la Coordination Interassociative de la Goutte d'Or qui condamne fermement cette initiative génératrice de tensions et de discriminations.

En tant que chrétiens, nous nous inscrivons en faux contre l'idée selon laquelle le quartier serait en proie à une islamisation plus ou moins rampante. Les membres de la Paroisse Saint Bernard de la Chapelle peuvent témoigner qu'ils ne rencontrent pas de difficulté à vivre leur foi chrétienne. La présence d'une forte communauté musulmane n'est pas source de tensions, mais d'enrichissement mutuel et d'ouverture aux autres. Les gestes d’amitié mutuelle, notamment au moment des fêtes religieuses, sont fréquents.

Nous constatons, par ailleurs, les difficultés anciennes des musulmans à vivre dignement leur foi dans le quartier, et nous regrettons qu'ils soient souvent contraints de prier dans la rue.

Nous n'ignorons pas les difficultés de vie au quotidien à la Goutte d'or que certains des membres de notre paroisse éprouvent, mais nous refusons de les attribuer à telle ou telle religion, à telle ou telle communauté.

Nous souscrivons pleinement au message du Pape Benoît XVI qui déclarait le 28 mai dernier que « l'avenir de nos sociétés dépend de la rencontre entre les peuples, du dialogue entre les cultures dans le respect des identités et des différences légitimes. »

Face à tous ceux qui soufflent sur les braises du désespoir et des peurs, nous réaffirmons que les chrétiens vivent dans la sérénité leur foi chrétienne et leur engagement concret, en fraternité avec les autres habitants du quartier, croyants ou non. »

Benjamin Seze - Témoignage Chrétien

samedi 8 août 2009

Plainte contre le préfet Paul Girod de Langlade pour propos racistes


Une femme agent de sécurité à l'aéroport d'Orly a porté plainte hier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girod de Langlade, celui là même qui était encore le 'patron' des États généraux à la Réunion il y a quelques jours.

Les faits se sont déroulés le 31 juillet dernier. La veille, le Préfet Paul Girod de Langlade avait terminé sa mission de responsable de l'organisation des Etats généraux et il avait passé le relais à Françoise Vergès, l'experte transversale, et avant de prendre l'avion pour rentrer à Paris.

A l'arrivée à Orly, peu avant 7 heures du matin, le préfet Girod de Langlade est passé, comme tous les passagers, sous les portiques de sécurité de l'aéroport. C'est à ce moment que l'alarme a retenti et que l'agent de sécurité de la société "Sécuritas" lui a demandé de vider ses poches. Il n'en a pas fallu plus pour que le préfet Girod de Langlade "pête un cable" et lance le contenu à la tête de l'employé, tout en tenant des propos racistes : "On se croirait en Afrique" et "il n'y a que des noirs ici"...

Effectivement, les deux agents de sécurité étaient des "blacks", comme on dit en Métropole.

Une collègue du premier agent de sécurité qui assistait à la scène lui a alors demandé de garder son calme. Ce à quoi Paul Girod de Langlade a mis en avant sa qualité de préfet, ce qui lui a valu la réponse cinglante de l'employée : "Vous êtes donc bien placé pour savoir qu'il faut respecter les lois".

La jeune femme n'a pas voulu en rester là et a porté plainte hier nominativement contre le préfet Paul Girod de Langlade pour "propos diffamatoires à caractère raciste" auprès du parquet d'Evry, tandis que son collègue masculin se contentait d'une main courante.

A noter que la femme qui accompagnait Paul Girod de Langlade y est allée elle aussi de son couplet raciste : "De toutes façons, il n'y a que des personnes de couleur comme vous qui montent au créneau..."

Paul Girod de Langlade, n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine. Au mois de septembre 2007, il avait été placé "hors cadre" par le Conseil des ministres. Autrement dit, il avait été révoqué de son poste à la suite de sa condamnation à 2.000 euros d'amende pour "incitation à la haine raciale". Il avait déclaré dans "La Nouvelle République" : "Il y a trop de gens du voyage sur l’Indre et Loire. On a été trop laxiste pendant trop longtemps (…) il faut arrêter de se voiler la face. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance"... Il avait fait appel du jugement et avait obtenu gain de cause après avoir reçu le soutien d'un très grand nombre de personnes dont l'ensemble des élus de droite et socialistes d'Indre-et-Loire et d'une grande majorité des élus des départements dont il a eu la charge. Une pétition avec près de 2 000 signatures a même été remise fin 2007 au Président de la République par Yves Dauge (PS) et Philippe Briand (UMP), parlementaires d'Indre-et-Loire. Il a finalement été relaxé de toutes les charges pesant à son encontre par un arrêt de la Cour d'appel de Paris le 25 juin 2008.

En 2004, le même tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Paul Girod de Langlade, alors préfet du Vaucluse, pour avoir déclaré le 23 octobre 2002 lors d’une conférence de presse à Carpentras que les gens du voyage "vivent d’escroquerie et de rapines". Si le procureur avait estimé que la diffamation était constituée, le tribunal ne l'avait pas condamné, jugeant que le représentant des nomades avait mal formulé la poursuite.

Jamais deux sans trois...

Jeudi 06 Août 2009 - 10:41

mercredi 3 juin 2009

Lyon - Toute l'actualité de la région avec Libération: Quatre mois avec sursis pour les injures racistes au stade

En sortant du tribunal de Belley, cet après-midi, Makam Traoré se disait « soulagé ». Il était « content de la Justice de (son) pays ». Et ajoutait même qu'il se sentait « Français à présent ». Les magistrats de l'Ain ont condamné à quatre mois de prison avec sursis l'homme qui était accusé de lui avoir jeté, en janvier dernier, à l'issue d'un match de football amateur : « On en a mis 5 dans votre cul, sale nègre » (lire). Cela se passait à Lagnieu, dans l'Ain. L'arbitre venait d'interrompre la rencontre à cause des cris de singe des supporters. Décision rarissime, suivie d'une plainte du joueur, soutenu par son club et par la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). A l'audience, le 5 mai, le parquet a réclamé six mois avec sursis, et cent quarante heures de travaux d'intérêt général (TIG), suggérant que ces dernières soient effectuées à la Maison d'Izieu, où 44 enfants juifs ont été arrêtés et déportés en avril 1944 (lire). Outre les quatre mois avec sursis, le tribunal de Belley a infligé cent heures de TIG au raciste, qui a annoncé son intention de faire appel. En attendant, Makam Traoré explique de son côté qu'il va monter une association. « Contre le racisme en général, et dans le sport en particulier ».

Alain Jackubowicz : « Mon client doutait au point de quitter la France »

Le tribunal correctionnel de Belley a rendu son jugement mardi après-midi dans une affaire "d’injures à caractère raciste" sur un terrain de football. Un joueur d’une équipe amateur a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, à 100 heures de travail d’intérêt général et à verser 1.500 euros de dommages et intérêts. C’est la première fois qu’un footballeur est jugé pour de tels faits. Le 25 janvier dernier, Makam Traoré avait été insulté lors d’un match de 2e division de district, dans l’Ain. La défense, qui fait appel de la décision, dénonce des pressions médiatiques qui ont amené à une condamnation rapide. L’avocat de la victime, Alain Jakubowicz, est satisfait.

Lyon Mag.com : Avec ce délibéré, y’a-t-il une prise de conscience du racisme sportif, notamment dans les milieux amateurs ?

Alain Jakubowicz : La justice a déjà pris conscience il y a bien longtemps de ce problème. Mais elle ne peut rendre des jugements que si on lui défère des faits. Jusqu’à présent, c’était plutôt la théorie du silence qui régnait. Dans notre cas, un joueur est poursuivi, l’arbitre est sorti de son silence, qui est généralement imposé. Ce qui évolue, ce n’est pas la justice mais plutôt les mentalités dans le sport en général, et dans le sport amateur en particulier.

Votre client se satisfait-il de ce jugement ?

Makam Traoré doutait tellement de la justice française qu’il était sur le point de quitter le pays et d’abandonner sa nationalité française. Il y avait donc un besoin de le remettre en confiance pour qu’il reste dans un pays qui est le sien. Je lui ai expliqué que la vérité a été rendue, par une décision de justice. Et que le plus important est qu’il ait été reconnu en tant que victime dans cette affaire.

A votre avis, les langues vont-elles se délier dans le milieu sportif amateur après ce délibéré ?

Oui, je le pense et surtout je l’espère. J’espère également que les arbitres vont désormais avoir un rôle différent dans ce type de cas. Ils ont un rôle existentiel à jouer, d’une part sur le terrain, mais aussi dans la société.

Propos recueillis par Gwenaël Windrestin

Procès Fofana : décryptage - le blog memorial98

Comment expliquer que Fofana ait récusé son avocate Me Coutant-Peyre et ait choisi de la dénoncer comme « juive » ?
Selon ses propres termes à l'audience : « Coutant-Peyre... Peyre, c'est juif, non ? » Puis il a ajouté: « On veut déjà me tuer... Donc, je ne vais pas m'entourer de gens comme ça. »
Fofana indiquait ensuite qu'il ne parlerait plus qu'à trois personnes lors du procès, dont l'avocat de la famille Halimi, Me Szpiner en tant que « représentant des Juifs de France, du monde, et de l'Etat d'Israël «
Coutant-Peyre semblait pourtant présenter les meilleures « garanties » possibles pour Fofana. Elle est une proche collaboratrice de Garaudy et responsable de son association « A contre jour » ; elle est aussi l'épouse de Carlos avec qui elle a convolé après l'avoir défendu. Quelle meilleures garanties que le chantre international du négationnisme et ce grand « antisioniste » incarcéré pour terrorisme ?
Carlos vient d'ailleurs de rendre public son soutien à la liste "antisioniste" laquelle en retour se félicite de ce renfort et le salue chaleureusement.

L'explication la plus probable est qu'il s'agit d'un écho des divergences dans le milieu « antisioniste » extrémiste.

Fofana est depuis le début soutenu et parrainé par le groupe de Kemi Seba (Tribu Ka puis MDI) qui s'est proclamé protecteur de l'accusé et a même menacé à la cantonade de représailles, si le procès ne se déroulait pas « correctement ».
Or Seba entre-temps a refusé de participer à la liste «antisioniste » de Dieudonné-Gouasmi-Soral.
Sa divergence officielle porte sur l'anticommunautarisme affiché de la liste et sur la personnalité de Soral. Seba se présentant comme un défenseur acharné des « communautés » noire, arabe, blanche/européenne, asiatique, ne se retrouverait donc pas dans la posture affichée de la liste.
Il y a sans doute d'autres enjeux de pouvoir et de finances, qui entretiennent d'ailleurs d'âpres polémiques.

Il est à noter que ces différentes fractions « antisionistes » n'ont entre elles pas de divergences de principe sur la collaboration approfondie avec des organisations d'extrême droite.
Dieudonné et Soral sont en cheville avec le courant dit « national-révolutionnaire » sans doute le plus proche du fascisme et avec les catholiques les plus intégristes. Seba s'organise avec des groupuscules violents tels que la Droite socialiste. Mais la mouvance de Seba a peut être du mal à accepter le style « bleu-blanc-rouge » affiché par la liste « antisioniste ».

Il se peut aussi que se manifestent ainsi des tensions avec le chiisme, dont Gouasmi se proclame le représentant en France. K.Seba, récemment converti à l'Islam après avoir violemment dénoncé cette religion "esclavagiste" , avait été reçu en grande pompe au centre Zahra dirigé par Gouasmi, mais manifestement sans résultat concret.
On note aussi que le seul avocat choisi et non récusé par Fofana est Me Ludot, militant de la droite dure, ancien défenseur de Saddam Hussein et membre de son comité de soutien. Il s'agit d'un profil peu compatible avec le chiisme de Gouasmi, dont la liste est soutenue par Carlos et Coutant- Peyre, qui du coup est proclamée « juive ».
L'antisémitisme obsessionnel et quelque peu conspirationiste de ce milieu produit des effets apparemment inattendus.

http://memorial98.over-blog.com/article-32128459.html

jeudi 14 mai 2009

Aix-Marseille - Toute l'actualité de la région avec Libération: De retour d'un meeting de Le Pen, des militants du FN tabassent un noir

RATONNADE. De retour dimanche du « banquet patriotique » donné à Marseille par le leader du Front national, cinq militants niçois s’en sont pris à un jeune homme sur une aire d’autoroute à Vidauban (Var). Ils ont été condamnés en comparution immédiate mardi par le tribunal correctionnel de Draguignan. Quatre d’entre eux sont en prison.

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« On prenait un café devant la boutique quand ces jeunes sont descendus de leur autocar en criant “La France aux Français. Le Pen Président. A mort les noirs ou les Arabes. Heil Hitler”, en me regardant du coin de l’œil. Ils se sont jetés sur moi à cinq ou six et m’ont donné des coups de poing et de pied. Un boutonneux au crâne rasé me frappait en criant “On va niquer ta mère sale Arabe” », a raconté la victime au tribunal, selon Var-Matin.

Ce cuisinier de 25 ans a alors trouvé refuge dans la boutique, où un client l’a protégé. Alertés, les gendarmes ont intercepté le bus au péage de Fréjus et interpellé les agresseurs.

La victime « a pris des coups un peu partout », selon son avocate, Me Alexandra Granier. « Il est blessé au genou, des soins sont en cours, une expertise médicale doit avoir lieu. » Il a eu une interruption temporaire de travail (ITT) de 8 jours.

Quatre des prévenus ont été condamnés à 18 mois de prison, dont 15 mois avec sursis. Un mandat de dépôt a été prononcé à leur encontre.

Une cinquième militante, une retraitée âgée de 69 ans, était poursuivie pour avoir encouragé l’agresseur principal, un mineur qui sera jugé devant le tribunal pour enfants le 10 juin. Elle aurait crié : « La France aux Français, vas-y Manu, attaque », en agitant un drapeau tricolore. Elle a écopé de la même peine, mais sans mandat de dépôt.

Selon Var-Matin, elle a dit au tribunal être « un peu raciste, parce qu’à la différence des Asiatiques, les Arabes et les Noirs ne nous respectent pas, et parce qu’il existe des mosquées souterraines ». A l’issue du procès elle a affirmé qu’elle rendait sa carte du FN.

Reconnus coupables de violences avec les circonstances aggravantes de la réunion, de l’état d’ivresse et de l’appartenance réelle ou supposée de la victime à une race ou une religion, les quatre condamnés emprisonnés sont âgés de 20 à 25 ans. L’un se dit « responsable des jeunes partisans » du FN à Nice. Il est en fait responsable du FNJ dans les Alpes-Maritimes. Ils ont tous présenté leurs excuses à la victime et plaidé l’effet de groupe.

Plusieurs d’entre eux rêvent d’entrer dans l’armée.

« Vous voulez intégrer l’armée ? Mais elle n’a pas besoin de gens comme vous. Vous êtes le contraire des valeurs de la République », a estimé le Procureur, en dénonçant ce « groupe de nazillons caricatural qui débarque du bus en scandant des slogans nazis ». Il avait requis 18 mois de prison, dont 6 mois ferme.

Les prévenus ont surtout chargé le mineur, dénommé Manu. « Il n’aime pas les noirs ni les juifs, se dit néo-nazi mais n’assume pas », ont expliqué ses compagnons, selon Var-Matin, qui le décrit ainsi : « Couvert d’acné, le crâne rasé, chaussé de rangers, portant t-shirt et bretelles, avec 1,70 g/l d’alcoolémie due à la bière, celui-ci avait tout de la panoplie du skinhead. » Dans l’attente de son procès, il a été placé dans un centre éducatif fermé.

Du côté du FN, la secrétaire départementale des Alpes-Maritimes, Lydia Schenardi, affirme : « Mon mouvement ne cautionne absolument pas ces actes inadmissibles. Nous avons exclu les trois personnes qui appartiennent au Front national », les autres étant, selon la député européenne, des « sympathisants ».

« Je les connais, ils ont apporté leur contribution au Front national depuis des mois et se comportaient correctement, assure Lydia Schenardi, numéro deux sur la liste du FN dans le Sud-Est pour les élections européennes du 7 juin. Leur sanction est très lourde mais méritée. La démocratie, c’est la voie des urnes, certainement pas le coup de poing. Je ne veux absolument pas de personnes comme ça dans nos rangs. »

Quant à la militante âgée de 69 ans, Lydia Schenardi estime que son cas « tient de la psychiatrie ».

Pour Bruno Ligonie, secrétaire départemental adjoint, « ils avaient un peu trop bu à table, étaient chauds, contents d’avoir vu Le Pen. Ils se sont laissés déborder par un effet de groupe. C’est une imbécillité, c’est débile. »

Tout le groupe avait assisté au « banquet patriotique » donné dimanche midi par Jean-Marie Le Pen à Marseille, au cours duquel le leader FN avait ressassé ses rengaines habituelles, notamment sur l’immigration.

M.H.

Aix-Marseille - Toute l'actualité de la région avec Libération: De retour d'un meeting de Le Pen, des militants du FN tabassent un noir

La Bataille des droits de l’homme : un film et un débat universel « Caroline Fourest

Documentaire réalisé par Caroline Fourest et Fiammetta Venner (diffusé sur ARTE le 21 avril 2009)

« Nous pensions aller à une réunion de l’ONU contre le racisme et nous avons assisté à un déchaînement raciste ». C’est le souvenir gardé par certains participants de la première conférence mondiale contre le racisme de Durban (Afrique du Sud) en septembre 2001. Quelques jours avant le 11 septembre.

Caroline Fourest et Fiammetta Venner, les réalisatrices, y étaient. Elles ont filmé. Et montrent pour la première fois les images de cet événement ayant tourné au cauchemar.

La suite de Durban doit se dérouler à Genève, du 20 au 24 avril, au Conseil des droits de l’homme. Une instance méconnue, entièrement dédiée à mettre en oeuvre la Déclaration universelle. Mais où les démocraties sont minoritaires et malmenées par les dictatures. C’est ce rapport de force, une vraie bataille, que raconte le film. Il plonge dans les coulisses du Conseil comme aucun film ne l’a fait jusque-là. Jusqu’à se faire interdire de filmer lors des négociations les plus délicates portant sur Durban 2.

Partie 1




La bataille des droits de l'homme
par forcesunies

Voir les autres parties :
La Bataille des droits de l’homme : un film et un débat universel « Caroline Fourest
By Caroline Fourest

L’antiracisme déchiré (leçon de durban 1 et 2) « Caroline Fourest

L'antiracisme déchiré

mercredi 29 avril 2009

Procès du "Gang des barbares" : Fofana défie la cour, Société - Information NouvelObs.com

Youssouf Fofana a lancé à son arrivée au procès 'Allah akbar' en levant un doigt vers le ciel. 'Je m'appelle arabs, africaine révolte armée barbare salafiste', a-t-il dit en déclinant son identité.

Le procès du meurtre d'Ilan Halimi a ouvert mercredi 29 avril avec un peu de retard. Premier accusé à entrer dans le box: Youssouf Fofana, en sweat shirt blanc et très souriant, a déclaré, levant un doigt vers le ciel, "Allah akbar" (Dieu est grand en arabe). Alors que la présidente lui demandait de décliner son identité, Youssouf Fofana a répondu : "Je m'appelle arabs, africaine révolte armée barbare salafiste. Je suis né le 13 février 2006 à Saint-Geneviève des bois". Il s'agit de la date et du lieu de la mort d'Ilan Halimi.

Le huis-clos débattu


La présidente de la cour d'assises des mineurs de Paris jugeant Youssouf Fofana et 26 complices présumés du rapt et de la séquestration d'Ilan Halimi a ordonné au public d'évacuer la salle d'audience mercredi vers 12H15, le procès devant se tenir à huis clos.
Une fois le jury constitué (cinq femmes et quatre hommes), la "publicité restreinte" des débats --sans journalistes ni public à quelques exceptions près-- est de droit dans une cour d'assises jugeant des mineurs. Deux des 27 accusés étaient mineurs au moment des faits.
Plusieurs parties au procès, notamment la famille d'Ilan Halimi, contestent le huis clos, mais la question devait être débattue mercredi une fois prononcée l'ouverture des débats, a décidé la présidente Nadia Ajjan.
Youssouf Fofana, accusé avec 26 complices présumés du rapt et de la séquestration d'Ilan Halimi, demande que son procès soit public et ne se tienne pas à huis clos, selon des conclusions déposées par ses avocats.
"Aucun élément de fait n'est produit, justifiant la restriction des débats", plaident Me Emmanuel Ludot et Isabelle Coutant-Peyre, alors que les débats, impliquant deux mineurs, doivent se tenir à huis clos.
"Cette publicité (des débats) protègent les justiciables contre une justice secrète, échappant au contrôle public et constitue ainsi l'un des moyens de contribuer à préserver la confiance dans les tribunaux", arguent-ils.
La mère d'Ilan a aussi réclamé la publicité des débats.

Riches "parce que juifs"


La connotation antisémite retenue par la justice une semaine après la découverte du corps d'Ilan Halimi, un jeune vendeur juif assassiné après trois semaines de calvaire, le 13 février 2006, avait donné une dimension nationale à ce crime, à propos duquel le président Jacques Chirac avait promis de faire "toute la lumière".
A partir de la diffusion du portrait-robot d'une jeune femme chargée d'"appâter" des hommes présumés riches "parce que juifs", la police avait interpellé jusqu'à une trentaine de membres du "gang des barbares", implanté dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine).


Dix semaines de procès


Neuf projets d'enlèvement -dont certains versés à la procédure- ont été attribués à la bande avant celui, accompli, d'Ilan Halimi, victime de tortures pendant les 24 jours de sa séquestration dans un appartement, puis un sous-sol d'immeuble.
Au total neuf jeunes femmes -dont Emma, 17 ans à l'époque, qui aurait attiré Ilan dans le piège en le séduisant dans son magasin du boulevard Voltaire- siègeront parmi les accusés.
Le procès, prévu sur dix semaines, devrait se tenir à huis clos, un principe qui s'applique lorsque des mineurs sont concernés.


Une requête rejetée


Hormis Youssouf Fofana, assassin présumé, qui encourt la prison à vie, une quinzaine d'accusés doivent répondre de leur participation au rapt ou à la séquestration d'Ilan. D'autres comparaîtront libres pour les seuls chefs d'association de malfaiteurs ou de non dénonciation de crime.
Avant le procès, Youssouf Fofana a déjà protesté contre les conditions de sa détention prévue pour de longues heures dans la "souricière" insalubre du palais de justice de Paris, mais le tribunal administratif a rejeté mardi la requête qu'il avait formulée en urgence pour ne pas avoir à y séjourner.
Les avocats du chef présumé du "gang des barbares" soulignent, par ailleurs, que la procédure d'extradition depuis la Côte d'Ivoire ne mentionnait pas la circonstance aggravante du caractère antisémite du crime présumé, ni deux tentatives précédentes d'enlèvement. Ils demandent donc en conséquence que Fofana soit "déclaré absent" lorsque ces faits seront évoqués.
Mardi le procureur de la République de Paris a par ailleurs reçu un courrier émanant d'un groupe inconnu -"L'Organisation Juive"- promettant 400.000 euros à qui "s'occupera" du principal accusé si jamais "une peine exemplaire" n'est pas réclamée contre lui à l'issue des débats.
(Nouvelobs.com avec AFP)



Procès du "Gang des barbares" : Fofana défie la cour, Société - Information NouvelObs.com

lundi 20 avril 2009

Conférence sur le racisme: la grande gabegie | Tribune de Genève


Conférence sur le racisme: la grande gabegie |Tribune de Genève:

ONU | Le rendez-vous de l’ONU s’ouvre lundi à Genève sur fond de boycotts et de polémiques. Israël reproche à la Suisse de cautionner une conférence à laquelle participe le président iranien.

La Suisse qui se fait tancer par Israël, les Européens qui ne parviennent pas à trouver une position commune, les Etats-Unis qui prennent la poudre d’escampette… Un vent de panique a soufflé durant tout le week-end sur les grandes capitales européennes. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont consultés à plusieurs reprises. Dans la soirée, l’Union européenne hésitait encore entre un boycott et une participation minimaliste avant que l’Allemagne n’annonce finalement son retrait définitif. La France, elle, a décidé de s’y rendre.

La Conférence sur le racisme qui s’ouvre ce matin à Genève sent le soufre. L’accord arraché vendredi soir n’a pas tenu. Même «nettoyé» de son passage controversé sur la diffamation des religions, le projet de texte soumis à discussion à partir d’aujourd’hui recèle trop de pièges aux yeux des Européens.

La venue du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a en outre changé la portée de cette conférence. Les plus optimistes y voyaient une occasion de réconcilier Occidentaux et pays musulmans sur la question des droits de l’homme. C’était sans compter avec le goût prononcé du président iranien pour la provocation.

Première provocation

Hier après-midi, Mahmoud Ahmadinejad a donné raison aux plus pessimistes qui pronostiquaient un détournement de la conférence à des fins politiques et une vendetta antisémite comme à Durban en 2001. Juste avant d’embarquer dans son avion pour Genève, le président iranien a donné le ton de son intervention d’aujourd’hui en déclarant que l’Etat hébreu était le «porte-drapeau du racisme».

En quelques secondes, l’accord arraché de haute lutte entre les Occidentaux et l’Organisation de la conférence islamique (OCI), pour évacuer la question israélo-palestinienne des débats a volé en éclats. Comment l’ONU va-t-elle pouvoir se sortir de ce piège? Le «machin» jadis tant décrié par le général de Gaulle accouche d’un truc qui fait pâlir d’inquiétude toute la communauté internationale.

La confusion règne

L’Iran n’a pas l’arme nucléaire mais elle est en mesure d’atomiser la diplomatie onusienne. Prise au piège depuis qu’elle a annoncé sa participation, la Suisse est contrainte à l’esquive. Micheline Calmy-Rey a indiqué hier soir qu’elle n’irait sans doute pas «elle-même» à la conférence pour ne pas cautionner «les dérapages» qui pourraient survenir.

Ce qui devait être la grand-messe des antiracistes est en passe de devenir une énorme gabegie. Les grands perdants, ce sont évidemment les victimes des discriminations raciales, de la xénophobie et de l’intolérance où qu’elles se trouvent à travers le monde. L’ambition du processus de Durban était d’édicter une norme, une règle, une ligne de conduite commune et universelle dans le respect des différences de chacun. On en est loin. Très loin.

Le voile d’infamie jeté sur la conférence par les gardiens de la révolution iranienne ne saurait pourtant occulter les efforts et progrès réalisés dans l’ombre ces dernières semaines. La ligne de fracture s’est déplacée. Plusieurs pays musulmans sont revenus à des positions plus modérées sur des questions pourtant très controversées. Les divisions ont surgi au sein des blocs régionaux, entre Européens, entre Arabes et entre Africains. On est passé d’une situation de confron­ta­tion entre Occidentaux et musulmans à une situation de confusion.


Les condamnations s’abattent en pluie au sommet des ONG

«C’est une gifle à la communauté internationale. Une ironie d’inviter un homme qui nie l’Holocauste à s’adresser lors d’un sommet sur le racisme», estime l’activiste iranienne Nazanin Afshin-Jam. De tous côtés, les critiques contre la venue du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à la Conférence de Durban II fusent. Hier, elles ont résonné dans l’enceinte du Centre international de conférences de Genève, qui accueillait le Sommet sur la démocratie, la tolérance et les droits de l’homme, en marge de la conférence onusienne sur le racisme. A l’initiative de vingt organisations non gouvernementales, dont la Licra, SOS racisme ou UN Watch, la réunion avait pour objectif de rappeler, au-delà des circonvolutions diplomatiques, les grands sujets à mettre à l’agenda international.

Ici, pas de pincettes diplomatiques. Défenseurs des droits de l’homme, dissidents, victimes de génocides, de torture ou de dictatures dénoncent et nomment les personnalités les plus hautes.

«Honte à toi, Kadhafi! Honte à toi, Libye.» Ashraf El Hagog, le médecin palestinien qui a passé près de huit ans dans les geôles libyennes, est à la tribune pour dire ce que la présidente libyenne du comité préparatoire de la Conférence de Durban II lui a refusé vendredi. Il propose en substance un amendement pour que les Nations Unies condamnent les pays qui utilisent des boucs émissaires; ces pays doivent reconnaître leurs erreurs et s’excuser; enfin, ils doivent offrir un remède approprié aux victimes, a déclaré en substance le Dr Ashraf El Hagog.

«Les enjeux réels ne sont pas posés par Durban II, a regretté Dominique Sopo, président de SOS Racisme. Ce qui se passe aujourd’hui au Darfour aurait dû être au centre des discussions. L’autre point clé est celui du négationnisme. Une conférence contre le racisme doit s’y pencher.»

Tout au long de la journée, les témoignages les plus poignants se sont succédé. Iran, Rwanda, Darfour, Birmanie, Cuba, Biélorussie, Libye, Venezuela, le Zimbabwe, l’Egypte, les cas ne manquent pas pour illustrer les violations des droits de l’homme. Histoire de moins se focaliser sur le conflit israélo-palestinien.

Anne-Muriel Brouet


Des centaines de manifestants

Le rassemblement contre le racisme a attiré, samedi après-midi à la place Neuve, près de 700 personnes, selon l’un des organisateurs, Karl Grünberg de ACOR/SOS Racisme. Parmi les participants figuraient des syndicats (SIT, UNIA), des associations tamouls ainsi que des partis politiques (Les Verts, Solidarités) notamment. Restés à l’écart, des groupes altermondialistes, comme Action antifasciste, avaient aussi fait le déplacement.

Sur les marches du Grand Théâtre, Jamal Zamalka, député palestinien au parlement israélien, a fustigé l’irrespect des droits de l’homme dont fait preuve Israël. L’UDC a également été montrée du doigt, accusée d’alimenter la haine par ses affiches de campagne et ses slogans anti-étrangers.

L’ancien rapporteur de l’ONU pour le racisme, Doudou Diène, a rappelé que le «chemin a été long entre Durban et Genève. Tout a été fait pour que cette conférence n’ait pas lieu.» Chaleureusement applaudi, l’ancien diplomate sénégalais a aussi loué les efforts des associations antixénophobes, affirmant que «tous les combats contre le racisme ont été menés par la société civile». Doudou Diène a indiqué à la Tribune de Genève qu’il demeurait certain que les participants à la conférence s’entendraient sur le projet de document final.

Le conseiller administratif Rémy Pagani a de son côté réaffirmé son soutien à un droit d’éligibilité des étrangers en Ville de Genève: «C’est un droit indivisible. Il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.»

Henri Della Casa


La Suisse épinglée par Israël

Grosse colère. Israël a dénoncé hier la rencontre tenue dans la soirée entre le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, et son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à la veille de la Conférence contre le racisme.

«Cette conférence est une farce tragique!» assène Yossi Lévy, chargé des relations avec la presse au Ministère israélien des affaires étrangères. «Officiellement, il s’agit de dénoncer le racisme et on invite un négationniste connu qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël!»

Ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU à Genève, Aharon Lechnoyaar affirmait hier à la radio qu’il tentait encore de «convaincre le président suisse de ne pas rencontrer Ahmadinejad, qui va prononcer un discours le jour de la commémoration de la Shoah et de l’anniversaire d’Hitler».

Lors de la rencontre, le président suisse a exprimé son inquiétude face à la situation des droits de l’homme en Iran, en particulier sur les peines corporelles, les lapidations et les exécutions de mineurs.

Genève: entre 600 et 700 personnes manifestent contre le racisme | LeMatin.ch

Entre 600 et 700 personnes ont défilé calmement contre le racisme et la xénophobie à Genève. La manifestation était organisée en lien avec la conférence de l'ONU contre le racisme qui débute lundi dans la cité de Calvin.

Lors d'un premier rassemblement qui a eu lieu à la Place Neuve, les organisateurs - parmi lesquels ACOR/SOS Racisme, la Ligue des musulmans de Suisse, les syndicats et les partis de la gauche genevoise - ont dénoncé les "dérives racistes et xénophobes qui se sont renforcées ces dernières années en Suisse aussi".

L'UDC a été particulièrement montrée du doigt: elle a été accusée d'alimenter la haine et la suspicion, par la multiplication d'images "de doigts crochus, de moutons noirs et de charognards" et d'expressions telles que "étrangers abuseurs", "faux réfugiés" et "dangereux musulmans".

Le Conseil fédéral, quant à lui, a été critiqué pour le durcissement des lois sur les étrangers et sur l'asile, tandis que la majorité du Parlement, en refusant d'invalider l'initiative anti-minarets, "ouvre la voie à une campagne émotionnelle qui va déchaîner un climat d'intolérance".

L'ancien rapporteur des Nations unies pour le racisme Doudou Diène a constaté pour sa part que "tous les racismes montent actuellement en flèche dans le monde entier", y compris l'antisémitisme, a relevé le Sénégalais.

Les participants au rassemblement ont ensuite formé un cortège qui a parcouru les Rues-Basses, où les sièges des grandes banques helvétiques étaient surveillés discrètement par les forces de l'ordre, puis traversé le pont du Mont-Blanc, pour se disperser en fin d'après-midi devant le Palais Wilson.

Parmi les manifestants figuraient d'importantes délégations des communautés tamoul, palestinienne ainsi que des organisations Dalits d'Asie du Sud, représentant les "intouchables" du sous-continent indien.

Le concert néonazi de Tours interdit par la préfecture | Rue89

Le concert néonazi de Tours interdit par la préfecture | Rue89

La nouvelle est tombée jeudi soir : le concert de RAC, le rock anticommuniste, surnom officiel de la musique néonazie, prévu samedi 18 avril à Tours, est annulé. Un arrêté préfectoral interdit la tenue du concert qui devait réunir quatre groupes de musique néonazie, en raison de textes incitant à la haine raciale et de risques de troubles à l'ordre public. La préfecture annonce dans un communiqué :

« Ce type de rassemblement festif, qui s'accompagne d'appels à la haine raciale et d'apologie de crime de guerre, est susceptible de générer de graves troubles à l'ordre public. »

Mais la préfecture reconnaît n'avoir aucune idée de l'emplacement du concert :

« Nous ne savons pas du tout où cela va se passer. La police a signifié à chacun des groupes programmés une interdiction de se produire sur le territoire d'Indre-et-Loire. Et les forces de l'ordre seront particulièrement vigilantes. »

Depuis une semaine, la rumeur enflait à Tours et au-delà via Internet : un concert de rock anticommuniste serait programmé dans la ville samedi 18 avril. Des flyers circulaient de site en site mais le lieu exact de la petite sauterie n'était évidemment pas indiqué

FlyRAC.jpg

Comme souvent avec ce genre de concert, tout passe par le bouche-à-oreille, il n'y a pas de communication officielle. Mais le label de musique Patriote Productions, qui produit un des groupes programmés, confirmait mercredi à Rue89 la tenue de l'événement.


Supériorité de la race blanche et néonazisme

Le RAC, à ne pas confondre avec le RIF, le rock identitaire français, est prisé des crânes rasés portant bombers et rangers, généralement adeptes du salut nazi doublé d'un « Sieg Heil ». Cette branche des skinheads s'appelle les boneheads.

Sur les sites où le flyer circule, on parlait de guest stars et de surprises pour le grand soir. La tête d'affiche était déjà honorable pour les fans de RAC. Lemovice voit sa page Myspace régulièrement interdite. Extraits de leur prose :

« Je vous inspire la terreur, je suis au service du Führer. (…) Je suis fier d'être nazi, je rends service à mon pays. (…) L'Europe sera sauvée, brandissons la croix gammée. »

Frakass, originaire de Lyon, chante, entre autres :

« Jeunes blancs et fiers de l'être, nous combattons pour l'Occident. (…) Dans toute ta cité, plus rien n'est à toi, ça pue l'étranger : proteste. Bleu blanc rouge, lève-toi, défends-toi, conteste, bats-toi. »

Les titres des chansons de Brutal Attack sont assez clairs pour comprendre l'idéologie générale du groupe : « Fierté blanche, passion blanche » ou « Enfant aryen ».

Enfin, Bunker 84, groupe phare du RAC dans les années 80, aurait pu se reformer à l'occasion du concert. Juste pour le plaisir de réentendre :

« Gloire à toi nationaliste, gloire à toi le skin NS, gloire à toi oh fasciste, gloire à toi Waffen SS. »

Les antifas au taquet

Pour contrer la potentielle déferlante de néonazis à Tours, les antifas (antifascistes) et la direction départementale de la sécurité publique étaient sur les dents. Le collectif antifasciste 37 explique :

« Nous avoons mailé en masse et envoyé par courrier, aux militants antifas, aux politiques, aux mairies, conseil général, un texte explicatif sur le RAC et une lettre de mobilisation. »

Dans cette dernière, le collectif avertit :

« 100 à 300 personnes pourraient se déplacer pour assister à ce concert : un groupe anglais est de la partie, et la reformation d'un groupe “ historique ” des années 80 risque d'attirer des néofachos de toute l'Europe !

« Relayer ces infos au maximum, pour que ce concert n'ait pas lieu, ni ici ni ailleurs et être réactifs et solidaires : les fachos ne doivent pas pouvoir reprendre nos rues, attaquer nos luttes, pourrir nos espaces et nos vies. »

De son côté, la direction départementale de la sécurité publique, qui suit l'affaire depuis une semaine, assurait mercredi que :

« Le nécessaire sera fait. Des recherches sont en cours, mais sans connaître le lieu exact du concert, on ne peut rien faire. »

L'emplacement de la soirée est déterminant. Difficile en effet d'interdire un concert dont on ne connaît pas l'emplacement… Les soirées des boneheads se tiennent ainsi parfois dans des lieux privés, afin que l'événement ne puisse pas être annulé.


dimanche 19 avril 2009

Discriminations, racisme : une semaine pour en parler au collège - Nord Éclair


Qu'est-ce que cela m'apporte d'être raciste ? L'antenne audomaroise de SOS Racisme a animé un débat sur le sujet au collège Georges-Brassens.

Dans le cadre de la semaine de lutte contre les discriminations, les élèves des classes de cinquième ont été invités à une information et un débat.Éloïse Terrier et Jean-Baptiste Héreng, professeurs stagiaires en histoire-géographie, ont noué le contact avec Brice Arsène Mankou, responsable de l'antenne, en vue d'informer les enfants sur le racisme et les discrimininations.

Les élèves ont déjà été renseignés sur les discriminations qui sont au programme de l'éducation civique.


Qu'est-ce qu'une discrimination ? un stéréotype ? le racisme ? A partir de toutes ces questions, les enfants ont apporté une réponse et des explications complémentaires ont été fournies par Patrick Nyanssa, permanent local de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). Le stéréotype influence notre vie sociale, notre jugement et nos choix. C'est difficile à éliminer et favorise les sentiments d'antipathie et de sympathie. Les informations défavorables à partir d'un stéréotype bâtissent tout le mécanisme qui va devenir de la discrimination.
Qu'elles sont les critères interdits ? les propos qui établissent une séparation ou une distinction sur les origines, les apparences physiques, les races, le sexe, la situation familiale, le patronyme, les moeurs, les opinions politiques, religieuses, syndicales etc.. Les discriminations seront une différence de traitement dûe par son âge, son nom étranger ou sa couleur de peau. Tous ces critères sont punis par loi.


Discriminations, racisme : une semaine pour en parler au collège - Nord Éclair, l'actualité quotidienne du Nord-Pas-de-Calais, de la métropole lilloise à l'Artois:

jeudi 16 avril 2009

La bataille de Durban : le film par Caroline Fourest


Mardi prochain, 21 avril, à 20h45, ne ratez pas….

La Soirée Thema d’ARTE en direct de Genève pendant la conférence contre le racisme (Durban 2), en présence de Rama Yade et de Daniel Cohn-Bendit.

Elle commencera par la diffusion du film “La bataille des droits de l’Homme” : Un documentaire de 54 minutes produit par Doc en Stock, réalisé par Caroline Fourest et Fiammetta Venner. La bataille de Durban : le film « Caroline Fourest

vendredi 3 avril 2009

Durban II : l’antiracisme en danger

Estimant qu’il faut «sensibiliser et mobiliser chacun face aux dangers que la Conférence d’examen de Durban [dite Durban II et qui se déroulera à Genève du 20 au 24 avril 2009 ] fait peser sur l’antiracisme, » la LICRA, Ligue contre le Racisme et l’Antisémitisme organise un grand meeting citoyen avec, entre autres, SOS Racisme, le Grand Orient de France, la Grande Loge féminine de France, le Comité Laïcité République, l’UEJF, la Confédération étudiante, Regards de Femmes, La Ligue du Droit International des Femmes, Le Meilleur des Mondes, UN Watch, la Coordination des Berbères de France.
En effet, en l’état actuel des choses, « la LICRA estime que la plus grande vigilance reste de mise en dépit du nouveau document préparatoire nettoyé de la majorité des notions inacceptables antérieures. Les résolutions du Conseil des Droits de l’Homme de ces trois dernières années doivent inciter la société civile à la prudence. » Ces résolutions, en effet, se préoccupaient fort peu du racisme, des droits des femmes, des minorités, des homosexuels, de l’esclavage transaharien qui perdure, pour se concentrer de manière obsessionnelle sur le seul Etat d’Israël accusé de tous les maux. Et on se dirigeait vers une impossibilité de critiquer l’Islam en quoi que ce soit sous peine d’être taxé de délit de blasphème.
La LICRA annonce d’ores et déjà la participation de « Jean-Claude Buhrer, Laurent Joffrin, Albert Memmi, Mohamed Sifaoui, Dominique Sopo, Michel Taubmann et bien d’autres. »
ardi 7 avril, 20h15, Maison du Barreau, 2/4 , rue de Harlay, 75001 Paris. Entreé libre.
Réservation obligatoire au 01.45.08.08.08, licra2@licra.org

Actualité judiciaire


Verdict dans le procès en appel contre kémi Séba

Aujourd’hui la 11 ème chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Paris la rendu son arret dans le procès en appel contre kémi Séba. Alors que le parquet avait requis six mois ferme à l’encontre de Kémi séba ainsi qu’une privation de ses droits , la cour l’a condamné à huit mois avec sursis.

SOS Racisme regrette qu’à la veille des élections européennes et de la constitution des listes, la Cour n’ait pas suivi les réquisitions du parquet.

Kémi Séba était poursuivi pour provocation à la haine raciale, diffamation raciale, contestation de crimes contre l’humanité et injure raciale pour la publication d’un texte publié sur Kemiseba.com intitulé "DESIONISATION, DEDOMMAGEMENT, RAPATRIEMENT". SOS Racisme


Propos négationnistes de Le Pen

Jean-Marie Le Pen a réitéré ses propos négationnistes aujourd’hui dans l’enceinte même du Parlement Européen : « « Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire de la seconde guerre mondiale, ce qui est une évidence ». Ces propos d’une extrême gravité ne sont qu’une tentative pitoyable pour le leader du Front National de continuer à exister médiatiquement. Après avoir tenu ces propos en septembre 1987, puis en 2005 et en 2008, le leader du FN vient de nouveau distiller la haine en qualifiant de détail le plus important génocide de l’Histoire.

Ce nouvel événement vient souligner l’importance de modifier le règlement intérieur du Parlement européen afin que Jean-Marie le Pen ne puisse présider, en tant que doyen, la session inaugurale du Parlement après les prochaines élections européennes.

SOS Racisme demande à ce que le Parquet engage des poursuites à l’encontre de J.-M. Le Pen. SOS Racisme


Les profanateurs du cimetière d'Herrlisheim jugés pour tentative de meurtre

Emmanuel Rist a été interrogé mardi sur ses opinions racistes au procès du cabanon qui s'est ouvert devant la cour d'assises du Haut-Rhin où il est poursuivi pour tentative de meurtre à l'encontre d'un retraité marocain, grièvement blessé par une explosion en 2005.

Le coauteur de la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim, déjà condamné à 30 mois de prison, comparaît aux côtés Laurent Boulanger, 28 ans, pour l'explosion du cabanon de jardin de Lhabib Benamar, 66 ans.Le retraité avait été grièvement blessé le 8 septembre 2005 à Rouffach (Haut-Rhin) au moment où il ouvrait la porte de l'abri.

La personnalité de Rist, 39 ans, ancien agent de sécurité et dessinateur de presse, a longuement été évoquée à l'audience. Ses proches parlent d'un "enfant comme les autres", "normal" ou encore d'un homme gentil et serviable. Sa mère reconnaît cependant qu'il collectionnait des objets du IIIe Reich.Aucun d'eux ne se souvient l'avoir entendu proférer des propos racistes et sa femme Sabine Morgenthaler dit n'avoir rien su.L'avocat de Rist, Renaud Bettcher, lui demande alors d'expliquer une photo montrant leur fils Mao aux côtés d'enfants noirs en Afrique. Les sanglots dans la voix, elle évoque un projet commun qui était de subventionner une famille pour l'achat d'une pirogue, et indique que son mari n'a jamais été opposé au contact de leur enfant avec des Africains.A propos d'une plaque de rue Adolf Hitler Strasse et d'un tableau d'Hitler présents à son domicile, la présidente Mme Marie-Emmanuelle Badinand s'interroge sur sa passion pour le dictateur allemand.Dans le box des accusés, Rist, vêtu d'une chemise noire, évoque "une passion pour l'Allemagne" en raison de son patronyme. Ayant voyagé au Canada, en Afrique en Inde et au Tibet, il explique que ces pays l'ont ouvert sur le monde et dit avoir "pris du recul" sur son passé et ses convictions racistes.

"Mais pourquoi le Tibet ?", lui demande l'avocat de SOS Racisme Michaël Allouche qui fait allusion à une unité du IIIe Reich partie au Tibet à la recherche du berceau de la race aryenne. "C'est un voyage personnel qui ne regarde que moi et ma femme", rétorque Rist, laconique... AFP

Affaire Dezempte : l'épilogue ?

Poursuivi pour discrimination, le maire de Charvieu-Chavagneux a été relaxé par la Cour d'appel de Lyon. Mercredi 04 février, Gérard Dezempte, maire de Charvieu-Chavagneux (Isère), a été relaxé par la Cour d'appel de Lyon. C'est un nouvel épisode dans ce long feuilleton judiciaire entamé il y a neuf ans. La mairie avait usé de son droit de préemption pour acheter un pavillon convoité par un couple de Français d'origine magrébine.

La justice a finalement tranché : cette décision ne constitue pas un acte discriminatoire. L'arrêt de la cour d'appel de Lyon pourrait cependant ne pas clore ce dossier. En effet, SOS Racisme, partie civile au procès, s'est pourvue en cassation, la cour d'appel n'ayant pas suivi sa demande de requalification des faits. Le MRAP, également partie civile, et les plaignants devraient en faire de même. France 3

Voir le reportage de France 3

Peine confirmée en appel pour discrimination raciale au logement
Un agent immobilier, poursuivi pour avoir exercé une discrimination raciale au logement en ne fournissant pas les mêmes annonces aux clients de couleur qu’à ceux d’origine européenne, a vu sa peine confirmée par le tribunal d’Amiens. SOS Racisme veut maintenant poursuivre les propriétaires des biens commanditaires de ces discriminations.
Le gérant d’une société immobilière poursuivi pour discrimination raciale a vu sa peine confirmée en appel par le tribunal d’Amiens : trois mois de prison avec sursis et 2.000 euros d’amende. En revanche, le tribunal a réduit l’amende contre la société, qui passe de 10.000 euros à 3.000 euros, considérant que le patron avait fait cesser l’infraction suite à la plainte. C’est l’association SOS Racisme qui avait porté plainte après avoir réalisé, en 2001, un testing suite à la dénonciation d’une ancienne employée. Lors du testing, dans l’agence Mil’im, qui fournit des listes de logements, le client de couleur avait reçu moins d’offres que celui d’origine européenne.

Selon l’enquête menée suite à la plainte, les fiches d’annonces sur lesquelles étaient noté «code 3», signifiant «ni noir, ni arabe», n’étaient pas mises à disposition des clients de couleur. Au total, 304 fiches présentaient ce code. SOS Racisme entend désormais porter plainte contre les propriétaires de ces logements. «Malgré tout, c’est quand même une victoire importante sur laquelle SOS Racisme va s’appuyer pour réclamer des poursuite contre les 304 propriétaires de biens», a déclaré Samuel Thomas, vice-président de l’association. Batiactu

mardi 10 mars 2009

Au coeur des assises : Retour sur le procès du meurtrier de Chaïb Zehaf à Lyon


Cette semaine France 2 réalise "le feuilleton du 13h" sur l'Affaire Zehaf : Retour sur le procès du meurtrier de Chaïb Zehaf à Lyon Compte rendu d'une semaine de procès : "Au coeur des assises"

Lundi 9 mars : http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20090309&timeStamp=1348

dimanche 8 mars 2009

Les plus grands États démocratiques que sont, entre autres, la Lybie, l'Iran et Cuba ; les associations qui se sont illustrées dans la défense des droits de l'homme et des valeurs universelles comme l'Organisation de la Conférence Islamique, la Ligue arabe et les réseaux des Frères musulmans ; les humanistes les plus engagés tels Ahmadinedjad, Kadhafi et Castro nous concoctent une rencontre internationale contre le racisme, dite « Durban II », qui aura lieu à Genève du 20 au 24 avril.

Le projet de déclaration finale qui a commencé à circuler nous renseigne déjà sur l'étendue du génocide qui se prépare contre nos libertés, contre les démocraties et contre la raison. Et puisque la bon sens est ainsi injurié, bafoué, tué, alors allons-y !

La conférence veut sortir avec une condamnation d'Israël, accusé d'appliquer une politique d'« Apartheid ». Bien sûr ! C'est le seul pays de la région où des Arabes ont quelques droits donc il est normal de condamner cet État qui se permet d'être démocratique au milieu d'un océan de dictatures.

Pourquoi les Israéliens ont-ils osé instaurer une démocratie ? Pourquoi une telle provocation ? Permettre à des Arabes d'être élus démocratiquement, c'est condamnable, leur accorder une citoyenneté est scandaleux, permettre à la presse d'être libre est inacceptable. Ne pas faire élire ses dirigeants à 99,98% est répugnant. Ce sont là autant d'atteintes qu'il faut en effet condamner et ce sont là autant d'injures à l'égard des systèmes politiques érigés à quelques kilomètres de Tel-Aviv par Moubarak, Assad ou Nasrallah.

Oui ! C'est une insulte pour Kadhafi, Castro et Ahmadinedjad. Injure qu'il fallait en effet stigmatiser au nom des droits des dictateurs, des fascistes islamistes et des autoritaires à disposer de leur peuple en toute liberté.

Oui ! Pour Kadhafi, Ahmadinejad et leurs amis, il n'y a rien à condamner, hormis Israël. Formidable trouvaille ! Personne n'est opprimé en Lybie, ni en Iran d'ailleurs. Les femmes sont toujours très libres et émancipées en Arabie Saoudite ; en Algérie, la démocratie permettra au président actuel de continuer à être président ; en Tunisie aussi, l'islamisme, ici et là, poursuivra son chemin et continuera à bouffer les crânes. Tout va bien, partout... Lire la suite www.mohamed-sifaoui.com

mercredi 25 février 2009

Les étranges amitiés de Dieudonné

C'est l'histoire d'un humoriste dont les meilleurs amis d'aujourd'hui sont ses pires ennemis d'hier. D'un comique qui, il y a douze ans, s'engageait en politique, à Dreux (Eure), contre Jean-Marie Le Pen, qu'il qualifiait alors de "grand marabout borgne", et qui offre désormais son théâtre à des courants politiques plus radicaux encore que le Front national.

Jadis proche de la gauche alternative, Dieudonné, 43 ans, est devenu une sorte de caisse de résonance pour une frange composite de l'extrême droite française. Ces liaisons dangereuses, il les assume publiquement. L'occasion nous a été donnée de le constater récemment au Théâtre de la Main d'or. Ce soir-là, l'humoriste donne dans sa salle du 11e arrondissement de Paris une représentation de son spectacle J'ai fait le con. Le même show, qui, un mois auparavant, le 26 décembre 2008, avait fait scandale : Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un "Prix de l'infréquentabilité et de l'insolence" par son régisseur Jacky, vêtu d'un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune.

Ce 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s'est donné rendez-vous, à l'invitation de Robert Faurisson, dont le 80e anniversaire tombait quelques jours plus tôt. Il y a là une petite famille marginalisée de militants qui nient la réalité du génocide des juifs pendant la seconde guerre mondiale et n'apparaissent que très rarement ensemble, compte tenu de l'hostilité qu'ils suscitent.

Un carré de places leur a été réservé au pied de la scène à la Main d'or. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d'holocaustes), domicilié à l'étranger et sous le coup d'une interdiction d'accès en France. A leurs côtés, Ginette Skandrani, ancienne militante des Verts, exclue de cette formation pour ses collaborations à l'Aaargh, et qui a fait partie du bureau de campagne de Dieudonné quand l'humoriste envisageait de se présenter à l'élection présidentielle de 2007.

Le théâtre est tout petit, 150 sièges à vue d'oeil. Des jeunes plaisantent entre eux. Ils appartiennent à cette partie du public, plutôt masculine et métissée, qui semble ignorer la dimension politique de cette soirée. Pourtant, outre les négationnistes, plusieurs courants de l'extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y a là Charles-Alban Schepens, l'un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule "catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire", qui se réclame, entre autres, de Charles Maurras, du maréchal Pétain et des Phalanges espagnoles. On remarque aussi des membres du courant "nationaliste révolutionnaire", qui combine idéologie fasciste et anti-impérialisme, ainsi que le patron d'une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads.

Tous ceux-là apprécient comme autant de clins d'oeil les allusions à la Shoah et au pouvoir prêté aux juifs qui parsèment le spectacle. Comme au début de la représentation, quand une voix off demande, étrangement, avant le lever de rideau l'extinction des téléphones portables "en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale". Une heure et demie plus tard, quand la salle se vide, les plus militants font la queue pour serrer la main de Robert Faurisson, qui restera avec ses alter ego au théâtre pour y souper avec Dieudonné.

Pour l'humoriste et ses amis, il n'y a plus désormais ni gauche ni droite. Il y a le système - comprendre "l'axe américano-sioniste" - et les ennemis du système. D'où l'étrange attelage qui gravite autour de lui : chiites radicaux du Centre Zahra, héritiers de Maurras, quelques jeunes de banlieue et des étudiants membres de l'extrême droite musclée. Ce 29 janvier, la sécurité était assurée par des jeunes gens barbus, habillés à la manière des salafistes... Lire la suite sur Le Monde

mardi 24 février 2009

" Au procès, j'ai réalisé que j'avais tué "


On avait laissé un condamné voûté, visage presque gris. Jean-Marie Garcia venait d'écoper de vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Chaïb Zéhaf en mars 2006 à la sortie d'un bar d'Oullins, près de Lyon (1). Trois semaines plus tard, Libération a voulu retrouver le condamné, qui n'a pas fait appel. Pour qu'il raconte comment il a vécu ce procès depuis son box. Et comment l'on envisage l'avenir lorsque l'on écope d'une peine aussi longue. Exceptionnellement, la Justice a donné son accord, et accordé un droit de visite avant que Jean-Marie Garcia ne parte effectuer sa peine dans une centrale...

Virtuel. Au parloir, il a meilleure mine qu'au procès. Il accueille le visiteur d'une poignée de main assez franche. Il est tonique, a retrouvé des couleurs. « Le premier soir, quand je suis revenu dans ma cellule, j'étais soulagé, dit-il. Je me suis dit que c'était fait, c'était réglé, je ne voulais plus en entendre parler ». Il redoutait ce procès : « Ma pire crainte était que les enfants de ma victime soient là. J'avais une peur terrible d'affronter leurs regards. »

Ils n'étaient pas là, et le moment le plus difficile fut finalement l'audition de cet expert décrivant le meurtre à partir de l'autopsie. « Tout-à-coup, dit Garcia, ce n'était plus virtuel. Je savais que j'avais tué, mais c'était irréel, abstrait. Tuer avec un pistolet, ce n'est pas comme avec ses poings ou un couteau. On appuie sur la détente, c'est facile. On ne se rend pas compte de ce qui se passe. Au procès, j'ai réalisé physiquement que j'avais tué. » Avant, il avait pourtant lu en prison le dossier d'instruction, avec l'autopsie. « J'avais même vu les photos, répond-il. Je n'en avais pas mangé pendant deux jours. Mais ce n'était pas pareil. A l'audience, ça m'a effondré d'entendre tout ça devant la famille de ma victime. Je sentais comme chaque mot les atteignait. Après, j'ai pleuré comme un gosse. » Lire la suite sur Libélyon